vendredi 27 mars 2009

Maintien des inscriptions en IUFM en 2009-2010


Les étudiants qui entendent préparer les concours d'enseignants en 2009-2010 pourront s'inscrire pour cela en première année d'IUFM, comme actuellement, a annoncé la FSU à l'issue d'une rencontre au ministère de l'Education nationale avec Xavier Darcos et Valérie Pécresse.

En outre, cette première année d'IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) permettra d'avoir une équivalence en master 1 (M1), a précisé à la presse vendredi le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri.

"Pour l'année 2009-2010, il y aura le maintien des inscriptions en IUFM, il y aura le maintien de la même formation, avec un système qui, par convention, permettra que l'année en IUFM soit validée comme un M1", a-t-il déclaré.

Les étudiants auront aussi le choix de s'inscrire directement en master 1 à l'université, avec possibilité de passer le concours.

Sur les autres engagements obtenus, Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire, a fait part de la "volonté très forte de maintenir les moyens affectés à la formation et à la préparation des maîtres en IUFM, ainsi que l'ensemble des antennes départementales" de ces instituts.

"Pour 2011", année où doit s'appliquer l'ensemble de cette réforme de la formation des enseignants, "on a listé les points sur lesquels on allait pouvoir négocier. D'une certaine manière, cette liste correspond à une forme de remise à plat du dispositif tel qu'il était envisagé", a dit M. Aschieri.

"On a une série de mesures sur lesquelles les ministres reculent, sous la pression de la mobilisation, tant mieux", a commenté M. Moindrot.

Selon la FSU, les ministres de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur Xavier Darcos et Valérie Pécresse se sont engagés à mettre ces points par écrit à l'issue des discussions avec l'ensemble des syndicats, qui se déroulent jusqu'à lundi.


Pour autant, la FSU a encore de "grandes inquiétudes" sur la façon dont seront organisés les stages en responsabilité en master 2, notamment.




Selon l'AEF

« L'inscription en IUFM est maintenue en 2010 et vaudra par convention pour l'année transitoire une inscription en M1. Cela sécurise les étudiants et les formateurs », déclare à l'AEF Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, reçu avec des représentants des syndicats de la fédération, ce vendredi 27 mars 2009 à 10h30 rue de Grenelle par Valérie Pécresse et Xavier Darcos sur la masterisation (L'AEF n°111587). « Nous avons obtenu un engagement sur le maintien des moyens en formation et sur celui des antennes régionales et départementales », ajoute-t-il. ....

UN TEXTE ÉCRIT

Le Sgen-CFDT était reçu à midi ce vendredi. Suivront lundi 30 mars des rencontres avec l'Unsa-Éducation à 9h45 et AutonomeSup à 15h. À l'issue de cette série de « bilatérales », selon Gérard Aschieri, Xavier Darcos pourrait « mettre par écrit ce qu'il a dit aux syndicat ce qui permettrait vraiment de relancer les discussions ».

« Nous sommes satisfaits de la liste des thèmes abordés. Sur l'urgence, c'est à dire 2010 nous avons bien progressé, maintenant nous attendons la formule écrite. Tout un chantier nous attend pour 2011 », estime Gérard Aschieri. Le secrétaire général compte notamment « avancer » sur la question du pré-recrutement. « Le ministre continue à dire qu'on va utiliser le dispositif des AED [ assistants d'éducation] et le faire évoluer, mais cette option ne nous satisfait pas. »

Réactions :

11 commentaires:

Webmaster a dit…

Merci pour cette info dont je cherchais confirmation.

Juste une interrogation : un candidat libre qui réussit le concours 2010 sans être inscrit en IUFM (parce qu'il a fait une PE1 dans une vie antérieure, ou parce qu'il doit faire bouillir la marmite, ou parce que c'est une reconversion professionnelle, qu'il est inscrit au CNED ou... etc) obtient-il le M1 ? Devra-t-il être titulaire du M2 pour enseigner ? C'est-à-dire pourra-t-il être titulaire du concours et ne pas devenir enseignant ? Ou bien lui donnera-t-on l'équivalent du M2 à l'issue de sa PE2 ?
Attendons les écrits, mais la situation ne m'a pas l'air d'être prévue.
La conclusion que j'en tire est que la précipitation, l'improvisation et l'art de la navigation à vue ont encore frappé. Effets d'annonce pour discréditer notre grogne au moment où la CPU ramollit et invite à la reprise des cours.
Ne cédons pas. Exigeons le retrait pur et simple des contre-réformes et la remise à plat des questions relatives à la formation.
Réformer la formation oui, comme ça non.

Dominique Ulma

Webmaster a dit…

effectivement... ni Darcos, ni Pécresse, ni Sarkozy n'ont démissionné, mais
quand même si on compare la situation aujourd'hui à celle de juin 2008, on n'en
est pas tout à fait au même point et face à ce pouvoir ce que l'on a fait n'est
pas rien. Il faut savoir acter les points marqués pour situer les évolutions du
rapport de force... et poursuivre la lutte sur de nouvelles bases.

Pascal Grassetie

Webmaster a dit…

Xavier Darcos nous laisse
des bombes à retardement.

Nous demandions le maintien des concours dans leur forme actuelle en
2010. Nous l'avons obtenu. Nous demandions l'inscription des
étudiants licenciés aux formations actuelles PE1, PLC1, etc. Nous
venons de l'obtenir. Nous demandions l'ouverture immédiate des
inscriptions dans les IUFM. Nous venons d'obtenir un feu vert
officiel. Il est donc exact que le gouvernement, en quelques jours,
vient de céder à ces trois demandes auxquelles il était resté sourd
jusque-là. Il faut y voir une réponse au rapport de forces qui a été
créé ces derniers mois dans les Universités et parmi les personnels
impliqués dans la formation des enseignants.

Mais en ouvrant les inscriptions en M1 dans les UFR et en
reconnaissant l'année d'IUFM comme M1, le gouvernement tente de
lancer le processus de mastérisation de la formation. Or, il le fait
sans en préciser le contenu. Quid des stages en M1 et M2 (nombre,
nature, durée, encadrement) ? Quid des concours (nature et date des
épreuves) ? Quid de l'année dite de stage après le concours (valeur
de l'allégement de service, dispositif d'accompagnement, nature des
formations et encadrement, forme de la certification) ? Quid du
devenir des IUFM, des personnels et des sites ? Quid de l'utilisation
de leurs compétences pour la formation professionnelle et la
recherche et de la structuration nécessaire des coopérations
interuniversitaires… ? Quid de l'importance de la revalorisation des
salaires des enseignants ? Etc.

Les IUFM seraient particulièrement fragilisés : les étudiants visant
PLC s'inscriraient en M1 dans leur UFR, mais ils y resteraient
naturellement en M2. De la sorte, on aboutirait à réserver les IUFM
aux formations PE, PLP et CPE et l'on institutionnaliserait la
coupure entre premier et second degré. Les responsables des
fédérations syndicales sont-ils bien conscients de ce risque pour
l'unité des enseignants.

Nous ne pouvons accepter le marché qui nous est proposé : vous avez
vos PE1 ou PLC1 en septembre 2009, taisez-vous maintenant et laissez-
moi concevoir leur formation. Ce serait signer un blanc-seing…

De plus, pour les étudiants, ces annonces soulèvent beaucoup de
questions : sur quels critères serait attribuée la reconnaissance de
l'année de M1 ? Les étudiants inscrits en IUFM en septembre 2009
auraient-ils la possibilité de poursuivre en M2 en IUFM ? Dans quel
master ? Et avec quelle articulation entre M1 et M2 ? Que se
passerait-il pour ceux qui réussiraient le concours et n'auraient pas
ou pas encore leur M2 ? Et les lauréats qui se seraient inscrits
comme candidats "libres" (cette catégorie est fortement représentée
dans les concours actuels), seraient-ils mis directement sur le
terrain pour leur année de "stage" ? Etc.

Enfin, si les universitaires des UFR et des IUFM participaient à ce
processus, ils se jetteraient dans une concurrence cannibale qu'ils
ont pourtant rejetée jusqu'ici avec force et dignité en refusant de
se faire traders à la Bourse des masters !

Après tant de mois d'actions, si nous nous prenions à embellir les
concessions annoncées, nous pourrions demain nous retrouver dans
cette situation paradoxale de devoir dire : le gouvernement a reculé
mais il nous a vaincus !

Pour un enjeu de cette importance, la FDE, ne soyons pas avares de
précautions.
Depuis le 31 janvier et le 7 mars, notre demande est claire : encore
un effort, M. Darcos, il faut retarder d'un an la mise en œuvre de la
réforme de la formation et ouvrir sans plus attendre la réflexion sur
le recrutement et les concours, à travers la préparation soigneuse
d'Assises Nationales commençant de façon décentralisée dans les UFR
et les IUFM, puis dans des assemblées académiques. C'est ce que
propose la CDIUFM, affirmant qu'il n'y a pas de raison de se
précipiter. Soutenons cette proposition.

Je demande au secrétariat de la CNFDE de nous soumettre bientôt un
projet de communiqué allant dans ce sens et appelant à l'action le 31
mars (cérémonies de non dépôt des maquettes) et le 2 avril (1000
manifs pour l'école).

Bien cordialement,
André OUZOULIAS

Webmaster a dit…

La situation :
Tant qu'il n'y aura pas retrait de la réforme, nous devons entendre que la réforme passera. Or, des négociations sont en cours (je vois mal comment les syndicats qui sont dans le couloir obtiendraient mieux que ceux qui sont déjà passés). Donc, la réforme est en passe de passer.
Elle passe en cheval de Troie... oui, Marie-Albane.
Si cette dépêche devait faire loi, en quels termes se formulerait notre revendication ? Combien de temps pour la formuler, dans le trou de souris qui nous resterait, avec une mobilisation inégale, parfois fatiguée, et surtout, ce "cadeau empoisonné", cette promesse de M1?

Que demandons-nous?
Le retrait et des états généraux. C'est-à-dire du temps et une négociation digne de ce nom. Le contraire des négociations qui se tiendraient en ce moment, dans la précipitation et sous les pressions.
La coordination, nourrie des collectifs, demande cela depuis le début.
Il nous faut continuer, garder cette ligne.
Tant que les deux ministères n'ont pas retiré leur réforme, ils sont gagnants.
Comme ils jouent avec la communication dans les media et comme la complexité de notre situation y passe mal, ils auront beau jeu de continuer à faire croire qu'ils sont conciliants et que nous sommes capricieux ou inréformables.
"Ce que nous ne sommes pas".
Bon... C'est vrai qu'il recule.
Et puis, pour le cheval de Troie, une fois qu'on connaît l'histoire...
Salut à tous.


Nicole Orthous

Webmaster a dit…

Pour l'immédiat je suis d'accord avec les présidents dissidents de la
CPU qui s'expriment comme ci-dessous. Il n'existe qu'une voie d'issue
possible dans la gestion de ce dossier "masterisation", pour
l'entreprise de véritables négociations:

"Pour ce qui nous concerne, nous constatons que la réforme dite de la
« mastérisation » reste confuse dans l?organisation qu?elle propose
pour les concours de recrutement et que ce projet est maintenu dans
des termes et des principes que nous continuons à rejeter comme nocifs
tant à la qualité qu?à la cohérence de la formation des enseignants
des premier et second degrés. Les dernières propositions du ministère
génèrent une confusion pointée par tous les acteurs de la formation
des enseignants en prétendant échanger un recul dans la mise en place
des nouveaux concours contre une mise en place immédiate des nouvelles
formations. C?est là une man?uvre pour faire entériner à l?avance tout
le processus combattu par la majorité de la communauté universitaire.
La seule solution simple et claire est de proroger le dispositif
actuel dans sa totalité, pour un an (y compris l?année de formation en
alternance)."

J'irai un peu plus loin, il faut aujourd'hui envisager le maintien du
dispositif actuel pour deux ans pour entreprendre, avec le temps
nécessaire la construction sur des bases sérieuses d'un autre projet.
Dans les mois qui viennent, si nous gagnons notre combat (c'en est un)
nous serons mobilisés sur le semestre de nos étudiants. Je me vois mal
construire un nouveau projet pour l'automne prochain dans une nouvelle
précipitation. Il faudra prendre le temps d'une année pleine pour
cette réflexion pour une mise en place à la rentrée 2011 avec une
structuration sérieuse et anticipée de la phase de transition.

Pour l'immédiat il faut veiller à la non remontée des maquettes: mardi
31 refaire un cortège vers les rectorats de non remontée des maquettes.
Une remise à plat pourra ensuite être envisagée. Mais il est clair
aujourd'hui que la dualité master - concours en parallèle est une
entourloupe pour supprimer à terme les concours ou à tout le moins en
restreindre drastiquement les postes et précariser ainsi à partir du
vivier d'étudiants masterisés le statut des enseignants du primaire et
du secondaire de demain en les contractualisant. Comment est-il
possible que les syndicats de la FSU (et les autres d'ailleurs pour la
plupart) du primaire et du secondaire n'aient pas compris cette
manoeuvre et s'obstinent sur la quête d'une simple promesse de
revalorisation partielle qui n'aura de toute façon aucun effet sur les
enseignants contractualisés sortis du cadre de la fonction publique
d'état! Il nous faudra trouver le moyen d'acter le niveau de formation
à bac + 5 (tel qu'il existe aujourd'hui) en réfléchissant aux
possibles améliorations et en évoluant éventuellement vers une
structuration type LMD en appliquant l'ECTS (European Credits
Transfert System) en évitant cet écueil.
Les masters Darcos Pécresse ont été brûlés! Attention à ce que tel le
Phoenix , ils ne renaissent pas de leurs cendres.


Jean-Paul SAUVAGE

Webmaster a dit…

Pour ceux qui n'auraient pas encore compris - et ça n'a pas été dit
sur cette liste, ce qui me semble hallucinant! -,
les syndicats de la FSU et d'autres, en ayant accepté de négocier, en
ayant commencé à négocier et en acceptant
de continuer à le faire - et ils le feront -, en se glorifiant
d'avoir obtenu des concessions du gvnt, sont en train
d'AVALISER la mastérisation dans sa forme actuelle et nous font
courir le risque de perdre la partie que nous avons engagée. Le prix à
payer sera celui non seulement d'une mastérisation MONSTRUEUSE, mais
d'une fin prochaine de notre mouvement.

Comme les précédentes, la concession de ce jour est une victoire à la
Pyrrhus qui, en offrant la double possibilité de l'inscription en
IUFM et en M1, suppose que des M1
métiers de l'enseignement soient en place à la rentrée. Chaque
concession est un PIEGE gros comme une maison
au point que l'on peut légitimement se demander si les syndicats ne
fabriquent pas ces pièges avec le gouvernement.
Aschieri parle de "remise à plat du dispositif". C'est évidemment
totalement faux. La signification véritable d'un tel propos
est la suivante : nous avons arraché le morceau, il est temps que
nous reprenions complètement la main et que la CNU aille
se faire voir avec ses exigences de retrait.

Ce we sera-t-il celui où les syndicats vont enterrer le mouvement? Si
la mastérisation est bien le dossier le plus lourd, celui
qui permet de fédérer de la maternelle à l'université, celui auquel
l'opinion publique est peut-être la plus sensible, alors
il y a un véritable risque que notre mouvement ne puisse résister aux
cris de victoire des syndicats qu'on ne manquera
pas d'entendre dimanche soir (ça négocie tout le we). Fussent-ils
minoritaires, non représentatifs de l'ensemble du mouvement
et incompétents pour négocier sur un dossier du supérieur (le Snesup
épouse-t-il la ligne d'Aschieri?)

Mesdames et messieurs nos porte-parole, à vos ordinateurs pour un
joli communiqué! La base de celui-ci peut vous être fournie
par les analyses d'André Azoulias et de Michel Bernard que je copie
ci-dessous. Je souscris pleinement à leurs analyses que je recommande
à tous de bombarder aux directions syndicales. Elles finiront peut-
être par comprendre que leurs bases savent lire et qu'elles disposent
de compétences critiques et d'une maîtrise des dossiers dont elles
semblent dépourvues. Au moins ne sont-elles pas dépourvues
de sens politique. Mais cette politique est celle du pire. Il faut
décidément que quelque chose change dans le paysage syndical français.

A vous.

Pascal Maillard (Université de Strasbourg)

Webmaster a dit…

Mais comment peut-on espérer obtenir qqch sur la LOLF ou la RGPP sans élargir la lutte ? A Toulon, la coordination université-IUFM décide un grand tractage le 19 mars (30 000 pers dans la manif) pour une réunion "éducation" le mercredi 25 à 17h, plus distribution de tracts à la sortie des écoles, mels tous azimuts auprès des collègues du primaire et secondaire, coups de fil, etc. : résultat des courses 50 personnes à la dite réunion, essentiellement des militants syndicaux inquiets de se faire déborder par leurs bases (!!).
Ce n'est pas comme ça que nous obtiendrons le recul du gouvernment.
Michèle Monte, Univ. de Toulon

Webmaster a dit…

"Elargir la lutte" :
Les collègues et camarades mobiliséEs l'ont compris. Les compréhensions puis solidarités mutuelles s'établissent, dépassant les guéguerres entre catégories et secteurs : EnseignantEs-chercheurEs et enseignantEs, universitaires/IUFM, EC-enseignantEs/Biatosss, appels aux collègues des 1er et 2nd degré, ... les IUT ont pris conscience que la LRU est une nuisance pour eux aussi, ...
Les coordinations nationales communiquent entre elles, reprennent leurs revendications, ... ont des volontés de convergences dans (malgré) leur diversité :
coordinations des universités,
de la Formation des EnseignantEs,
des mobilisations d'étudiantEs,
des précaires et doctorantEs,
de l'Education Parents-EnseignantEs,
...
les liaisons sont (peut-être) moins faciles avec les mouvements (coordonnés nationalement) des désobéisseurEs, des maternelles, des RASED, des lycées professionnels, ... des lycéenNEs ...

Des camarades venant au congrès national du SNES à Perpignan avaient pris des contacts pour venir marquer leur solidarité avec les mobilisations, blocages, grèves, ... dans l'université de Perpignan ... et avec les luttes locales pour la défense de la formation professionnelle des enseignantEs (malgré l'appareil du SNES il est vrai).

" militants syndicaux inquiets de se faire déborder par leurs bases " :
C'est parfois, trop souvent, vrai hélas.
Mais quel responsable syndical osera(it) se plaindre publiquement d'une mobilisation de la base !
La réunion à 50 que tu évoques n'est pas encourageante, surtout si beaucoup des présentEs étaient des syndicalistes inquiets à l'idée d'être débordéEs.
Mais la "mayonnaise" a pris ailleurs, parfois inattendue.
C'est indispensable pour obtenir un vrai
" recul du gouvernement ".

Lors de mobilisations, il nous est arrivé d'être débordés - avec ravissement !
Voire d'être contestés par de plus radicaux !
C'est parfois inconfortable, mais tellement plus vivant qu'un désert d'indifférence !
La radicalité n'est pas affaire de minorités "avant-gardes" (auto-proclamées), elle monte quand on est plus nombreux et nombreuses.

Henri Amadéi
(SNESup-FSU, Emancipation)

Webmaster a dit…

Vous connaissez « le loup et les 7 cabris » ? C’est l’album que mes CP lisent et je trouve que cette histoire ressemble étrangement à ce qui nous arrive avec la réforme formation… Une version frères Grimm du cheval de Troie…
Il y a une semaine, on en était aux cabris qui ne voulaient pas ouvrir la porte, informés du danger. Mais ensuite, le loup, malin, a montré voix douce (concours maintenu, zeste de stage, sourire aux maîtres formateurs…). Les cabris, tentés mais pas si naïfs quand même, n’ouvrent toujours pas la porte. Alors, le loup, qui a de la suite dans les idées, montre patte blanche (inscription dans les iufm…). ET LA PORTE S’OUVRE !
J’espère tout de même que l’histoire va bien se terminer, et qu’on va pouvoir tuer la réforme, chacun contribuant à la truffer de pierres et qu’au bout du compte, elle va se noyer au fond du puits !
Parce qu’il y a deux analyses possibles à ce qui a été obtenu, analyses d’ailleurs pas forcément divergentes :
1 . Grâce à nos mobilisations, le gouvernement recule : la lutte a payé. Dans ce cas, il faut continuer car ce que l’on a obtenu est une avancée, certes, mais insuffisante : la réforme de la mastérisation se fera si on ne reste pas mobilisé.
2. Le gouvernement a parfaitement œuvré pour essayer de nous coincer en nous concédant quelques miettes, de façon à briser la contestation. Dans ce cas, il faut continuer à dire haut et fort que l’on ne peut accepter cette manipulation.
Il y a un point commun à ces deux analyses, c’est que le gouvernement profite largement de nos hésitations, de nos divisions. Ne payons pas le prix d’une incapacité à avoir un front syndical face à ces réformes. Donc, continuons à œuvrer pour une convergence de nos revendications, à tous les niveaux.
Ce qui est unitaire, c’est la base de nos mentions, sur lesquelles il faut s’arque bouter coûte que coûte :
Pas de mesures transitoires
Retrait de la réforme
Des Etats Généraux de la formation
Parce que, au bout du compte, ce sur quoi nous nous battons depuis le début va se mettre en place si nous ne réagissons pas MAINTENANT.
Une formation de bric et de broc ficelée à la va vite, mettant en concurrence universités, iufm et j’en passe…
Une formation professionnelle et disciplinaire plus qu’à la baisse…
Un ersatz de dispositif de stages, formant de fait très peu les futurs enseignants…
Une remise en cause à terme du statut de fonctionnaire stagiaire, rémunéré…
Avec, pour couronner le tout, un référentiel de compétences qui transforme en profondeur la culture et les ambitions de l’école, avec une idéologie de l’individualisme
Sans oublier la pagaille savamment orchestrée entre les M1 qui …, les M2 qui …, les lauréats qui …, les candidats libres qui …, avec des équivalences ou non qui… avec le concours qui… où, quand… ?
Et les reçus-collés qui alimenteront de fait, à plus ou moins brève échéance, un vivier fort intéressant de précaires de l’éducation.
Je sais que j’en oublie dans ce répertoire à la Prévert, mais vous pouvez remplir vous-même les cases manquantes, pardon, les casses manquants !
Il faut donc continuer nos actions : faire barrage à la remontée des maquettes, faire de l’ultimatum du 31 mars une journée forte de mobilisation : « Nous ne sommes pas dupes ! » et du 2 avril une journée de convergence avec parents et enseignants : « Tous ensemble, non ! »
Et se revoir pour réaffirmer notre refus de la « mastérisation » qui, sinon, se fera en douce, une fois que l’on sera rentré dans les rangs… l’année suivante.
Donc, coordination nationale FDE samedi 4/04 ?
Pour ne pas tomber dans le piège qui nous est tendu : ne nous laissons pas berner par la voix douce et la patte blanche… fermons la porte et truffons la réforme de pierres pour qu’elle tombe au fonds du puits !
Nous sommes encore en position de force ! On peut et on va gagner ! Ensemble !
Sylvie Clabecq, PEMF Nantes

Muret 2008 a dit…

Malheureusement pour ceux qui découvrent ce qu'est la loi politique réelle en France, depuis 1936, ils sauront qu'il faut "savoir terminer une grève", être raisonnable.
La plupart du temps, quand ça ne mène pas aux accords de Munich, ça mène au moins aux accords de Grenelle, en présence de J.Chirac et de E.Balladur...
Rien d'hallucinant à cela, car, de toute façon, que représente la lutte de 3000 profs d'IUFM perdus au milieu d'une corporation de chercheurs et d'universitaires qui sont, en vérité, eux-mêmes, relativement isolés du reste de la société, parce que personne ne comprend plus, hormis les apparences, ce qu'ils défendent, le sens politique d'une fonction publique d'enseignement et de recherche... Le lien organique entre l'instruction et le Droit, entre la science, la connaissance et les libertés communes.
Il faut donc négocier. Même si cela revient à cette vieille loi que connaissent tous les dominants : Que faut-il négocier pour ne rien concéder?
"Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles" disait Candide, imitant par cela la conception leibnizienne d'un Dieu qui choisissait entre deux maux, toujours le moindre... C'est-à-dire l'ignorance, la violence, la destruction, la soumission et l'injustice plutôt que leurs contraires, puisque les faits toujours nous y reconduisent.
Il est vrai que face à un capitalisme triomphant - oui il est triomphant désormais, malgré la crise, parce que nous sommes devenus dans l'ensemble totalement apolitiques - qui va broyer les institutions publiques, l'indépendance des professeurs et des chercheurs, l'école démocratique et les classes moyennes, il est grand temps de négocier avec les dominants l'aménagement de l'élimination de notre ultime liberté de travail, cela avant qu'il ne soit trop tard. On ne sait jamais, cela pourrait être pire...
Carrières au mérite, évaluation des performances, proposition de défonctionnarisation, délation et fichage, licenciements latents sous forme de reclassements, etc...
Après tout, le retour aux disciplines a peut-être du bon. On a beau être de gauche, la nécessité de l'ordre républicain n'est peut-être pas si mauvaise.
De toute façon, les élections futures répareront tout cela, n'est-ce pas? Il sera donc encore possible de pouvoir continuer à démanteler la santé publique, l'école et l'université démocratique, d'appauvrir et de précariser les classes populaires, de terroriser les immigrants, de multiplier les lois policières en étant de gauche et en appliquant des normes européennes par souci de réalisme... Quel autre rêve d'humanité que celui que nous offre la consommation des marchandises, plutôt que de devoir lire La Princesse de Clèves ?
Tout va bien, nous aurons lutté pour rien, comme en 2003, pour pas grand chose, finalement vaincus pour conforter la rationalité instrumentale et le capitalisme cognitif qui vont transformer sous peu l'ensemble des "intellectuels" en un prolétariat dépossédé de sa puissance créative afin de produire de la rente, fabriquer du gain et de la croissance et renouveler les revenus du capital...
Encore un effort camarades pour renoncer raisonnablement à une liberté en acte, le fascisme soft du nouveau capitalisme cognitif nous récompensera pour nos oeuvres.
Il faut donc savoir "être républicain", se soumettre pour éviter de trop avoir à souffrir de la violence de la domination.
Bientôt, il n'y aura plus que des entreprises.
Les programmes des Lumières et celui de La Résistance, d'une justice commune et d'un Droit égalitaire, d'une science émancipatrice et d'un Etat démocratique, sont définitivement périmés.
Silence, on ferme.

Emmanuel Brassat.
IUFM de Versailles.

Muret 2008 a dit…

Et puisque il y a un vent de réflexion philosophique ....

Avancer à pas mesurés, négocier et chercher des compromis pour
stabiliser ce que les mobilisations obtiennent, ce n'est ni renoncer à
l'esprit de résistance, ni revêtir l'infâme de la soumission.

La réalité toujours chargées de poussières que chacun porte comme il
peut, n'est pas en contradiction avec la lame tranchante du désir, de
l'utopie et de la raison qui doit continuer d'animer nos pensées.

Au contraire, sans un esprit de résistance déterminé, il n'y a pas de
compromis possible. La négociation terre à terre n'est pas la
capitulation des idéaux ; je pense même que l'affrontement aux
pesantes réalités humaines peut ouvrir à l'affermissement des
objectifs et des espérances.

Bien sincèrement
Yves Ardourel