mardi 21 octobre 2008

Réponse au Président de la République



Le Président de la république dans son discours d'Annecy aujourd'hui y est allé de sa pique contre ceux qui ont manifesté le 19 octobre: ils ne se rendraient pas « compte de la gravité de la crise ». Ils ignoreraient le « monde dans lequel nous vivons ». Ce propos ignore délibérément le soutien de l'opinion manifesté par un récent sondage (69% des sondés trouvaient la manifestation justifiée). Pour la FSU c'est précisément parce que la crise est grave que ses revendications sont justifiées et qu'il importe de remettre en cause les dogmes qui ont conduit ces dernières années les politiques en matière de fonction publique, de services publics et de solidarités.

Le gouvernement s'engage pour des sommes considérables (jusqu'à 360 milliards d'euros) à garantir des prêts de nature diverses (entre banques, pour les entreprises,...). Il prétend que cela n'aura aucune conséquence budgétaire alors que l'annonce d'une récession profonde et la poursuite de la crise boursière laissent prévoir de nombreuses défaillances. Il vient de prêter 10 milliards d'euros à quelques banques sans exiger de contreparties sérieuses et sans entrer dans leur capital pour pouvoir peser sur leurs décisions.


Et dans le même temps, il sacrifie les investissements sur l'avenir dans l'éducation et la recherche, la santé, les retraites, et les dépenses sociales. On peut se demander si le président ne cherche pas plus à sauver les meubles de ce monde du « tout libéral » qui nous a conduit à la crise qu'à préparer le monde de demain pour les générations futures.

À un moment où cette crise touche l'économie dite « réelle » avec une récession désormais indiscutable et un chômage qui s'envole, peut-on se permettre de refuser d'investir dans les services publics qui sont pour un pays comme le nôtre autant d'éléments d'attractivité ?


Peut-on ne pas tout faire pour assurer l'accès de tous les jeunes à des qualifications reconnues? Peut-on accepter que l'Etat « dégraisse » massivement et condamne au chômage ou aux emplois précaires des dizaines de milliers de jeunes supplémentaires ? Négliger le levier que constituent les salaires d'environ 5 millions d'agents des services publics ? Ignorer les besoins d'un développement durable et solidaire ? Comment dans ce contexte poursuivre sans sourciller des politiques de privatisation et de mise en concurrence des services publics et des agents ?

Plutôt que de jeter une nouvelle fois les fonctionnaires en pâture à l'opinion en les désignant comme d'insupportables budgétivores, le Président ferait mieux de voir que dans cette crise les valeurs de l'intérêt général et du service public auxquelles la population est attachée, doivent l'emporter sur l'appât du gain et la satisfaction des intérêts de quelques uns.

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