mercredi 4 février 2009

Nuit des IUFM : Enseignants et parents enflamment les rues de Toulouse


Les parents d'élèves maintiennent la pression contre le projet de réforme de l'école en défilant à nouveau la nuit à Toulouse.


Une torche de mineur sur le front, Alain, instit'dans le quartier de la Faourette, marchait tête haute, en direction du Capitole. À ses côtés, Véronique, son épouse, était là au titre de « parent d'élève » et leur fils Edwin pour participer « à la fête ». Véronique, arborait aussi le signe de ralliement de la FCPE, en l'occurrence, le fameux gilet jaune utilisé pour la sécurité routière. Sur le Pont Neuf, hier soir, ils étaient plusieurs centaines à porter comme elle, ce vêtement hideux, mais visible de loin. À Jolimont, dans le quartier des Minimes, depuis la Patte-d'Oie, sur l'Avenue de Muret, les mêmes cortèges ont attiré le regard des automobilistes et des passants qui en début de soirée, rentraient chez eux. .....
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Bien avant que l'ensemble des troupes (environ 1 500 personnes) ne se rassemble sur la place emblématique de la Ville rose, on trouvait déjà sur place, Fatia, une mère de famille de Saint-Jean. Celle-ci était venue avec Maxence, son bout de chou de quatre ans et demi et une lanterne fabrication maison. « Nous sommes déterminés à obtenir le retrait de cette réforme car elle est dangereuse pour l'école publique, et en particulier pour la maternelle », expliquait-elle en reprenant à son compte une citation de Barack Obama : « si nous voulons faire les investissements nécessaires pour réformer notre école, commençons par croire qu'on peut apprendre dès le plus jeune âge ». Et d'ajouter « Maxence apprend l'alphabet et il ne veut pas qu'on le traite comme un bébé dans un jardin d'enfants ».

Pendant ce temps, à l'ancienne école normale, avenue de Muret, les enseignants de l'IUFM s'apprêtaient à descendre eux aussi dans la rue et à occuper une partie de la nuit, leurs locaux. « Nous, nous sommes sur le pont depuis le mois de juin », précisait une enseignante qui jongle avec les cours dispensés aux étudiants et la mobilisation sous toutes ses formes. Idem pour les personnels du Rased, autrement dit réseau d'aide spécialisé aux enfants en difficulté. Muriel, éducatrice, ferraille pour sauver son statut et des heures de soutien aux enfants les plus défavorisés. Cependant, en dépit des menaces, Muriel, Alain, Véronique ou Karine ont le sentiment d'assister en ce moment à « une prise de conscience collective encourageante ».

À la fac, les assemblées générales font le plein

D'un jour à l'autre, la fac du Mirail, n'offre pas le même visage. Lundi, une dizaine d'étudiants tout au plus, suivaient un cours dans l'Amphi 8, aux environs de 13 heures. Hier, à la même heure, il fallait jouer des coudes pour accéder à l'amphi le plus grand de la fac, et en se glissant entre les rangs serrés des étudiants, on pouvait saisir au vol, ce style de réflexion : « Il y a longtemps qu'on n'avait pas vu autant de monde ici ». Pour les plus nostalgiques, cette énorme affluence rappelait les grands soirs de la contestation estudiantine. En tout cas, la cause des enseignants chercheurs rassemble visiblement la communauté universitaire.

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