dimanche 30 novembre 2008

Des nouvelles d'ailleurs ...



Point de vue de Thierry ASTRUC


Je souhaite que tous les CA qui ont voté le moratoire (et les autres) le mettent en place unilatéralement : ne déposons aucun dossier pour le forcer. ...

Cependant, bien conscient qu'il nous faudra réfléchir à la rentrée 2010, certains se sont déjà attelés à la tâche. Les problèmes sont nombreux, quelque soit la période à laquelle se passe le concours, pour arriver à imaginer des maquettes qui tiennent la route.

Comment maintenir en parallèle un recrutement par concours et une formation professionnelle de qualité ?

Je continue donc à centraliser les documents de travail que vous voudrez bien m'envoyer relatif aux masters et/ou aux préparations au concours.

Et je les tiens à votre disposition en attendant que je puisse les mettre en ligne ce qui ne devrait plus tarder

PS : ... les universités qui prévoient que les étudiants ayant validé leur master enseignement mais ayant échoué au concours puisse s'inscrire à un DU spécifique, avec l'idée de valider cette année là, prévoient en fait de faire payer leurs étudiants plus qu'une inscription en formation initiale, pour un diplôme interne à leur université, et dont l'utilité parait douteuse.

Sans parler du danger que fait porter sur la formation professionnelle l'existence d'une préparation aux concours qui ne serait pas exclusivement réservée à des étudiants possédant un master spécialité enseignement.

Sarah Hatchuel et Nathalie Vienne-Guerrin,

Nous, Sarah Hatchuel et Nathalie Vienne-Guerrin, venons de prendre connaissance de la décision de Valérie Pécresse qui, dans sa grande largesse, nous accorde un délai de deux mois et demi afin que nous puissions obtempérer dans les meilleures conditions.

Nous sommes d’accord avec Jacques Tranier pour voir, dans cette réponse, une véritable provocation.

Le Ministère ne nous ferait pas une telle insulte s’il sentait une mobilisation plus large et plus claire de notre part.

1- Aux collègues qui pensent que nous n’y pouvons plus rien, nous voudrions dire ceci :
  • Si nous, qui enseignons à l’université, n’y pouvons rien, qui donc y pourra quelque chose ?
  • N’est-ce pas nous qui donnons les notes ?
  • N’est-ce pas nous qui délivrons les diplômes ?
  • N’est-ce pas nous qui sommes membres des jurys de concours ?Face à l’échec d'initiatives plus douces, nous vous appelons à considérer ces trois leviers comme trois champs d’action possibles.
2 - Aux collègues qui pensent que si leur université ne fait pas remonter les maquettes, c’est l’université voisine qui le fera, nous disons ceci :
  • Les initiatives des universités parisiennes et d’autres universités dans d’autres régions, montrent que l’on peut répondre aisément, par des accords régionaux entre Présidents, à cette crainte de la concurrence.
3- Aux collègues qui pensent que si les universités ne font pas remonter les maquettes, ce sont les IUFMs qui le feront, nous disons ceci :
  • Nous sommes sans doute naïves, mais nous ne pouvons croire que nos collègues qui enseignent à l’IUFM n’ont pas, comme nous, le souci du disciplinaire.Comment pourrait-on vouloir envoyer dans des classes des enseignants qui ne maîtriseraient pas leur discipline ?
  • Comment nos collègues des IUFM pourraient-ils penser que c’est en réduisant la compétence disciplinaire des enseignants que nous en ferons de meilleurs enseignants ?
4 - Aux collègues qui pensent que le recrutement actuel a des faiblesses, nous disons ceci :
  • Ce n’est pas en réduisant la connaissance du disciplinaire, de la littérature et de la civilisation (nous vous rappelons que le niveau désormais demandé serait le niveau Licence 3),
  • que nous armerons les enseignants à mieux gérer et animer leurs classes. Comment les élèves pourraient-ils respecter des enseignants qui n’auraient pas toute confiance dans leurs compétences disciplinaires ?
5- Aux collègues qui pensent qu’il n’est point besoin de faire une dissertation et de connaître Shakespeare ou Joyce pour enseigner en collège, nous disons ceci :
  • Si les enseignants français n’ont plus l’ambition de préserver, enrichir et faire vivre les patrimoines culturels, et de s’astreindre à réfléchir de façon exigeante, cohérente et construite, qui donc alors l’aura ?
  • Les futures générations ne méritent-elles pas d’avoir comme enseignants, dès les plus petites classes, des esprits éclairés et formés à la réflexion ?
6- Aux collègues qui ne sont pas (encore) mobilisés, nous disons ceci :
  • Nous vous conjurons de prendre le temps d’aller lire les textes (sur la masterisation des concours) qui sont disponibles sur le site de la SAES.
7 - Aux collègues qui nous disent qu’ils n’ont pas le temps de suivre ce qui est en train de se passer, nous disons ceci :
  • Il nous semble essentiel de prendre ce temps. Nous aussi, qui nous exprimons, entre autres, sur cette messagerie, avons d’autres choses à faire, mais c’est l’essence même de notre métier qui est ici remise en cause, et c’est pourquoi nous nous devons tous de prendre ce temps.
Bien cordialement,
Sarah Hatchuel, Professeur, Université du Havre
Natthalie Vienne-Guerrin, Professeur, Université de Montpellier 3


Un film de 22 minutes


qui fait le point sur les récentes mobilisations d’octobre, à la lumière des révélations d’Eddy KHALDI...

Un film fait par des parents d’élèves pour les parents d’élèves et les enseignants…

A voir absolument !!!!

Que vous soyez prof ou pas, ça vous concerne tous car c’est l’école de la république !!! là où vont où vont allez nos enfants, petits enfants …. !!!

A faire circuler sans modération, car jusqu’à la preuve du contraire la France est une démocratie !!!

La faisabilité politique de l'ajustement






MOTION de la section d’anglais
de l’Université de Franche-Comté,
réunie le 5 novembre 2008

Les enseignants et enseignants-chercheurs de la section d’anglais de l’Université de Franche-Comté tiennent à déclarer leur plus vive inquiétude à la lecture de la circulaire de référence sur la campagne d’habilitation des masters (17 octobre 2008) et de la réforme des concours de recrutement de l’Education nationale (Professeur des écoles et CAPES). Bien que tout à fait conscients des nécessités de réforme des concours de recrutement de l’Education nationale, nous déplorons l’absence de concertation qui a précédé cette réforme.

Nous dénonçons également le calendrier qui oblige la mise en place des nouvelles directives ministérielles dans la précipitation, les textes devant être rendus au ministère pour le 31 décembre 2008.

En outre, nous nous déclarons opposés à cette réforme qui donne une part démesurée à la connaissance du fonctionnement administratif de l’institution scolaire au détriment des savoirs disciplinaires jusque-là enseignés à l’université et à l’IUFM.

Cette réforme vide ainsi d’une partie de sa substance la formation disciplinaire et appauvrit le bagage culturel du futur enseignant dans sa discipline.

La diminution de la part des compétences disciplinaires, tant à l'écrit (le texte stipule que « le niveau d'exigence disciplinaire [pour les deux épreuves de l’écrit] sera celui de la licence ») qu'à l'oral (aucune évaluation de la maîtrise de la langue orale n'est possible dans le format des épreuves envisagées) nous paraît extrêmement grave et préjudiciable à long terme pour notre société.

La mastérisation des concours d’enseignants prolonge également d’un an la formation des Professeurs des écoles ou des enseignants du secondaire, exigeant d’eux des efforts financiers supplémentaires et plongeant certains d’entre eux dans la précarité. Elle conduira à détériorer irrémédiablement la qualité de l’enseignement au collège et au lycée. L’exemple de la Grande-Bretagne, où la formation des enseignants se fait au niveau du Master, montre en effet à quel point l’absence d’un concours national contribue à creuser les inégalités entre les établissements du secondaire, entre les universités, et, finalement, à renforcer les inégalités sociales au lieu de contribuer à les atténuer.

La comparaison des situations française et britannique montre que le principe du concours national et anonyme de recrutement des enseignants est une condition indispensable pour l’accès de tous à un même enseignement de qualité.


Pour toutes ces raisons, nous demandons un moratoire d’un an afin sue l’ensemble de la communauté pédagogique, de l’école primaire à l’université, soit impliquée dans la réflexion puis dans la réforme des concours de l’Education nationale pour qu’un nouveau cadre soit élaboré.

Ainsi, nous nous associons aux protestations émises par nos sociétés savantes, par, entre autres, les Conseils d’Administration des Universités de Provence, de Bourgogne et de Rouen et par les Présidents des six universités parisiennes.

« Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche a annoncé aux présidents d'université, réunis jeudi 20 novembre 2008 en séance plénière, le report au 15 février 2009 de la date limite pour le dépôt des projets de masters "enseignement".

Le 7 novembre dernier, la CPU et la CDIUFM avaient demandé un report à la fin février. Les deux conférences estimaient que "la nécessité de mener de front la réflexion pédagogique, la concertation entre les universités d'une même académie, la concertation nationale et le respect des procédures démocratiques de consultation des instances de chaque université rendent nécessaire l'octroi de délais supplémentaires".



Journée d'action réussie

jeudi 20 novembre pour l'IUFM de Nice:


  • Aucun cours assuré sur le centre des PE
  • Nombreux enseignants de l'IUFM à la manifestation dans les rues de Nice (qui a réuni plus de 5000 personnes)
  • Participation du SNESUP IUFM à l'AG intersyndicale (plus de 150 personnes), ce qui a permis d'expliquer aux enseignants du primaire et du secondaire la réforme de la formation des maîtres (information à poursuivre, on s'en rend vite compte !)

Aucun commentaire: