vendredi 12 décembre 2008

Ce n'est pas la trêve


Les journées du 9 et du 10 décembre dans les universités, notamment dans les IUT, en convergence avec les enseignants de premier et second degrés, marquent une consolidation, voire un renforcement des mobilisations multiformes sur un éventail de revendications qui touchent le cœur du métier des enseignants du supérieur.

Localement, les modalités de grève administrative sont prises, revêtant des formes diverses : rétention des notes, envoi des copies corrigées au rectorat … avec comme objectif le retrait du projet de décret carrière, le retour des emplois supprimés (et les créations nécessaires), le refus du dispositif concours-masters, tel qu’actuellement présenté. L

La formation des enseignants est plus que jamais un enjeu majeur. En témoigne le nombre important (67) de motions de CA, exigeant a minima un moratoire concernant le dépôt des maquettes …, certaines engagent à ne pas envoyer ces maquettes au Ministère.


Le SNESUP appelle les universitaires à poursuivre leurs interventions – y compris par la signature d’appels appuyant les élus dans les conseils - pour que les conseils centraux ne transmettent pas avant octobre 2009, ni ne valident les projets de maquettes des MASTER (formation des enseignants) qui s’inscriraient dans le flou réglementaire, la dérégulation scientifique et un calendrier irresponsable.

Il appelle à l’engagement individuel pour bloquer collectivement l’élaboration de ces maquettes. C’est sur ces bases que le SNESUP engage, avec la FSU et avec les autres organisations de l’Education et de la Recherche, les ripostes unitaires qui se dessinent pour janvier.

REFUS D’UNE MASCARADE

La FSU et ses syndicats (SNESUP, SNEP, SNES, SNUIPP, SNUEP) se félicitent de l'unanimité des organisations syndicales face aux représentants de la Ministre Valérie Pécresse dans la réunion de ce jour, 12 décembre.

Toutes les organisations syndicales ont quitté ensemble une réunion qui s'apparentait à une mascarade. Le flou des déclarations du gouvernement sur la formation des enseignants démontre une fois de plus la nécessité, portée de longue date par la FSU et ses syndicats nationaux concernés, de reporter des nouveaux concours a minima à la session 2011.

La qualité de la formation des enseignants en dépend. Comme aujourd'hui, la FSU fera tout pour renforcer la cohérence et l'unité des organisations syndicales.

Les organisations syndicales invitées au ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche le 12 décembre constatent l'indigence des analyses, propositions et réponses du ministère de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur et de la recherche sur l'avenir de la formation des enseignants et des autres personnels d'orientation et d'éducation. Tant sur les concours que sur les évolutions des parcours de formations, les ministères sont sourds aux revendications des personnels et refusent d'ouvrir la moindre négociation sur le fond comme sur les calendriers.Toutes les organisations ont quitté la séance. FSU (SNESUP, SNEP, SNES, SNUIPP, SNUEP) - UNSA (SE, SUP'Recherche) - SGEN-CFDT - CGT (FERCSup, Educ'action, SNPEFP) - CSEN (SNALC, SNE, AUTONOMESUP) – FO (SNPREES - SNFOLC, SNUI-FO, FNEC FP)


SUPPRESSIONS D’EMPLOIS DANS LES UNIVERSITES !

C’est plus de 200 suppressions d’emplois (enseignants chercheurs, enseignants, personnels BIATOSS) qui sont affichées sur l’ensemble des universités, avec, dans certains cas, une amplification des sous-dotations constatées ces dernières années (par exemple, l’université
Paul Valéry de
Montpellier perd 6 emplois, alors qu’elle était classée 70ème sur 84 dans les dotations globales en postes les plus favorables).

Ces diminutions d’emplois semblent toucher en particulier les
universités du secteur Lettres, Langues, Arts, Sciences Humaines et Sociales (Grenoble 3, Lille 3, Paris 3 …)

Côté
budget, hors inflation, c’est moins de 3 % d’augmentation globale pour l’ensemble des universités, ce qui montre à quel point l’affichage médiatique d’une priorité nationale pour l’enseignement supérieur et la recherche est une supercherie.

APPEL AUX PRESIDENTS D’UNIVERSITE


L'inquiétude grandit chez les enseignants du supérieur sur des dispositifs aggravant encore la mise en œuvre de la loi LRU. De très nombreux conseils d'administration d'universités ont contesté les modalités et le calendrier de ce qui est présenté comme une amélioration de la formation des enseignants qui, par ailleurs, est légitime.

Si la CPU s'est saisie du dossier, sa réponse collective
n'est pas à la hauteur du refus du dispositif dans sa conception actuelle, refus qui s'exprime largement dans le monde universitaire et au-delà. Les présidents viennent d'un texte modifiant le décret statutaire de 1984 dans une forme non encore définitive. Le décret en préparation, qui n'a reçu l'approbation d'aucune organisation syndicale (9 votes contre au CTPU, 5 absentions), change
profondément la nature du métier d'enseignant-chercheur. Le SNESUP continue de s'opposer à des dégradations très conséquentes pour les missions de recherche, de formation, comme pour les tâches collectives qu'assument aujourd'hui les enseignants-chercheurs ...


Dépêche AEF n°105248 du 26 novembre 2008

Mastérisation: les syndicats de la FSU veulent "prendre du temps pour une autre réforme"Dossier d'actualité.

La FSU et ses syndicats (Snep-Snes-Snesup-Snuep-Snuipp) interpellent Xavier Darcos, ministre de l'Éducation nationale et Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche sur la réforme de la masterisation qui n'est pas "celle qu'ils réclamaient". "Menée au pas de charge", cette réforme impose un "bricolage des masters", écrivent les organisations dans un communiqué diffusé mercredi 26 novembre 2008. Elles veulent "prendre du temps pour une autre réforme".

Les organisations demandent:
  • "un report de la mise en place des masters et des nouveaux concours avec des mesures transitoires pour assurer le vivier d'étudiant;
  • une véritable formation universitaire progressivement professionnalisante suivie d'une solide formation professionnelle après le concours;
  • des créations de postes aux concours d'enseignants et CPE, Copsy et non des recrutements de précaires;
  • des aides sociales pour les étudiants et des pré-recrutements pour assurer un vivier suffisant d'enseignants;
  • des coopérations entre IUFM et composantes des Universités et non des concurrences".
La FSU appelle "les personnels à intervenir pour une formation des enseignants de qualité et à porter un message fort: ne pas investir dans la formation des enseignants est suicidaire pour l'avenir de notre école!"

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