lundi 6 avril 2009

L'intégrale de la journée d'étude du 31 mars 2009


Un seul thème pour cette journée : la place et le contenu des concours dans le continuum de formation. Plus de 200 participants à cette journée ouverte à tous-toutes ceux-celles qui souhaitent réfléchir à la formation des enseignants et des CPE : personnels BIATOS, étudiants, stagiaires, enseignants des écoles, des collèges et des lycées, des universités,...

Nous avons écouté nos divergences, nous allons nous nos convergences pour construire ensemble l'après retrait de la réforme du gouvernement. Retrouver l'intégrale des vidéos de la journée.


Ouverture de la journée de mobilisation du 31 mars 2009



Présentation de Marc BRU





Soutien de Martine MARTINEL, députée de la Haute Garonne



Historique de la formation des enseignants par François GREZES-RUEFF et Claudine GARCIA-DEBANC





Résultats de l'enquête par Christian VALADE



Animation


Travaux en atelier

Christian PUREN dans le rôle de grand témoin




Daniel FILÂTRE, président de l'université de Toulouse II



Questions et conclusions



Synthèse de la journée
(en cours de rédaction)

Compléter encore l'enquête


Vidéo complète en une seule fois





Commentaires de Christian PUREN

Je vais pour ma part participer à la journée d'étude de l'IUFM de Toulouse le 31 mars. Et c'est en pensant à cette journée que je réagis au message ci-dessous de Michel.

Il serait à mon avis contreproductif de nous fixer comme objectif de nous mettre d'accord sur un modèle terminal de formation, quel qu'il soit, au prétexte qu'il constituerait une base "concrète" de négociation. Parce que cela ferait que la discussion se focalise immédiatement sur des logiques situées au niveau de la mise en œuvre de ce modèle, c'est-à-dire impliquant la prise en compte des logiques *politique* (prise en compte des rapports de force au niveau de la représentation nationale), *économique* (prise en compte du coût par rapport aux capacités de l'Etat, et de la relation coût/efficacité) et *administrative* (gestion des carrières, par ex.). Ces trois logiques sont toutes trois respectables en tant que telles, certes, mais je n'ai vraiment pas l'impression que tout le mouvement de contestation actuel, depuis deux mois, soit parti ni se soit référé par la suite prioritairement à ces trois logiques comme étant les "premières" à prendre en compte dans la discussion, ni chronologiquement, ni hiérarchiquement...

Nous devons exiger de discuter sur l'amont, à savoir la *conception* de la formation des enseignants, c'est-à-dire ses valeurs, ses principes, ses normes, ses contenus, sa méthodologie et ses *critères d'évaluation* (en n'oubliant surtout pas cette dernière composante, parce que *c'est un élément décisif de notre crédibilité vis-à-vis de l'opinion publique*, celle des parents d'élèves/d'étudiants, trop peu prise en compte à mon avis dans
les débats que j'ai suivis sur les différentes listes de diffusion). Cette conception de la formation relève d'une 4e logique à l'œuvre en cette affaire, la "logique formative". C'est assurément la plus complexe à gérer en interne (cf. la question de ses composantes académique, professionnelle et de recherche), et c'est ce qui la met en situation de faiblesse face aux trois précédentes. Face au pouvoir politique actuel, nos deux grands
handicaps (le collectif de ce "nous", ce sont tous les opposants à la réforme) sont que sur cette question de la conception de la formation des enseignants, 1) il n'y a vraiment pas un front uni entre nous, et 2) que notre discours ne s'adresse pas aussi de manière suffisamment convainquante à l'opinion publique, c'est-à-dire aux parents d'élèves/d'étudiants (je ne dis pas que ce soit facile, ni que j'aie la solution miracle...).

Aux logiques politique, économique, administrative et formative, il faut ajouter une cinquième, la logique "sociale": prise en compte de la nécessaire mixité sociale dans le corps enseignant, par exemple, qui peut justifier l'exigence d'un statut de fonctionnaire stagiaire en 2e année d'IUFM/de Master professionnel 2e année, à Bac + 5).

Après avoir suivi attentivement ces deux mois de contestation, je tire pour ma part la conclusion qu'aucune organisation particulière, forcément, ne peut assumer à elle seule l'ensemble de ces cinq logiques différentes (politique, économique, administrative, formative et sociale), et ce d'autant plus qu'elles sont à la fois interreliées... et opposées. On peut sans doute en trouver d'autres en cherchant bien, mais il me semble évident qu'en cette affaire fonctionnent simultanément des logiques hétérogènes et en partie antagonistes.

La démocratie s'est imposée historiquement comme le lieu de confrontation et de décision collectives le plus efficace (ou le moins inefficace...) de différentes logiques légitimes, qui ne peuvent être toutes assumées par aucune institution, aucune n'étant structurellement capable d'assurer à elle seule l'intérêt général, et donc légitimement autorisée à s'en réclamer (cf. depuis longtemps la séparation des pouvoirs, et l'existence des partis politiques, des syndicats, et des associations). Les coordinations ont maintenant émergé, et c'est très bien ainsi, puisqu'elles correspondent à un nouveau mode très efficace de mobilisation politique. Mais ellles ne peuvent pas plus que les autres prétendre représenter l'intérêt général.

Les listes de diffusion de ces coordinations attestent d'une extraordinaire richesse et profondeur des réflexions qu'aucune institution existante n'a été capable de mobiliser en cette affaire. J'ai beaucoup appris: c'est vraiment une démonstration tout-à-fait convainquante de ce que l'on appelle "l'intelligence collective".

Reste la question de savoir comment faire en sorte que l'intelligence critique ne neutralise pas l'intelligence stratégique, et que "mobilisation "ne rime pas finalement avec "frustration". Vieille question, assurément, à laquelle la réponse n'est jamais donnée qu'au coup par coup... et après coup.

Christian Puren

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Il est regrettable que l'autodafé des masters soit présenté comme une action collective des membres participants. Nous sommes un certain nombre à avoir formulé notre désaccord avec une action qui rappelle les pratiques de l'inquisition, du nazisme et quelques autres.

Jean-Louis