jeudi 23 avril 2009

Les groupes de travail se mettent en place, mais ....


FO rappelle son opposition de principe à la mastérisation (c'est la raison pour laquelle ils n'avaient pas souhaité signer notre appel "Le temps presse") et donne une information intéressante sur les fameux "groupes de travail" proposés par le ministère : seules trois fédérations ont été convoquées (FSU, UNSA, SGEN-CFDT). Le ministère, comme d'habitude, sélectionne ses interlocuteurs. Savez-vous quelles ont été les réponses des trois syndicats invités ? Le fait même d'accepter de discuter des modalités de mise en place de la réforme me paraît contradictoire avec son refus pur et simple.
Michel Bernard

Effectivement, les discussions autour de ces fameux "groupes de travail" ont commencé. Nous en avons quelques éléments de réponse sur l'AEF.

Tout cela est en effet contradictoire avec le retrait de la réforme, seul mot d'ordre possible avant toute négociation.
A quel jeu risqué jouent les syndicats ? En même temps, qu'avons-nous de prêt et de suffisamment consensuel à mettre sur la table ? A Toulouse, suite aux assises du 2 juillet 2008 (et oui déjà presque un an !) et de la journée d'étude du 31 mars dernier, nous travaillons sur une synthèse autour des points de convergence de nos travaux. Le temps presse effectivement et si nous voulons peser au-delà de nos résistances et de nos luttes acharnées, il nous faut produire un contre projet. A quand les états généraux organisés par la CNFDE ? Le temps presse effectivement, au-delà du délai grapillé jour après jour au prix d'une énergie incroyable, quelle contre proposition construite autour d'une véritable logique de formation pouvons-nous aujourd'hui collectivement avancer ?Bien à vous
Marie-France Carnus

Où en sont les négociations concernant la mastérisation? Vous trouverez dans le document ci-joint quelques éléments de réponse. Il s'agit d'une lettre envoyée par Xavier Darcos à Gérard Aschiéri, secrétaire général de la FSU.
Comme vous pourrez le constater, à cette date (10 avril), le ministre feignait toujours d'accorder un moratoire en entretenant le flou sur les modalités d'inscription (si cette dernière vaut inscription en M1, alors la mastérisation commence et il n'y a pas report) et considérait comme secondaire la question des conditions de stage (entre 6 et 8 heures d'enseignement pour les certifiés comme aujourd'hui, 12h ou plus ?).

En outre, le cadre de la négociation est celui de la mastérisation telle qu'elle a toujours été conçue par le ministère. Aucune remise à plat ne semblait donc à l'ordre du jour (concours en M2, aucune considération relative aux masters recherche et au mémoire...).

Enfin, la revalorisation des traitements des collègues "mastérisés" du secondaire est mentionnée mais elle ne semble pas vraiment prioritaire. Autrement dit, on continue à demander aux étudiants de passer une année supplémentaire à leurs frais sans garantir une réelle augmentation de salaire, correspondant à l'élévation du niveau de recrutement (master et non plus licence).

Dès lors, dans ces conditions, qui peut dire qu'il y a un recul significatif sur la réforme de la formation des enseignants? Arrêter aujourd'hui reviendrait donc à assister à la mise en place de ce projet mortifère pour l'Éducation Nationale et le service public d'enseignement. Il y a décidément de bonnes raisons de poursuivre notre juste mobilisation.
Christophe Pébarthe (SNESup Bordeaux 3)

Je trouve inacceptable que les syndicats acceptent de participer aux groupes de travail sur les thèmes annoncés par le ministère, il faudrait réagir fermement par une lettre aux syndicats concernés et par un communiqué de presse. moi aussi je pense que le temps presse !

il est temps d'organiser des "contre groupes de travail" on peut en proposer trois :
  • contre la réforme actuelle, pourquoi il faut exiger son retrait (ça on l'a déjà fait )
  • Pour le maintien du statut de fonctionnaire stagiaire pendant la dernière année de formation (il faut vraiment insister là-dessus)
  • pour une vraie réforme avec reconnaissance du niveau master à l'entrée dans le métier (à quel moment dans la formation ceci doit être un vrai débat)
quand et comment la CNFDE peut elle organiser cela ?
Josiane Hélayel (Antony)

heureusement, ce ne sont pas les syndicats, mais des syndicats. La FSU s'est, à ma connaissance déplacée à cette rencontre, fait une déclaration liminaire, puis a imposé un débat sur la rentrée prochaine (l'occasion était trop belle), exigé le maintien des années de stage pour les lauréats de la session 2010 (pas de réponse des envoyés du ministre faute de mandat). Fermez le ban.

Pas de participation aux groupes de travail tant que nous n'aurons pas obtenu satisfaction (maquettes et année 2009-2010).
ThierrY

Les organisations syndicales, les coordinations et autres types d’organisations doivent jouer à différents niveaux et de façon complémentaire. C’est la mobilisation, massive et unitaire, qui seule permet de peser dans les rapports de forces. Certains reprochent aux syndicats de participer à des groupes de travail prévus (rappelons qu’ils ont été obtenus sous la pression).

Quel serait l’intérêt d’être absent de lieux où, justement, ils peuvent exprimer haut et fort les revendications élaborées sur le terrain ? A quoi servirait un syndicat s’il n’est pas la chambre d’écho et le bras armé des collègues ? Le problème n’est pas la participation ou pas, mais ce que la FSU y défend… et ce qu’elle obtient au bout du compte.

Sur les mesures transitoires, tous les syndicats présents au groupe de travail sont allés dans le même sens (pas de dépôt de maquettes, année de stage, etc) et ont dit que la discussion ne pourrait pas avoir lieu s’il y avait coup de force. Il faut donc continuer à peser tant que nous n’avons pas de réponses claires.

Sur les problèmes de fond, le problème de la FSU, comme celui de la coordination, est sur ce que l’on peut proposer comme alternative. Et là les clivages entre coordination et syndicats tombent pour se déporter à l’intérieur même du mouvement. Aujourd’hui les accords sur le fond (notamment le rapport entre disciplinaire et professionnel qui conditionnent les contenus de con cours, les contenus de master) sont plus difficiles à déceler que les désaccords.

Selon nous, mais évidemment nous ne parlons que pour le SNEP, l’avenir de la bataille se joue d’abord entre nous avant de se jouer contre le ministère.

Les « groupes de travail » ne sont de toute façon pas des lieux de décision, ni même de travail au sens strict. Tout au plus des lieux de déclarations des uns et des autres. Ne leur accordons pas plus d’importance qu’ils n’en n’ont réellement. Et engageons le travail sur le fond.

Le SNEP a fait tout au long du mouvement des propositions écrites, publiques, donc discutables. D’autres l’ont fait à Toulouse. Cela va être le travail de la commission Marois-Filâtre.

Que chacun tente l’élaboration d’une réponse à la question : par quoi passe l’amélioration de la formation des enseignants, quels dispositifs, etc. C’était l’idée des Etats généraux du local au national … qui est plus que jamais d’actualité.

Claire, Christian, SNEP


Merci pour ces précisions mais (à moins que l'information m'ait échappé, ce qui est fort possible en ce moment) je n'ai pas lu de communiqué des syndicats qui ont accepté de participer à ces "groupes de travail". Je ne conteste pas, par principe, que leur présence puisse être utile mais il faudrait au moins qu'elle soit transparente. Jusqu'à maintenant, la FSU a joué cartes sur table et a rendu compte très précisément de tous les entretiens qu'elle a eus avec le ministère.

Je suis également d'accord sur cette répartition des tâches entre des syndicats et une coordination comme la nôtre. Mais je rappelle également que notre coordination a adopté un texte indiquant qu'il n'était pas souhaitable de participer à des discussions portant sur les modalités d'application d'une réforme dont nous demandons le retrait, sous la forme concrète d'une reconduction l'année prochaine des dispositifs actuels et de l'ouverture d'une véritable consultation.

Je me permets d'autant plus d'insister sur ce point que la communication gouvernementale de ces derniers jours s'appuie volontiers sur le mensonge d'une négociation, voire d'une approbation syndicale sur les réformes que l'on passe en force.
Michel Bernard

Déclarations
  • FSU
  • SNUIPP
  • Le SNESup a déclaré qu’il quitterait les négociations si Pécresse habilitait les maquettes du privé. Tous les syndicats présents ont demandé des réponses urgentes sur cette question et les mesures, condition pour avoir une discussion sereine

Passage en force du gouvernement sur le dossier de la formation des maîtres :

Communiqué des élus SNESUP-FSU au CNESER suite à l'annonce le 20 avril 2009 de voir évaluer les maquettes de masters « enseignement » par la DGES.
Alors que :
  • La communauté universitaire, les organisations syndicales, les sociétés savantes, les associations professionnelles ont massivement rejeté le projet Darcos-Pécresse de réforme de la formation et du recrutement des enseignants du 1er et du 2nd Degré,
  • X. Darcos et V. Pécresse annoncent qu'ils vont mettre en place des structures de concertation (trois groupes de travail et une commission) sur la réforme du recrutement et de la formation,
  • L'agence d'évaluation de l'enseignement supérieur et de la recherche, l'AERES, a elle-même refusé d'évaluer les rares maquettes de master "formation des enseignants" (17 sur une centaine initialement prévue) qui ont été effectivement transmises au ministère,
Patrick Hetzel (Directeur général de l'enseignement supérieur et l'insertion professionnelle), a annoncé au CNESER du 20 avril 2009, dont l'avis est requis pour l'habilitation des formations de l'enseignement supérieur, que ces maquettes seront évaluées par les soins de ses services et soumises à une prochaine réunion du CNESER pour mise en œuvre à la rentrée 2009 !

Cette manœuvre ouvre grand la porte à l'enseignement privé, notamment catholique. L'évaluation de huit des dix sept maquettes de master en question, portées par les Instituts catholiques, permettrait à ces derniers de s'inscrire pleinement dans le créneau de la formation des enseignants !

Cette initiative intervient au moment de la publication au Journal Officiel de l'accord scandaleux entre la République Française et le Saint-Siège sur la reconnaissance des grades et diplômes dans l'enseignement supérieur, qui, contrairement aux assurances de la Ministre, n'est pas cantonné à la théologie ou au droit canon !

La provocation et le mépris envers la communauté universitaire que manifeste cette tentative grossière de passage en force a été dénoncée en séance par les élus SNESUP et a également suscité de vives réactions de la plupart des organisations présentes.
Les élus SNESUP au CNESER.


Il n'est pas seulement question des maquettes du privé mais aussi des maquettes des quelques rares universités déposantes construites sur la base de ce que nous contestons depuis près d'un an maintenant.

Tant que le retrait n'est pas acquis, qu'un projet global concerté et consensuel n'existe pas il ne peut y avoir de maquettes habilitées! Il n'y a rien à négocier sur la base des dernières propositions Pécresse-Darcos!!! Nous voyons bien encore avec le décret sur le statut des EC quel crédit nous pouvons leur accorder! Que faut-il qu'ils fassent pour qu'on comprenne qu'ils ne veulent rien entendre?

Que faut-il qu'on fasse pour qu'ils nous entendent et nous écoutent. Il faut aujourd'hui acter nationalement à l'initiative du SNESUP, de tous les syndicats mobilisés, de SLU, de SLR, des coordinations, des actes forts collectifs: démissions de responsabilités administratives et pédagogiques coordonnées, refus de présidences de jury de bac, refus pour la rentrée prochaine de toute heure complémentaire (si nous arrivons à mettre en oeuvre cette dernière initiative, nous serons inattaquables sur le respect de nos engagements professionnels mais compte-tenu du nombre impressionnant d'heures complémentaires que nous assumons annuellement nous mettrons à mal la gestion de nos universités et nous pointerons du doigt le manque criant de postes dans nos structures).

Quelle crédibilité accorder encore à ce gouvernement qui ment de toute part, Sarkozy, Besson, Kouchner, Pécresse, Darcos, Fillon et al. Par ailleurs, nous avons un syndicat de l'enseignement supérieur le SNESUP; pourquoi laisser Aschiéri, grand toutmou, négocier, lui que Darcos appelle "cher ami" et qui n'a pris aucune initiative dans le sens de notre mobilisation!
JP Sauvage


Quelques liens de SLU


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