jeudi 12 mars 2009

Compte rendu rapide de la rencontre avec la CDIUFM du 12 mars


Représentants de la coordination nationale de la formation des enseignants :

  • Aude Gerbaud (Créteil)
  • Mathieu Brunet (Aix)
  • Sylvie Plane (Paris)
  • Christian Valade (Toulouse)

La rencontre a duré deux heures à peu près dans une salle de conférence qui ne se prêtait pas particulièrement à un « débat » ou des échanges croisés.


Ce que la délégation de la Coordination nationale FDE a tenu comme discours :

1°) Sur le plan des principes

  • le retrait

  • pas de mesures transitoires

  • des Etats-Généraux de la formation

2°) Sur le plan de la stratégie

  • la préinscription, dès maintenant, des étudiants à la préparation du concours dans sa version actuelle et dans le cadre du cahier des charges de la formation actuelle

  • la demande d’un soutien de la CDIUFM

  • le rappel du caractère unitaire de la mobilisation enseignement supérieur / recherche autour de points précis dont la réforme dite de « mastérisation » constitue l’un des piliers. Il ne doit pas y avoir de fatalisme.


Réponse de la CDIUFM :

  • Serait en accord total avec les revendications de la Coordination nationale FDE mais ne pourrait pas le dire …

  • Aurait depuis longtemps décidé des préinscriptions à la préparation des concours dans leur version actuelle. Certains IUFM ont déjà commencé. Mais il ne faut pas trop que ça se sache …

  • Consternée par l’annonce (AEF + Le Monde) que l’épreuve de connaissance du système éducatif serait remplacée par une épreuve disciplinaire pour les CAPES

  • Serait dans une posture de « responsabilité » qui consisterait à se méfier par principe des UFR. La coordination FDE fait preuve « d’angélisme » en refusant de voir la concurrence IUFM / UFR …

  • La question ne se poserait plus aujourd’hui qu’en terme local …

  • Semble avoir très peur des rumeurs annonçant que la FSU négocie au ministère …


Conclusion : la CDIUFM ne veut pas prendre publiquement position pour appeler au retrait de la réforme. Position on ne peut plus molle qui s’arc-boute de façon unanime sur le clivage IUFM / UFR, malgré tous les efforts de la délégation pour témoigner des convergences entre Coordination Nationale des Universités et Coordination Nationale de la Formation des Enseignants.

4 commentaires:

Webmaster a dit…

Bravo à la coordination FDE pour son calme... je ne sais pas si
j'aurais été capable de rester impassible face a une CDIUFM aussi...
pitoyable :-(

Pour ce qui est de la concurrence inter-universitaire, c'est l'effet
décuplé de la LRU qu'on observe enfin de face dans une mission de
service public qui nécessite une coopération académique : la
formation des enseignants. A mon avis, c'était un peu moins visible
sur la concurrence "recherche".

Il faut absolument différencier :
- les institutions (plutôt les Univ et leurs Présidences que les UFR)
qui, dans le dialogue biaisé avec le Ministère, finissent par être
focalisées par la compétition,
- et les équipes pédagogiques des Départements et des UFR qui, avec
de la concertation, se sentent vite solidaires des équipes IUFM
lorsqu'il s'agit de mettre en place une formation des maîtres de
qualité.

Je dis pas que c'est facile... mais c'est ce qu'on essaye de mettre
en place en Bretagne.

La question lourde ce soir c'est : que vont faire les syndicats
d'enseignants !!!
L'urgence, c'est donc d'aller les convaincre - académie par académie
- que la seule voie de sortie de crise, c'est le retrait !!!
Coopérativement ;-)

Webmaster a dit…

Et bien pour le SE-UNSA, pas de louvoiement, pas de communiqué alambiqué,
pas de faux semblants, pas de négociations secrètes!!!!
Comme nous l'avons écrit dans le dernier communiqué de l'UNSA Education,
nous demandons le RETRAIT de cette réforme qui marque un recul sans
précédent de la formation professionnelle de TOUS les enseignants et
personnels d'éducation. Cette réforme est idéologique et économique. Nous
devons la combattre sans ambigüité.

NE RAJOUTONS PAS A LA CRISE, CELLE DE L'EDUCATION!

En plus, cette usine à gaz ne peut pas fonctionner!!!

Christian CHEVALIER

Webmaster a dit…

Il est absolument évident - et plus encore depuis la manifestation
parisienne d'hier-- que les instances du SNES ne relaient absolument pas le
message sur la mastérisation et bien au contraire, dans bien des
établissements, semblent se gargariser d'une hypothétique revalorisation des
débuts de carrière liée à la reconnaissance du Bac + 5, en étant
parfaitement aveuglés ou totalement indifférents au fait que les armées
entières de collés-au-concours et reçus-au-master-d'enseignement rendront
très vite caduc le concours; et que dans un système où les contrats seront
de plus en plus en CDD ou CDI entre professeurs détenteurs d'un master d'enseignement
et tel établissement, c'est toute l'Education Nationale qui disparaîtra, le
statut de fonctionnaire, la liberté de l'enseignant, la possibilité de muter
librement, etc.
Or si l'on explique à nos collègues qu'ils sont les prochaines cibles de la sortie du statut de fonctionnaire d'Etat après nos amis d' EDF, de GDF,
France Télécom et La Poste, ça va certainement les réveiller.

Les amis que j'ai dans le secondaire sont révoltés lorsqu'on leur explique ce qu'est le projet de mastérisation, avec la baisse du niveau disciplinaire, la suppression du stage rémunéré en alternance, l'obligation de faire un mémoire bidon et un concours bidon la même année, et tout ça
pour devenir précaire. Ils sont stupéfaits non seulement que leur propre syndicat - le SNES-- n'en ait rien dit, mais pire, qu'il ait même dit le contraire. Tous mes anciens étudiants d'agrégation actuellement en lycée en
province ou en région parisienne n'ont eu que des informations TROMPEUSES sur la mastérisation, infos qui ressemblaient à ne pas en croire ses oreilles à ce que dit le ministère ("le seul point d'achoppement c'est le nombre de stages en M2, et les bourses pour remplacer l'année de stage
rémunéré").

La question se pose forcément: le SNES est-il plus sur la longueur d'onde de Dark Os que la nôtre? Ce n'est pourtant pas compliqué de voir que l'objectif de toutes ces attaques sur l'éducation de la maternelle à l'université, c'est
la destruction systématique du service public d'Education Nationale et que cela nous concerne bien tous, de la maternelle au supérieur:

. Maternelle que Darcos veut remplacer par des jardins d'accueil payants
. suppression des RASED
. suppression de la carte scolaire
. destruction programmée des concours et du statut de PE et de
professeur des collèges et lycées
. "réforme" des lycées dont on sait bien qu'elle est simplement reportée et suppressions de postes par milliers
. attaque sur le statut d'EC
. attaque sur les doctorants
. pôles d'excellence pour étrangler la recherche dans les petites universités
. budgets réels en baisse, suppressions de postes, précarisation de tous
dans le supérieur

Conclusion à tirer d'hier: nous devons contacter nous-mêmes,
massivement, les collègues du premier et second degrés (par les réseaux d'amis, de proximité, les anciens collègues ou étudiants que nous connaissons dans
tel ou tel établissement).

MAIS AU-DELÀ: Il faut aussi tracter massivement vers les lycéens, en leur rappelant que - merci à Claude Guéant de l'avoir dit si ouvertement dans l'interview de Libé d'hier-- la "réforme" des lycées n'est reportée que
de "quelques mois". et que le gouvernement s'apprête à faire aux lycéens ce qu'il nous a fait avec la LRU, un vote en plein mois d'août, par exemple.Réveillons ceux qui se sont endormis!

Réveillons aussi ceux qui sont en hibernation! Seuls les étudiants
vraiment en première ligne pour les concours comprennent le sens de la
mastérisation. Pour mobiliser plus largement les centaines de milliers qui ne se sont pas encore bougés, il faut AUSSI appuyer là où ça fait mal:
expliquer que la LRU, cette autonomie sur fond de désengagement de l'Etat, c'est la disparition de filières, la précarisation de tous les personnels, et la hausse vertigineuse des droits d'inscription et de l'endettement étudiant.
On nous accuse d'être des Cassandre, car le gouvernement avance masqué et met en place un système qui obligera les PU, même ceux opposés à la LRU, à
augmenter les droits d'inscription dans quelques années-et alors les
étudiants ne pourront pas s'en prendre à l'Etat, puisque ce sera chaque universitaire qui sera alors "responsable" de ces hausses. On dit que nous ne pouvons prévoir ce qui va arriver et que les droits d'inscription
n'augmenteront pas: eh bien, utilisons notre machine à voyager dans le
temps, pour bien montrer aux collègues, aux étudiants, et aux lycéens-
étudiants de demain ce qui va arriver: c'est ce qui se passe maintenant en
Angleterre, en Irlande, en Italie.
Il est temps d'utiliser des exemples concrets et brutaux pour faire
prendre conscience du danger. Nos étudiants seraient dans la rue si les
droits d'inscription en L passaient à 700 euros. S'ils comprennent que ce
sera plutôt de l'ordre de 3000 euros et plus, ils bougeront!

Michlin Paris-4

Webmaster a dit…

Coucher en colère, réveil énervé
Oui à une réunion mercredi plus tôt du comité d'action.
Oui à des actions plus dures
Oui à la préparation d'argumentaires solides pour convaincre la population que 216h de stage accompagné sur 2 ans ne formeront pas des enseignants.
Oui pour que l'IUFM soit l'interlocuteur majeur de cette lutte.
OUI A UNE GREVE DURE ET GENERALE
NOUS usagers, et surtout VOUS, formateurs, BIATOS devons dire notre colère et montrer notre détermination à ne pas nous retrouver à la rue dès l'année prochaine.
Michel MONESTES