dimanche 12 avril 2009

Communiqué de presse - Masters « métiers de l’enseignement » : l’AERES n’évalue pas la campagne actuelle


Le Conseil de l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur réuni le 9 avril 2009 constate que : les dossiers déposés par les établissements ont été constitués en fonction du « cahier des charges » présenté dans la circulaire du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche du 17 octobre 2008 et n’ont pu prendre en compte l’incidence sur ce « cahier des charges » des décisions prises par les ministres dans le cadre des négociations récentes avec la CPU et la CD IUFM, d’une part, et avec les syndicats, d’autre part ;
  • seuls 9 universités, 2 Ecoles Normales Supérieures et 8 établissements privés ont déposé des dossiers ;
  • sur 35 académies, seules 3 (Reims, Polynésie et Nouvelle Calédonie) ont une proposition complète ;
  • la faible proportion de dossiers remontés (moins de 10 % de l’offre potentielle) ne permet à l’Agence, ni une analyse par académie, ni une analyse nationale comparative par discipline.
En conséquence, l’AERES décide de ne pas évaluer les masters « métiers de l’enseignement » de la campagne actuelle.

Communiqué adopté par le Conseil à l’unanimité.

Installée le 21 mars 2007, l’AERES est une autorité administrative indépendante. Elle conduit l’évaluation des établissements, des unités de recherche et des formations et des diplômes de l’enseignement supérieur, dans une approche intégrée qui fait son originalité.

Lettre Flash du SNESUP

Vendredi 10 avril, l'AERES renonçait à l'évaluation de la petite dizaine de maquettes, concernant la formation des enseignants, qui lui avaient été transmises. C'est un résultat qu'il faut porter à l'actif de la mobilisation des collègues, dans les universités, dans les conseils, contre la remontée des maquettes, ou en ne les élaborant pas. C'est un résultat du SNESUP qui se bat pour le retrait de la réforme actuelle de la formation et du recrutement des enseignants. En conséquence de cette action appelée par le SNESUP : aucun master «formation des enseignants» ne pourra être habilité pour cette rentrée.

Ce même jour, le ministre de l'Éducation Nationale a adressé à la FSU une lettre pour lui préciser le contenu des groupes de travail qu'il entend réunir pour discuter de la mise en œuvre du dispositif de formation et de recrutement des enseignants à l'horizon 2011. Une réelle mise à plat du dispositif nécessite la participation du Ministère de l'Éducation Nationale et du Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche. Le MESR n'étant ni signataire, ni mentionné dans le texte, son hypothétique association reste à confirmer. Dès la semaine prochaine, ces groupes de travail, au découpage artificiel (par exemple, contenu des concours dissocié du cadrage des masters) pourraient aborder des points dont la FSU estime qu'ils doivent être remis à plat.

Cette lettre n'apporte que peu d'éléments nouveaux. Si pour la première fois, les IUFM sont mentionnés, c'est uniquement au détour des stages de pré-professionnalisation. Les concours internes font leur réapparition. Cependant la place du concours est confirmée en M2, alors que cette question fait effectivement problème. Il n'y a aucune nouveauté concernant le temps de formation pendant l'année post-concours.

Le 12 avril par voie de presse, Xavier Darcos a repris ses provocations, déclarant qu'il n'a pas repoussé la réforme d'un an et qu'un accord est trouvé avec les organisations représentatives. Le SNESUP continue d'exiger un véritable maintien pour 2010 du dispositif actuel, ce qui implique que les concours 2010 se déroulent comme en 2009, les étudiants s'inscrivant en préparation concours dans les UFR ou dans les IUFM, sans être contraints de prendre une inscription en Master, ni que cela vale a priori inscription dans des Master non encore défini. C'est à cette condition, associée à la réelle volonté de remettre à plat l'ensemble du dispositif, que pourraient s'ouvrir les discussions nécessaires pour une tout autre réforme de la formation des enseignants, reconnue par un master et permettant une réelle élévation du niveau de qualification et une réelle amélioration de la formation.

La mobilisation doit continuer et s'élargir.


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