mercredi 8 avril 2009

Le dernier communiqué des ministres n'apporte aucune information nouvelle.


Le dernier communiqué des ministres (http://www.education.gouv.fr/cid24259/le-recrutement-et-la-formation-des-enseignants.html et http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid24260/reforme-du-recrutement-et-de-la-formation-des-maitres.html) n'apporte aucune information nouvelle. Un "processus de concertation" est annoncé, entièrement sous pilotage ministériel. Dans la mesure où il ne s'agit pour les ministres que de "conduir[e] à la mise en place de la réforme définitive au cours de l'année 2010/2011", on ne peut pas en attendre grand'chose. Tout le reste (inscription obligatoire en M1, stages de préprofessionnalisation, service au deux tiers des titulaires du concours) reste en l'état, comme annoncé dans la lettre de Darcos du 20 mars.

En revanche, je trouve que le communiqué de la CPU (http://www.cpu.fr/Actualites.240.0.html?&no_cache=1&actu_id=171) va, pour une fois, dans le bon sens. Si l'on prend la peine d'en décoder la langue un peu ligneuse, on y trouve les positions suivantes :
  • Il considère que le maintien du calendrier actuel des épreuves des concours est acquis, ce que Darcos remettait à la négociation
  • Il confirme l'urgence d'inscrire (dans les IUFM puis éventuellement dans les UFR) les futurs candidats
  • Il n'est plus question d'inscription automatique en M1 mais de "reconnaitr[e] cette année de préparation comme l’équivalence d’un M1 pour s’inscrire dans un M2", proposition déjà amorcée dans le précédent communiqué.
  • Il rappelle qu'il n'est pas question de disposer de nouvelles maquettes de masters professionnels l'année prochaine
  • La CPU refuse de participer à la concertation lancée par les ministères avant que "la question de l’année de fonctionnaire stagiaire des lauréats du concours 2010 ne soit définitivement tranchée"
  • Elle indique clairement que l'objectif de cette concertation "doit être de repenser la réforme et non de se limiter à la mettre en œuvre sous sa forme actuelle", et qu'elle doit inclure tous les acteurs de la formation des enseignants.
Au total, la CPU s'approche donc résolument de la position exprimée par la Coordination Nationale de la Formation des Enseignants, à savoir le maintien des dispositifs actuels pour l'année prochaine, préalable à l'ouverture d'une concertation très large sur la réforme.

Une seule formulation reste au moins ambiguë : "Pour que les inscriptions dans des UFR soient possibles, les universités doivent disposent [sic] des parcours, spécialités ou mentions spécifiques de master en rapport avec la préparation aux concours." Je laisse la coquille qui figure sur le site de la CPU car je la trouve révélatrice : on se demande en effet si cela signifie que seules les universités disposant de masters "enseignement" pourront inscrire les étudiants, ou si elles doivent en créer. Donner l'existence de ces cursus comme condition à l'inscription est au moins contradictoire avec ce qui suit, affirmant qu'il est inutile de disposer de nouvelles maquettes pour l'an prochain. Ce point reste donc à éclaircir.

Michel Bernard - Université Sorbonne Nouvelle (Paris 3)

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