dimanche 24 octobre 2010

Masterisation: un jeu de taquin dans l'éducation


Extraits de l'article de Médiapart publié le 24 octobre 2010

Combinée aux 16.000 suppressions de postes de la rentrée 2010, la réforme de la formation des enseignants semble provoquer des dysfonctionnements en chaîne dans le système éducatif. Avec un petit côté jeu de chaises musicales. Les professeurs stagiaires, placés à temps plein dès la rentrée dans les collèges et lycées (16 ou 18 heures au lieu de 6 heures avant la masterisation), bénéficient tout de même de quelques journées de formation professionnelle organisées par les rectorats. «Après la Toussaint, le problème du remplacement, récurrent à cette période avec les épidémies de grippe, etc., va s'aggraver avec le départ des stagiaires en formation», souligne Emmanuel Mercier, secrétaire national du Snes, responsable du secteur formation.

«Dans deux académies, on va retirer les enseignants qui remplacent des congés maternité pour les mettre sur des remplacements de stagiaires en formation», explique Daniel Robin, secrétaire général du Snes. Ce qui revient à déshabiller Pierre pour habiller Paul. Guillaume, un professeur d'anglais stagiaire de 24 ans, en formation cette semaine à Paris, devait lui être remplacé par une assistante de langue, c'est-à-dire une étudiante étrangère normalement chargée de seconder un prof. «Elle a refusé car ce n'est pas réglementaire, donc mes élèves n'ont pas eu cours cette semaine», dit-il. ...

..... «On était habitués depuis plusieurs années à voir une diminution de 20% par an du budget formation mais jamais au niveau actuel », explique Xavier Buff. Les rectorats sont désormais en charge de la formation professionnelle des enseignants débutants, sans avoir bénéficié du transfert du budget correspondant. «Il s’agit essentiellement d’une décision budgétaire, et, parmi les “raisons diverses” évoquées, je crois que l’une des plus importantes est la priorité absolue donnée au sauvetage professionnel des néo-certifiés stagiaires qui ont été directement lancés cette année dans le métier sans aucune formation », précise un directeur de l’Irem, souhaitant garder l’anonymat. (lire ...)

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