vendredi 27 février 2009

Toulouse - IUFM : Actions de la semaine du 3 au 6 mars 2009


A retenir
2 mars matin :
Assemblée générale sur chaque site


L'amphithéâtre de l'IUFM du site Saint-Agne était bien trop petit pour accueillir les 350 participants à la réunion plénière de ce Vendredi 27 février 2009. L'administrateur provisoire a fait le bilan des communiqués du début de la semaine, notamment les prises de position de la CPU. Vous trouverez l'essentiel des réactions reprises par des animateurs du collectif -crise sur ce blog.

Vers le milieu de la matinée, la réunion plénière a été clôturée, puis remplacée par une assemblée générale des personnels BIATOS, enseignants, étudiants et stagiaires. Les représentants étudiants - stagiaires de la filière professeurs des écoles se retrouvent en assemblée générale tous les mercredi à midi sur le site de l'avenue de Muret.

Après plusieurs échanges, les positions suivantes ont été mises au vote :

  • 5 mars : Grève générale sur les dix sites de l'IUFM en Midi-Pyrénées avec blocage des sites (deux personnes ne prennent pas part au vote, vote à l'unanimité). Le 5 mars est aussi une journée nationale d'action à l'appel des différentes organisations syndicales enseignantes.  Rassemblement 14 h 30, place du Capitole
  • 4 mars midi: Assemblée générale (BIATOS, usagers, enseignants) sur le site de l'avenue de Muret pour préparer les actions du 5 mars.
  • 2 mars matin (8 h 30 Muret-rangueil) : Assemblée générale sur chaque site (sauf Saint-Agne) de l'IUFM Midi-Pyrénées avec ordre du jour : "comment utiliser les cours du 3 au 6 mars (notamment la semaine commune) pour médiatiser le mouvement ? "
Cas particulier des sites toulousains :
  • 2 mars 2008 à 8 h 30 : AG sur le site de l'avenue de Muret, puis regroupement avec l'AG de Rangueil à 10 h 30.
  • 2 mars 2008 à 8 h 30 : AG sur le site de l'avenue de Rangueil, puis déplacement sur l'avenue de Muret vers 10 h 15.


Pour préparer l'AG du lundi 2 mars matin :



Dans la presse :

Trois pétitions que tout citoyen peut signer pour défendre la liberté de la pensée... et la liberté de penser :


Rencontre de la CPU avec le Premier Ministre et réactions


Mandaté par l’assemblée plénière pour faire avancer les dossiers des emplois, du statut des enseignants chercheurs et de la formation des maîtres, le Bureau de la CPU, accompagné de 4 présidents de commission, a rencontré ce jour François Fillon, Premier Ministre, en présence de Valérie Pécresse, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

La CPU prend acte avec intérêt de l’engagement du Premier Ministre dans la résolution de la crise que traversent les universités. Elle a pu constater le caractère ouvert et précis de la discussion. Elle prend ainsi note, avec satisfaction, des avancées sur la question des emplois supprimés en 2009 (compensation budgétaire intégrée définitivement dans la masse salariale de l’université) et de l’annonce de la fin des suppressions d’emplois de fonctionnaires en 2010 et 2011 pour l’enseignement supérieur.

La CPU a, par ailleurs, toujours insisté sur la nécessité de réformer le décret sur le statut des enseignants chercheurs afin de l’adapter aux réalités de la fonction, 25 ans après sa parution. Elle contribuera donc à la réécriture complète annoncée de ce décret, avec les autres acteurs de la communauté universitaire et dans le respect des principes qu’elle a énoncés lors de la séance plénière du 19 février : équilibre disciplinaire, collégialité, transparence et équilibre entre évaluations nationales et locales.

Enfin, la CPU a constaté que des ouvertures réelles existaient, en ce qui concerne la formation des maîtres, sur trois points qu’elle a exposés : installation très rapide d’une commission nationale de suivi ; formation complémentaire lors de l’année de stage ; caractère expérimental des maquettes 2009 et possibilité ouverte de dépôt en 2010.

D’autres rendez-vous sont prévus ces jours-ci, pour compléter et préciser ces avancées, aussi bien avec le Cabinet de X. Darcos, Ministre de l’Education Nationale, qu’avec la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Le bureau de la CPU va ainsi poursuivre les discussions dont il a été chargé.

L’assemblée plénière de la CPU se prononcera le 5 mars, au vu de l’ensemble des réponses et des négociations menées pendant ces 15 jours.
Réactions de Pierre SAUVE

J'ai comme une impression désagréable. Le ministre aurait dit-on reculé. Plaisanterie! Notre revendication est et doit rester; retrait de la "réforme" et création d'une année de formation supplémentaire ("PE3") en alternance dans le cadre des IUFM ou autre école de formation si le terme d'IUFM donne des boutons. Ce n'est pas le gouvernement qui recule mais les tenants du report (FSU et autres) qui avancent. Les ultramarins (comme on dit dans les média) nous ont donné une leçon de détermination.

Nous lèveront tous les obstacles si nous le voulons. Nous le pouvons car la conjoncture
nous est favorable. Regardez la video de Pécresse à France info. Son comportement en dit long sur l'état de délabrement de ceux qui nous gouvernent. Il ne faut rien céder.

Réactions de Françoise ESTAQUE

Valérie Pécresse était pitoyable et ce qui est dit par Sarkozy sur le canard du 25 février est insultant une fois de plus, mais attention à cette revendication d'avoir une année de PE3 : cela veut dire qu'on en vient à se battre uniquement pour une année en alternance à BAC + 6 !!!

Enfin rémunérée !! mais on ne parle plus assez FORT de nos revendications de prérecrutement au niveau licence, de la place du concours dans la formation, des stages progressant de l'observation à la responsabilité, des allocations qui sont nécessaires pour éviter des inégalités sociales insupportables ...

Réactions d'André OUZOULIAS
Réactions de Claire PONTAIS

Apprécions tout de même ce premier recul du gouvernement pour continuer de mobiliser les collègues IUFM.

Même si le compte n'y est pas (et c'est là-dessus qu'il va falloir mobiliser), Fillon est tout de même obligé de prendre en compte nos mobilisations. Il reconnaît implicitement le bien fondé de nos critiques :
  • en mettant en place une commission de suivi, il reconnaît qu'il faut de la concertation, en disant que les maquettes seront provisoires, il reconnaît que tout a été fait dans la précipitation.
  • En demandant à Darcos de "renforcer l'accompagnement", il reconnait qu'il faut de la formation aprèsle concours.
Nous devons prendre appui sur ce recul pour renforcer la mobilisation et obtenir notamment :
  • une vraie année en alternance après le concours au sein de l'université (...et pas seulement un compagnonnage sous la responsabilité des Inspections)
  • un report d'un an des nouveaux concours pour avoir le temps réviser totalement cette réforme (revoir les concours, revoir l'architecture globale et notamment l'année de M2 où l'étudiant doit tout faire, revoir les maquettes en fonction des contraintes de stages, etc)
  • des aides et pré-recrutements pour les étudiants
  • des réponses sur l'avenir des IUFM
La mobilisation des IUFM est déterminante dans les 15 jours qui viennent pour gagner sur l'année en alternance. Plus le temps de formation sera grand, plus le rôle des IUFM sera facile à affirmer.

Mais ce n'est pas encore gagné, mais les déclarations en recul du gouvernement doivent nous inciter à continuer.

Nous devons préparer dès maintenant les manifs du 5, 11 et 19 mars. Le 5 mars (jour de "l'ultimatum" de la CPU), seule l'université sera mobilisée (y-a-t-il un appel à la grève ? si non, ne faut-il pas un appel spécifique dans les IUFM?).

Les 11 mars et 19 mars, le premier et second degré rejoindront l'université, comment faire en sorte que la formation des enseignants soit un des mots d'ordre important de cette manif ? Il faudrait prendre des contacts dès maintenant avec les FSU locales pour que la formation soit présente dans les bulletins syndicaux qui appellent à la manif et dans les tracts distribués.


Parallèlement, il faut continuer à faire des propositions alternatives, notamment sur l'avenir de la structure IUFM.

Claire Pontais

NB : selon Fillon, les 400 postes d'agrégés qui seront mis à disposition du supérieur ne réduiront pas le contingent du second degré. Alors, d'où viennent ces postes ? selon certains bruits de couloir, ils seraient pris sur le contingent actuellement délégué aux IUFM (formateurs associés)... Question à suivre de près.

Dans la presse

mercredi 25 février 2009

Soutien de Christian PUREN


J'ai été formateur pendant 10 ans à l'IUFM de Paris (didactique des langues-cultures, 1992-2001), et même si j'ai pris ma retraite depuis septembre dernier, je suis votre mouvement avec d'autant plus d'intérêt que je continue à être actif "dans le domaine", comme on dit: je suis en particulier le "Directeur éditorial" du site de l'APLV, Association des Professeurs de Langues Vivantes, www.aplv-languesmodernes.org.

Je crois qu'il ne vous faut pas simplement opposer des témoignages positifs aux témoignages négatifs sur l'IUFM, mais surtout expliquer pourquoi il y aura toujours, dans une formation initiale d'enseignants suivant immédiatement une préparation universitaire aux concours tels qu'ils sont actuellement conçus, forcément beaucoup plus d'avis négatifs que positifs. Sans vouloir être exhaustif ni hiérarchiser, je pense aux facteurs suivants en ce qui concerne ma discipline, les langues vivantes (je pense qu'ils valent pour toutes les disciplines, mais c'est à vous de voir), et ce sont trois contradictions structurelles:

1) La contradiction entre la culture d'apprentissage des concours, qui est individualiste et centrée sur les connaissances, et la culture d'apprentissage que l'on demande l'année suivante aux stagiaires de mettre en oeuvre dans leurs classes, qui est collective et centrée sur les compétences.

2) La contradiction entre d'une part l'attente massive des stagiaires en 2e année d'IUFM, qui est de a) de survivre dans leurs classes et b) se faire titulariser à la fin de l'année et pour cela d'obtenir une bonne appréciation à leur(s) visite(s) d'évaluation, et qui pour cela demandent des recettes et des modèles immédiatement applicables, et d'autre part les principes d'une formation professionnelle... elle-même professionnelle, qui est de donner des outils d'analyse, d'auto-observation, d'auto-questionnement, d'évolution pour toute sa carrière professionnelle;

(Je me souviens de la première évaluation sauvage de mon groupe d'une trentaine de PLC2 d'espagnol en mai 1992, à la fin de ma première année à l'IUFM de Paris, donc. Un certain nombre d'entre eux s'étaient donné le mot, et après la dernière phrase de mon dernier cours de l'année, l'un d'entre eux s'est levé et m'a dit, en substance: "Vous avez fini? Eh bien nous sommes ici un certain nombre à vouloir vous dire que pendant cette année, avec vous, nous n'avons rien appris". Mais ce porte-parole a heureusement ajouté, juste après: "Tout au contraire, nous avons désappris ce qu'on nous apprenait par ailleurs". J'avais tout simplement, cette année-la, fait de la formation "didactique" (qui est un niveau de déconstruction et de questionnement méthologiques), alors que leurs attentes et sans doute leurs besoins à ce moment-là était à l'inverse de construction et d'assurance méthodologiques.)

3) La contradiction entre cette désastreuse manie française rationalisante de commencer par "les bases", "les fondements", "les principes", avant de passer à "l'application", et les exigences de cette bonne vieille méthode active - celle-là même que l'on demande par ailleurs aux stagiaires de mettre en oeuvre systématiquement dans leur classes! - qui exigerait qu'en formation initiale aussi on commence à l'inverse par la pratique, et que soit "injecté" (par les formateurs et les stagiaires eux-mêmes) de la théorie seulement en réponse aux questionnements et difficultés personnels.

Bon courage et bonne chance à tous, et à votre mouvement!

Christian Puren

Toulouse - IUFM : Décisions de l'AG du 24 février 2009


Après une présentation rapide de "que s'est-il passé au cours de ces derniers jours ?" et des propos méprisants du Ministre Xavier DARCOS, des positions de la CPU et de la CDIUFM, des réactions diverses, les 200 participants ont précisé que le temps n'était plus aux motions. On assiste à un démantèlement de tout le service public d'éducation de la maternelle à l'université. Il faut passer à un niveau supplémentaire d'actions.



Décisions de l'AG

Il a été décidé de créer un groupe de travail de quinze personnes pour construire un contre-projet de réforme de formation des enseignants. Les travaux de ce groupe participeront à la réflexion lors de la coordination nationale des universités du 6 mars et lors de a coordination nationale des IUFM du 7 mars 2009.


De plus, localement, l'assemblée générale a décidé les actions suivantes pour la semaine à venir :

Mercredi 25 février 2009 :
  • 12 h 30 av de Muret, en présence des étudiants, stagiaires, BIATOS et formateurs, préparation de la journée de 26 février (voir ci-dessous)
Jeudi 26 février 2009 :
  • 9 heures : délocalisation des formations de l'avenue de Muret vers la Place Saint Etienne (face à la Préfecture)
  • 9 heures : Blocage du site de l'avenue de Muret
  • 14 h 30 : Manifestation Place du Capitole : Point de rassemblement dans le jardin, devant le syndicat d'initiative, derrière la bannière IUFM.
Mercredi 4 mars 2009 :
  • 12 h : Assemblée générale Avenue de Muret
  • Préparation des journées des 5 et 6 mars
Jeudi 5 mars 2009 :
  • 9 heures : Délocalisation des formations de ce jour vers une antenne départementale avec invitation du conseil général du département.
  • 14 h 30 : Manifestation Place du Capitole (des renseignements plus précis seront fournis ultérieurement)
Vendredi 6 mars :
  • Place Saint Étienne : rassemblement en présence des parents, et des enseignants du second et du premier degré.
Vidéos d'archives





Sarkozy et la fausse concertation

"Malgré les vacances parisiennes, le mouvement universitaire continue à faire du bruit. Mais à la tête de l’Etat, il n’y a plus personne pour l’entendre… Le chef de l’Etat est trop occupé à jouer le simulacre de la concertation et du dialogue social : aujourd’hui, Nicolas Sarkozy a en effet reçu à déjeuner en son palais des « enseignants de base » n'étant «ni syndicalistes, ni proches du ministère» (AEF 109778). Fin janvier, il avait déjà tenté la même opération de communication — avec le résultat que l’on connaît — en accueillant des lycéens à sa table".... Lire la totalité de l'article de Marianne

Voir aussi :
Formation des enseignants : témoignez de votre passage à l'IUFM

La réforme de la formation des maîtres prévoit la suppression des IUFM et la masterisation de la formation. Enseignant(e) du secondaire ou maître des écoles, vous avez été formé(e) dans un IUFM. Cette expérience vous a-t-elle bien préparé(e) à votre métier? Quels sont, selon vous, les atouts et les défauts de cette institution ? Une sélection de témoignages sera publiée sur Le Monde.fr.

Valérie Pécresse, invitée du sept dix sur France Inter (24 février 2009)








lundi 23 février 2009

Que s’est-il passé ces 15 derniers jours


par Claire PONTAIS


Deux grosses journées de mobilisation ont eu lieu (le 12 et le 19 février) malgré les vacances. Les IUFM étaient visibles (logo spécifique « Ecole en danger - enseigner un métier qui s’apprend »).

La Conférence des Présidents d’Université (CPU) a demandé le 12 février le report d’un an des concours pour avoir le temps d’une réelle concertation.....



EMBARRAS ET MANOEUVRES DU POUVOIR DEVANT NOS REVENDICATIONS

Le gouvernement comme le président de la République manoeuvrent aujourd'hui en recul, sous la pression des luttes, sur nombre de questions sociales notamment à la Guadeloupe.

Dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche, où les textes et dispositifs contestés ont engendré une crise sans précédent, des déclarations (V. Pecresse, des parlementaires UMP,…), démontrent l'impact indéniable des revendications portées par la grève et par les puissantes manifestations des 5, 10 et 19 février. La « charte de bonne conduite » censée accompagner le décret contesté n’est plus de mise, la « médiation » chargée de retravailler le projet de décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs n’est, dans le mandat que lui a donné la ministre, qu’un simulacre récusé par les collègues et les organisations engagés dans la lutte.

L'embarras croissant d’un pouvoir affaibli (il fait publier le maigre soutien à la ministre de seuls 75 universitaires !), se refusant à officialiser le retrait du projet de décret statutaire, comme de la réforme de la formation des enseignants et à annuler les suppressions d’emplois est à porter au crédit de notre détermination.


JEUDI 26 FEVRIER :
JOURNEE NATIONALE DE MOBILISATION

(AG, rassemblements, manifestations à Paris et dans les régions)

JEUDI 5 MARS :
JOURNEE NATIONALE DE MANIFESTATIONS


vendredi 20 février 2009

IUFM Toulouse : Agenda de la semaine du 23 au 27 février 2009



Après les propos insultants de Xavier Darcos sur la formation des enseignants, le report au 31 mars du dépôt des maquettes, les positions du congrés de l'université Toulouse II le Mirail (avec manifestation sympathique) ..... et les nombreuses déclarations de la CPU et de la CD IUFM.


Rédaction et distribution d'un tract
  • Lundi 23 février 2009
  • 11 heures
  • Maison de la recherche
  • Site Saint Agne

Assemblée générale de l'ensemble du personnel et des usagers
(tous les sites sont concernés)
  • Mardi 24 février 2009
  • 12 heures
  • Amphithéâtre
  • Site de Saint Agne
Mais aussi pour évoquer les modalités de poursuite du mouvement national
  • Mardi 24 février 2009
  • 9 heures
  • Amphi 8
  • Université Toulouse le Mirail
Vidéos et photos d'archives







« Tout ce que vous vouliez savoir sur la RECHERCHE sans jamais oser le demander » organisée par l'intersyndicale Rangueil CONFERENCE – DEBAT
  • Mercredi 25 février 2009
  • à partir de 20h
  • Salle du Sénéchal 17 rue de Rémusat Toulouse
  • Metro Capitole
Si vous voulez en savoir davantage sur ce que sont réellement la vie et le travail des divers personnels de la recherche, nous vous proposons d'entrer dans notre milieu lors de cette soirée. Nous débuterons par un cours sur les nanotechnologies – levons donc le voile sur ce nouveau monde - dispensé par Christophe Vieu Professeur à l'INSA de Toulouse. Une présentation des divers métiers de la recherche sera ensuite faite par divers personnels, puis un débat suivra sur ces questions d'actualités. En espérant que vous dénicherez une réponse à vos interrogations, nous vous attendons à partir de 20h.

Invitation à une réunion générale

Dans le contexte actuel de réformes en cours ou en projet, les mouvements et les actions collectives expriment la forte inquiétude de tous, étudiants, stagiaires et des personnels de notre IUFM. Face à cette situation, il est important que nous puissions ensemble échanger nos informations et points de vue, pour cela je vous propose une rencontre :

  • vendredi 27 février
  • à 10h
  • Amphi
  • site de St Agne (Toulouse)
Je vous confirme ma détermination et ma volonté d’œuvrer avec vous, au nom de notre attachement à la qualité de la formation des enseignants et aux valeurs du service public d’éducation.



La réforme présentée aux étudiants
par le collectif SVT







Mobilisation du 19 février 2009


IUFM de Paris


Universitaires, chercheurs, enseignants, personnels et étudiants ont à nouveau défilé aujourd'hui par dizaines de milliers dans le pays contre le démantèlement du service public d'éducation alors que les présidents d'université ont demandé des gestes au gouvernement sur l'emploi, la réforme du statut des enseignants-chercheurs et la réforme de la formation des enseignants. Les cortèges étaient moins fournis que le 10 février (43.000 à 100.000 personnes dans le pays), notamment en raison des vacances scolaires et universitaires. Cependant la mobilisation reste importante, et encore une fois un message clair est envoyé au gouvernement.
IUFM de Poitiers

Parmi les 2000 personnes présentes à la manif hier après-midi, l'IUFM était là ! PE2, PLC2, PE1, enseignants, secrétaires et BIATOSS, toutes les composantes de l'institut y étaient représentées. Armés de gilets jaunes, de brassards "Tous concernés !" et de banderolles ils ont fait le tour du centre-ville montrant ainsi notre détermination à défendre notre IUFM et notre école publique.



IUFM de Lyon

Une mobilisation inédite Jeudi 19 février 2009, début du rassemblement, place des Terreaux. Dans les journaux télévisés, la mobilisation des enseignants-chercheurs est en deuxième titre, avec reportages et interviewes. Pour la rentrée, on peut consulter l'article ci-dessous, pour mesurer la situation inédite de la mobilisation.


PAU

La semaine dernière, les cours de première année n'étaient pas assurés pour cause de grève des élèves, soutenus par leurs professeurs. Hier, ces mêmes étudiants ont symboliquement envoyé des centaines de zéros pointés, sous forme de bulles, à la réforme de Xavier Darcos, place Clemenceau à Pau.

Les futurs professeurs des écoles refusent de voir leur formation amputée de stages pratiques et s'inquiètent de la possibilité donnée à tous les détenteurs d'un master d'enseigner dans des classes du premier degré.




Bordeaux


Encore 5 à 6000 manifestants aujourd'hui dans les rues de Bordeaux malgré les vacances, pour s'opposer au décret modifiant le statut des EC, la réforme du recrutement et de la formation des enseignants, le rétablissement des postes supprimés à l'enseignement supérieur...

Une délégation intersyndicale (CGT, SNCS-FSU, SNESUP-FSU, SNEP-FSU, FO) été
reçue en préfecture. .... retrait de la réforme de la formation et du recrutement des enseignants des premiers et second degrés, ouverture immédiate d'un large débat sur la formation des maîtres impliquant tous les acteurs de la formation, ...

UNE DETERMINATION INTACTE (lettre SNESUP)

Plus de 50000 personnes, essentiellement universitaires, chercheurs, personnels, étudiants, rejoints par des enseignants du premier et du second degrés, ont défilé partout en France, solidaires de l'ensemble des revendications portées depuis janvier par le SNESUP, l'Intersyndicale et les coordinations nationales.
  • Paris : 30 000
  • Amiens : environ 400
  • Avignon :1000
  • Bordeaux : 6000
  • Dijon : entre 800 et 1000
  • La Réunion : 1000
  • Lille : 3500
  • Littoral : environ 800
  • Lyon : 2000
  • Marseille : plus de 5000
  • Nice : plus de 1000
  • Orléans : 1200
  • Reims : entre 1500 et 2000
  • Rouen : 1500
  • Toulouse : 1500
  • Tours : 1000
  • ...
  • (dans un contexte de vacances universitaires !)
Pour nos revendications :
  1. Retrait du projet de décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs ;
  2. Retrait du dispositif gouvernemental de démantèlement de la formation des enseignants et des concours ;
  3. Exigence du rétablissement des emplois supprimés au budget 2009 et d’un plan pluriannuel de Création d’emplois, refus de la précarité ;
  4. Refus de la casse du CNRS et des organismes de recherche.
Le SNESUP appelle à poursuivre et à enraciner la mobilisation. Il appelle les personnels à tenir partout dès lundi des assemblées générales pour décider des modalités de poursuite de l'action.

Position de la CPU sur la Mastérisation de la formation des enseignants du 19 février et réactions


La formation des enseignants est un enjeu fondamental pour une République soucieuse de promouvoir l’égalité de chances et l’élévation du niveau des connaissances de tous les citoyens. C’est pourquoi, les Présidents d’Université réaffirment leur attachement de fond à une formation des enseignants professionnalisée et universitaire. C’est pourquoi le CA de la CPU, réuni le 12 février, a demandé le report d’un an des nouveaux concours.

Les conditions dans lesquelles la mastérisation de la formation des enseignants est conduite ne permettent en effet pas d’atteindre les objectifs auxquels doit répondre une telle formation universitaire.

Les universités ont attendu jusqu’à la fin décembre les maquettes de concours, les premières précisions sur les stages n’ont été données qu’à la mi-janvier et aucun texte n’est encore sorti sur les conditions de l’alternance pendant les premières années d’exercice du métier. Les difficultés actuelles au sein des universités et la vigueur des débats nécessitent une réflexion plus sereine au niveau national, comme au niveau local, associant l’ensemble de la communauté universitaire.

C’est pourquoi la conférence plénière exige fermement des garanties et des réponses sur les points suivants :
  1. la mise en place immédiate d’une commission nationale chargée d’élaborer, dans la concertation, un cadre commun de formation, de définir les contenus et les modalités des concours et de veiller à la cohérence de l’ensemble du dispositif et à son évolution.
  2. un système de bourses lisible et incitatif permettant l’accès de toutes et tous à la profession d’enseignant,
  3. une première année de fonctionnaire stagiaire pour les reçus au concours, reposant sur le principe de l’alternance,
  4. une présentation claire du dispositif des stages, de leurs objectifs et de leurs conditions d’indemnisation.
  5. les moyens humains nécessaires à l’encadrement de cette formation

La CPU plénière se réunira, de façon exceptionnelle, le 5 mars pour analyser les réponses obtenues par le bureau et prendre une position collective. D’ici là, la CPU demande aux présidents de suspendre toute remontée de maquettes ou de lettres d’intention.

Texte adopté à l’unanimité par l’assemblée plénière de la CPU. Moins deux abstentions


Réactions de Claire PONTAIS

Sur les IUFM, je pense qu'il faut interpeller la CPU qui affirmé à la FSU en audience être attachée aux IUFM et avoir besoin d'une structure académique qui pilote et coordonne la formation des enseignants.

Cependant la pensée dominante est que l'IUFM sert surtout à la mise en stage. Pour moi ça ne suffit pas.

Le ministère a toujours parlé du "potentiel IUFM" mais c'est un leurre, le potentiel IUFM n'aura aucun impact s'il est atomisé dans toute l'université. Certes ici ou là, il y aura des pôles de réflexion sur le métier mais c'est tout.

Les IUFM sont indispensables pour :
  • impulser toutes les formations et recherches sur les savoirs professionnels : il s'agit sur ce sujet de passer un cap déterminant où le disciplinaire ne serait plus opposé au professionnel mais ou, au contraire, la visée professionnelle enrichit le disciplinaire (c'est à mon avis un "obstacle épistémologique" majeur qui empêche la compréhension entre les enseignants en IUFM et la majorité des universitaires (et qui fait que nous n'appréhendons pas les dangers de la réforme de la même manière)
  • permettre un travail transversal : didactique comparée, projets pluridisciplinaires. C'est déterminant pour les formations polyvalentes(PE), pluridisciplinaires et bi-valentes. C'est déterminant pour une continuité entre premier et second degré et une formation commune (qui ne veut pas dire qu'on fait des amphis communs!).
  • ne pas perdre tout ce qui concerne la didactique professionnelle. Celle-ci n'en est qu'à ses débuts, même s'il y a beaucoup de recherches sur le praticien réflexif et l'analyse de pratiques professionnelles, ces connaissances ne sont pas encore généralisées en formation. Sans IUFM, qu'en restera-t-il ? Le CNAM et quelques autres laboratoires ne peuvent suffire.
  • impulser tout ce qui concerne le travail en équipe, les partenariats et les projets culturels (au sens large) intégrés dans la formation actuelle qui existent dans les IUFM ? (Sans politique spécifique, ils seront liés à des personnes ou des lobbys locaux)
  • Avoir une vision globale de l'évaluation du Master qui s'appuie sur des dispositifs de de portfolio de formation professionnelle au métier d'enseignant (avec une formation en alternance). Ce n'est pas une moyenne arithmétique de 20 UE qui déterminera si nous avons un bon enseignant
  • Dernier point, on ne peut ignorer que la plupart des formateurs sont près de la retraite et que la culture de formation professionnelle risque de disparaître avec eux.... c'est tout un patrimoine qu'on mettra des années et des années à reconstruire.
Nous devons très rapidement mutualiser nos réflexions sur la nécessité de sauvegarder et rénover les IUFM. Des contributions de chaque IUFM sur ce sujet devraient parvenir à Xavier DARCOS, à la CPU, à la CDIUFM et localement au Président d’université et au rectorat.

Un colloque spécifique sur la question doit être organisé prochainement.

Réactions de Pascal Grassetie

Initialement, l’intégration de l’IUFM d’Aquitaine à l’Université aurait du se faire auprès du PRES et constituer ainsi cette Structure Interuniversitaire de Formation et de Recherche sur l’Enseignement que préconise Jean-Paul. Le ministère s’y est opposé, la volonté idéologique d’en finir avec les IUFM a prévalu à l’époque et prévalent encore sur les questions de la formation des enseignants. Ainsi intégré dans une seule université (de surcroît dans une fac
d’économie et de droit), l’IUFM école interne de l’Université Montesquieu Bordeaux IV est perçu notamment par la fac de lettres et sciences humaines (Bordeaux III) comme un concurrent déloyal sur le terrain de la formation des enseignants, dont l’objet désormais serait de siphonner les étudiants engagés dans cette université et dont le projet est de devenir enseignant. Le ver était dans le fruit, la situation pourrie d’avance. Ainsi, même si quelques avancées ont pu se produire, c’est la préservation de l’existant qui a finalement prévalu, installant dans l’urgence une sorte de « Yalta » dans les parts accordées aux savoirs académiques et aux formations « professionnalisantes », obérant le questionnement nécessaire des savoirs du point de vue des obstacles qu’ils posent à leur enseignement et à leur apprentissage par les élèves et les étudiants et dans le même temps les transformations à opérer dans les formations aux métiers de l’enseignement.


La question de la responsabilité de la formation des enseignants désormais assignée aux universités, pose inévitablement le problème du regard porté par ces dernières sur les savoirs. Si historiquement c’est la production de savoirs qui caractérise les missions des universités et des organismes de recherche, la question de la transmission / construction des connaissances par les élèves et les étudiants a soit été ignorée pour l’essentiel des disciplines scolaires du second degré, soit dévolue à des écoles professionnelles (EN, ENSEP, CREPS et IREPS, ENNA, CPR) puis aux IUFM. Le peu de place offerte aux recherches en didactique au sein de l’université en témoigne. Les sciences de l’éducation offrent un cadre totalement éclaté et ne semblent pas en mesure actuellement de fournir une opportunité de dépassement de cette problématique. Le caractère surplombant de la chose éducative qu’elles privilégient souvent, tend à se départir des savoirs transmis et des connaissances construites, offrant des cadres théoriques trop souvent inadaptés à l’exercice concret des métiers de l’enseignement.

Il s’agit donc bien désormais d’innover en créant au sein des universités des départements en charge de travailler la question de l’enseignement et de l’apprentissage des savoirs produits par l’université, mais également des savoirs millénaires auxquels sont confrontés les élèves dans leur cursus scolaire. Mais existe-t-il vraiment une opposition entre ces deux postures ? Ne peut-on pas trouver dans l’analyse de la mise au jour des nouvelles connaissances, les obstacles à leur acquisition par les étudiants et par transposition par les élèves de deux à dix huit ans. Encore faut-il s’en préoccuper et cesser de penser qu’il suffit de déclamer même avec conviction un savoir pour que l’auditoire puisse s’en emparer.

Le problème est alors de savoir par qui doit être portée cette préoccupation, ce champ professionnel dont parle Jean-Paul.
  • Cette structure doit-elle être intégrée à chaque UFR au sein d’un département« de didactique » chargé de ces questions, quitte à diluer le potentiel que représente les IUFM ?
  • Est-il préférable de préserver une structure académique indépendante rattachée directement au PRES ?

La première solution m’apparaît théoriquement comme la plus ambitieuse. Cette intégration au sein des UFR serait de nature à mettre fin à la dichotomie actuelle entre les « savoirs académiques » et les aspects liés à leur enseignement et leur apprentissage par les élèves. Les synergies à construire entre les différents acteurs seraient facilitées.

Ainsi elle pourrait être la source d’une démocratisation sans précédant du partage des connaissances, notamment par ce qu’elle permettrait de lier dans le même temps, l’acquisition des savoirs et les conditions de leur élaboration, offrant l’opportunité aux étudiants et aux élèves d’être en mesure à leur niveau de contribuer à l’élaboration des savoirs par la compréhension des conditions nécessaires à leur émergence, les dégageant de la soumission à ces mêmes savoirs dans laquelle les confine les modalités dominantes actuelles de la transmission.

D’autre part elle permettrait d’engager la réflexion et les recherches dès les premières années de licence, contribuant peut être à la lutte contre l’échec des étudiants et permettrait par là même à ceux d’entre eux qui envisagent de devenir enseignant de se former très tôt sur ces questions.

Mais en a-t-on les forces ? , l’ambition partagée ? et puis se pose la question de tous les enseignements qui ne sont pas organisés à partir des champs de savoirs universitaires actuels. (Technologie, sciences médico-sociales… mais aussi les disciplines comme Histoire-Géographie-instruction civique, physique-chimie…) ainsi que les enseignements prodigués par des enseignants bivalents (LP) et polyvalents (école primaire), les CPE, les documentalistes.


Pour la formation des professeurs des écoles, sur quelles recherches peut-on actuellement s’appuyer pour dépasser la simple juxtaposition des formations disciplinaires, renvoyant à un empilage encyclopédique forcément insatisfaisant et qui plus est inefficace sur le terrain ?

  • Quel usage de la polyvalence, de la bivalence du maître ?
  • Quelles incidences pour sa formation ? Peut-on envisager une spécification de la formation qui s’articulerait autour des connaissances etdes compétences construites sur un seul champ de savoir universitaire, à quel moment et dans quel cadre ? Quel apport dans ce cadre des recherches en didactique comparée ?...
Ces questions se posent-elles et peuvent-elles être posées hors d’une structure académique dédiée à la recherche et à la formation aux métiers de l’enseignement ?

Mais pour autant cette structure ne risque t-elle pas d’entériner une formation successive, académique puis professionnelle ? Quels moyens, quelle position lui donner pour qu’elle puisse impulser efficacement les fortes synergies à construire entre tous les acteurs universitaires autour des questions de l’enseignement et de l’apprentissage ?

C’est à mon sens pour construire des réponses fortes et cohérentes que doivent se tenir dans cette période des séminaires par académie, conviant l’ensemble des acteurs universitaires et débouchant sur un colloque national comme le propose Claire Pontais.

Pascal Grassetie

Réactions de Claudine Garcia-Debanc,

... La pire situation pour les IUFM serait une situation confuse dans laquelle les nouveaux concours seraient mis en place, sans que la Mastérisation soit instituée. Les IUFM seraient perdants-perdants et le Ministère pourrait se frotter les mains. A nous d'éviter ce piège avec l'aide de la CPU.

Le gros verrou me parait être la question budgétaire. C'est pour cela principalement, à mon sens, que Darcos ne veut pas/ne peut pas céder. Il est vrai qu'on a trouvé facilement de l'argent pour les banques...

Pour ma part, je trouve l'ultimatum de la CPU très clair. Nous avons effectivement besoin de réponses aux questions qu'ils posent. On peut dire qu'ils ont compris le dossier. Je suis beaucoup moins convaincue par la réaction des directeurs d'IUFM et leur lettre ouverte aux Ministres. Je me sens même insultée en tant que formatrice ayant participé à la mise en place des IUFM : on a l'impression qu'on a fait des progrès alors que, d'emblée, les IUFM ont fait l'objet d'attaques sans fondements. Je prétends que nous avons fait du bon boulot avant que certains des directeurs d'IUFM en responsabilité de ce dossier aient pris en charge ce dossier et que ce n'est pas parce que nous avons fait amende honorable que notre bilan est aujourd'hui positif. Je suis même assez en colère contre ce que laisse entendre ce message.

Enfin, sur le lieu de la prochaine réunion, en tant que provinciale, j'ai envie de dire que les petites histoires parisiennes sur le texte à inscrire sur la banderole et sur le lieu de rencontre ne me concernent pas et que je souhaite que symboliquement, la prochaine réunion n'ait pas lieu à Paris. Ensuite, le choix du lieu peut être lié à la provenance géographique des collègues mais pensez bien, camarades parisiens, que les réunions à Paris coûtent aux provinciaux beaucoup de temps et d'énergie.

Claudine Garcia-Debanc


  • Merci de laisser vos commentaires et contribution ci-dessous.

jeudi 19 février 2009

Princesse de Clèves et manifeste de neuf intellectuels antillais


6 h 15 pour la princesse de Clèves


C'est le temps qu'il aura fallu aux amoureux de La Princesse de Clèves, réunis à l'initiative des enseignants en grève de Paris 3, pour donner une lecture intégrale du roman de Mme de La Fayette, ce lundi 16 janvier, devant le Panthéon (voir les vidéos).




envoyé par Marianne2fr



Ouvert par M. Bozonnet & L. Garrel, ce marathon a mobilisé les voix de dizaines de lecteurs, qui se sont succédé de page en page, jusqu'à la nuit tombée pour donner le plus vibrant démenti aux propos réitérés du Président de la République à l'encontre des livre "inutiles", et affirmer à haute voix que l'Université doit rester le lieu de la beauté et non de la performance, de la pensée et non de la rentabilité, de la rencontre avec la différence – culturelle ou historique, et non de la répétition du même.




envoyé par josepha45



Le manifeste de neuf intellectuels antillais pour "des sociétés post-capitalistes"


Pas si loin de cela de la formation des enseignants !

En ces temps agités, toutes les personnes qui auront le désir de regarder du coté des racines de nos maux, nous permettrons des réflexions plus amples. Nous en avons bigrement besoin.

Neuf intellectuels antillais, Ernest Breleur, Patrick Chamoiseau, Serge Domi, Gérard Delver, Edouard Glissant, Guillaume Pigeard de Gurbert, Olivier Portecop, Olivier Pulvar, Jean-Claude William ont rédigé ce "Manifeste pour les 'produits' de haute nécessité".

D'abord paru ce matin, sur Mediapart, puis ensuite repris par bon nombre de sites ou de journaux.

En intégralité sur les sites suivants :

Lisons puis débattons. Mais d'abord lisons. On ne peut débattre sans lire.

"Dès lors, derrière le prosaïque du "pouvoir d'achat" ou du "panier de la ménagère", se profile l'essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l'existence, à savoir : le poétique. Toute vie humaine un peu équilibrée s'articule entre, d'un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l'autre, l'aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d'honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d'amour, de temps libre affecté à l'accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique).

Comme le propose Edgar Morin, le vivre-pour-vivre, tout comme le vivre-pour-soi n'ouvrent à aucune plénitude sans le donner-à-vivre à ce que nous aimons, à ceux que nous aimons, aux impossibles et aux dépassements auxquels nous aspirons.

La « hausse des prix » ou « la vie chère » ne sont pas de petits diables-ziguidi qui surgissent devant nous en cruauté spontanée, ou de la seule cuisse de quelques purs békés. Ce sont les résultantes d’une dentition de système où règne le dogme du libéra-lisme économique. Ce dernier s’est emparé de la planète, il pèse sur la totalité des peuples, et il préside dans tous les imaginaires – non à une épuration ethnique, mais bien à une sorte « d’épuration éthique » (entendre : désenchantement, désacralisation, désymbolisation, déconstruction même) de tout le fait humain.