dimanche 22 mars 2009

Darcos semble reculer


Lettre de Xavier DARCOS


Paris le 20 mars 2009
Monsieur le secrétaire général de la FSU
Monsieur Gérard ASCHIERI


Vous avez souhaité obtenir des précisions sur la façon dont la réforme du recrutement et de la formation des enseignants va se mettre en place de façon définitive en 2010/2001.

1/En vue de la mise en place définitive de la réforme,je vous fais connaître mon accord pour qu'une discussion soit ouverte dans les plus brefs délais sur les places respectives de l'admissibilité et de l'admission aux concours pendant l'année M2, afin de permettre de
concilier au mieux la préparation des concours avec une formation universitaire disciplinaire adossée à la recherche et une formation professionnelle s'articulant autour de stages.

2/ Les stages rémunérés en responsabilité mis en place pendant l'année de M2 serviront à enrichir l'offre d'enseignement en établissement et à développer la formation
continue, notamment des jeunes enseignants dans les premières années d'exercice. Ces stages ne seront pas utilisés pour couvrir des besoins de remplacement des personnels en congé ou des besoins permanents d'enseignement.

3/ je vous confirme que dès la rentrée universitaire 2009, un dispositif d'accompagnement social visant à garantir la démocratisation du recrutement sera mis en place, de manière complémentaire aux aides sur critères sociaux déjà existantes dans l'enseignement supérieur. Dans ce cadre une réflexion sera ouverte sur les modalités de la contribution du dispositif des AED à cet accompagnement social.

4/ Pendant l'année de fonctionnaire stagiaire, à partir de la rentrée 2010, une partie des obligations de service, de l'ordre d'un tiers, sera consacrée à une formation continuée renforcée permettant la mise en place d'un tutorat et de retours réguliers en formation universitaire, à visée disciplinaire ou professionnelle.

5/ Les formateurs universitaires responsables de la formation des étudiants au métier
d'enseignant participeront à la validation des stages en lien avec les tuteurs et, dans le premier degré, les professeurs des écoles maîtres formateurs. Ils veilleront à la bonne insertion de ces stages dans le cadre des masters et travailleront en partenariat avec les écoles et les établissements scolaires. Les universités seront invitées à coordonner et structurer de façon cohérente l'action de ces formateurs.

6/ La mastérisation s'accompagnera de l'ouverture de négociations sur la revalorisation
des enseignants, CPE et CO Psy. Celle-ci portera sur des mesures pour les jeunes enseignants recrutés à compter de la session 2010 ainsi que sur des mesures couvrant l'ensemble des catégories d'enseignant.

7/ Par ailleurs sera également abordé le sujet des conditions d'accès aux concours des
non-titulaires pour leur recrutement à titre définitif.

Vous avez également souhaité savoir comment serait engagé le processus pendant l'année 2009/2010.

8/ Pourront s'inscrire aux concours de la session 2010 :

  • Les étudiants déjà titulaires d'un master ou inscrits en M2. Pour ces candidats, le recrutement du fonctionnaire stagiaire pour la rentrée 2010 sera subordonné à l'obtention effective d'un master.

A titre exceptionnel et dérogatoire, pour la seule session 2010 des concours:
  • pourront se présenter aux concours de la session 2010 et être admis pour la rentrée scolaire 2010, sans conditions nouvelles de diplômes, les candidats présents aux épreuves d'admissibilité de la session 2009 ;
  • pourront également se présenter aux concours de la session 2010, les étudiants inscrits en Ml à la rentrée universitaire 2009. En cas de réussite à un concours de la session 2010, le bénéfice du concours leur sera garanti pendant un an. Ils seront recrutés comme enseignants stagiaires pour la rentrée scolaire 20 Il sous réserve de l'obtention de leur M2 à l'issue de l'année universitaire 2010-2011. Ces étudiants bénéficieront pendant cette année des stages en responsabilité ainsi que desdifférents dispositifs d'aide prévus pour les étudiants de M2.

9/ Afin de permettre l'adaptation progressive de l'appareil universitaire de formation, les concours seront maintenus dans leur état actuel pour la session 2010. La réflexion sur la rénovation des concours de la session 2011 devra s'engager rapidement. C'est dans ce cadre que seront également examinés les ajustements pour certaines disciplines professionnelles de l'enseignement professionnel.

10/ Les étudiants préparant les concours, dans les différents parcours organisés par les
universités, bénéficieront dès la rentrée 2009 de l'offre de stages de 108 heures, que ce soit en pratique accompagnée ou en responsabilité afin de préparer leur professionnalisation progressive.

Je vous invite à discuter de ces éléments dans le cadre d'une série de rencontres et de
groupes de travail thématiques qui aborderont chacun des aspects de la réforme.

Je tiens enfin à rappeler solennellement que le principe du recrutement par concours
nationaux est bien évidemment un principe intangible et que les candidats à la fonction de professeur ou de CPE continueront à être recrutés à travers les différents types de concours actuellement existants. En outre, je vous confirme que pour la session 2010, le nombre des places aux concours externes du comme du 2nd degré sera au moins égal à celui des concours 2009.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Secrétaire général, l'expression de mes salutations les meilleures.

Xavier DARCOS
Réactions

Coordination nationale des universités

Dans sa lettre envoyée à l'ensemble des organisations syndicales, Xavier Darcos, ministre de l’Education Nationale, annonce le report d’un an de l’entrée en vigueur des nouveaux concours. Cette manoeuvre dilatoire, relayée par certains médias, consiste à faire croire à l’opinion publique que la réforme de la formation des enseignants est repoussée d’un an. Il n’en est rien.

Au lieu d'un report pur et simple de la réforme des concours et de la formation des enseignants, X. Darcos propose un montage en deux temps. La « mastérisation » de la formation des enseignants, qui constitue le premier volet de la réforme, aura bien lieu à partir de la rentrée prochaine, mais avec maintien des concours actuels en 2010. L’allongement des études financées par les étudiants et la perte de l’année de stage rémunérée, y compris pour les lauréats du concours 2010, sont confirmés par l’application immédiate des stages de 108 heures. La réforme du concours de recrutement, qui constitue le second volet, est reportée à 2011.

Loin de clarifier la situation, ce supposé délai n’est qu’une réécriture à vue d’un décret d'une invraisemblable inconséquence, proposant une application de la réforme en deux temps.

La Coordination Nationale des Universités constate que par ce simulacre de recul le ministère continue encore et toujours d’afficher son mépris pour tous les personnels de l'éducation mobilisés contre la réforme dite « mastérisation des concours ».

La Coordination Nationale des Universités dénonce cette nouvelle supercherie et exige un retrait total et sans concession des deux volets de la réforme : réforme des concours et réforme de la formation des enseignants. Elle réaffirme que ce retrait demeure plus que jamais l’un des préalables indispensables à l’ouverture de toute discussion.

Notre réponse à Xavier Darcos : tous dans la rue le 24 mars !

La Coordination Nationale des Universités

Sauvons les universités

Coordination nationale de la formation des enseignants (CNFDE)

1/ Commentaire CNFDE : Il n’est pas question que dès 2010 les concours aient lieu pendant l’année de M2, ni même qu’ils soient conditionnés à l’inscription en M1. Seule la licence est obligatoire pour les concours de PE et le CAPES (les décrets
seraient de toutes façons impossibles à modifier en temps utile). Il n’est pas non plus question d’introduire dès l’année prochaine une formation universitaire spécifique : les maquettes, impossibles à réaliser correctement, ne sont pas déposées et ne le seront pas dans les délais utiles. Il n’y a pas de discussion possible dans ce cadre et il est impensable de s'enfermer dans une négociation qui ne porterait que sur la date des épreuves du concours.

2/ Commentaire CNFDE : Il n’est pas envisageable de combiner préparation aux concours (surtout s’ils sont inchangés) et des stages, même rémunérés, pendant l’année de M2. Pour faire des économies de tous les côtés, le ministère propose que des étudiants en M2 fassent des stages pour remplacer les enseignants dans leurs premières années d’exercice après le concours : il remplace ainsi une véritable année de formation au métier d'enseignant par un précariat généralisé, dont les élèves seront les premières victimes. Comment pourrait-on confier des classes "en responsabilité" à des étudiants dont les compétences n'ont pas été validées par le concours ? La rémunération d'un travail d'enseignant doit être liée à un recrutement et à un statut ; un stage fait partie d'une formation, incluant enseignements, stages en responsabilité ou en
situation, suivi par des formateurs.

Par ailleurs, le nombre de stages rémunérés n’est pas précisé. D’autres déclarations ministérielles laissent entendre que l’on ne pourrait en offrir qu’à un tiers environ des étudiants préparant les concours, impliquant ainsi une présélection des
candidats qui devraient bénéficier de ces stages. S'il s'agit de réserver ces stages aux lauréats des concours, on rencontre d'autres difficultés : les épreuves devraient dès lors être placées très tôt dans le calendrier, pour que les résultats soient
connus avant le début des stages (avec une incertitude, jusqu'au résultat, sur le nombre de stages à prévoir par académie), et il faudrait

3/ Commentaire CNFDE : Ce « dispositif d’accompagnement » (non chiffré) ne peut pas compenser la perte d’une année rémunérée dans le cursus des jeunes enseignants, qui devront, après la licence, financer une année d’étude supplémentaire.
Les postes d’AED, rappelons-le, sont aussi une perte de temps pour l’étudiant qui veut préparer sérieusement un concours très sélectif. Les étudiants aux revenus modestes seraient ainsi doublement pénalisés par la réforme : une année de plus à
financer, éventuellement par un poste d’AED qui handicapera leur préparation. Seul un système de pré-recrutement serait de nature à assurer une véritable démocratisation.

4 /Commentaire CNFDE : À l’heure actuelle, un PLC2 ne fait généralement qu’un peu moins de la moitié de son service statutaire, un PE2 effectue un "stage filé" d'un jour par semaine, le reste de leurs services étant affecté à leur formation
professionnelle et disciplinaire. Leur faire exercer devant élèves les « deux tiers » de leur service est une régression inacceptable, dictée seulement par une recherche de diminution des coûts de formation.

Et dans la mesure où le stagiaire sera obligatoirement titulaire d’un M2, que sera la « formation universitaire » qu’il doit recevoir ?

5/ Commentaire CNFDE : Cela suppose à nouveau que tous les étudiants pourraient bénéficier de stages, ce qui est loin d’être garanti. Si les stages sont obligatoires pour valider le M2 et que le M2 est obligatoire pour être admis aux concours,
alors il y a là un goulet d’étranglement qui introduit une différence de traitement inacceptable entre les candidats. Contrairement à la situation actuelle, il ne serait plus possible de passer les concours en candidat libre. Le travail de mise en stage est un travail très lourd, administrativement, il demande une collaboration compliquée avec les services de l'Inspection académique. Il faut aussi penser aux cycles et aux niveaux, dans le premier degré : pour apprendre, un PE doit pouvoir aller en maternelle, au cycle 2 (CP et CE1) et au cycle 3 (enfant de 3 à 11 ans !) Pour les PLC, il faut aller en lycée et en collège (penser aux distances, aux difficultés géographiques, aux implantations variées, rurales, urbaines, à l'éloignement...) : comment insérer tout ce dispositif dans l'année de préparation du concours ? Qui fera ce travail ? L'irremplaçable savoir-faire des IUFM n'est même pas évoqué dans le texte du ministre (même si l'on peut se féliciter que les « maîtres formateurs » le soient), qui évoque de manière très floue des "formateurs universitaires" et
des "tuteurs".

Le texte du ministre pose également un problème statutaire : dans la mesure où les concours sont maintenus dans leur forme actuelle pour 2010, comment peut-on, sur cette base, ne pas offrir à ceux qui les réussiront (PE2, PLC2, PLP2) les
mêmes conditions de stage que celles qui prévalent actuellement ? Les décrets (décrets inter-ministériels de 1972 pour les PLC et de 1990 pour les PE) et les textes règlementaires seront-ils modifiés ?

6/ Commentaire CNFDE : Cette revalorisation (non chiffrée) ne pourra pas compenser, pour le fonctionnaire, la perte d’une année de cotisation et le financement d’une année supplémentaire de formation. Le remboursement des prêts étudiants actuellement envisagés par les députés de la majorité viendra encore grever le budget du jeune enseignant. Rien n’est dit par ailleurs sur la revalorisation de l’ensemble des enseignants des premier et second degré : ne faudra-t-il pas, comme lors de la création du statut de professeur des écoles, proposer à tous les enseignants en poste un accès à la nouvelle échelle de rémunération ? Rappelons que les enseignants qui ont passé les concours dans les dernières années ont – en fait – un niveau d’études bac + 5 (une année de préparation aux concours + une année de formation professionnelle et
disciplinaire).

7/ Commentaire CNFDE : L’intention affichée est louable mais rien n’est précisé : concours adaptés ? Dispense du master ? Conditions d’accès à la titularisation ? Sur quel statut ? La question est d’autant plus cruciale que le système envisagé, qui
génèrera un grand nombre de « reçus-collés » (étudiants échouant aux concours mais titulaires du Master), va favoriser le recrutement de non-titulaires, y compris par des établissements privés en concurrence directe avec l'enseignement public.

8/Commentaire CNFDE : Voir remarque 1. Il faut signaler une difficulté supplémentaire : que se passera-t-il au cas où un étudiant réussirait le concours et échouerait au master ? La pression sur les jurys des masters va être très forte dans ce cas,
et il sera difficile de ne pas entériner la décision du jury de concours. A l'inverse, les risques de multiplication malsaine du nombre de "reçus-collés" (voir le point précédent) pourraient inciter les jurys de masters à ne pas délivrer ce diplôme aux
étudiants qui échouent aux concours. La seule formule qui ne présente pas ces deux dangers symétriques serait un dispositif destiné à reconnaître par un master, a posteriori, le niveau bac + 5 des titulaires d'un concours.

9/Commentaire CNFDE : Ce maintien des concours dans leur forme actuelle est une concession, dont il faut se réjouir, mais qui aboutit à une absurdité : il est impossible de préparer aux concours dans leur forme actuelle dans le cadre d’un master
professionnel adapté à la préparation de concours modifiés. Même les quelques universités qui ont cru bon de déposer des maquettes (conçues sur la base des annonces erratiques du ministère, et en particulier sur l'hypothèse d'épreuves placées
en M2) ne pourront pas préparer aux concours actuels en intégrant les stages, une formation professionnelle et une initiation à la recherche. La préparation aux concours dans leur forme actuelle requiert, rappelons-le, une année pleine de formation, extrêmement dense. Il est impossible d’y ajouter quoi que ce soit.

10/ Commentaire CNFDE : Il faut comprendre, semble-t-il, qu’il s’agit du dispositif dénommé « stages rémunérés en responsabilité des étudiants » et évoqué dans le point 2. Faut-il comprendre que seuls les stages « en responsabilité »
seront rémunérés ? Dans tous les cas, ces stages sont présentés plus haut comme faisant partie des maquettes du master, et donc obligatoires. Ils sont présentés ici comme étant simplement destinés à « préparer leur professionnalisation
progressive ». Répétons que le Ministère ne sera pas en mesure d’offrir des stages à tous les étudiants préparant les concours. Il faut aussi se poser la question du calendrier de ces stages et de leur insertion dans les formations.

Le stage n'a pas à être une "offre". Le stage est un droit, c'est une modalité de la formation.

Conclusions CNFDE :
  • Le maintien des concours dans leur forme actuelle pour l'année prochaine est une première victoire arrachée par le combat mené par toute la communauté des acteurs de la Formation des enseignants depuis plusieurs mois, mais les propositions formulées par le ministre sont inacceptables en l'état. Elles aboutissent à des incohérences, à une illisibilité totale de l'offre de formation, à la mise en concurrence des universités et maintiennent les aspects les plus contestés de la réforme envisagée.
  • Seul le maintien, en 2010, des conditions d'inscription aux concours, du dispositif de formation actuelle et de l'année de stage après les concours permettra d'ouvrir des négociations, basées sur une large consultation sur ce que doit être, à l'avenir, la formation des enseignants.
Communiqué du SNESUP

...
Toutefois, ces annonces restent insuffisantes sur d'autres points : décharge de service pour les stagiaires trop faible, absence de réels pré-recrutements, flou sur le contenu de la formation de l'année de stagiaire, absence de référence aux IUFM...

La FSU et ses syndicats entendent poursuivre la mobilisation notamment dans l'action du 24 mars et ils continueront à intervenir auprès des ministères pour faire prendre en compte leurs demandes pour la formation des maîtres, notamment :

Une année de stage, après le recrutement, qui soit une véritable année de formation en alternance et d'entrée progressive dans le métier, avec mi-temps en responsabilité et mi-temps en formation ;
  • Des pré-recrutements qui permettent de prendre en compte l'allongement du nombre d'années d'études ;
  • L'articulation master/concours ;
  • Une conception des masters à venir inscrivant ceux-ci dans les objectifs scientifiques et professionnels de ce niveau de formation ;
  • Des stages avant le recrutement centrés sur la formation des candidats ;
  • La préservation du potentiel de formation des enseignants avec maintien d'IUFM rénovés adossés à la recherche en éducation. ;
  • Une programmation pluriannuelle des recrutements avec un nombre de postes correspondant aux besoins ;
  • La mise en place de dispositifs particuliers pour permettre aux enseignements professionnels de bénéficier d'une augmentation du niveau de formation et d'un recrutement par concours national.
  • Les nouvelles propositions apparaissent comme un infléchissement réel du dossier. Elles devraient permettre d'engager des discussions sur une nouvelle formation des enseignants, ce qui nécessite l'ouverture de réelles négociations, associant les différents ministères concernés.
La FSU et ses syndicats informeront les personnels et mèneront le débat avec eux pour prendre en compte leurs appréciations et propositions.

Il est indispensable qu'au delà du dossier formation des maîtres, le gouvernement réponde à l'ensemble des revendications des personnels de l'Université et de la Recherche largement portées par les syndicats de la FSU concernés.

Ceux-ci poursuivront les mobilisations pour ce faire et en particulier le 24 mars....



Communique de SGEN
...
Le système ainsi mis en place est porteur d'une lourde contradiction notamment dans le second degré entre d'une part des horaires de stages conséquents et d'autre part un format de concours qui n'en tient pas compte. Cette contradiction doit être rapidement levée dès le concours 2011 par le renforcement des épreuves professionnelles et un format de concours identique pour le premier et le second degrés. Les jours qui viennent seront déterminants pour l'avenir des IUFM et de leurs personnels et plus largement de la formation initiale des enseignants, COP et CPE. Le Sgen-CFDT continuera à agir avec force pour obtenir le maintien du potentiel de formation des instituts pour l'année 2010 et un système de formation ambitieux pour les années à venir....

Dans la presse
Propos libres

Nicole ORTHOUS

Le sigle IUFM ne figure pas.

Autres points épineux :
  • formateurs universitaires : statut nouveau ou manière de nommer ce qui existe et dans ce cas qui ?
  • formation continuée (pas de formation initiale ?)
  • conditions d'accès aux concours des non-titulaires (de quoi ?).
  • le mot de titulaire n'est pas associé à fonctionnaire de l'Etat.
J'imagine que les analyses vont être nombreuses. Je vous livre la mienne, pleine de doutes.
Deux possibilités (il doit y en avoir mille autres) :

  1. On vient de nous jeter un os avec quelques bouts de viande autour et on observera qui les attrape. Et nous considérerons que cet os est à considérer. Le "nous" étant les collectifs ? les syndicats (auxquels l'os est envoyé)? ou "tous ensemble"?
  2. On vient de nous jeter un os rogné aux deux bouts, qui a traîné trop longtemps dans un frigo mal fréquenté. Et nous considérons que tout ce que nous voulons négocier, c'est un temps pour réfléchir à une formation professionnelle des enseignants, son lieu, le statut de ceux qui l'assureront, les garanties de ceux qui en bénéficieront, etc.
Nous considérons que nous ne voulons pas négocier à la va-vite. Nous considérons que nous ne voulons pas d'une réforme qui aurait pour avantage premier voire unique de nous paraître un peu moins mauvaise que celle contre laquelle nous nous battons, becs et ongles depuis plusieurs mois.

Au point où j'en suis de la mesure des dégâts faits par ce gouvernement en matière de service public, de baisses d'effectifs et de moyens partout où le marché n'est pas encore seul maître (les rencontres dans les manifs et lors d'une AG qui s'est tenue à Lyon à l'issue de la manif sont édifiantes), je me dis que nous devons bien savoir ce qui s'est passé pour d'autres : le planning familial, amputé puis un peu raccommodé, les RASED supprimés puis supprimés à moitié...

Nous risquons, vraiment : la formation d'enseignants fonctionnaires titulaires, supprimée, puis supprimée.

Les IUFM sont jeunes. On peut les réformer et les nommer autrement.

Ils avaient pour mission, entre autres, de résorber le clivage premier-second degré, vieux de quelques siècles. Si c'est ce clivage, aussi, que la réforme est venue réveiller, voilà qui ne nous grandirait pas. Mais qui pourrait tout aussi bien nous grandir...

Nicole Orthous

Marie France CARNUS

Je partage totalement le point de vue de Nicole et de bien d'autres quand à la lettre de Darcos aux syndicats.

Une éniemme tentative pour passer en force une réforme néfaste, destructrice contre laquelle on se bat maintenant depuis 10 mois. Une nouvelle tentative aussi pour diviser à tous les niveaux, prenant appui sur ce qui fait débat entre nous, entre les syndicats, au sein même des fédérations syndicales. Au-delà d'un contenu absolument délirant la méthode est perverse et abjecte. Le terme IUFM a apparemment disparu du vocabulaire du ministre (il est question au point 9 d'une "adaptation progressive de l'appareil universitaire de formation", nouveau concept ?).

Le communiqué de l'AG du 18 mars à l'IUFM de Toulouse, dans la continuité de la coordination nationale des universités demande la démission de Darcos et Pécresse. Nombreuses et nombreux sont celles et ceux qui l'ont crié dans les manif de jeudi. Trop c'est trop et le point de non retour est atteint.

Deux questions de procédure :
  • la lettre s'adresse aux syndicats (tous ?), est-elle aussi adressée à la CPU et à la CD IUFM ?
  • la lettre est signé uniquement du ministre de l'éducation nationale. Elle laisse sur la touche la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. Nouvelle crise au sein du couple Pécresse - Darcos ? Initiative esseulée ? Umtime tentative désespérée ? La thèse n° 2 de l'os rongé par les deux bouts de Nicole gagne en force et en crédibilité. Pour ma part, j'y adhère complètement. Merci Nicole pour cette métaphore.

On vient de nous jeter un os rogné aux deux bouts, qui a traîné trop
longtemps dans un frigo mal fréquenté. Et nous considérons que tout ce que nous voulons négocier, c'est un temps pour réfléchir à une formation professionnelle des enseignants, son lieu, le statut de ceux qui l'assureront, les garanties de ceux qui en bénéficieront, etc.

Nous considérons que nous ne voulons pas négocier à la va-vite. Nous considérons que nous ne voulons pas d'une réforme qui aurait pour avantage premier voire unique de nous paraître un peu moins mauvaise que celle contre laquelle nous nous battons, becs et ongles depuis plusieurs mois.

Certes le maintien des concours actuels en 2010 peut a priori être
considéré comme un recul important. Mais tout ce qui l'entoure prouve que le ministre veut malgré tout passer en force avec des mesures transitoires incohérentes et dangereuses qui n'ont d'autres fonctions que d'enclencher un mouvement de non retour. Ce maintien des concours actuels en 2010 est d'ailleurs une de nos revendications. On peut le souligner. Toutefois, la revendication première que nous avons manifestée dès le 31 janvier c'est le RETRAIT COMPLET de la réforme. Le maintien des concours actuels n'est que l'assurance qu'il n'y aura pas d'année blanche en 2010, ce que nous pouvions légitimement craindre. Au cours de la CNFDE du 7 mars nous avons, dans la continuité de la coordination nationale des universités renouvelé cette revendication première : RETRAIT DE LA REFORME UN PREALABLE A TOUTE NEGOCIATION. Pas de dispositif hybride transitoire.

Tout remettre à plat.
C'est pour l'instant la seule réponse à donner. J'ai la naïveté de penser que personne n'est dupe et que quels que soient nos différents, la thèse n° 1 n'est plus de mise.

  • On vient de nous jeter un os avec quelques bouts de viande autour et on observera qui les attrape. Et nous considérerons que cet os est à considérer.Le "nous" étant les collectifs ? les syndicats (auxquels l'os est envoyé)?ou "tous ensemble"? Plus que jamais nous avons à faire front unique. Oui, plus que jamais nous avons à faire un front unique, solidaire pour balayer cette dernière (?) tentative qui témoigne d'un acharnement irresponsable de la part du ministre.C'est pour cela aussi que je partage l'avis de Jacques Gleyse. "Je pense que pour la première fois nous pouvons faire la preuve massivement que sans nous ils ne peuvent rien et qu'ensemble à l'inverse nous pouvons tout. La résistance civique et civile est ce que craignent le plus tous les dirigeants.
Je crois donc que tant que nous refuserons d'obéir comme l'ont fait les résistants scolaires, ils ne pourront rien faire. Tout va se jouer dans la capacité que nous aurons à être des « mauvais élèves » ou à redevenir des bons élèves... Je me suis livrée comme tout un chacun à l'analyse et au décryptage point par point de la lettre de Darcos. Tout converge donc je ne reprendrai pas ce qui a été déjà été dit, mon message est déjà beaucoup trop long. La dernière analyse de Sylvie synthétise bien tous les aspects problématiques (pour ma part tordus, cela n'engage que moi) des "précisions" du ministre. Un effet pervers supplémentaire qui semble -t-il n'a pas encore été évoqué. Il s'agit du point 8 (le plus long) qui prévoit qu'en cas de réussite au concours des étudiants en M1, le bénéfice du concours est maintenu un an pour pouvoir s'inscrire en M2 l'année d'après.

Deux remarques :
  • Quid des inscrits en M2 qui auraient le concours et pas le master ? Perdraient-ils le bénéfice du concours ?
  • Quid du nombre de postes à pourvoir en 2011 si une partie des reçus au concours continue les études en M2 ? Une autre façon perverse (et tordue) de récupérer des postes sans même avoir à annoncer qu'ils sont supprimés. On peut bien alors afficher que le nombre de places aux concours des premier et second degré seront les mêmes> qu'en 2009. Stratégie identique à celle utilisée pour faire disparaître les IUFM sans le dire mais en mettant en place un dispositif qui les anéantit. Même pas besoin de publier un décret !
Enfin, le premier point de la lettre entérine le concours en M2 et obère toute remise à plat et toute discussion sur la place du concours dans le> continuum de formation. Or, c'est le coeur du problème, ce par quoi il nous faut commencer à discuter, débattre, proposer. Car effectivement, nous ne sommes pas d'accord sur cette question mais ce n'est pas une raison pour ne pas la regarder en face, se l'emparer pour ne pas laisser - une fois de plus - à d'autres le soin de penser pour nous. C'est dans cet état d'esprit que nous organisons le 31 mars une journée d'étude à Toulouse. Les inscriptions à cette journée sont en ligne sur notre blog. Ce n'est qu'une première étape bien sûr, une contribution à l'action et la réflexion collective. Nous avons jugé opportun de ne mettre qu'une seule question à l'ordre du jour : la place et le contenu des concours dans la formation des enseignants et des CPE. Si les négociations s'ouvrent, il nous faut avoir des éléments à mettre sur la table, auparavant il nous faut en débattre. C'était l'esprit des assises du 2 juillet 2008. 10 mois après, où en sommes-nous de cette réflexion ?

Ces journées - à l'initiative des usagers et soutenues par le personnel
enseignant et BIATOS - sont ouvertes à tous-toutes. J'en profite pour lancer une invitation.
Marie-France Carnus
IUFM Midi-Pyrénées Ecole interne de l'Université de Toulouse 2 Le Mirail

André OUZOULIAS

Quant au volet concours, le ministre fait une concession qui se dessinait déjà dans le communiqué MEN-MESR du 17 mars. Il annonce le maintien des concours dans leur configuration actuelle, ce qui apparaît comme une réponse à la principale de nos revendications de ces dernières semaines.

Mais, ne nous y trompons pas, comme le maintien des épreuves est assorti d'une modification des conditions d'inscription énoncée au paragraphe 8 (seuls pourront s'inscrire les étudiants disposant d'un master ou inscrits en M2), cette concession est sans aucune valeur. En changeant le niveau de recrutement dès la prochaine session, Xavier DARCOS engage en effet le processus de mastérisation voulu par le gouvernement dès 2009-2010, processus dont nous avons dit que, tel qu'il est conçu, il conduirait à une grave détérioration de la formation des enseignants.

Le communiqué de la FSU et de ses syndicats en réaction à ce courrier ne prend pas en compte ce fait. Or si les syndicats acceptaient la modification des critères d'inscription, le processus de mastérisation serait lancé, avec leur accord, dans des conditions d'improvisation inacceptables au regard des exigences d'une formation d'enseignant. Les risques les plus importants que nous avons pointés jusqu'ici ne seraient pas évités : mise en concurrence des universités, des départements et des IUFM, maintien d'une année de M2
avec des objectifs inconciliables (ECTS du master, mémoire de recherche, concours et, éventuellement stage !), une 5e année de formation qui n'est plus rémunérée, dissolution progressive des IUFM, de leur potentiel de compétences et de recherche… Si nous demandions le maintien des concours dans leur format actuel l'an prochain, ce n'était pas pour voir la réforme se mettre en place avec les concours actuels !

En dehors de l'objectif d'économiser quoi qu'il arrive les 20 000 postes de fonctionnaires-stagiaires de bac + 5, on cherche vainement une cohérence dans a) le maintien des concours dans leurs épreuves actuelles en 2010 et b) la réforme du processus de formation.
Mais on peut se demander jusqu'à quel point le ministère croit aux promesses qu'il est en train de faire. En effet, la modification des conditions d'inscription demande des décrets interministériels pour remplacer ceux de 1972 (PLC) et de 1990 (PE) qui disent que la
licence ou son équivalent dûment reconnu sont la condition d'inscription (les dérogations exceptionnelles annoncées au paragraphe 8 du courrier de Xavier Darcos n'y changent rien).

Or, un décret interministériel demande environ 6 mois de délai, si tout va bien (rédaction d'un projet, consultations, rectifications, lecture et avis du Conseil d'État, du CSE, du Conseil supérieur de la fonction publique, du CNESER, publication…). Et, pour l'instant, il n'y a même pas un projet soumis aux syndicats !

Nous devons demander le maintien des concours actuels, des conditions d'inscription et des formations existantes, ainsi que l'ouverture immédiate des préinscriptions à ces formations dans le cadre réglementaire encore en vigueur, conditions pour qu'une négociation
puisse se concevoir.

Quant au volet formation, il n'y a rien de très nouveau par rapport aux précédentes annonces. Seule la validation des stages dans le cadre du master reçoit quelques précisions nouvelles (§ 5).Ces derniers développements ne peuvent que renforcer notre motivation
à demander des rencontres bilatérales à la CPU (en cours) et aux syndicats, c'est-à-dire au SNES, au SNUIPP, au SE, au SGEN, à SUD, à l'UNEF, le plus vite possible dans la semaine prochaine, pour défendre auprès d'eux les positions de la Coordination nationale
FDE :
  • maintien en 2009-2010 des concours (épreuves et conditions d'inscription),
  • maintien des formation existantes (d'où les préincriptions),
  • organisation d'un processus de réflexion sur la formation des enseignants, impliquant toutes les parties prenantes, sous la forme d'Assises Nationales.
...
André Ouzoulias
IUFM de Versailles (Université de Cergy-Pontoise), membre du SNESUP-FSU

Françoise ESTAQUE

Au point 1 de la lettre est clairement réffirmé que la discussion ne peut porter que sur la place de l'admissibilité et de l'admission, mais en M2 ! il n'y a donc pas de discussion possible !
Au point 4 de cette lettre il est indiqué "pendant l'année de fonctionnaire stagiaire" il est donc entériné que l'année de prof stagiaire est reculée d'un an, portée à bac + 6.
Il est donc urgent et nécessaire dès le début de la discussion qui sera ouverte avec les syndicats de n'accepter ces discussions qu'avec comme préalable : on veut discuter aussi de la place du concours en licence ou en M1 !!! Car il est impossible de préparer un concours et
un M2 en même temps !

On ne veut pas de la suppression de l'année en alternance rémunérée en BAC + 5.L'année de fonctionnaire stagiaire pour nous ne peut être placée qu'en BAC+5 et déboucher sur un master professionnel enseignant digne de ce nom!! ou bien il y a 2 années en alternance la 5° et la 6° !

C'est avec cette détermination qu'une véritable formation des ensignants peut être sauvée !

Fraçoise ESTAQUE
- IUFM Toulouse
IUFM Toulouse

Jean-François GRELIER

Je ne crois pas que la dernière lettre de Darcos soit un tournant majeur de notre lutte. En reconduisant le concours 2009 en 2010, il ne fait qu’éviter la faillite aux universités qui allaient devoir intégrer les IUFM sans leurs étudiants, faute d’un cursus à leur proposer. Il me semble donc qu’il ne fait là que répondre à la grogne de la CPU. Mais il ne cède sur rien. Et je suis complètement d’accord avec la réponse de la CNFDE.

Il me semble que nous avons fait du chemin depuis un an et les premières annonces de Darcos. A l’époque nous n’étions pas très nombreux à demander le retrait de la réforme, et à ne pas être séduit par les sirènes de la « mastérisation ». Nous avons fait un long travail d’explication, ce qui est d’ailleurs le cœur de notre métier, et s’il y a de la contestation dans quasiment TOUS les IUFM de France (pour la Navarre, je ne suis pas sûr), c’est parce une majorité d’étudiants , de stagiaires, et de personnels enseignants et non enseignants ont compris que se jouait là bien plus qu’un simple escarmouche rituelle. Et qu’une minorité active en a fait son affaire. Et ça commence à se voir, bien que les troupes disponibles soient moins nombreuses que celles des universités, et avec plus de contraintes de concours et de stages.

Et je suis pour que chacun se batte à sa manière. Je suis pour ma part assez réservé sur les lettres aux parlementaires, mais c’est très bien que ceux qui y croient le fassent à fond. A Toulouse on a depuis novembre un comité d’action animé par une majorité de PE qui multiplie les initiatives hors les murs : cours décentralisés (ça résonne très bien dans le métro), ventes aux enchères, procès des sinistres Crados et Tétresse, etc. Ca se voit, et ça commence à être connu et entendu. Et il y a encore plein d’autres initiatives. Tant mieux, tant que ça ne serve pas de prétexte à ne pas faire grève le plus souvent possible.

Il faut multiplier les initiatives jusqu’à ce que mort du décret s’en suive.

On va gagner !

Jean-François Grelier IUFM Midi-Pyrénées

Claire PONTAIS

Il a fallu des semaines de motions, de manifestations, de grèves d’une rare intensité, conduites par le monde des formateurs dans les IUFM et les UFR, les laboratoires, rejoint par la communauté universitaire dans son ensemble et une large part du monde de l’éducation pour que le gouvernement annonce qu’il est prêt à réviser le dispositif selon lequel il voulait voir évoluer la formation des enseignants et les concours, alors que nombre d’organisations syndicales du premier et du second degré, et le SNESUP inscrivaient parmi leurs revendications celle de l’amélioration de la formation des enseignants, sa reconnaissance par un master et une revalorisation salariale pour tous.

Le refus des deux ministères MEN et MESR de discuter au fond des enjeux, de la nature des évolutions et de leurs objectifs ainsi que du calendrier a aiguisé une condamnation ferme et déterminée que le SNESUP a impulsé dès juin 2008 et sans réserve.

L’annonce le 20 mars, par X. Darcos, après la nouvelle formidable journée de grève et de manifestations du 19, du maintien des concours dans leur forme actuelle pour la session 2010, constitue une réelle inflexion des choix du gouvernement. D’importants compléments, des précisions et des modifications doivent encore être apportés, le SNESUP exige que les conditions d’inscription aux concours soient réellement les-mêmes en 2010 qu’en 2009, y compris pour les étudiants sortants de L3, que les programmes de formation et de préparation aux concours, comme leurs lieux –en particulier les IUFM - soient également maintenus, que les épreuves de tous les concours en 2010 soient les mêmes que les années précédentes. Ces points feront l’objet de toutes les interventions du SNESUP : en particulier nous maintenons que le cadre actuellement défini n’impose pas –bien au contraire- le dépôt de maquettes de master. Le cadre pour 2009-2010 doit être celui des IUFM, des préparations et des masters existants, tous devraient bénéficier d’une procédure nationale exceptionnelle d’équivalence M1.

Une remise à plat globale pour un dispositif 2010-2011 et au delà améliorant la formation des maîtres, qui articule les cursus universitaires, les concours (leur nature et leur temporalité dans le cursus d’études), et l'année post-concours, devrait être mise en chantier en réponse à notre exigence, avec tous les acteurs. Totalement insuffisante, la prise en compte de compléments de formation pour l’année post-concours marque cependant des inflexions par rapport au projet initial du gouvernement d’une année sans aucune formation. Prérecrutements, aides financières prises en compte pour carrière et retraite, entrée dans le métier sont à redéfinir. L’essentiel reste à construire avec des revendications précises que notre détermination peut faire entendre, dans un contexte qui évolue grâce à nos mobilisations. Ainsi, pour la première fois, le ministre envisage des mesures de revalorisation pour l’ensemble des catégories d’enseignants. La convergence de toute la FSU a pesé, cela doit se prolonger !

Le silence de V. Pécresse sur les aspects du dossier « masterisation » qui relèvent exclusivement du MESR comme sur tous les autres depuis plusieurs jours, alors que nous étions plus de 100 000 des universités et de la recherche dans les rues ce jeudi 19 est inadmissible.

Le SNESUP n’a cessé d’intervenir auprès de V. Pécresse et F. Fillon afin qu’ils s’engagent à préserver le potentiel de formation et de recherche des IUFM, à développer la recherche en éducation nécessaire à une réelle élévation du niveau de qualification des enseignants pour une meilleure formation des élèves. Il demande la reconnaissance de la formation professionnelle dans les IUFM dont c’est la mission dans les universités et qui ont les compétences indispensables et avérées.

Le SNESUP appelle à maintenir toutes les formes de mobilisations tant pour les questions « master/concours » 2010 et au-delà, que pour faire gagner l’ensemble de nos revendications solidaires : décret enseignants-chercheurs et le contrat doctoral unique, dispositif de la formation et du recrutement des enseignants, restitution de tous les emplois supprimés et plan pluriannuel de créations d’emplois, arrêt du démantèlement des organismes de recherche.

Le SNESUP organise le boycott du CTPU le lundi 23. Les conditions de quorum n'étant plus requises pour la convocation suivante de ce Comité, et la date du 24 ayant été prévue par le ministère, le SNESUP demande qu'elle soit reportée pour à la fois donner la primauté au cadre global d’indispensables négociations et à la prise en compte des aspirations des enseignants-chercheurs qui en contestent la version actuelle. A défaut il y défendra fermement sous le contrôle des manifestations de ce jour, l'ensemble des revendications des universitaires et chercheurs et toutes les avancées réclamées en matière statutaire.

Les propositions du SNESUP sur la formation et recrutement des enseignants de premier et second degrés
  1. Maintien des concours en l’état pour la session 2010.
  2. Retrait du projet actuel et remise à plat globale du dispositif de formation articulant les formations disciplinaires et professionnelles avec les concours de recrutement pour les sessions 2011 (au plus tôt) et suivantes. Mise en débat de la place des concours et de leurs contenus que ce soit pour CRPE, CAPES, CAPET, CAPLP ou Agrégation.
  3. Les épreuves des concours doivent porter à la fois sur le disciplinaire et le professionnel ; leur place doit permettre de mener à bien un Master.
  4. Conception de la formation sur 6 années (master + année post-concours) avec professionnalisation progressive (préprofessionnalisation en licence dont stages d'observation ; stages de pratique accompagnée et de première responsabilité, mémoire professionnel en master).
  5. Entrée progressive dans le métier grâce à une année de formation en alternance à temps partiel après l'obtention du concours.
  6. Pour une réelle amélioration de la formation disciplinaire et professionnelle et une élévation du niveau de qualification de tous les enseignants reconnue par un diplôme de master
  7. En corollaire de l'élévation du niveau de qualification, revalorisation de la grille indiciaire des enseignants.
  8. Mise en place d’un réel cadrage national de la formation.
  9. Maintien du principe d'un recrutement par concours nationaux (second degré) ou régionaux (1er degré) avec un nombre de postes ouverts au concours correspondant aux besoins. Publication d'un plan pluri-annuel de recrutement.
  10. Dispositif de soutien financier aux étudiants et de pré-recrutements.
  11. Réaffirmation des rôles et missions des IUFM (notamment, partenariat pour la conception et la mise oeuvre des formations) ; maintien et développement de leur potentiel de formation et de recherche.
  12. Développement de la recherche en éducation.


MARDI 24 MARS
Manifestons à Paris pour l'Ile de France et les académies proches

Claire PONTAIS

Yves Matheron

Au-delà de l'appauvrissement considérable de la formation professionnelle, et de la mise en difficulté corrélative des stagiaires et T1, T2, etc., dans leurs classes, l'enjeu de la mastérisation est aussi là, dans la disparition probable à terme des concours ; ce qui ne devrait échapper à quiconque est attaché au statut de fonctionnaire et à la lutte contre la précarité, cette dernière s'étant considérablement accrue ces dernières années, tant dans le privé que dans la fonction publique.

La situation propre au "recrutement" des professeurs en Italie est un contre-exemple inquiétant de ce qui risque d'arriver en France à court terme, avec quelques modulations spécifiques à ce pays : des étudiants "masterisés" qui devront aller chercher des vacations auprès de chefs d'établissement ou de structures locales. Une fois inscrit sur une liste pour obtenir un poste, on avance sur cette liste grâce à des points, dont certains peuvent être obtenus en assurant des sortes de vacations dans les établissements secondaires. Comme c'est désormais un marché que d'obtenir ces points, les établissements "embauchent" ces personnels en les payant très peu, ou plus du tout ; puisque les personnes sont "rémunérées en points" et que c'est une chance pour elles que d'obtenir un emploi qui permet d'en gagner afin d'avancer sur la liste ! Cette situation peut durer de nombreuses années, et on imagine aussi, dans cet état où l'on cherche des moyens pour s'assurer un minimum de revenus, comment la concurrence entre les personnes peut être rude afin de "gagner des points". Des "italianistes" pourraient expliciter davantage ce que des italiens expliquaient à l'AG de la fac St Charles à Marseille le 19/03.

Croire que mastérisation équivaut à revalorisation, comme on peut encore le lire parfois, est un leurre. C'est exactement l'inverse qui se prépare avec à terme la disparition des concours et la précarisation des enseignants. Ce type de dangers me semble important à développer auprès des personnels du premier et du second degrés attachés au statut de fonctionnaire.

Yves Matheron

5 commentaires:

Webmaster a dit…

* Le maintien des concours dans leur forme actuelle pour l'année
prochaine est une première victoire arrachée par
le combat mené par toute la communauté des acteurs de la Formation des
enseignants depuis plusieurs mois, mais
les propositions formulées par le ministre sont inacceptables en l'état.
Elles aboutissent à des incohérences, à une
illisibilité totale de l'offre de formation, à la mise en concurrence
des universités et maintiennent les aspects les
plus contestés de la réforme envisagée.
* Seul le maintien, en 2010, des conditions d'inscription aux concours,
du dispositif de formation actuelle et de
l'année de stage après les concours permettra d'ouvrir des négociations,
basées sur une large consultation sur ce
que doit être, à l'avenir, la formation des enseignants.

Michel Bernard
Université Sorbonne Nouvelle (Paris 3)

Webmaster a dit…

nous avions dit pour la réforme sur la "mastérisation" qu'il y avait
deux projets qui dépendaient de deux ministères :
-le projet sur la mastérisation (Pécresse)
-le projet sur les concours.(Darcos)

Faire tomber l'une sans l'autre n'était pas satisfaisante.

Et nos mots d'ordre sont le retrait.

Nous venons d'obtenir le report d'un an du deuxième. C'est positif, mais loin d'être suffisant.

Le report d'un an nous met d'ailleurs dans la situation où nous étions en septembre dernier : on voit bien que pour une telle réforme , le temps que se dégage un certain consensus, étant la complexité du dossier, va être long.

C'est le sens de la demande de remise à plat : travailler pour une fois sans urgence.

Il faut donc continuer notre mouvement, en n'enlevant surtout pas le point de la réforme Darcos-Pécresse de la mastérisation de nos exigences.

Thierry Astruc

Webmaster a dit…

On entend déjà dans les
médias que Darcos a reculé alors qu'il n'a fait que préciser l'année
transitoire dont il a déjà parlé. Les mesures transitoires sont
explicitées mais restent dans la logique de sa mastérisation : le cadre de l'année transitoire est déjà celui du master (étudiants inscrits en M1 puis recrutés à l'obtention d'un M2). Et d'ailleurs quel master au juste? Faudrait-il produire une nouvelle maquette transitoire avec
concours en M1 ? Du pur délire, sauf à vouloir écarter définitivement les IUFM de la formation. En tout cas les étudiants risquent d'être les
grands sacrifiés sur l'autel de la transition : aucun master-préparation n'est prévu.
Probablement une nième tentative de division. J'espère que personne ne
rentrera dans ce jeu dangereux. Il faut continuer à pousser dans la même direction. Prendre contact avec les syndicats pour prendre la
température. Je pense qu'on est pas loin.
Paris Michel

Webmaster a dit…

Beaucoup d’analyses des insuffisances de ce texte commencent à circuler.

Je ne crois pas avoir lu quelque chose sur le point 2 : les stages rémunérés des étudiants mis en place pendant l’année de M2 serviront à […] développer la formation continue, notamment des jeunes enseignants dans les premières années d’exercice…

Des étudiants pour remplacer les T1 en stage, il fallait oser y penser…



Michel Driol
IUFM de Lyon

Webmaster a dit…

tout à fait d'accord avec la collègue de Toulouse
faut pas se réjouir cette lettre nous montre juste que nous pouvons les faire reculer
tu oublies de dire qu'en même temps que le M2 et le concours il y aura aussi le stage et les emplois d'étudiants pour ceux qui travaillent en plus s'ils ne sont pas rémunérés en tant que fonctionnaire stagiaire; moi aussi je suis pour le concours en M1
bien cordialement
il faut tenir encore
Josiane