jeudi 19 février 2009

Princesse de Clèves et manifeste de neuf intellectuels antillais


6 h 15 pour la princesse de Clèves


C'est le temps qu'il aura fallu aux amoureux de La Princesse de Clèves, réunis à l'initiative des enseignants en grève de Paris 3, pour donner une lecture intégrale du roman de Mme de La Fayette, ce lundi 16 janvier, devant le Panthéon (voir les vidéos).




envoyé par Marianne2fr



Ouvert par M. Bozonnet & L. Garrel, ce marathon a mobilisé les voix de dizaines de lecteurs, qui se sont succédé de page en page, jusqu'à la nuit tombée pour donner le plus vibrant démenti aux propos réitérés du Président de la République à l'encontre des livre "inutiles", et affirmer à haute voix que l'Université doit rester le lieu de la beauté et non de la performance, de la pensée et non de la rentabilité, de la rencontre avec la différence – culturelle ou historique, et non de la répétition du même.




envoyé par josepha45



Le manifeste de neuf intellectuels antillais pour "des sociétés post-capitalistes"


Pas si loin de cela de la formation des enseignants !

En ces temps agités, toutes les personnes qui auront le désir de regarder du coté des racines de nos maux, nous permettrons des réflexions plus amples. Nous en avons bigrement besoin.

Neuf intellectuels antillais, Ernest Breleur, Patrick Chamoiseau, Serge Domi, Gérard Delver, Edouard Glissant, Guillaume Pigeard de Gurbert, Olivier Portecop, Olivier Pulvar, Jean-Claude William ont rédigé ce "Manifeste pour les 'produits' de haute nécessité".

D'abord paru ce matin, sur Mediapart, puis ensuite repris par bon nombre de sites ou de journaux.

En intégralité sur les sites suivants :

Lisons puis débattons. Mais d'abord lisons. On ne peut débattre sans lire.

"Dès lors, derrière le prosaïque du "pouvoir d'achat" ou du "panier de la ménagère", se profile l'essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l'existence, à savoir : le poétique. Toute vie humaine un peu équilibrée s'articule entre, d'un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l'autre, l'aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d'honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d'amour, de temps libre affecté à l'accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique).

Comme le propose Edgar Morin, le vivre-pour-vivre, tout comme le vivre-pour-soi n'ouvrent à aucune plénitude sans le donner-à-vivre à ce que nous aimons, à ceux que nous aimons, aux impossibles et aux dépassements auxquels nous aspirons.

La « hausse des prix » ou « la vie chère » ne sont pas de petits diables-ziguidi qui surgissent devant nous en cruauté spontanée, ou de la seule cuisse de quelques purs békés. Ce sont les résultantes d’une dentition de système où règne le dogme du libéra-lisme économique. Ce dernier s’est emparé de la planète, il pèse sur la totalité des peuples, et il préside dans tous les imaginaires – non à une épuration ethnique, mais bien à une sorte « d’épuration éthique » (entendre : désenchantement, désacralisation, désymbolisation, déconstruction même) de tout le fait humain.


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