dimanche 18 janvier 2009

Une coordination nationale nécessaire


André OUZOULIAS

Certains passages de la lettre flash n° 48 sur la formation des maîtres (FDM) paraissent étrangement éloignés des demandes des personnels impliqués dans la FDM et des besoins de celle-ci.

  • Ce paragraphe est étonnant : "Les dispositions concernant les stages en responsabilité confirment la volonté de sacrifier la formation professionnelle en attribuant des services en responsabilité à des étudiants en cours de formation qui risquent ainsi de servir debouche trous et de pallier l'insuffisance du nombre de remplaçants aggravée par les coupes budgétaires pour 2009." Jusqu'ici, à ma connaissance, personne ne se plaignait du fait que les M2 auraient des stages en responsabilité, mais plutôt qu'ils n'enaient point. Du reste, les réactions au communiqué du MEN et du MESR sur la FDM que l'on pouvait lire hier et aujourd'hui montrent que l'attribution éventuelle d'un stage de 4 semaines (au maximum) en responsabilité apparaît très en-dessous des exigences d'une authentique préparation au métier (mails de Sylvie Plane, Marie-France Carnus, Claudine Garcia-Debanc, Vincent Charbonnier, Christian Valade, etc.). On ne voit pas ce qui fonde l'idée que les stagiaires seraient alors des bouche-trous. Aujourd'hui, les PE2 et les PLC2 sont en responsabilité partielle avant la certification, et c'est tant mieux. Personne ne dit qu'ils sont des bouche-trous et que leur formation professionnelle est ainsi sacrifiée. Certains collègues (j'en suis) considèrent même que les stages en responsabilité devraient apparaître, sous forme filée, dès le S2 du M1. Pour apprendre à conduire, il ne suffit pas d'apprendre le code et de regarder le moniteur conduire. Enseigner est un métier qui s'apprend… en analysant sa pratique, en essayant et en réfléchissant ses essais.
  • Le texte continue ainsi : "En outre ce service risque de rendre encore plus difficile la préparation simultanée du master et du concours." Autrement dit, il semble opposer formation professionnelle, formation disciplinaire et préparation au concours. C'est un raisonnement similaire qui conduit le MEN et le MESR à abandonner la formation professionnelle à la seule "expérience" du terrain avec une année de prétendu stage sans aucune décharge après le M2.
  • Cet autre paragraphe est également problématique : "Si le principe d'une aide aux étudiants préparant les concours apparaît comme une réponse aux revendications que nous portions, elle est largement insuffisante et fort éloignée des pré-recrutements qui seraient nécessaires." La phrase est construite bizarrement. Veut-on dire que le principe des 12000 bourses au mérite nous va bien mais que leur montant est insuffisant ? Pourquoi continuer d'affirmer la nécessité de prérecrutements, qui, s'ils ne sont pas une première partie du concours en L3 (modèle proposé par le SNEP), sont une reprise des IPES orientée vers un concours en M2 ? A-t-on analysé ce qui se passerait si les IPES étaient rétablis ? Quel type d'étudiants les réussiraient à notre époque, ceux issus des CSP défavorisées ou ceux qui viennent des classes moyennes supérieures ? Et si on parle ainsi de prérecrutements, n'est-ce pas parce qu'on a assimilé le postulat de la réforme actuelle selon lequel le concours a forcément lieu en M2, admissibilité et admission ? En quoi le modèle que semble défendre implicitement le SNESUP est-il alors très différent de celui du MEN et du MESR ?
Ces contradictions ou hésitations ne font que souligner l'urgence d'un débat sérieux sur les principes et les options en jeu. On peut regretter par exemple que les propositions très pertinentes du SNEP aient entraîné si peu de réactions. Mais l'avenir est devant nous…
André OUZOULIAS IUFM de Versailles, école professionnelle de l'UCP

Alain Castañeda

Je m'interroge également sur les différentes lettres flash que nous avons reçues récemment. La revendication répétée "d'aides aux étudiants et pré-recrutements" me semble traduire un abandon??? d'une ligne de front qui me semblait infranchissable, celle du maintien du statut de fonctionnaire stagiaire des futurs enseignants. Je sais que la mastèrisation et ce statut semblent difficile à concilier.

Personnellement, je continue à penser que les enseignants formés aujourd'hui relèvent d'une qualification mastère (L3 + 2 en IUFM). Pourquoi ne pas le revendiquer et négocier sa reconnaissance nationale ?

Ingénuité de ma part ou incompréhension totale des tactiques épuisantes ?

D'où l'intérêt de nous mettre d'accord sur ce sujet comme le propose André Ouzoulias.
Alain Castañeda

Vincent Charbonnier

Le débat sérieux qu'André Ouzoulias appelle de ses voux renvoie aussi à la difficulté pour la FSU d'élaborer un véritable mandat fédéral sur la question et non pas seulement intersyndical, comme le montre assez clairement les lettres aux MEN et MESR de cette semaine. Il me semble qu'il ne suffira pas d'être très nombreux (j'espère) dans la rue aujourd'hui et encore plus (souvent) les jours suivants pour gagner ; il faudra aussi être
plus unitaire et plus fédéral entre nous.
Vincent Charbonnier

M.Monte


Je rejoins les inquiétudes d'André Ouzoulias concernant le flou de nos revendications sur la formation des maîtres et les réticences vis - à - vis des prérecrutements. A force de vouloir satisfaire la chèvre (les universitaires qui ne croient toujours pas qu'enseigner s'apprend) et le chou (les IUFM et les universitaires qui sont prêts à repenser la formation des maîtres à l'occasion de ce coup de force gouvernemental) on va faire en sorte que le chou soit mangé. Il faut refuser maquettes et nouveaux concours mais en réaffirmant clairement les nécessités d'une vraie formation.
M.Monte

Claudine Garcia-Debanc

Je crois pouvoir dire que les formateurs de l'IUFM Midi-Pyrénées se reconnaissent mieux dans la position défendue ci-dessous que dans celles du Bureau national. Je suis sûre, en tout cas, que les élus de la liste FSU-Enseigner est un métier qui s'apprend" ne se reconnaissent absolument pas dans les formulations de la lettre flash 48.

Pour connaitre les positions que nous défendons, visitez notre blog
http://metier-prof.org ou metier-prof.blogspot.com

Claudine Garcia-Debanc
Elue collège PU du Conseil d'école de l'IUFM Midi-Pyrénées, Ecole interne de l'université Toulouse2-Le Mirail

Michelle LAUTON

La lettre Flash 48 comporte en fin de page le communiqué FSU, dont seul a été modifié le premier paragraphe pour écrire " La FSU et le SNESUP .... " au lieu de la FSU.

Sur les questions précises posées :

1) C'est une revendication de longue date (datant d'avant la réforme en cours de la formation des enseignants) des syndicats du premier et du second degré que les enseignants en formation ne soient pas utilisés comme des moyens d'enseignement. Cela dit, pour moi qui enseigne dans des formations professionnelles autre que l'enseignement, il est clair que ce que l'on appelle " stage en responsabilité " se rapproche d'un stage d'une formation professionnelle de Master, avec rapport de stage et soutenance et un tel stage est constitutif de ce type de formation. La durée annoncée est bien inférieure aux stages de M2 des autres formations professionnelles (de l'ordre de 3 mois au moins).

2) Sur les aides aux étudiants, quel que soit le niveau de recrutement, il est nécessaire qu'il en existe plus qu'aujourd'hui, et attribuées sur d'autres critères que le mérite. Le SNESUP a pour mandat depuis quelques années une allocation pour tous les jeunes et donc les étudiants, ce qui exige une refonte de la fiscalité. Mais la FSU n'a pas fait sien un tel mandat. Le SNESUP n'a jamais considéré que tous les futurs enseignants devaient passer par un pré-recrutement.

Sur l'action Aujourd'hui, l'urgence est d'amplifier la mobilisation contre la politique du gouvernement tant sur la formation des enseignants, le décret carrières, le budget et les emplois que la casse des organismes de recherche publics. La grève administrative, avec rétention des notes, se développe ; le vote de motions sur les carrières ou la formation des enseignants, la signature de pétitions se poursuivent ; des AG se réunissent . Une journée nationale d'action dans l'Enseignement Supérieur et la Recherche est organisée le 20 janvier (Cf ci-dessous).

Le SNESUP appelle à la grève ce jour. Participons massivement à cette action. Venons y avec nos mots d'ordre suivants : le retrait du décret carrière des Enseignants Chercheurs, une tout autre réforme de la formation des enseignants, le refus des suppressions d'emplois et l'exigence d'un plan pluri-annuel de créations d'emplois, le maintien du rôle des organismes de recherche...

A Paris , la manifestation ....

Michelle Lauton.

Martial Picot

A la suite du message d'André OuzouliasL'idée d'une coordination inter -IUFM me parait opportune pour que nous arrêtions une positon commune, lisible, forte déjà pour l'ensemble des collègues et des formés en IUFM, puis par la communauté universitaire et éducative dan son ensemble. Toutes nos initiatives sont trop dispersées nous devons nous mettre d'accord sur ce qui à notre avis n'est pas négociable par rapport aux valeurs républicaines qui sont les notres. Je me tiens prêt à participer avec les collègues de l'IUFM de Lille de la FSU à toute coordination inter IUFM.

Martial Picot
(PIUFM Nord Pas de calais, Villeneuve d'Ascq)



André OUZOULIAS
Sylvie Plane (IUFM de Paris) et moi avons pris l'initiative d'un appel par courriel à une réunion nationale des collègues impliqués dans la FDM,

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