vendredi 13 février 2009

Journée du 12 février 2009 à Toulouse et ailleurs


Le Conseil d’Administration de la CPU réagit à la proposition de médiation sur la réforme du décret de 1984


Le CA de la CPU, à l’invitation de la ministre, a assisté à la présentation de la mission de médiation confiée à Mme Bazy-Malaurie. Remettre sur le chantier le projet de révision du décret de 84 est en effet aujourd’hui indispensable. Toutefois, la CPU exprime de fortes réserves sur la nature et la durée de la médiation proposée, qui ne répondent pas à l’urgence de la situation. Des auditions très nombreuses ont déjà été réalisées par la commission Schwartz et la CPU souhaite que s’ouvrent rapidement des négociations et concertations dans lesquelles elle tiendra toute sa place.

Cette négociation et cette concertation ne peuvent être engagées que si un climat de confiance est restauré dans la communauté universitaire. Cela suppose le rétablissement des postes supprimés, une augmentation pluriannuelle du nombre des emplois et la refonte du modèle d’allocations des moyens.

Cela suppose aussi une meilleure prise en considération des résultats de la recherche française et de la compétence de ceux qui la font, dans les prises de positions publiques des plus hautes autorités de la République.

Cela suppose enfin une gestion mieux maitrisée du temps des réformes : la confusion croissante engendrée par la précipitation dans laquelle la réforme de la formation des maitres a été engagée, en compromet gravement la qualité. Le CA de la CPU demande donc solennellement à Xavier Darcos, ministre de l’Education nationale, de repousser à 2011 la mise en place des nouveaux concours de recrutement.

Evolution du statut des enseignants-chercheurs, moyens humains à la hauteur des nouveaux enjeux, considération des personnels et qualité de la formation des enseignants sont les conditions indissociables d’une Université moderne, efficace et autonome à laquelle la CPU est attachée.

Michelle Lauton

"La confusion croissante engendrée par la précipitation dans laquelle la réforme de la formation des maîtres a été engagée, en compromet gravement la qualité. Le CA de la CPU demande donc solennellement à Xavier Darcos, ministre de l’Education nationale, de repousser à 2011 la mise en place des nouveaux concours de recrutement."

Il est urgent de demander aux présidents d'université qui s'apprêteraient à faire remonter les maquettes de master d'y surseoir, au moins dans l'attente d'une réponse du gouvernement.


André Ouzoulias

Nous n'avons pas encore le retrait de la réforme de la FDE, nous n'avons pas encore le report de la réforme. Mais nous avons la demande par la CPU du report et de la prolongation des concours dans leur configuration actuelle jusqu'en 2011. Il faut encore obtenir que le gouvernement prenne acte de l'impossibilité de mener cette réforme et l'affirmation de la nécessité de maintenir les concours dans leur forme actuelle. ....

Il restera le plus dur : créer un consensus sur des alternatives à la réforme SPD (Sarkozy-Pécresse-Darcos) de la FDE. Ce sera le programme du printemps. ....

YES WE CAN !


Sylvie Plane


La prise de position de la CPU est un point capital pour nous :

  1. elle met en avant la question de la réforme du recrutement et des concours qui avait été occultée par les autres revendications: elle ne laisse plus la possibilité au gouvernement de faire comme si notre revendication était secondaire, et que seules comptaient les conséquences de la LRU.
  2. elle fournit une porte de sortie honorable au ministère. Si le ministère ne saisit pas cette occasion qui lui est offerte, il commettrait une erreur très grave qui risquerait de lui coûter beaucoup plus cher. Cela ne lui échappe sans doute pas.
  3. il ne faut pas se tromper sur ce qui fait ou non consensus entre nous.
Pour ma part :
  • je suis contre la perte de la formation en alternance
  • je suis contre contre la perte du statut de fonctionnaire stagiaire lors de la 5° année d’étude et la perte de la rémunération qui accompagne ce statut
  • je suis contre les nouvelles épreuves des concours
  • je suis contre la place du concours en milieu de 5° année d'études supérieures
MAIS je suis pour que les 5 ans d'études supérieures nécessaires pour devenir professeur soient sanctionnées par un master. Autrement je suis pour la mastérisation, mais à condition qu'il s'agisse d'une autre mastérisation que celle qu'on nous propose.

Ne jetons pas le master à la poubelle !


La CPU insiste sur trois points capitaux pour nous et pour les étudiants:
  • le maintien du dispositif actuel,pour un an. C'est le temps qu'il faut penser et faire des projets intéressants. Nous n'avons jamais demandé le statu quo, nous avons toujours demandé du temps pour analyser, réfléchir et améliorer les choses.
  • le maintien des concours, et l'augmentation du nombre de postes mis au concours. Il demande donc un projet pluriannuel de recrutement. Ces exigences doivent être satisfaites pour que nous puissions fonctionner. N'oublions pas que le ministère a en tête un tout autre projet...
  • un financement des études. Cela nous laisse la possibilité de proposer par exemple un dispositif du type des IPES.
Sur bien des points plus précis nous ne sommes pas d'accord entre nous, mais les trois points mis en avant par la CPU font consensus : ce sont des revendications que nous avons été nombreux à porter et que nous continuons à porter. On peut aussi mesurer le chemin parcouru : les propos actuels de la CPU étaient impensables il y a quelques mois. Ce serait bien que la CDIUFM en prenne de la graine.

Une fois que nous aurons obtenu ce que demande la CPU - et nous nous battrons pour l'obtenir - nous aurons le temps pour débattre entre nous de ce que nous entendons les uns et les autres par "formation de qualité", parce qu'il est sûr que sous ces termes, nous ne mettons pas tous la même chose. La seule chose sûre c'est que les projets ministériels actuels conduisent à une détérioration de la formation.

Marie-France Carnus

Nous ne pouvons que nous réjouir de cette déclaration de la CPU qui va dans le sens de nos revendications exprimées à l'échelle nationale de multiples façons depuis plusieurs mois maintenant et amplifiées ces dernières semaines.

Ainsi, le "Le CA de la CPU demande donc solennellement à Xavier Darcos, ministre de l’Education nationale, de repousser à 2011 la mise en place des nouveaux concours de recrutement" ce qui ne garantit pas le maintien en 2010 des concours existants. Il nous faut donc rester vigilants sur cette question et continuer à nous battre pour obtenir satisfaction. Par ailleurs et comme le dit André, cette disposition n'est pas synomyme de retrait:/report de la réforme telle qu'elle nous est imposée et qui englobe les concours plus les masters.

Le report des nouveaux concours en 2011 n'est pas une fin en soi (tout comme d'ailleurs la non remontée des maquettes) mais la conséquence (d'où le "donc" dans l'extrait de la déclaration) de l'impossibilité constatée et éprouvée par l'ensemble des acteurs concernés de mettre en place dans la précipitation et la confusion dès la prochaine rentrée cette réforme nuisible, néfaste et mal pensée qui va à l'encontre de l'objectif affiché : une formation de qualité. Objectif auquel nous souscrivons.

Le report à 2011 des nouveaux concours avec maintien en
2010 des concours actuels permet de travailler plus sereinement et sainement à la conception et la mise en oeuvre d'une VRAI réforme pensée en concertation avec l'ensemble des acteurs concernés. Il y a là un vrai chantier pour le printemps. En attendant, il nous faut restés mobilisés pour "finir" le travail.


Texte présenté au congrès de l'université Toulouse II le Mirail



Le personnel et les usagers de l'IUFM Midi-Pyrénées, école interne de l'Université de Toulouse 2 - Le Mirail aux membres du Congrès de l’Université intégrante.

En vertu des articles L721-1 et 713-9 du code de l'éducation, l'IUFM est une composante de l'Université de Toulouse 2-Le Mirail. Sa mission est la formation professionnelle initiale et continue des enseignants des premier et second degrés ainsi que la formation des conseillers principaux d'éducation (CPE).

Depuis 18 ans quel que soit leur statut, les personnels de l'IUFM ont assuré leur mission de formation des enseignants et des CPE. Les personnels (enseignant et BIATOS) sont des personnels à part entière de l'université de Toulouse II le Mirail depuis20le 1er janvier 2008.

Le projet de réforme relatif à la formation des enseignants met en péril l'avenir de l'école. Sous couvert de revalorisation du métier d'enseignant, la mastérisation conduira à court terme à la création d'un vivier de précaires de haut niveau. Par là même, la question est directement posée d’une libéralisation du service public d’éducation et de l’évolution des statuts de la fonction publique, questions que nous ne pouvons ignorer. Par ailleurs, l'année rémunérée de formation professionnelle disparaît. Les lauréats des concours et des masters seront désormais immergés à temps plein dans les classes dès leur première année d'exercice.

En proposant deux architectures de Masters, la circulaire du 17 octobre a ouvert la voie à une concurrence accrue entre les diverses composantes universitaires et les universités. Par ailleurs, elle clive la formation des enseignants entre le premier et le second degré ce qui est contraire à une conception globale du métier d'enseignant.

Les personnels et usagers de l’IUFM Midi-Pyrénées :
  • réaffirment leur attachement à la promotion d’une formation professionnelle universitaire de qualité à la hauteur des enjeux ;
  • renouvellent leur demande de moratoire assortie du maintien des concours actuels en 2010 ;
  • renouvellent la demande de non communication au ministère des maquettes de masters "métiers de l'enseignement" dans les délais imposés;
  • veulent que soit reconnu l’outil de professionnalisatio n construit en 18 ans d’expériences et son potentiel de formation réparti dans les 10 centres des huit départements de la région Midi-Pyrénées ;
  • demandent au congrès de leur université intégrante de renouveler son engagement et son attachement à l'IUFM en soutenant la démarche des personnels et usagers de son école interne.

Xavier Darcos persiste et signe.

Alors que les présidents d'université lui ont demandé de repousser la réforme de la formation et du recrutement des enseignants à 2011, le ministre de l'Education Nationale a affirmé qu'il n'y avait « aucune raison aujourd'hui objectivement [de le faire]. D'ailleurs, a-t-il poursuivi, on me dit "les universités ne voudront pas préparer les étudiants à cela" ; vous savez, moi je recrute 14 000 personnes ; on va les trouver les gens pour passer nos concours. Et aujourd'hui, un professeur sur deux qui est recruté par moi, n'est déjà pas passé par des systèmes de formation des maîtres. Il a tout simplement une licence ou une maîtrise, et il se présente à nos concours et il les a. Donc moi je n'ai pas absolument besoin d'entrer dans des discussions sibyllines avec les préparateurs à mes concours. Je suis recruteur. Je définis les concours dont j'ai besoin. Je garantie la formation professionnelle des personnels que je recruterais. Après, chacun nous suit, ou pas. »


"Aujourd'hui (...) les professeurs passent un examen, un concours, ils sont mis dans l'Institut de formation des maîtres, où on leur apprend des théories générales sur l'éducation et puis de temps à autre ils vont remplacer un professeur absent. Ce n'est pas comme ça qu'on forme des gens. Autrement dit, ils sont sans arrêt devant un simulateur de vol. Alors que dans le système que je propose, ils ne seront pas dans un simulateur de vol, ils s'installeront dans le cockpit avec un copilote et ils entreront dans la carrière."

Vidéo de l'enterrement de la maquette au congrès de l'université de Toulouse II le Mirail (retrouvez y les déclarations de Daniel Filâtre, de Jean AZEMA et les propos de Xavier Darcos)



Appel de la Sorbonne






La coordination nationale des universités appelle à une "journée de manifestations" le 19 février


La coordination nationale des universités appelle à une "journée nationale de manifestations" jeudi 19 février 2009, indique-t-elle, à l'issue de sa troisième assemblée générale à Paris-VIII Vincennes-Saint-Denis, mercredi 11 février 2009. Cette AG a réuni 400 personnes, représentant 79 établissements dont 67 universités, selon les organisateurs. La prochaine coordination aura lieu vendredi 20 février à l'université Paris-X Paris-Ouest-Nanterre-La Défense. Sera notamment inscrite à l'ordre du jour une "démission des fonctions administratives" des participants.

Plusieurs autres actions ont également été décidées par la coordination: elle demande que l'assemblée générale des personnels qui doit avoir lieu demain au siège du CNRS "rassemble le plus largement possible" (L'AEF n°109148). Elle appelle aussi à une cérémonie de "non-remise" symbolique des maquettes de masters "enseignement" dans les différents rectorats et au ministère vendredi 13 février à 15h, et annonce, pour mardi 17 février, une "journée massive d'information dans les gares" avec distribution de tracts. Enfin, elle propose l'organisation d'une manifestation nationale réunissant "l'ensemble du personnel éducatif", "fin février ou début mars". La coordination nationale des université appelle en effet à une "convergence" des revendications "de la maternelle à l'enseignement supérieur" et invite les enseignants des premier et second degrés et leurs organisations syndicales à rejoindre son action.

Mobilisons-nous le 19 février 2009


1 commentaire:

Webmaster a dit…

Jack Lang signe pour la démission de Xavier Darcos !

Il est pour le moins inhabituel qu'un ancien ministre signe une
pétition appelant à la démission de l'un de ses successeurs... C'est
pourtant le cas puisque Jack LANG, député du Pas-de-Calais, ancien
ministre de la culture et ancien ministre de l'Education nationale
(1992-1993 et 2000-2002) a signé la pétition de soutien du site http://www.darcos-demission.org/
qui réclame ouvertement un changement de ministre pour une autre
politique éducative.