vendredi 16 juillet 2010

100 000 voix ont dit non à la démolition de la formation des enseignants

L’appel 100 000 voix pour la formation initié par la Coordination Nationale Formation Des Enseignants (CNFDE) et soutenu par la plupart des syndicats, la FCPE et l’UNEF, les coordinations, de nombreuses associations et sociétés savantes, les mouvements pédagogiques et une multitude de personnalités, vient de dépasser les 100 000 signatures.
 
Ce sont 100 000 voix de parents, d’étudiants, d’enseignants, de chercheurs, de citoyens qui demandent l’abandon de la réforme de la formation des enseignants dite de « mastérisation » et qui, tout au contraire, appellent le gouvernement à un effort en faveur de l’école et de la formation de ses enseignants.
 
La CNFDE remercie vivement les 100 000 signataires de cet appel. Elle remercie tout particulièrement celles et ceux qui ont pris une part active dans cette action.
 
Cet événement prend un relief particulier en cet été 2010 : c’est en effet en juin 2008 que le Président de la République et son ministre de l’éducation nationale, Xavier Darcos, sûrs de leur fait, avaient annoncé le lancement de cette réforme…
Le gouvernement ne doit pas s’y tromper, cela signifie qu’est intact le refus exprimé l’an dernier par la communauté universitaire unanime, dans un mouvement sans précédent par son ampleur et sa durée. Cela signifie aussi que ce refus est désormais partagé bien au-delà de l’université et des IUFM, tout particulièrement par des dizaines de milliers de parents d’élèves.
 
Et pourtant, contre la volonté de l’ensemble des acteurs, le gouvernement s’obstine à mettre en place cette prétendue réforme. Il a commencé par défaire les cadrages des formations. Les débutants seront obligés d’improviser : pour un million et demi d’élèves dans le 2nd degré, leur année scolaire sera compromise dans une discipline au moins ; pour 150 000 élèves du 1er degré, c’est l’ensemble de leur année qui sera menacée.
Y a-t-il encore une République quand sont instituées, dans la formation de ses maîtres, des inégalités géographiques et sociales aussi criantes que celles qui se dessinent ?
Où est le sens des responsabilités quand le gouvernement oblige son administration, depuis plusieurs mois, à improviser la gestion de l’ingérable ?
Où est l’éthique quand il sait que de très nombreux débutants seront mis dès septembre dans une situation de grande souffrance psychique ?
Et où est le sens du bien public quand les gouvernants voient sans sourciller des officines privées se préparer à prospérer, dès la fin août, sur le désengagement de la puissance publique ?
 
La CNFDE appelle tous ceux qui le pourront, là où ils seront, à s’opposer dès la rentrée, avec la plus grande vigueur, à la démolition de la formation.
Elle réitère ses principales demandes : maintien de la formation des lauréats dans les conditions antérieures, report des concours aux dates habituelles et dans les formes antérieures, défense des sites IUFM menacés de fermeture, création des postes d’enseignants et de formateurs nécessaires, ouverture de négociations pour une tout autre réforme.
 
Elle vous invite, Madame, Monsieur, à poursuivre la diffusion de cette pétition pour inviter les citoyens, les élus et les organisations attachés à l’école à rejoindre les 100 000 voix et à faire connaître cet appel.
 
Secrétariat de la CNFDE, 1er juillet 2010

lundi 5 juillet 2010

Le juge des référés du Conseil d'État prononce la suspension de l'exécution de cinq arrêtés


Concours enseignants 


« Dans le cadre d'une procédure provisoire de référé-suspension, le juge des référés du Conseil d'État a suspendu l'exécution de cinq arrêtés organisant la session 2011 des concours du Capes, du Capet, du Capeps, du CAPLP, ainsi que des concours de recrutement de conseillers principaux d'éducation et de professeurs des écoles », indique le Conseil d'État dans un communiqué vendredi 2 juillet 2010. Pour justifier sa décision, il invoque « un vice de procédure, lié à l'absence d'avis conforme du ministre chargé de la Fonction publique sur ces arrêtés ». 






Sauvons l'université (SLU), la FCPE et SUD-Éducation ont déposé, le 2 juin, six requêtes en annulation, « assorties d'une demande de référé-suspension » concernant ces arrêtés (AEF n°132787).






« Cette ordonnance de suspension ne devrait toutefois pas avoir d'impact pour les candidats à ces concours : le ministre de la Fonction publique avait en effet fait parvenir un avis conforme au ministre de l'Éducation nationale le lendemain de la signature des arrêtés contestés. Le ministre de l'Éducation nationale a donc la possibilité de reprendre très rapidement des arrêtés au vu de cet avis conforme et prévoyant que les candidats déjà inscrits n'auront pas à renouveler les démarches en vue de leur inscription », poursuit le Conseil d'État.

« DOUTE SÉRIEUX SUR LA LÉGALITÉ »


« Dans ce cadre, le juge statue de manière provisoire. Il ne procède à la suspension de l'acte contesté, sans attendre le jugement de la requête au fond, qu'à une double condition : s'il existe à la fois un doute sérieux sur sa légalité et une situation d'urgence », précise le Conseil d'État.






Il ajoute que « les requérants soulevaient notamment que ces arrêtés n'avaient pas été précédés de l'avis conforme du ministre chargé de la Fonction publique ». « Ce dernier doit en effet obligatoirement être consulté et donner un avis favorable à l'ouverture de ces concours. Cet avis est réputé acquis en l'absence de réponse expresse dans un délai de quatre jours suivant la demande d'avis. Or, il ne ressortait pas du dossier que l'avis du ministre de la Fonction publique avait été recueilli », écrit le Conseil d'État dans le communiqué. 

« Dans ces conditions, le juge des référés a considéré qu'il y avait un doute sérieux sur la légalité des arrêtés. La condition d'urgence était par ailleurs remplie, les dates de clôture des inscriptions et de début des épreuves d'admissibilité étant imminentes. Par conséquent, le juge des référés a prononcé la suspension qui lui était demandée. »


« NOUS NE LÂCHERONS PAS LE MINISTÈRE »

« Cette décision ne porte pas seulement sur la forme mais sur le respect des procédures légales de concours, c'est tout même important ! », réagit Étienne Boisserie, président de SLU, contacté par AEF vendredi 2 juillet 2010. Il pointe une « erreur colossale de la part du service des concours du ministère ». « Nous le disons depuis des semaines, des mois, le ministère agit en dépit des textes et des syndicats ! »

Étienne Boisserie estime « très vraisemblablement que la session d'automne [des concours] n'aura pas lieu dans la mesure où ces textes sont suspendus ». « On verra bien ce que fait le ministère, ajoute-t-il. Mais nous avons des éléments sur le fond, dès que nous aurons un moyen d'agir, nous agirons, nous ne lâcherons plus le ministère », promet-il, précisant avoir « des doutes quant à un certain nombre de textes que le ministère s'apprête à sortir ».