mardi 14 avril 2009

États généraux de la formation des enseignants lancés par le CDIUFM


Présentation du projet


L’objectif des États généraux de la formation des enseignants est de relancer un vrai débat public sur la question de la formation des enseignants. La consultation sera faite au niveau national, et ouverte au plus grand nombre. Internet est l’outil idéal pour une large consultation1. De même, le contexte de pause de la réforme pour l’année 2009/2010 est tout à fait opportun pour ouvrir cette consultation.

La consultation débutera en mai 2009 et se terminera mi-juillet 2009. L’aboutissement des États généraux de la formation des enseignants sera l’édition d’un livre blanc, prévu pour mi-septembre 2009. Un site web spécifiquement consacré au projet sera mis en place. Les rubriques pourront être :
  • présentation des États généraux de la formation des enseignants
  • problématiques et questionnements
  • base législative (lois, rapports, contributions, etc.)
  • rendez-vous (évènements organisés sur toute la France)
  • appel à contributions avec possibilité d'envoyer une contribution individuelle ou collective, accompagné d'une charte des contributions
  • contributions déjà reçues
....

Mise en œuvre et Calendrier

Le projet sera mis en oeuvre par un comité de pilotage constitué d'une vingtaine de personnes : directeurs et
directeurs adjoints des IUFM, membres de l'équipe permanente de la CDIUFM et membres de l’équipe du Portail des IUFM. Ce comité sera notamment en charge d’élaborer :
  • le texte de présentation des états généraux
  • les textes présentant les questionnements (les axes)
  • la trame de l’appel à contribution
  • la charte des contributions
  • les modalités de publication (modération des contributions pour publication sur le site web, production des conclusions définitives pour le livre blanc)
  • les modalités de mise en œuvre technique
Les directeurs d’IUFM seront informés des détails du projet lors de la Conférence du 2 avril.

Le comité de pilotage se réunira à Paris aux dates suivantes : 8 avril / 23 avril / 29 avril / 5 mai. L’objectif est de finaliser le projet pour une validation par les directeurs lors de la Conférence des 14 et 15 mai afin de lancer les États généraux de la formation des enseignants la semaine du 18 mai.

Réactions :

Le cadre proposé par la CDIUFM n'est en aucune manière celui que nous avons commencé à baliser au cours de la 3ème CNFDE. Le calendrier précipité dans lequel la CDIUFM veut inscrire cette opération promotionnelle pourrait prendre l'allure d'un piège redoutable dans lequel nous ne devons pas tomber. Par ailleurs, je rappelle que nous avons voté samedi une motion qui indique clairement que "la Coordination Nationale Formation Des Enseignants (CNFDE) appelle de ses voeux une concertation sur l¹ensemble du dossier du recrutement et de la formation des enseignants. Mais le retrait du projet gouvernemental en est une condition préalable, quelle que soit la forme de cette concertation". Sauf erreur de ma part, je ne crois pas que le retrait du projet gouvernemental ait été à ce jour obtenu.
Michel Solonel


Je ne vois pas pourquoi la coordination FDE demanderait quelque chose à la CD IUFM. Rien dans ses points de vue jusqu'à une période récente ne le justifierait. Nous avons eu connaissance à Antony samedi du processus conçu par la CDIUFM pour ces "Etats Généraux" : il s'agit d'un forum de discussion sur site web, modéré par une commission composée de DR et de DA + gestionnaires du site Web. En autant cas il s'agit du large débat démocratique auquel nous aspirons. Mettons notre énergie à organiser des assises, journées d'étude (cf celle sur le site Midi-Pyrénées le 31 mars), locales, régionales puis nationales avec tous les acteurs et actrices concernés. Nous avons besoin de temps et d'esprit un peu "libre" pour ce faire.
Michelle Zancarini-Fournel Univ Lyon1-IUFM

Je ne pense pas que les directeurs d’IUFM veuillent sortir des maquettes inabouties de leurs placards pour les bricoler et les mettre en oeuvre à la rentrée 2009 : ils sont sincèrement remontés contre le machin qui est en train de se mettre en place. Ce qu’ils veulent c’est que l’année 2009-2010 puisse avoir lieu, et la seule condition pour cela c’est de reconduire les dispositifs existants.
L’ouverture des pré-inscriptions, que nous avons demandée – et nous avons eu raison de le faire – est la condition qui devrait permettre que l’année 2009-2010 s’effectue presque correctement, c’est-à-dire selon le schéma actuel.
Normalement à cette période, dans les IUFM, les étudiants sont pré-inscrits, les enseignants participent à des réunions où on établi leurs services, on compose les équipes pédagogiques, et on examine la répartition des lieux de stage. Il en est de même dans les Universités où on répartit des cours pour les prépa capes. A titre d’exemple, à Paris, l’an dernier, pour préparer la rentrée 2009, la réunion entre l’IUFM et les responsables de CAPES avait eu lieu le 12 mars. Le 3 avril les formateurs de français de l’IUFM se réunissaient pour se répartir les enseignements à assurer ...

Aujourd’hui, 9 avril, personne à l’IUFM ne sait combien d’étudiants nous accueillerons ni pour quelles formations, ni où ils seront inscrits; on ne sait pas non plus si les postes de formateurs associés seront reconduits; on ne connaît pas le nombre de places de stage...
Je ne crois pas que dans ces conditions qui que ce soit en IUFM ait envie de se lancer dans la mise en oeuvre d’un dispositif nouveau. On espère surtout, pour des questions de survie, pouvoir mettre en oeuvre les maquettes de prépa qui ont fait leurs preuves : elles sont rodées et on pourra les adapter pour faire face à un avenir imprévisible.
Et même s’il prenait à un directeur d’IUFM l’idée d’exhumer un spectre de maquette de master de son placard, il lui faudrait la retravailler et l’adapter aux nouvelles conditions de concours, la faire passer malgré son conseil d’école, et attendre sagement qu’une fois la rentrée passée, il lui soit donné l’autorisation de la mettre en oeuvre. Non, ce qui va se passer, c’est que la réflexion sur les masters va se poursuivre localement et nationalement, et qu’à partir des ébauches disponibles on essaiera de mettre au point des maquettes plus satisfaisantes, attendu que, bien entendu, les ministères vont se montrer raisonnables et revoir de fond en comble leur projet délétère...
Sylvie Plane - IUFM de Paris - Université Paris 4

Notre motion d'Anthony est assez claire à ce sujet : "La CNFDE [...] se déclare disponible pour participer à toute réflexion sur la formation des enseignants, dès lors que le projet gouvernemental aura été retiré."
Pas d'Etats-généraux, pas de Commission avant le retrait de la réforme. Il y a un temps pour chaque chose. Pour le moment, la seule urgence, le seul investissement utile, c'est d'obtenir la reconduction totale du dispositif de recrutement et de formation des enseignants. Nous dirons ensuite ce que nous voulons pour 2011.
Michel Bernard - Université Sorbonne Nouvelle (Paris 3)

il ne me semble pas que ces groupes soient liés aux Etats généraux récupérés par la CDIUFM. D'ailleurs, le début des travaux de la CDIUFM devait avoir lieu le 9 avril : quelles nouvelles depuis ? Trêve des confiseurs ?
En revanche, il est clair que c'est un passage en force et un recul sur des points qui avaient été concédés, mais, rappelons-nous, seulement dans des communiqués de presse. Rien d'officiel sur ces maigres concessions.
Donc oui, le ministère nous prend pour des andouilles et oui, il recycle ses vieux projets. Est-ce étonnant ? Même pas. Personne ne doit se prêter à ce jeu. Les organisations syndicales qui ont fait du retrait des réformes un préalable vont devoir montrer de la conséquence, car nous les observerons très attentivement. Ténacité, persévérance, inflexibilité.
Dominique Ulma


Les collègues des IUFM sont déjà invités par leur direction à rentrer dans le processus.Echaudés par les positions « fluctuantes » de la CDIUFM (même si elle est beaucoup plus combattive ces deniers temps), ils s’interrogent sur l’attitude à avoir face à cette demande.
Je propose que la CNFDE interpelle la CDIUFM pour lui dire que nous sommes nombreux à porter l’idée d’Etats généraux depuis juillet dernier (cf appel Meirieu). Des Etats généraux ont déjà eu lieu en octobre, mais les universitaires en étaient quasi-absents et nous avons constaté qu’il était difficile de construire des alternatives communes sans prendre en compte différents points de vue.
Si nous demandons à nouveau des Etats généraux (ou Assises, peu importe le nom), c’est pour remettre à plat la réforme et pas seulement aménager celle qui nous a été proposée.Cela suppose 4 conditions :
  • Un partenariat de tous les acteurs : que la CDIUFM ait la responsabilité de ces Etats généraux, pourquoi pas. Mais rien n’avancera si la CPU n’est pas totalement impliquée, si tous les formateurs ne sont pas engagés et si les syndicats et les coordinations ne sont qu’auditionnés… que veut dire partenariat pour la CDIUFM ? Il faut que les partenaires soient co-organisateurs et pas seulement des invités.
  • Un point de départ local (une université) puis régional (inter-universités), puis national : Les situations locales sont très différentes les unes des autres et les rapports de force locaux déterminants. Des « évènements ou forums dans les régions » ne suffiront pas. L’étape locale est déterminante.-
  • Du temps : le ministère veut tout boucler d’ici fin juin, nous nous voulons une réelle concertation et ça pendra obligatoirement du temps. Rentrer dans le calendrier du ministère est d’avance du bricolage. Rappelons que nous ne voulons pas des mesures transitoires des ministères.
  • Une prise en compte des problèmes de manière imbriquée : des contributions circulent déjà, il ne suffit pas de les compiler pour faire un projet alternatif. Elles doivent non seulement être enrichies, mais permettent une approche articulée des problèmes. Par ex, décider de la place des concours en dehors du contenus des épreuves est inopérant (cf la commission Maroy-Filatre qui sépare les deux questions).
Notre lettre devrait dire que ce n’est qu’à cette condition que les collègues de tous les IUFM pourront réellement être impliqués dans l’initiative Etats généraux. Si ces conditions n’étaient pas réunies, nous serions dans l’obligation de faire nos propres Etats généraux et nous perdrions beaucoup d’énergie et d’efficacité.
Que pensez-vous d’une telle lettre ? Faut-il rencontrer la CDIUFM, faire une lettre commune à la CDIUFM-CPU ?
Claire Pontais

"Une inscription en année de préparation au concours vaut une inscription en M1". A mon sens, cette phrase n'a aucune signification.

Tout d'abord, je comprends très bien, il me semble la raison de son existence. En vue d'une réforme des concours mise en place pour septembre 2010, et pour éviter des mesures transitoires à l'image de ce qui a été proposé cette année, le problème des M1 est évacué de cette manière.
Pour les formateurs en IUFM et pour les étudiants, ce serait alors tout bénéfice : pour les IUFM, nous avons constaté pour 2008-2009 une baisse du nombre d'inscription du au fait, qu'à la suite de l'annonce du 2 juin, certains étudiants ont préféré "assurer" en s'inscrivant en M1 disciplinaire.
La première question qui me vient à l'esprit est quel M1 ?

Plusieurs hypothèses semblent plausibles :

  • professionnel enseignement.
  • disciplinaire (pour les Capes-Agreg-PLP).
Je constate dans un premier temps que le ministère de l'éducation dans les deux cas impose au ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche d'aller contre la loi LRU, si celle-ci était bien la loi de l'autonomie des universités (ne me répondez pas sur ce point, je suis pour son abrogation, et la seule autonomie qu'elle apporte à mon sens est celle du ministère vis à vis desdites universités en lui enlevant toute responsabilité). Et impose ( point positif) l'absence de numerus clausus sur les master.

Voyons la première hypothèse :

Dans la majeure partie des universités (intégratrices ou non) ce type de master n'existera pas en septembre 2009, faute de maquette. Au mieux (pour Darcos), ils existeront pour septembre 2010. Cela voudrait dire que l'on inscrit des étudiants dans un Master qui n'existe pas, pour lesquels il n'existe ni contenu précis, ni règlements d'examen. La validation de l'année de M1 va être croquignolette. Puisqu'il n'existe pas non plus de jury.
Je note à ce propos, qu'une organisation (malheureusement trop) bien connue a proposé de valider automatiquement cette année de préparation aux concours en attribuant 60 ECTS suivant les résultats au concours.
La dérive à laquelle on assiste concernant ces ECTS me semble dramatique ( dans 5 ans, avec 180 ects, on validera une licence quelque soient les cours suivis ? Et les examens et contrôle continu ne serviront plus qu'à donner un diplôme et non à vérifier l'acquisation des savoirs et des savoirs-faire ? J'étais contre le LMD, et je n'ai pas changé d'avis).

La deuxième hypothèse n'est pas meilleure :
Les étudiants seront inscrits en M1. Soit. Mais pour valider cette année, il leur faudra quand même suivre les cours, et les évaluations. Ou alors, Darcos prévoit de prendre la place des jurys, et de leur attribuer lui-même ce M1 (j'aurais cru que la souveraineté du jury serait renforcé par la LRU, en fait souveraineté vis à vis du ministère ... de l'enseignement supérieur et de la recherche). Deux poids, deux mesures entre ceux qui seront inscrit en préparation aux concours, et ceux qui n'y seront pas. Et que dire à un candidat qui souhaitera continuer en M2, surtout s'il a raté le concours ?

Ces deux analyses sont d'ailleurs valables pour tout Master existant (deuxième hypothèse) ou tout master n'existant pas ... encore (première hypothèse).

Quant à l'adossement à la Recherche, ce sera visiblement pour un autre jour. Il est vrai que le mot Recherche n'apparait pas dans la dénomination "ministre de l'éducation", et qu'à la marge dans "ministrE de l'éducation nationale et de la recherche".
Thierry Astruc



1 commentaire:

Webmaster a dit…

L'appel "Le temps presse" n'a pas le même objectif que d'autres textes proposés par la CNFDE, et qui indiquent plus explicitement notre rejet de la réforme Darcos et l'exigence de son retrait. Cet appel a été construit à partir des rencontres de la CNFDE avec l'ensemble des forces syndicales, au terme desquelles nous nous sommes rendu compte qu'il était possible de faire acter une position de consensus très largement partagée par nos interlocuteurs : celle d'un moratoire complet du dispositif de recrutement et de formation des enseignants, condition incontournable de l'ouverture d'une large consultation pour élaborer une autre réforme. Comme on peut le constater aujourd'hui, cette démarche a été fructueuse puisqu'une cinquantaine d'organisations ont souhaité signer ce texte. Du côté syndical, nous avons pu ainsi aligner les signatures de l'UNEF, de la FSU (SNUIPP, SNES, SNESUP, SNEP, SNUEP, SNPI), de l'UNSA-Éducation (SE, Sup’Recherche, SIEN, SNPDEN, A&I, SNPTES), du SGEN-CFDT, de la CGT (CGT-Éduc’action, FERC Sup, FERC-CGT) et du SNPREES. A l'heure actuelle, il nous semble important de pouvoir manifester de pareils fronts syndicaux. Si la CPU n'a pas souhaité signer ce texte, c'est par principe, mais leur dernier communiqué, alors qu'ils avaient pris contact avec nous et demandent à rencontrer une délégation de la CNFDE, doit beaucoup, nous semble-t-il, à la démonstration unitaire que constitue l'appel "Le temps presse".
Je souhaite revenir sur les deux réserves exprimées par ton courrier :
Le "retrait" de la réforme n'est pas formulé explicitement.
L'objectif est celui de régler une urgence : si des décisions ne sont pas prises dans les jours qui viennent, tout le dispositif de préparation aux concours (PE, PLC notamment) est compromis pour l'année prochaine, ce qui aurait en particulier de lourdes conséquences pratiques pour les IUFM et le maintien de leur potentiel de formation.
Si les dispositifs actuels de préparation aux concours et de formation des enseignants sont reconduits pour l'année prochaine et qu'une concertation est ouverte pour remettre à plat l'ensemble de la réforme, nous aurons obtenu quelque chose qui, toute question sémantique mise à part, ressemblerait fort à un "retrait" de la réforme Darcos.
La demande formulée par l'appel n'est pas seulement celle d'un "moratoire", qui impliquerait que la réforme s'appliquerait avec un an de retard, mais bien celle d'une remise en question de cette réforme. Même le communiqué de la CPU du 16 avril précise que la concertation devra "porter sur la remise à plat de la réforme et non sur un aménagement des dispositions initialement prévues".
Le texte comporte la référence à "un cursus de master approprié".
Il est un aspect de la question de la "mastérisation" à laquelle nous (enseignants du supérieur) n'avons pas été assez attentifs : c'est la forte attente des collègues du primaire et du secondaire à l'égard de cette reconnaissance de leur niveau de formation à bac + 5. Nos rencontres avec les syndicats ont souvent fait apparaître ce point, souvent absents de nos débats. A l'exception notable de FO, qui n'estime pas judicieux d'introduire dans la fonction publique un nouveau niveau de recrutement, les autres organisations syndicales approuvent cet objectif (ce qui explique d'ailleurs ce manque de "convergence" que nous avons souvent déploré). Nous devons donc répondre à cette attente en formulant nos propositions, qui ne peuvent se borner à refuser en bloc toute "mastérisation" ou à proposer que les concours ne soient ouverts qu'aux titulaires d'un master. Cela serait d'ailleurs faire bon marché des incohérences actuelles de notre système (est-il normal qu'un étudiant qui prépare sérieusement le CAPES ou l'agrégation le fasse en dehors de tout cursus, sans la moindre reconnaissance au cas où il serait recalé, etc.)
L'expression retenue, "un cursus de master approprié", est suffisamment vague pour recouvrir tout ce qui pourrait être mis au point par la large consultation que nous appelons de nos vœux. En particulier, cela n'implique nullement que, comme le souhaite le ministère, on obtienne au bout du compte des titulaires d'un master professionnel "enseignement" qui ne seraient pas lauréats des concours, main d'œuvre précaire toute prête pour un emploi flexible.
Il ne me semble donc pas que le texte "Le temps presse" "raisonne dans le cadre ministériel". Les termes en sont assez clairs pour qu'on ne puisse pas s'en servir à d'autres fins que celle pour laquelle il est prévu : demander un report d'un an des dispositifs actuels et l'ouverture d'une concertation pour une autre réforme. En revanche, il va falloir tenir bon pour que chaque point soit appliqué. Le ministère a déjà lâché sur les programmes des concours de l'année prochaine et sur l'inscription en IUFM mais prétend toujours imposer une inscription en M1 et une année de formation après le concours, où le jeune enseignant devrait effectuer les deux tiers de son service statutaire. Même cette ligne de front, que tu sembles considérer comme en retrait de nos exigences initiales, sera difficile à tenir.

Je me demande, enfin, ce que nous imaginons quand nous demandons le "retrait" d'un projet de réforme (je me souviens aussi des longs débat sur l'"abrogation-de-la-LRU"). Pense-t-on que le ministre va écrire un communiqué disant "devant l'opposition à ma réforme, je la retire et je vais proposer ma démission au président de la République" ? Est-ce qu'une pareille chose est arrivée dans les dernières années ? A ma connaissance, les retraits que nous avons obtenus (je pense tout particulièrement à la réforme Ferry et au CPE, mais aussi, récemment, à la réforme des lycées) étaient tous présentés comme des moratoires permettant de réfléchir à d'autres modalités. C'est cette "porte de sortie" que le texte "Le temps presse" indique au ministre.

Bien à toi.

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Michel Bernard
Université Sorbonne Nouvelle (Paris 3)