dimanche 30 novembre 2008

Colères universitaires


JEAN FABBRI,

SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU SNESUP-FSU.


Pourquoi le grand débat national sur l’enseignement et la recherche est nécessaire ?

Hors champ des projecteurs si facilement focalisés sur la seule ministre de l’Enseignement supérieur, le monde universitaire s’émeut et se met en mouvement.

Ce qui indigne aujourd’hui un nombre croissant de ceux qui font et vivent l’enseignement supérieur français touche deux fois au coeur de ses missions et de ses libertés.


Lié à la prétendue réforme du lycée avancée par Xavier Darcos, aux conséquentes suppressions d’emplois d’enseignants organisées par le budget 2009, le dispositif de modification des conditions de formation et de concours pour les métiers d’enseignants du premier et du second degré bouleverse les formations universitaires.

Ce processus élaboré par les deux ministres Valérie Pécresse et Xavier Darcos, obtempérant avec zèle à une parole présidentielle, engage pour nombre d’universités l’avenir même de leurs formations (3e année de licence et cycle master) quant à leurs contenus scientifiques, leur organisation dans le temps, leur cohérence et complémentarité à l’échelle académique et nationale.

Cette réorganisation précipitée ne conduit pas à l’amélioration de la formation des enseignants qu’elle avance comme objectif. Elle met en concurrence au lieu de solidariser les dimensions disciplinaires, didactiques et professionnelles, elle jette par-dessus bord l’expérience et le potentiel des IUFM… et elle repousse au-delà de bac + 5 le premier salaire des étudiants aspirant à enseigner.

Aucun commentaire: