vendredi 17 octobre 2008

Le SNESUP - FSU réclame l’abandon du projet actuel de modification des concours.



Le SNESUP a pris connaissance du texte intitulé « Les nouveaux concours de recrutement de professeurs » mis en ligne sur le site du ministère de l'Éducation Nationale. Ce texte n’a aucun statut réglementaire ; il ne modifie donc pas les concours. Toutes les interventions sont encore possibles.


Le SNESUP fait part de ses plus vives inquiétudes concernant les points suivants:


  • Une admissibilité en fin de premier semestre de M2 et l'admission en juin transformeraient l'année de M2 en année exclusivement consacrée à la préparation des concours au détriment d'une véritable formation professionnelle. Ce pilotage de fait des masters par les concours conduirait à ce que l'essentiel des contenus de formation des masters soit étroitement lié au contenu des concours et fasse donc l'objet d'une revalidation par le concours. C'est en contradiction avec les objectifsaffichés dans le texte ministériel. Cela priverait les étudiants de réelles possibilités de réorientationsau cours du Master.
  • Les projets de concours ne prévoient aucune prise en compte des stages accompagnés ou en responsabilité. On notera l'absence de référence à l’existence des mémoires professionnels dans les épreuves.
  • La disparition de certaines matières dans les concours (EPS, musique ou arts visuels pour le Concours de Recrutement des Professeurs des Écoles par exemple, technique documentaire pour le CAPES Documentation...) entraînerait, dans les nouveaux masters, la disparition à terme de tout enseignement universitaire dans ces matières. Le tirage au sort de certaines épreuves rend la réussite aux concours particulièrement aléatoire. Le "dogme" de la réduction du nombre d'épreuves apparaît uniquement guidé par un objectif de réduction des coûts.
  • La définition de certaines épreuves provoque des lectures tellement contradictoires, qu'elle rend impossible la conception d'une préparation. De plus, la référence pour les programmes de concours est celle des programmes du primaire, des collèges et des lycées d’une part, de la licence d’autre part. Par conséquent, ce texte ne répond ni à la question « Comment élaborer de vrais masters ? », ni à une réelle élévation de la qualification.
  • On peut s'inquiéter de l'importance du coefficient de l'épreuve d'admission « Connaissance du système éducatif ».
  • Pour la première fois, des personnes extérieures au système éducatif, qualifiées de « membres de la société civile », feraient partie du jury de recrutement des fonctionnaires de l'éducation nationale.
  • A la marge de ces textes, figure le maintien de l’agrégation qui semble conçue par le ministère comme un moyen de creuser la différentiation entre les établissements universitaires dans le cadre concurrentiel de la loi LRU ; dispositifs visant à concentrer les moyens de recherche sur quelques sites et à maintenir les autres (limités au niveau L ?)° dans un rapport affaibli à la recherche.

Plus largement le SNESUP déplore l'absence persistante de tout engagement ministériel sur le maintien du recrutement par concours national - avec un nombre de postes correspondant aux besoins - comme le mode normal d'accès au métier d'enseignant dans le service public d'éducation.
Le SNESUP demande l'abandon de ces projets de concours et la mise en place, dans la transparence, de groupes de travail intégrant l'ensemble des acteurs de la formation, pour l'élaboration concertée de nouveaux projets de concours et d'un cadrage national des masters.


2 commentaires:

Anonyme a dit…

Je suis personnellement très choquée de la place d'un recrutement en M2.

Que conseiller à un jeune de terminale qui souhaite devenir professeur des écoles.
"Fait un master et peut être qu'avec un peu de chance, si le concours existe encore et si tu es sélectionné tu pourras être enseignant."

Il me semble que cela fait vraiment beaucoup trop si...

Ne risque-t-on pas de perdre une population initialement motivée par le métier d'enseignant qui va se tourner vers des écoles dont le recrutement se fait beaucoup plus tôt ( para-médical, commerce...) ou des formations qui débouchent sur un métier ( IUT, BTS)!

Que faire si un jeune ne reussit pas ce concours après un master de math, svt, histoire-géo....je doute fort qu'un débouché puisse être offert à tous...et c'est très mesquin

Webmaster a dit…

Il y aura cinq barrières pour devenir enseignent
* Entrée en M2 : il faut 14 au mémoire de M1 pour entre en M2(en juin année n-1)
* Admissibilité au concours (en janvier année n)
* Admission au concours (en janvier année n)
* Obtention du M2 (année n)
* Titularisation(année n+1)

On peut penser que 20% de plus que le salaire minimum, beaucoup préféreront faire un autre métier.