vendredi 16 janvier 2009

Réactions au communiqué du Ministère du 15 janvier


Le ministère a communiqué un point sur la formation des enseignants
(voir le texte complet ).

André OUZOULIAS


Je partage le dépit et la colère des collègues qui viennent de commenter le communiqué du MEN et du MESR de ce jour sur la "réforme" de la formation des maîtres.
Totalement d'accord avec l'analyse de Sylvie Plane sur les points cruciaux.
  • Délais : la course insensée continue, Mme Pécresse veut toujours les maquettes le 15 février, alors que les ministères donnent seulement dans ce communiqué, à un mois de cette échéance.
  • Une information capitale attendue depuis septembre sur les stages et alors que le MEN n'a encore rien publié de réglementaire sur les épreuves des concours. Même si le projet était excellent, le délai resterait déraisonnable, pour ne pas dire délirant !
  • Financement des études : c'est une régression très dangereuse, absolument indigne de notre société.
  • Stages : en M1, rien d'obligatoire ("pourront être offerts") ;
  • en M2, rien d'obligatoire non plus ("pourront être effectués") ; 108 h maximum de stage en responsabilité, ce qui équivaut à 4 semaines au plus pour les futurs PE, au lieu de 6 semaines en groupé (= 24 jours) + 26 jours en filé (équivalant à 6 semaines et demi) !
  • Quant au paiement des 100 heures de stage en responsabilité, il est étrangement prévu 3000 euros …
  • N'a-t-on pas confondu, rue de Grenelle, les francs et les euros ? Quand on ne sait pas résoudre un problème facile de proportionnalité, il faut s'attendre à tout…
  • Il n'est pas question de l'année après le concours. Le MEN jette le masque ; cette année ne fait plus partie de la formation. Elle reste sous la forme d'une prise en charge totale de la classe. Parler d'une année de stage" est donc une façon impropre de s'exprimer !
  • C'est le retour à la pratique du stagiaire bouche-trou jeté sans préparation et sans accompagnement sur les terrains les moins courus.
La CPU aura à se contorsionner si elle veut dire qu'elle a été entendue. Totalement d'accord aussi avec Marie-France Carnus et Vincent Charbonnier pour contribuer à accélérer les actions. Il faut obtenir l'annulation de cette réforme et la renégociation du dispositif de formation des maîtres dans son entier (concours et mastères).

Pour cela, nous pouvons engager les conseils d'IUFM et les conseils de département et d'université à refuser de transmettre les maquettes. La motion SNESUP est une excellente base.

Je propose que nous nous mettions rapidement d'accord pour une coordination inter-IUFM en espérant que le BN du Snesup nous soutiendra dans cette action, mais en n'en faisant pas une condition.

La nuit des IUFM le 3 février pourrait être une perspective. Mais si nous ne faisons pas un seul jour de grève dans les IUFM en 2009 alors qu'on démolit la FDM, honte sur nous !

Date possible pour une coordination inter-IUFM : samedi 24 janvier à partir de 10 h ?

Lieu envisageable : Ile de France (IUFM de Créteil, IUFM de Paris,
Université Paris 8-St Denis ?…), Lyon, Grenoble,… Strasbourg, qui
vit naître la première école normale d'instituteurs ?

Qu'en pensent les collègues intéressés ?
Font-ils une autre analyse ?
Pensent-ils que le MEN et le MESR ont reculé sérieusement ?
Bien cordialement,
André OUZOULIAS

Christian VALADE - IUFM de Midi-Pyrénées

Enseigner est un métier qui s’apprend. Nous voulons donc une formation professionnelle universitaire des enseignants. La durée des stages dans une école d’ingénieur (bac +5) est de six mois sur les deux dernières années. Afin d’assurer une véritable formation, nous devons exiger une durée minimale des stages rémunérés (pour les étudiants et tuteurs) de six mois organisés localement par les IUFM et les Rectorats dans l’esprit d’une formation professionnelle en alternance (théorie, pratique, théorie, …)

La place du concours en fin de M2 transformera le M2 en une année de bachotage. Les universités seront comparées entre elles et financées en fonction des résultats (notamment au concours). C’est donc une compétition entre les universités qui s’installe, compétition basée sur les résultats chiffrés et non sur la qualité et les performances des futurs enseignants.

Les cinq barrages (passage de M1 en M2 avec plus de 14 au mémoire de M1, admissibilité au concours, M2, admission au concours, obtention du M2, titularisation par le seul corps d’inspection) font que beaucoup d’étudiants vont se désintéresser de la formation d’enseignant. Dans les domaines technologiques et scientifiques, il sera plus facile d’avoir un diplôme d’ingénieur (avec un premier emploi à 160% du SMIG) que de devenir enseignant titulaire avec 120% du SMIG. Les formations existantes des enseignants des disciplines technologiques vont se vider d’étudiants. Et que deviennent des disciplines pour lesquelles il n’y pas d’équivalence de masters (coiffure, pâtissier, fleuriste, ….) ?

Une refonte complète de la réforme proposée s’impose. Celle-ci doit être négociée et construite avec les acteurs et partenaires (syndicats, …) de la formation des enseignants. Il faut donc stopper la machine qui s’emballe pour aller dans le mur.

Pourquoi ne pas mettre en place une vraie formation des enseignants dans le cadre d’une faculté d’éducation comme cela se passe beaucoup de pays ? Les IUFM, écoles internes des universités, ne pourraient-ils pas être l’embryon des futures facultés d’éducation ?

Toulouse est prêt à accueillir à nouveau une coordination inter-IUFM avec l’appui du SNESUP évidemment. Ne pas oublier également que nous disposons actuellement des dispositifs de communication à distance.


Christian VALADE - Toulouse


Claudine GARCIA-DEBANC - IUFM de Midi-Pyrénées


Il y a un absent : les concours nationaux et leurs épreuves. On n'en a sans doute pas assez parlé. C'est le moment d'enfoncer le clou.
  • Pas de concours au rabais avec des épreuves absurdes fusionnant plusieurs épreuves anciennes pour faire des économies budgétaires.
  • Pas de concours bachotés en S9, mais des concours évaluant des compétences construites tout au long du L et du M,
  • Ne pas oublier "nationaux",
  • Ne pas oublier la première année sur le terrain en service très partiel et rémunérée.
  • Ne pas oublier la place des professionnels dans cette formation :des maîtres formateurs et pas des compagnons ou des maîtres volontaires.
  • et, pourquoi pas, une faculté d'éducation, comme dans tous les grands pays développés.
Claudine GARCIA-DEBANC

Pierre-Emmanuel Berche, Rouen

Tout-à-fait d'accord avec ces analyses et propositions. Il faut impérativement frapper fort dans les jours qui viennent.

A Rouen et Le Havre, il est maintenant acquis qu'il n'y aura pas de maquette déposée (décision des 3 conseils pour Le Havre, décision des conseils d'UFR et du CE de l'IUFM pour Rouen ; en particulier, les conseils d'UFR de Sciences et de Lettres ont voté à l'unanimité la
motion proposée par le BN du Snesup).

Pour ce qui nous concerne, nous en sommes maintenant à proposer une non-reprise du second semestre dans les UFR qui redémarrent plus tôt que les autres (sciences par exemple).
Nous n'avons donc plus le choix : il nous faut impérativement faire reculer les 2 ministres et faire le point précis des universités qui sont dorénavant engagées dans le refus de déposer les maquettes.

Le Snesup peut-il s'associer formellement à la coordination.

Par ailleurs, sur la question des stages, il me paraît tout-à-fait invraisemblable que le ministère puisse s'engager à trouver 40000 places de stage en responsabilité, 50000 lieux de stage en observation : cela représente en moyenne 400+500 places de stage par département !!!

Si des régions entières n'ont pas de master, cela signifie des milliers de stage concentrés sur certains départements : c'est tout simplement impossible.

Pourrait-on envisager que le Snes et le Snuipp relaient une campagne de boycott de ces stages dans les établissements ?

Pierre-Emmanuel Berche - Rouen

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