samedi 6 décembre 2008

Masters : Comment résister à la destruction de la formation professionnelle des enseignants ?



Communiqué du SNESUP



Depuis deux semaines, plusieurs milliers d’enseignants-chercheurs et enseignants du supérieur, dans tous les établissements, participent sous des formes diversifiées à un mouvement ascendant de contestation des choix régressifs du gouvernement. Les universitaires, les chercheurs, les étudiants, attachés au rayonnement du service public d’enseignement supérieur et de recherche, entendent voir retenus d’autres choix en matière de budget, d’emplois, de statuts, de rémunérations, de cursus de formations, en particulier pour la formation des enseignants dans le cadre de concours nationaux, pour les missions spécifiques des IUT. Le SNESUP appelle tous les universitaires à amplifier leur mobilisation devant le refus opposé jusqu’à aujourd’hui par Valérie Pécresse et François Fillon d’entendre leurs légitimes revendications. Comme l’ont exigé les secrétaires généraux de la FSU, du SNCS et du SNESUP, il faut rétablir les 1000 emplois supprimés au budget 2009, abandonner le décret dénaturant le statut national des enseignants-chercheurs, respecter l’intégrité des organismes (CNRS, INSERM…), comme leurs missions et le statut de leurs personnels.

Afin de construire un nouveau cadre pour la formation des enseignants, il est indispensable de reporter au plus tôt à 2011 l’entrée en vigueur de nouveaux concours pour le recrutement des enseignants appuyés sur de nouveaux cursus de formations. Le SNESUP demande aux personnels dans les universités, dans les IUFM, et en coordination académique, de mobiliser toutes leurs forces afin que les conseils centraux ne soient pas en capacité d’adopter les projets de maquettes des MASTER (formation des enseignants) avant octobre 2009.


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Dépêche EAF n°105248

Masterisation: les syndicats de la FSU veulent prendre du temps pour une autre réforme"

La FSU et ses syndicats (Snep-Snes-Snesup-Snuep-Snuipp) interpellent Xavier Darcos, ministre de l'Éducation nationale et Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche sur la réforme de la masterisation qui n'est pas "celle qu'ils réclamaient". "Menée au pas de charge", cette réforme impose un "bricolage des masters", écrivent les organisations dans un communiqué diffusé mercredi 26 novembre 2008.

Elles veulent "prendre du temps pour une autre réforme". Les organisations demandent: "un report de la mise en place des masters et des nouveaux concours avec des mesures transitoires pour assurer le vivier d'étudiant; une véritable formation universitaire progressivement professionnalisante suivie d'une solide formation professionnelle après le concours; des créations de postes aux concours d'enseignants et CPE, Copsy et non des recrutements de précaires; des aides sociales pour les étudiants et des pré-recrutements pour assurer un vivier suffisant d'enseignants;des coopérations entre IUFM et composantes des Universités et non des concurrences".

La FSU appelle "les personnels à intervenir pour une formation des enseignants de qualité et à porter un message fort: ne pas investir dans la formation des enseignants est suicidaire pour l'avenir de notre école!"


Vous trouverez ci-dessous des propos extraits du forum "Formation des maîtres" du SNESUP. André OUZOULIAS propose sur ce point d'élargir la discussion au delà des syndiqués. Voici donc quelques points de vue. Vous pouvez continuer à réagir à la fin de cette page.

Réactions : Thierry ASTRUC - Toulon

De mon point de vue, la situation est relativement simple : nous voulons tous un moratoire de la réforme complète d'au moins 1 an. Bien sûr, les raisons pour lesquelles nous souhaitons ce moratoire ne sont pas toutes les mêmes. Cela explique l'hétéroclite de certaines listes de signature.


Dans un premier temps, il me semblait que pour forcer nos dirigeants à accepter ce moratoire (master et concours), il suffisait de faire rentrer dans l'impasse quelques académies (de province nécessairement) par le non-dépôt des maquettes. Quand je vous dis que je suis simpliste.

Comme je comprends vite, on m'a expliqué longuement que cela ne permettrait pas d'obtenir le moratoire. Loin de là. L'effet risquerait plutôt d'être inverse en ce qui me concerne. Je me bats pour qu'il y ait une formation des enseignants de bonne qualité en France. Et le risque de ne pas déposer de maquettes est que dans ces académies, il n'y ait tout simplement pas de formations enseignants (notamment pas d'alternance) étant donné l'existence d'autres masters. Évidemment, ce n'est pas sûr. Mais le risque semble énorme.

Alors, il va nous falloir trouver d'autres moyens de l'obtenir. Plus originaux. Les souvenirs de 2003 sont encore très douloureux chez certains d'entre nous. Nous allons nécessairement vers une radicalisation des positions, et cela transparaît déjà dans les forums. Sinon, petite question innocente : nouveaux concours = nouveaux statuts ?

Plus précisément, je me souviens du passage d'instituteurs à Professeurs des écoles. Même si les concours ne changent pas de noms, on y retourne. Et comme toutes les références de service se font désormais sur 1607 heures, ne pensez vous pas que les nouvelles obligations de service de notre corps unique sera de 35h par semaine. Cela réglerait le problème de la crise dans le secteur de la construction : avec le nombre de bureau qu'il va falloir construire dans les bahuts . TA - Toulon

Réactions : Michèle MONTE, UFR Lettres Toulon

Je trouve le texte de la lettre flash très bien fait : c'est un bon guide pour les réunions auxquelles nous participons pour les prochaines maquettes et je souscris entièrement à sa perspective. Mais vu l'obstination du gouvernement et la cacophonie de la préparation des maquettes, l'urgence ne serait-elle pas à inciter tous ceux (et ils sont nombreux) qui récusent la position du gouvernement à boycotter les réunions de maquettes ?

Il y a quand même beaucoup de facs où des conseils anti LRU ont été élus et qui pourraient prendre l'initiative de la résistance si le SNESUP les incitait dans ce sens. MM - Toulon

... Je comprends les inquiétudes des collègues des IUFM en cas de non dépôt des maquettes, mais il me semble possible d'organiser un boycott allié à la réaffirmation par les conseils (d'UFR et d'université) de la nécessaire coopération entre les UFR et les IUFM pour la mise au point d'une formation des maîtres qui allie savoirs disciplinaires, didactiques et professionnalisation par le biais de stages accompagnés par les personnels des IUFM.

Obéir au dépôt des maquettes dans l'urgence va donner la prime aux projets de replâtrage des masters existants et empêcher des élaborations articulant les apports des UFR et des IUFM. Il est important aussi de montrer au ministère qu'il ne peut pas tout se permettre et de peser également sur la conception des concours.

Personnellement pour les PLC je plaiderais pour un M1 axé sur la production d'un mémoire de recherche piloté par les labos des UFR (comme les anciennes maîtrises de lettres et sciences humaines) et l'acquisition de savoirs didactiques alliés à un stage court, et sur un M2 articulant savoirs didactiques, disciplinaires et professionnels avec un stage plus long, le concours étant repoussé en fin de M2 et suivi d'une année à l'IUFM comme fonctionnaire stagiaire (l'actuel PLC2).

C'est évidemment une solution maximaliste mais la seule qui permettrait à la fois une initiation sérieuse à la recherche et une bonne formation professionnelle. Mais si nous avons un bon contre-projet, nous ferons mieux comprendre aussi pourquoi nous nous opposons au projet gouvernemental.
MM - Toulon

Réactions - Propositions du SNEP -FSU

Vers des propositions alternatives pour le recrutement et la formation

(à discuter - à commenter) par Claire PONTAIS


Réactions de Sylvie PLANE - IUFM de PARIS

Il serait également tout à fait salutaire qu’il y ait un état des lieux et un examen des conséquences prévisibles. Que se passera-t-il si nul ne dépose de projet de master préparant aux métiers de l’enseignement et de la formation ?

Pour les étudiants, cela n’entraînerait pas de préjudice immédiat: l’offre actuelle de master est suffisante pour les accueillir et la mollesse floue des concours de recrutement fait que beaucoup de masters actuels proposent des éléments qui permettent de réussir trois des épreuves sur quatre. En revanche, une fois le concours réussi, il leur restera à affronter les réalités de la vie professionnelle... Et là les dommages risquent d’être lourds, mais c’est une autre affaire.

Pour les universités, le fait que ne soient pas déposés de nouveaux masters n’apportera aucune perturbation. La crainte a souvent été exprimée que les masters à venir aspirent un public d’étudiants qui aurait eu vocation à s’engager dans les masters actuels, qu’il s’agisse des cursus menant aux métiers de l’enseignement et de la formation ou de ceux orientés vers la recherche. Ce risque serait donc écarté, et le fonctionnement normal des masters existants serait assuré.

Pour le ministère, ce serait une opération blanche. Le ministère fait pression sur les universités pour que l’offre de masters soit réduite, et dans le même temps il propose que soient créés de nouveaux masters. Si ces derniers ne sont pas créés on en reste à un statu quo. De plus le ministère a un prétexte pour ne pas ouvrir les concours 2010 (qui verront d’ailleurs une collision de flux et qui n’offriront que très peu de postes).

Pour les IUFM, ce serait tout simplement la mort. En 2009-2010 ils auraient encore à prendre en charge les lauréats des concours. Mais s’ils n’accueillent pas en 2009-2010 les M1, ils ferment définitivement en juin 2010.

J’ai l’impression qu’il y a un train en gare prêt à partir. Des voyageurs sont dans le train, d’autres sur le quai de la gare. L’appel à la solidarité demandant de ne pas monter dans le train n’a pas les mêmes conséquences pour tous. Il faut que ceux qui sont sur le quai aient le droit de le dire sans se faire aussitôt traiter de lâches ou de non-solidaires. SP - Paris

Réactions de Claire PONTAIS


Chacun se méfie de l’autre, même de son ami-e ! La quasi-totalité des gens qui ont signé l’appel du 8 novembre construisent des maquettes avec le souci de ne pas rater le train. Comment faire que la personne qui signerait cet appel s’engage personnellement à ne rien faire remonter ni individuellement, ni collectivement ?

Il me semble que si le blocage des maquettes peut être un mot d’ordre mobilisateur, la priorité des priorités est la demande d’un report du concours en 2011, avec un nombre de postes élevé.

Ce report (qui est une base revendicative commune) permettrait de prendre le temps de mieux penser les maquettes de master et de construire des propositions alternatives. Nous sommes en difficulté aujourd’hui parce que nous n’avons pas de projet alternatif unitaire. Il y a notamment un grand écart entre les conceptions des formateurs IUFM en charge de la formation professionnelle et les universitaires qui s’occupent des préparations concours ; or le projet nous oblige à concevoir les années de master dans leur ensemble et dans leur lien avec la recherche. C’est nécessaire pour critiquer de façon offensive le projet qu’on nous impose.

Sur cette base, on doit pouvoir obtenir de Darcos (et de la CDIUFM, CPU qui jusqu’ici ont accepté le calendrier) un report des nouveaux concours en 2011. Ce qui donnerait : une entrée en M1 (nouveaux masters quand ils sont construits) pour les étudiants de L3 à la rentrée 2009 ; à la rentrée 2010, ils entrent en M2 et passent le concours en 2011.

Cela suppose des mesures transitoires pour les M1 actuels qui passeront le concours en 2010.

Ce report nous permettrait enfin de prendre le temps de parler de ce que devrait être une véritable formation professionnalisante des enseignants. Nous sommes en difficulté aujourd’hui parce que nous n’avons pas de projet alternatif unitaire. Outre les aspects de moyens et postes, il y a notamment un grand écart entre les conceptions des formateurs IUFM en charge de la formation professionnelle et les universitaires qui s’occupent des préparations concours. Or la mastérisation nous oblige à concevoir les années de master dans leur ensemble (sauf à déclarer le statu quo, ce qui me parait impossible). Un débat est aussi nécessaire sur l’avenir des IUFM comme structure identifiée « où l’on pense et coordonne la formation des enseignants ». La structure actuelle évoluera obligatoirement, la forme est à inventer. N’attendons pas qu’on invente à notre place. Claire Pontais, SNEP-FSU

Réactions : André OUZOULIAS

...Je me réjouis aussi du communiqué du BN du SNESUP (lettre-flash n° 35) qui dit : "Afin de construire un nouveau cadre pour la formation des enseignants, il est indispensable de reporter au plus tôt à 2011 l’entrée en vigueur de nouveaux concours pour le recrutement des enseignants appuyés sur de nouveaux cursus de formations. Le SNESUP demande aux personnels dans les universités, dans les IUFM, et en coordination académique, de mobiliser toutes leurs forces afin que les conseils centraux ne soient pas en capacité d’adopter les projets de maquettes des MASTER (formation des enseignants) avant octobre 2009."

Ce communiqué rend possible une convergence avec les signataires de l'appel du 8 novembre et le démarrage d'un processus d'asphyxie de la réforme (pas un seul projet sur le bureau de Mme Pécresse). Cette convergence est également ce à quoi aspirent les collègues enseignants du premier degré comme le montre le courriel de Sylvie Clabecq, du SNUIPP 44 : "A Nantes, lors de l'AG des enseignants de Loire Atlantique du 26/11/08 a été votée une motion pour le blocage des maquettes de masters et leur centralisation au niveau syndical. Pour : 178. Contre : 0. Abstention : 0 (…). Je pense qu'il faut qu'on élargisse notre champ d'action, et cela ne peut se faire sans un travail d'information préalable à une mobilisation d'ensemble, donc qui ne se cantonne pas aux IUFM..."

Je partage la perplexité de certains collègues qui se demandent ce que signifie, dans le communiqué de ce jour du SNESUP : "… afin que les conseils centraux ne soient pas en capacité d’adopter les projets de mastère …". Si nous voulions faire comprendre que nous sommes partisans d'un blocage systématique, nous pouvions être plus clairs.

Je comprends le point de vue inquiet exprimé par Sylvie Plane et d'autres collègues : que se passerait-il si le MEN organisait les concours nouvelle formule en 2010 malgré un blocage des projets de mastères-enseignement ? Ce serait évidemment contre-productif si nous demandions le blocage de la remontée des projets sans demander tout aussi explicitement le report d'un an de la réforme des concours et du recrutement. Mais dans l'esprit des signataires de l'appel du 8 novembre, il s'agit bien de stopper la réforme dans ses deux volets (formation et concours) et de reprendre l'ensemble du dossier dans son cadre même : formation, diplômes (mastère pro ou recherche ou pas de mastère ?), recrutement, concours, stages, statuts, allocations…

Le texte de l'appel du 8 novembre me paraît parfaitement clair sur ce
point. Le communiqué du SNESUP (lettre flash n° 35) va dans le même sens en insistant sur le report des nouveaux concours "au moins en 2011".

Mesurons bien que l'on pourrait donc bientôt conclure que, telle qu'elle est envisagée depuis mai dernier, la réforme dite de la mastérisation est morte et que les compteurs sont remis à zéro. Encore faut-il acter le nouveau rapport des forces.

C'est à l'étape de l'après-suspension du projet (dans le cas où on l'obtiendrait…) que les choses ne sont pas dessinées. Je pense que nous devrions contribuer à éclairer les perspectives, parce que c'est nécessaire en soi, mais aussi parce que cela aidera les collègues à se prononcer pour le blocage alors qu'ils hésitent à se lancer dans l'inconnu. Par exemple, nous pourrions demander que se mette en place une commission multilatérale (universitaires, professionnels concernés, IUFM, ministères, etc.) chargée de réfléchir aux conditions d'une bonne FDM pour le premier degré et pour le second degré général et professionnel, par exemple à partir d'une enquête sur les qualités et les limites du système actuel, d'éclairages historiques et d'un rapport sur le FDM dans les autres pays. On pourrait inciter les différents acteurs à plancher sur des scénarios de formation (comme dans les concours d'architecture).


Y a-t-il, comme le craint Sylvie, un risque que le MEN veuille passer en force et engage la réforme de la mastérisation sans les mastères- enseignement mais avec le seul volet des concours, contre l'avis des universitaires, départements disciplinaires, associations professionnels, société savantes, et personnels des IUFM ? Ce risque semble a priori peu réel. Les nouveaux projets de concours n'ont pas de validité sans leur "articulation" avec les formations disciplinaires et didactiques. Qui oserait participer à un jury de concours auquel les candidats n'auront pas été préparés. Qui oserait participer à un jury de concours pour des épreuves dont toute l'université récuse la légitimité ? Quel ministère oserait affronter la menace sans précédent d'un boycott général des concours ?

Il me semble que nous devons donc dès maintenant inviter explicitement au blocage de la remontée des projets de mastères ET exiger l'annulation des concours nouvelle formule prévus pour 2010 ET la prolongation juqu'à 2010 (au moins) de l'ancien mode de recrutement et de formation, tant pour le CERPE que pour les CAPES et autres concours (PLP ET CPE).

Mais pour prendre les bonnes orientations, il faut prendre le temps de réfléchir aux conséquences des divers choix possibles et aux actions envisageables. Je propose donc d'abord une méthode de discussion pour faciliter les convergences et l'efficacité :

  • Les diverses options sont défendues par les collègues sur un forum commun aux deux forums actuels : FDM et supérieur (car tout le monde est concerné).
  • Si, comme le propose notre collègue Christian Valade, le blog de nos amis de Toulouse peut relayer ce débat (et lui seul), pour le rendre accessible aux autres collègues syndiqués ailleurs ou non syndiqués, cela me semble une bonne chose (en précisant qu'il s'agit de propos échangés au sein du SNESUP, sur ses forums).
Concernant l'action, je propose :
  • 1°) Coorganisée par le SNESUP et l'appel du 8 novembre (+ idéalement des universités et des IUFM qui le voudront), une coordination de tous les IUFM et de tous les départements universitaires et UFR concernés par les projets de mastères enseignement est programmée début janvier à Paris, pour décider ou non du blocage des projets de mastères et des concours, examiner les conséquences d'un arrêtimmédiat de la réforme et envisager l'après-suspension.
  • 2°) Cette coordination adopte un texte qui est une résolution-type pour Conseils de département, Conseils d'école de l'IUFM et CA des universités, indiquant par exemple, après un exposé des motifs : "Le Conseil (de département, d'école ou d'université) déclare qu'il ne transmettra aucun projet de mastère au MESR pour habilitation.Il demande à la CPU et à la CDIUFM, au MESR et au MEN de constater que la réforme de la FDM est suspendue de facto. Il demande aussi l'ouverture d'une négociation immédiate pour établir le cadre de cette suspension. En cohérence avec cette décision, le conseil demande au MEN la suspension de la réforme des concours qui est liée à celle de la formation. Il demande par conséquent que les concours de 2010 se déroulent avec les mêmes règles qu'en 2009.Il appuie l'idée de réunir un Comité national de réflexion et de préparation d'une FDM de qualité (ou autre appellation)…"
  • 3°) Dans chaque conseil de département, conseil d'école et CA d'université, les élus SNESUP et SLU et ceux qui veulent se joindre à eux proposent l'adoption de cette résolution et l'organisation de sa mise en œuvre. Le site de SLU et celui de Toulouse comptabilisent les votes des conseils. Délai pour ces votes : au plus tard fin janvier, par exemple le mercredi 28 janvier, à la St Thomas (qui ne croit que ce qu'il voit !). Lorsque la moitié des conseils concernés par la réforme ont voté sa suspension, la coordination demande une déclaration officielle de suspension de la part conjointe des deux ministères. André OUZOULIAS.

Autre message d'André

J'extrais ce passage du CR transmis sur le forum Former des Maîtres du SNESUP par Thierry ASTRUC de la rencontre MESR-SLU :

  • JLF (pour SLU) : est-il normal que le cadre ait été fixé par la CPU et la CDIUFM ? Nous appartenons à une association qui est né justement du refus d’une concentration de tous les pouvoirs dans les mains des seuls présidents et du rejet d’une méthode de réforme consistant à asseoir les projets sur le seul avis de ces derniers. Dans ces conditions, dire stop ! c’est tenir un discours républicain.
  • TC (Thierry Coulhon, MESR) : nous avons un cadre clair, une doctrine. L’essentiel, ce sont les maquettes qui vont remonter.C’est les collègues qui font le boulot. Les réactions montrent que la formation des maîtres est un sujet à traiter. Il faudrait aussi parler des aspects sociaux, des problèmes de diversité sociale.
Il est clair que le MESR joue les IUFM contre les départements et UFR. En tentant de faire croire à SLU que les IUFM font la course en tête, le MESR essaye de paniquer les universitaires hors IUFM (et vice-versa). Refusons donc partout cet incitation à la méfiance réciproque qui est le seul moyen de nous faire plier. Si les collègues décident de ne pas faire le boulot, tout s'arrête nécessairement.

Je partage donc totalement la demande de notre collègue Monte (copie de son mail ci-dessous). Il est tant de lancer un appel à bloquer partout la remontée des projets de mastères. André OUZOULAIS

Réactions de Jean-Yves Rochex - Paris


Je partage l'avis d'André Ouzoulias. Il me semble que ce dossier est tellement mal ficelé par les Ministères Pécresse et Darcos, que c'est sans doute le point le plus fragile de la politique destructrice qu'ils mènent, et donc celui sur lequel on a le plus de possibilités d'ouvrir une brèche dans la morosité ambiante.

Alors oui, appelons au boycott et au blocage de la remontée des projets, et cessons de nous coucher en nous disant, chacun dans notre coin, que si nous ne faisons pas ce que nous demande le ministère, d'autres le feront. Jean-Yves Rochex, Paris VIII Saint-Denis

Réactions de Pascal Grassetie

S'il doit y avoir un moratoire c'est sur la réforme du concours, car si celle ci est appliquée pour la session 2010 et qu'un refus des dépôts des maquettes soit effectif partout alors seuls les étudiants titulaires d'un M2 ou inscrits dans les M2 existants pourront candidater, masters dont seuls les parcours devront être aménagés sans donner lieu à une nouvelle demande d'habilitation.

Ce serait alors de fait la mort des IUFM qui ne sont pas à ce jour habilités à
délivrer un master. On comprend alors mieux les appels à cette forme de résistance. Pour pouvoir résister collectivement, il est nécessaire que chacun y ait intérêt. Alors oui exigeons le report de la réforme des concours pour la session 2010 dans un premier temps, dans ce cadre et dans lui seul nous serons en mesure de prendre le temps nécessaire à la construction de masters en répondant aux exigences des métiers de l'enseignement. Pascal Grassetie

Réactions de Anne Jollet - Poitiers

C'est vrai que cette atmosphère de méfiance est vraiment délétère mais elle traduit malheureusement la fragilité de nos engagements, de notre conviction dans la capacité collective de résistance. L'idée de Claire me semble bonne : il faut remettre de l'engagement personnel et moral là où chacun s'appuie sur la faiblesse supposée des autres pour excuser la sienne. Elle me semble bien répondre à la fragilisation actuelle de tous les collectifs.

Un nouveau serment du Jeu de Paume en quelque sorte! Mais celui-ci s'appuyait sur une forte conscience (promue à grand coup de propagande et de luttes) de l'existence d'un collectif nommé "tiers-état". Avons-nous trouvé le nom de ce collectif qui justifierait le sacrifice de nos promotions, de nos CRCT, de nos petits arrangements claniques ?A voir. Nous sentons-nous suffisamment "citoyen/nes" pour cela ?Anne Jollet Poitiers



Réactions de Marie France CARNUS - Toulouse

Je partage totalement les propos d'André lorsqu'il dit " nous n'avons pas demandé un moratoire pour faire plus sereinement et un peu mieux ce que les ministères voulaient nous faire faire dans la précipitation. Nous devons nous convaincre que nous pouvons faire capoter ce projet de réforme en annulant les deux volets mastères et concours. Mais alors, il faut aussi concevoir des alternatives, sinon nous reviendrions au statut quo ante qui n'est satisfaisant pour personne".

Ceci rejoint complètement les conclusions que nous avions élaborées à la fin des assises nationales organisées dans l'urgence à Toulouse le 2 juillet dernier, j'en donne ci-après quelques morceaux choisis dans l'encadré :

"Quelle mobilisation à la rentrée ?

Plusieurs actions ont été évoquées : elles s’inscrivent dans la durée et s’organisent autour de deux logiques : réactive face aux affronts et menaces qui pèsent sur la formation des enseignants et leurs conséquences .../... et prospective dans le but de montrer qu’au vu des compétences construite en 17 années d’existence, les IUFM peuvent être force de proposition. La richesse des travaux aux assises de Toulouse en est la preuve.

Par ailleurs, il convient de ne pas isoler la formation des enseignants des autres problématiques qui touchent le système éducatif. Il convient dont de faire converger nos préoccupations pour dénoncer des logiques d’actions qui compromettent l’avenir de l’Ecole et de la société. Au-delà du contenu, la méthode employée est inacceptable...

Enfin, deux niveaux d’action sont à mener de front : le national et le local .../...

Au plan national

Dans ce communiqué, il est demandé un MORATOIRE d'un an pour concevoir et organiser, avec les différents acteurs de la formation, une véritable formation universitaire professionnelle. Ces travaux seront poursuivis et développés :
  • Dans le cadre d’Etats généraux de la formation des enseignants qui se dérouleront en début d’année.
  • Au sein d’un groupe inter IUFM à constituer dès à présent. Les personnels IUFM entendent montrer (prouver) qu’ils sont force de proposition. .../...

La mobilisation doit fédérer tous les acteurs concernés : étudiants, stagiaires, parents d’élèves, etc. Elle doit aussi tisser des liens avec les autres problématiques (premier et second degrés, recherche et enseignement supérieur). Pour établir un rapport de force il faut être nombreux et tirer dans le même sens.

Participation à la nuit des IUFM le 4 septembre.

Avancée des travaux (groupe inter IUFM) pour déboucher sur des propositions concrètes relative à une véritable formation professionnelle des enseignants.

Le site http://metier-prof.blogspot.com. reste un outil privilégié

La mobilisation s’installe dans la durée. En fonction des évolutions et des
effets produits (ou non), d’autres actions seront à penser et à mettre en œuvre." Je réagis donc très favorablement à l'idée de la mise en place d'une coordination nationale dès maintenant pour tenter de lancer un double processus de boycott/blocage des maquettes concours/master et construction/proposition d'un contre projet argumenté et à inscrire dans un mouvement général qui tisse les liens avec les autres problématiques qui touchent l'école et la fonction publique.

Comme le dit André, nous avons d'abord à nous convaincre que nous pouvons le faire. Les propositions faites sur ce forum oeuvrent dans ce sens.

Au plan local

A l'IUFM Midi-Pyrénées, les élus au nouveau Conseil d'école organisent une AG des personnels et usagers mercredi matin. L'idée est de relancer et de structurer une mobilisation à la fois réactive et prospective. A ce jour, nous n'avons aucune garantie sur les quatre revendications que nous avions posées dès la fin du mois de mai à savoir : l
  • e maintien et le développement d'une école professionnelle universitaire de formation des enseignants,
  • la rémunération des usagers,
  • le cadrage national des masters
  • et le maintien du recrutement par concours.
Au contraire, cinq mois plus tard, nous sommes de plus en plus nombreux à être à peu près convaincus que - quelles que soient les conceptions dominantes relatives à la formation des enseignants que la mise en marche forcée de la réforme met à nu et exacerbe - nous construisons collectivement des viviers de précaires de haut niveau qui dans quelques temps risquent fort de mettre un terme au recrutement par concours. Marie-France Carnus - Toulouse

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  • De plus, au groupe de discussion de la coordination nationale des IUFM. Vous pourrez laisesr un message librement.

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