dimanche 24 octobre 2010

La réforme de la formation des maîtres vu par les stagiaires en octobre 2010


Extraits de l'article publié dans Médiapart du 22 octobre 2010.

Mercredi 20 octobre 2010, à 18 heures à la Bourse du travail de Paris, assemblée générale des enseignants stagiaires nouvelle mouture, mis devant une classe à temps plein et sans formation professionnelle après avoir réussi les concours de juin. La catastrophe était annoncée depuis deux ans par plusieurs syndicats et, un mois et demi après la rentrée, c’est le concours de surenchère parmi les quelque 180 professeurs présents, pour la plupart venus de l’académie de Créteil. L’un dit avoir quatre niveaux différents en collège, donc autant de programmes différents à assimiler et de cours à préparer, plusieurs autres sont dans des établissements difficiles en zone d’éducation prioritaire (ZEP), et un dernier s’attire des «Oh» d’indignation savourée, quand il révèle qu’il fait ses débuts dans une Ulis (Unité localisée pour l’inclusion scolaire) avec des enfants autistes. Les directives ministérielles qui recommandaient d’«éviter, autant que faire se peut, les établissements les plus difficiles », «les postes spécialisés », «l’attribution des classes les plus délicates, de type cours préparatoire ou cours moyen deuxième année » et de privilégier, dans les collèges et lycées, un emploi du temps sur «deux niveaux maximum d’enseignement », ont été largement piétinées dans certaines académies. .....

.....une Grenobloise qui a atterri à Créteil, l’académie la plus jeune et la plus difficile de France et qui a fait sa rentrée logée à l’auberge de jeunesse, «le pire déménagement de ma vie ». «Je pleure tous le soirs en rentrant tellement je suis stressée par les élèves , lance d’entrée cette professeur d’anglais. Si ma tutrice n’était pas aussi présente, je serai déjà en dépression. Pourtant ça reste le métier de mes rêves, j’ai passé le Capes
trois fois avant de l’avoir. » ....

.... «C'est l'Elysée qui a imposé la masterisation, ni le cabinet de l'enseignement supérieur, ni celui de l'éducation nationale n'avaient été informés, raconte Christian Chevalier. Dans le système actuel, on peut faire sauter le concours et ce seront les établissements, de plus en plus autonomes, qui recruteront directement leurs enseignants dans le vivier d'étudiants formés dans les nouveaux masters enseignement.» «Pourquoi, de toutes façons, préparer un concours difficile si on peut faire la même chose, comme vacataire ou contractuel, qu'avec le master seul?», demande Jean-Louis Fournel. (lire l'article complet)


1 commentaire:

Claudine Garcia-Debanc a dit…

A Marie-Albane, Chère collègue,

Vos propos rapportés dans l'excellent article de Mediapart sur la situation des stagiaires ont peut-être été déformés par les journalistes. Ils indiquent que "les étudiants savent que les Masters Métiers de l'enseignement sont de moins bonne qualité que les autres". Sur quels éléments vous fondez-vous pour le dire ? Faites-vous partie des collègues qui pensent qu'il suffit de maitriser les contenus disciplinaires pour savoir enseigner aujourd'hui ? Pourquoi avez-vous postulé alors sur un poste en IUFM ?

A Toulouse, les SPECIALITES Métiers de l'Enseignement et de la Formation et le Master Mention Enseignement Formation Education, construit en partenariat avec les trois universités toulousaines sont des vrais bons Masters, avec les mêmes exigences et sans doute davantage encore que les autres Masters.

La situation est intenable à cause de la chute vertigineuse des postes offerts au concours CRPE, du calendrier aberrant des concours, de la suppression de l'année de stagiaire en alternance pour entrer dans le métier. Je trouve maladroit et insultant de dénigrer ainsi par une affirmation générale la qualité des nouvelles formations universitaires. Elles me semblent pouvoir constituer un progrès pour la préparation au métier d'enseignant dans sa complexité. C'est le contexte général de l'école publique et de la fonction publique qui est catastrophique. S'il vous plait, n'alimentez pas le clan scientiste en laissant penser que les Masters recherche sont la voie la meilleure pour se préparer au Métier d'enseignant aujourd'hui.

Claudine Garcia-Debanc
IUFM Midi-Pyrénées, Ecole interne UT2-Le Mirail