lundi 9 février 2009

Au sujet de la CDIUFM du 5 février


Construire une formation de qualité pour la rentrée 2009


La Conférence des directeurs d’IUFM rappelle son attachement à une formation professionnelle des enseignants : enseigner est un métier qui s’apprend. Une formation professionnelle initiale doit s’employer à garantir tout autant la maîtrise des savoirs académiques à enseigner que la construction des compétences professionnelles nécessaires à l’exercice de ce métier d’enseignant.

La Conférence des directeurs d’IUFM rappelle son attachement à une formation universitaire des enseignants qui se nourrit des résultats de la recherche et qui leur permet de s’initier à une démarche de recherche.

La Conférence des directeurs d’IUFM rappelle son attachement à la validation de la formation initiale des enseignants par un diplôme de master. Aujourd’hui, ce diplôme est indispensable à la reconnaissance sociale de la profession enseignante.

La Conférence des directeurs d’IUFM déplore la confusion dans laquelle la réflexion sur la réforme du recrutement et de la formation des enseignants se conduit, ces derniers jours, dans la communauté universitaire. Elle estime qu’il faut se garder de tout amalgame de cette réforme avec d’autres dossiers.

Depuis plusieurs semaines un travail intense est à l’oeuvre dans les IUFM pour construire –le plus souvent en partenariat avec d’autres composantes des universités – des dispositifs de formation professionnelle de qualité, aujourd’hui prêts.

La Conférence des directeurs d’IUFM met en garde contre le danger qu’il y aurait – pour les futurs enseignants eux-mêmes, mais plus encore pour les élèves qui leur seraient confiés – à recruter comme futurs enseignants des étudiants sans leur avoir offert de formation professionnelle digne de ce nom.

Pour cela, il est impératif que des dispositifs de formation professionnelle initiale soient mis en place dès la rentrée de septembre 2009 et qu’ils puissent être ajustés et régulés pendant les premières années de leur mise en oeuvre.

Entretien de Patrick BARANGER avec l'AEF

Masterisation: "Il est impératif que des dispositifs de formation soient mis en place dès la rentrée 2009", selon Patrick Baranger (CDIUFM)

La CDIUFM réunie jeudi 5 et vendredi 6 février 2009 à Paris "déplore la confusion dans laquelle la réflexion sur la réforme du recrutement et de la formation des enseignants se conduit, ces derniers jours, dans la communauté universitaire", estimant "qu'il faut se garder de tout amalgame de cette réforme avec d'autres dossiers". Après la visite vendredi 6 février 2009 de Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, son président Patrick Baranger, redit son attachement à la masterisation et explique à l'AEF pourquoi il se sent "rassuré".

L'AEF: Vous avez reçu ce matin la visite de Valérie Pécresse. Comment réagissez-vous à cet échange?

Patrick Baranger: Avec le sentiment d'avoir été beaucoup écoutés. Nous n'étions pas dans une posture revendicative, mais davantage d'explication de nos difficultés. La ministre semble dissocier les dossiers [masterisation, décret de 1984, dotations, IUT etc.]; c'est ce que nous demandons. A la lecture du communiqué diffusé hier par la CPU (L'AEF n°108912), nous avons également l'impression que les problèmes ont été clairement dissociés. Cela nous rassure. Nous comprenons le mécontentement des enseignants-chercheurs mais nous espérons qu'ils sauront faire la part des choses dans l'intérêt des étudiants.

L'AEF: La ministre a également évoqué la question des stages (L'AEF n°107685).

Patrick Baranger: Nous nous réjouissons de toutes les annonces concernant la mise en place de stages (L'AEF n°107685). Ce matin, Valérie Pécresse a dit que des accords avaient été trouvés avec Xavier Darcos. Maintenant nous attendons des informations précises sur la mise en oeuvre de ces stages en responsabilité. Les étudiants prendront-ils en charge une classe deux ou trois heures par semaine pendant deux ou trois mois? Assureront-il le service complet d'un enseignant pendant 4 semaines? Remplaceront-ils des professeurs absents ou malades? Nous avons besoin de ces précisions rapidement afin de construire nos masters. Nos interlocuteurs n'ont semble-t-il pas compris qu'il était urgent de nous les fournir.

L'AEF: Certaines universités bloquent la remontée des maquettes (L'AEF n°108867 et n°108761). Qu'en pensez-vous?

Patrick Baranger: Toutes les maquettes que nous pilotons directement sont prêtes et elles remonteront au ministère si nos universités le décident. Nous ne contournerons jamais les instances officielles.

L'AEF: Les IUFM ont-ils beaucoup à perdre de la non-remontée des maquettes?

Patrick Baranger: Nous ne sommes pas dans une démarche corporatiste de défense des IUFM. Ce qui nous intéresse, c'est l'intérêt des étudiants. Il est impératif que des dispositifs de formation professionnelle initiale soient mis en place dès la rentrée 2009 et qu'ils puissent être ajustés et régulés pendant les premières années de leur mise en oeuvre. Sans remontées des maquettes, les étudiants qui se destinent aux métiers de l'enseignement n'auront rien l'année prochaine. Un futur professeur de physique pourra toujours s'inscrire dans un master recherche, mais que deviendront ceux qui veulent devenir professeur des écoles, CPE ou documentaliste s'ils n'ont pas de formation pour apprendre les gestes du métier? C'est surtout à eux que je pense. Il n'est pas dans l'intérêt des formateurs IUFM de ne pas remonter les maquettes. Quelque part, c'est leur tâche qui est en jeu: sans maquettes, ils n'auront pas d'étudiants l'année prochaine.

Claire PONTAIS (SNESUP)

Dommage que la CDIUFM ne profite pas des luttes pour être plus exigeante en terme de calendrier et de révision de la réforme pour obtenir une formation de qualité !

Que la CDIUFM soit inquiète pour l’avenir et le fait que les maquettes PE ne soient pas déposés, nous le comprenons, nous sommes aussi inquiets qu’elle !! mais elle aura pu profiter de notre mobilisation pour :
  • demander des concours 2010 sur le modèle des concours actuels ,
  • rappeler l’infaisabilité de l’année de M2 pour l’étudiant du fait du couplage master et concours,
  • rappeler l’exigence d’ une année de formation après le concours à mi-temps,
  • rappeler la nécessité de pré-recrutements,
  • rappeler sa volonté de non décrochage des PE, PLC et PLP
  • rappeler la nécessité de sauvegarder et rénover les IUFM
Vraiment Dommage


André OUZOULIAS


.... En tout cas, c'est aussi la peur qui motive la CDIUFM sur la question du dépôt. Ils raisonnent ainsi : si nous ne déposons pas, nous sommes morts dans le cas où la > réforme des concours a lieu. Leur raisonnement ne tient pas compte du rapport des forces et postule que la bataille est perdue d'avance.Inutile donc de mettre en évidence cette prise de position pitoyable. L'heure est plutôt à l'offensive : grève massive le 10 et vote contre le dépôt partout où c'est possible.

M-A de Suremain
... La réponse à un tel déni de réalité et mépris pour la formation des futurs enseignants et collègues est en effet dans la rue mardi. Mais si la coordo des universités se réunit à cette occasion, la réponse ne pourrait-elle être aussi dans un "communiqué" qui expose l'explicitation des motifs de l'indignation que suscite une telle prise de position au-delà des cercles de nos différentes listes de diffusion, le plus souvent déjà effarées par de telles déclarations ?

Jean-Louis Fournel

Désolé de refroidir ce qui reste de votre confiance éventuelle dans la CDIUFM : c'est sans doute l'instance qui dans le dossier de la réforme de la formation a adopté l'attitude la plus discutable depuis le début du processus (et "discutable" est un euphémisme ou le fruit d'une excessive courtoisie de ma part). Dès le premier semestre 2008 et dès la rentrée de septembre 2008 ce sont ses membres qui ont préparé l'intégralité des textes clés qui ont été repris parfois mot pour mot (j'en tiens les preuves à votre disposition) par le Ministère et par la CPU. Par ailleurs, alors que la CPU sous la pression des événements et de la mobilisation a notablement évolué sur la question, jusqu'à demander hier un moratoire de la réforme, la CDIUFM reste silencieuse : c'est une preuve supplémentaire du fait que sa position a été dictée soit par une adhésion profonde aux termes de la réforme, soit par la défense d'intérêts strictement individuels des directeurs d'IUFM, achetés un par un par des promesses d'exfiltration intéressantes vers d'autres postes "d'autorité".
A vous de choisir la solution la plus crédible (les deux sont d'ailleurs possibles selon les cas)...

Claudine Garcia-Debanc

Le communiqué AEF publié hier soir sous la forme d'une interview de Patrick Baranger, président de la CD-IUFM est atterrant et scandaleux.

Je le reproduis ci-dessous : la Ministre est "ouverte au dialogue" (c'est bien le seul à le penser !!!), il est "rassuré" (on est content pour lui !!!) et tout va bien.

  • Qui va dire que le concours proposé est aberrant, mal placé, insuffisant ?
  • Qui va dire que le système de stages tel qu'il se dessine est une imposture ?
  • Où est-ce que la CD-IUFM demande la reconduction des concours sous leur forme actuelle pour la session 2010 ? Quelle est la solidarité entre les directeurs d'IUFM et leur personnel en lutte, qui, eux, ont un peu de dignité et défendent des valeurs?
    Nous exigeons que soit remise à plat la réforme de la formation des enseignants et que ce soient des formateurs d'IUFM qui connaissent le dossier et non des directeurs soumis à la Ministre comme Baranger qui participent aux négociations.
Continuez le débat en laissant un commentaire !!

Aucun commentaire: