vendredi 27 février 2009

Rencontre de la CPU avec le Premier Ministre et réactions


Mandaté par l’assemblée plénière pour faire avancer les dossiers des emplois, du statut des enseignants chercheurs et de la formation des maîtres, le Bureau de la CPU, accompagné de 4 présidents de commission, a rencontré ce jour François Fillon, Premier Ministre, en présence de Valérie Pécresse, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

La CPU prend acte avec intérêt de l’engagement du Premier Ministre dans la résolution de la crise que traversent les universités. Elle a pu constater le caractère ouvert et précis de la discussion. Elle prend ainsi note, avec satisfaction, des avancées sur la question des emplois supprimés en 2009 (compensation budgétaire intégrée définitivement dans la masse salariale de l’université) et de l’annonce de la fin des suppressions d’emplois de fonctionnaires en 2010 et 2011 pour l’enseignement supérieur.

La CPU a, par ailleurs, toujours insisté sur la nécessité de réformer le décret sur le statut des enseignants chercheurs afin de l’adapter aux réalités de la fonction, 25 ans après sa parution. Elle contribuera donc à la réécriture complète annoncée de ce décret, avec les autres acteurs de la communauté universitaire et dans le respect des principes qu’elle a énoncés lors de la séance plénière du 19 février : équilibre disciplinaire, collégialité, transparence et équilibre entre évaluations nationales et locales.

Enfin, la CPU a constaté que des ouvertures réelles existaient, en ce qui concerne la formation des maîtres, sur trois points qu’elle a exposés : installation très rapide d’une commission nationale de suivi ; formation complémentaire lors de l’année de stage ; caractère expérimental des maquettes 2009 et possibilité ouverte de dépôt en 2010.

D’autres rendez-vous sont prévus ces jours-ci, pour compléter et préciser ces avancées, aussi bien avec le Cabinet de X. Darcos, Ministre de l’Education Nationale, qu’avec la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Le bureau de la CPU va ainsi poursuivre les discussions dont il a été chargé.

L’assemblée plénière de la CPU se prononcera le 5 mars, au vu de l’ensemble des réponses et des négociations menées pendant ces 15 jours.
Réactions de Pierre SAUVE

J'ai comme une impression désagréable. Le ministre aurait dit-on reculé. Plaisanterie! Notre revendication est et doit rester; retrait de la "réforme" et création d'une année de formation supplémentaire ("PE3") en alternance dans le cadre des IUFM ou autre école de formation si le terme d'IUFM donne des boutons. Ce n'est pas le gouvernement qui recule mais les tenants du report (FSU et autres) qui avancent. Les ultramarins (comme on dit dans les média) nous ont donné une leçon de détermination.

Nous lèveront tous les obstacles si nous le voulons. Nous le pouvons car la conjoncture
nous est favorable. Regardez la video de Pécresse à France info. Son comportement en dit long sur l'état de délabrement de ceux qui nous gouvernent. Il ne faut rien céder.

Réactions de Françoise ESTAQUE

Valérie Pécresse était pitoyable et ce qui est dit par Sarkozy sur le canard du 25 février est insultant une fois de plus, mais attention à cette revendication d'avoir une année de PE3 : cela veut dire qu'on en vient à se battre uniquement pour une année en alternance à BAC + 6 !!!

Enfin rémunérée !! mais on ne parle plus assez FORT de nos revendications de prérecrutement au niveau licence, de la place du concours dans la formation, des stages progressant de l'observation à la responsabilité, des allocations qui sont nécessaires pour éviter des inégalités sociales insupportables ...

Réactions d'André OUZOULIAS
Réactions de Claire PONTAIS

Apprécions tout de même ce premier recul du gouvernement pour continuer de mobiliser les collègues IUFM.

Même si le compte n'y est pas (et c'est là-dessus qu'il va falloir mobiliser), Fillon est tout de même obligé de prendre en compte nos mobilisations. Il reconnaît implicitement le bien fondé de nos critiques :
  • en mettant en place une commission de suivi, il reconnaît qu'il faut de la concertation, en disant que les maquettes seront provisoires, il reconnaît que tout a été fait dans la précipitation.
  • En demandant à Darcos de "renforcer l'accompagnement", il reconnait qu'il faut de la formation aprèsle concours.
Nous devons prendre appui sur ce recul pour renforcer la mobilisation et obtenir notamment :
  • une vraie année en alternance après le concours au sein de l'université (...et pas seulement un compagnonnage sous la responsabilité des Inspections)
  • un report d'un an des nouveaux concours pour avoir le temps réviser totalement cette réforme (revoir les concours, revoir l'architecture globale et notamment l'année de M2 où l'étudiant doit tout faire, revoir les maquettes en fonction des contraintes de stages, etc)
  • des aides et pré-recrutements pour les étudiants
  • des réponses sur l'avenir des IUFM
La mobilisation des IUFM est déterminante dans les 15 jours qui viennent pour gagner sur l'année en alternance. Plus le temps de formation sera grand, plus le rôle des IUFM sera facile à affirmer.

Mais ce n'est pas encore gagné, mais les déclarations en recul du gouvernement doivent nous inciter à continuer.

Nous devons préparer dès maintenant les manifs du 5, 11 et 19 mars. Le 5 mars (jour de "l'ultimatum" de la CPU), seule l'université sera mobilisée (y-a-t-il un appel à la grève ? si non, ne faut-il pas un appel spécifique dans les IUFM?).

Les 11 mars et 19 mars, le premier et second degré rejoindront l'université, comment faire en sorte que la formation des enseignants soit un des mots d'ordre important de cette manif ? Il faudrait prendre des contacts dès maintenant avec les FSU locales pour que la formation soit présente dans les bulletins syndicaux qui appellent à la manif et dans les tracts distribués.


Parallèlement, il faut continuer à faire des propositions alternatives, notamment sur l'avenir de la structure IUFM.

Claire Pontais

NB : selon Fillon, les 400 postes d'agrégés qui seront mis à disposition du supérieur ne réduiront pas le contingent du second degré. Alors, d'où viennent ces postes ? selon certains bruits de couloir, ils seraient pris sur le contingent actuellement délégué aux IUFM (formateurs associés)... Question à suivre de près.

Dans la presse

6 commentaires:

Webmaster a dit…

Je tiens à vous dire que les universitaires d'abord un peu sonnés par les annonces des masters enseignement et ayant accepté de réfléchir à des maquettes (finalement non envoyées) sur la base d'un équilibre entre savoirs disciplinaires et savoirs professionnels et didactiques, sont en train de reprendre du poil de la bête et d'envisager des masters purement disciplinaires avec comme argument que l'année de stage post master suffirait bien à la professionnalisation. Ici à Toulon je passe mon temps à défendre la didactique auprès d'enseignants (certains grévistes par ailleurs) anti IUFM.
Je ne sais pas comment on peut contrer ce retour en arrière calamiteux.
Le dernier article dans Le Monde n'arrange pas les choses.
Michèle Monte

Webmaster a dit…

D'accord avec Pierre Sauve.
Très d'accord.
Nicole Orthous

Webmaster a dit…

En complément du message de Françoise Estaque :
Je fais très court : ce que nous revendiquons, c'est que la formation des
enseignants soit validée comme master. Il s'agit d'entériner ce qui existe
(BAC+ 5) par une validation assurée par l'université, (donc des exigences ou
des épreuves à aménager,) mais dans le cadre du parcours tel qu'il est
actuellement.
Quels arguments peut-on opposer à cela ? (hormis le "coût", évidemment)
Nicole Orthous

Webmaster a dit…

vu tout ce qu'on lit et entend en ce moment je pense qu'il faut se concentrer sur l'essentiel qu'a rappelé Sylvie en ces termes :


"Aujourd’hui, les enseignants qui sortent de formation ont déjà bac+5, soit l’équivalent du master en années d’étude. Et ça, il faut le crier haut et fort… Le problème est que ce niveau master n’est pas reconnu ! Et bien, battons-nous pour qu’il soit reconnu !"

"Exigeons (mais là, je ne suis pas sûr qu’il y ait consensus) une réelle formation en alternance, disciplinaire et professionnelle, avec le concours en M1, et la M2 en fonctionnaire stagiaire, donc payé, avec des stages en responsabilité… et pour couronner le tout, le master qui reconnaît la qualification à bac+5 et donc le recrutement à bac +5…"

En effet certaines des propositions actuelles reviennent en fait à un pseudo accompagnement "professionnel"très allégé à "bac +6 "et il ne s'agit en aucun cas d'une formation professionnelle en alternance
Il faut condamner fermement cela
je suis donc entièrement d'accord avec Sylvie
bien cordialement
Josiane Hélayel (PIUFM Antony)

Webmaster a dit…

Les risques de radicalisation ne sont pas écartés
La Fage, deuxième syndicat étudiant, déplore elle aussi une « absence de dialogue ».
« Il n’y a pas d’urgence à mettre en place la mastérisation, même si elle est une bonne chose car elle élève la qualification des futurs profs et permet de revaloriser leur début de carrière », estime sa présidente Claire Guichet.

Le gouvernement s’entête, au risque de laisser le mouvement se radicaliser un peu plus », déplore-t-elle.

Une majorité d’universités refusent toujours d’adresser au ministère leurs propositions de maquettes pour les masters qui doivent, dès septembre, préparer aux concours de l’enseignement. « Faute de temps, on risque de sélectionner les meilleurs projets pour les imposer à toutes les universités. Ou bien chacune d’elles mettra en œuvre son propre projet quasiment en l’état, sans que l’on s’assure de l’homogénéité sur tout le territoire de la préparation à un concours qui reste national… »

Simone Bonnafous, vice-présidente de la CPU, tempère : « Dans le cas où nous n’obtiendrions pas de report de la mastérisation, celle-ci s’appliquera la première année sur un mode expérimental, à parfaire ultérieurement. » La présidente de Paris-XII se veut optimiste. « Les annonces du premier ministre constituent des ouvertures importantes. Nous ne sommes qu’au début d’un processus de négociation. »

Webmaster a dit…

Pour moi une année de PE3 signifie
une formation en deux ans émunérée. Tout le monde s'accorde à dire que
l'année de PE2 est insuffisante. Il faudrait construire une formation en alternance sur deux ans avec une progressivité des stages en responsabilité (une remise en cause des stages filés qui polluent littéralement la formation en plaçant les stagiaires dans une situation d'urgence permanente
qui les empêche d'avoir l'esprit libre pour une formation sereine et posée).
Les stages en responsabilité leur permettent de s'investir pleinement
pendant un temps donné sur le métier qu'ils peuvent mettre à distance à leur
retour à l'IUFM. Pour ce qui est de la dimension recherche, il existait il
n'y a pas si longtemps un mémoire professionnel qui pouvait remplir cette fonction de théorisation de la pratique. Rappelons-nous: ce gouvernement l'a supprimé pour aujourd'hui nous faire le coup de la "recherche en master".Si
véritablement c'est de recherche qu'il s'agit, porter le mémoire
professionnel à 80 pages (format master) ne pose aucun problème surtout dans le cadre d'une formation professionnelle en 2 ans. Ces 2 années au statut de stagiaire seraient prises en compte dans la carrière des PE. Voilà la revendication que nous portons depuis de nombreuses années. Si le
gouvernement nous oppose notre prétendu immobilisme c'est qu'il est d'une mauvaise foi abyssale (mais vous le saviez déjà) et surtout que ce n'est pas le problème pour lui. L'objectif poursuivi est la destruction de la fonction publique d'état et la précarisation des personnels.
Restons fermes!
Pierre Sauve