jeudi 6 novembre 2008

Le dispositif du 17 octobre démantèle la cohérence disciplinaire des masters et la professionnalisation de la formation des enseignants



Imposer le refus du dispositif concours/master tel qu'élaboré aujourd'hui dans la précipitation par le gouvernement « mastérisation-concours » : un dispositif non encore réglementaire (les déclarations des ministres, la circulaire signée du directeur général de l’enseignement supérieur en date du 17 octobre, ne font ni la loi ni les décrets !) qui démantèle la cohérence disciplinaire des masters et la professionnalisation de la formation des enseignants.

  1. Le SNESUP réclame un moratoire immédiat : Il est impossible de monter des projets à la date imposée du 31 décembre 2008. Il faut des phases de consultation, de concertation. Quelles que soient les conditions d’intégration de l’IUFM, il en est ainsi dans toutes les universités et tous les IUFM, qui doivent dépasser largement les cadres habituels pour associer l'ensemble des universités et l'IUFM au sein de chaque académie. Sur ce point, nous pouvons relayer comme exigence auprès de la ministre, ce qui a été porté par notre syndicat, entendu avec force lors des États Généraux de la formation le 4 octobre dernier, voté dans de nombreuses motions (conseils d'universités et d'UFR) et est maintenant soutenu par certains présidents d'universités. Sur le terrain, il est clair que ces engagements doivent nous rapprocher et nous inciter à construire des méthodes d’élaboration véritablement consultatives, soucieuses de laisser place au temps du débat.
  2. Le SNESUP appelle à préserver et utiliser le potentiel de formation, de recherche et d’expériences que constituent les IUFM, à éviter des oppositions entre composantes « traditionnelles » et IUFM, comme entre universités. C’est notre responsabilité collective, sans unanimisme forcé, de trouver les méthodes pour débattre sans exclusive, sans précipitation. Ce qui nous rapproche c’est le souci d’assurer aux futurs collègues du premier et du second degré une formation universitaire de grande qualité, associée à l’apprentissage d’un métier. Opter pour le statu quo ferait la part belle à ceux qui veulent liquider le service public national d’éducation ou à ceux qui veulent des « CPR » caporalisés et des « écoles normales » académiques. Nous sommes les seuls à porter les exigences de solidarités entre personnels et de collégialité dans la prise de décision au sein de l’Université.
  3. Le SNESUP interpelle : comment porter des projets crédibles de Master et peser sur le contenu des épreuves de concours ? La partie scientifique des masters (liée à une ou plusieurs disciplines universitaires de recherche) peut difficilement être conçue sans une définition claire de ce que seront la nature et les programmes des concours selon les disciplines. Par ailleurs, pour les PE, PLP et CPE, la nécessité de construire des contenus de formation ambitieux, sans décrochage par rapport à la formation des enseignants des lycées et collèges, soulève des questions complexes et inédites. Comme universitaires, nous avons tous à coeur de porter une exigence de qualité scientifique, de contenu disciplinaire et professionnel de haut niveau pour les futurs collègues des premiers et seconds degrés. A défaut d’un cadrage national, la dimension actuelle de régulation nationale des contenus des enseignements universitaires L et M dans les disciplines de concours pour les PLC – non moins via le CAPES et l’agrégation que via l’habilitation CNESER – est un aspect essentiel et constitutif de ces diplômes. Le risque est grand que ces régulations disparaissent avec la mise en place de formations dans le contexte de concurrence porté par la LRU et avec une conception affichée par la ministère et la CPU qui marginalisent l’évaluation des capacités de synthèse scientifique des candidats.


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