dimanche 30 novembre 2008

Communique de presse du 26 novembre


Les Lilas le 26 nov 2008

Recrutement et formation des enseignants : prendre du temps pour une autre réforme

Les enseignants impliqués dans la formation des enseignants étaient fortement en grève le 20 novembre avec les autres personnels de l’éducation.

Ils protestent contre la réforme de la formation qui dégrade, affaiblit considérablement les dimensions académiques et professionnelles de la formation des enseignants, affaiblit les IUFM et dilapide le potentiel de formateurs qu’ils représentent.

Ils s’insurgent contre une réforme menée au pas de charge qui impose un bricolage des masters et des concours. La communauté universitaire exprime fortement, sous des formes diverses, son refus des délais et ses désaccords avec la réforme telle qu’elle est imposée.

Ils récusent une réforme qui permettra de supprimer des emplois de stagiaires et fait peser des menaces sur le nombre de recrutés par concours : supprimer des postes de fonctionnaires, recruter les enseignants sans le statut de la fonction publique.

Cette réforme met aussi en difficulté les étudiants qui sont dans l’incertitude et devront faire des études plus longues sans aides, ni pré-recrutements.

Elle méprise les enseignants-chercheurs, les formateurs, formateurs associés des IUFM et les maîtres formateurs du premier degré qui assurent la formation professionnelle depuis des années.

Cette « mastérisation » là n’est pas celle qu’ils réclamaient.

Pour ces raisons, la FSU et ses syndicats (SNEP -SNES- SNESUP-SNUEP-SNUipp) demandent aux deux ministres concernés :

  • une véritable formation universitaire progressivement professionnalisante suivie d’une solide formation professionnelle après le concours
  • des créations de postes aux différents concours d’enseignants et CPE, Copsy et non des recrutements de précaires
  • des aides sociales pour les étudiants et des pré-recrutements pour assurer un vivier suffisant d’enseignants
  • des coopérations entre IUFM et composantes des Universités et non des concurrences.
  • un report de la mise en place des masters à la rentrée 2010 et des nouveaux concours à la session 2011 avec des mesures transitoires pour assurer le vivier d’étudiants.
La FSU appelle les personnels à intervenir pour une formation des enseignants de qualité et à porter un message fort : ne pas investir dans la formation des enseignants est suicidaire pour l'avenir de notre école !

Amplifier la contestation du dispositif "master/concours"

En quelques semaines, des dizaines de CA d'universités, s'ajoutant aux conseils de départements, aux sociétés savantes, revendiquent avec force une vraie négociation appuyée sur un débat national pour améliorer la formation des enseignants (une dizaine de plus, la semaine dernière : Paris 13, Amiens, Chambéry, ...).

L'exigence est forte : report à 2011 de la date de nouveaux concours, dispositions transitoires favorables aux étudiants permettant un maintien des concours nationaux tous les ans, synergie des formations dans leurs dimensions scientifiques et professionnelles, articulées sur des stages reconnus et rémunérés. Elaboration concertée et non concurrentielle des parcours de formation PE, PLC, CPE.

Une rencontre avec la CPU jeudi 20, dans laquelle le SNESUP a porté ces revendications en liaison avec l'appel du 9 novembre, a illustré les blocages politiques actuels qui sont avant tout le fait des deux ministres X. Darcos et V. Pécresse. Dans le supérieur, le dispositif "mastérisation", tel qu'il est aujourd'hui conçu par le ministère, vise à accélérer l'explosion du paysage universitaire, la concurrence entre les établissements et entre les collègues... au risque assumé d'une fragilisation de nombreux champs disciplinaires.

Le SNESUP appelle donc à amplifier la résistance collective sous toutes ses formes contre ce dispositif régressif.

Opinion publique et « veille de l’opinion »

Le SNESUP condamne les opérations de surveillance de l'opinion telles que lancées (avec appel d'offre) par le MESR pour mesurer la contestation de la politique du ministère. Ces dépenses conséquentes (220.000 euros) sont une nouvelle preuve du mépris affiché par le gouvernement à l'encontre des organisations syndicales et des instances représentatives (CTPU, CNESER, ...) dans lesquelles il peut trouver un reflet très réel des avis des personnels.

Le SNESUP demande l'annulation de cet appel d'offre. Le SNESUP appelle les universitaires à faire entendre nos revendications dans les médias nationaux et locaux. Il invite à la multiplication des initiatives collectives rendant visibles les luttes en cours (rassemblements, sit in, cours publics dans des lieux publics, ...). Il invite à relayer les rares interventions syndicales publiées dans la presse nationale (Le Monde du 18 novembre et l'Humanité du 22 novembre à retrouver aussi sur www.snesup.fr).

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