dimanche 12 octobre 2008

Etats généraux de la formation (2)



Travail en atelier

L'IUFM Midi Pyrénées était représenté par huit formateurs.

Chaque discussion thématique a fait l’objet d’une présentation préparée collectivement par les organisations appelantes. Les contributions sont toujours disponibles. L’objectif est de se centrer sur des propositions alternatives, identifier les espaces dans lesquels des transformations peuvent s’opérer. Les collègues porteurs de discussions collectives sont intervenus.

  • Comment favoriser la démocratisation de l’accès au métier d’enseignant pour tous (aide, pré recrutement, carte des formations…) ?

  • Comment prendre en compte l’unité et la diversité du métier enseignant

  • Repenser le « disciplinaire » dans le cadre de la formation des enseignants. Quelles articulations entre disciplinaire universitaire et disciplinaire scolaire, entre disciplinaire, transversal et professionnel ?

  • Quelle place de la recherche – notamment en didactique - dans la formation ?

  • Quelle formation professionnelle pour les enseignants (alternance, articulation stages, apports théoriques et analyse de pratiques professionnelles, limites du « compagnonnage », relations avec les jeunes, relations famille/école, relations avec les partenaires) ?

Les nombreux participants ont dépeint des situations assez variables selon les académies, IUFM intégré à une université ou non, réflexion collective avec d’autres universités ou pas, sollicitation des formateurs dans certaines, position d’attente dans d’autres, mais, partout, la réflexion sur les mastères professionnels destinés à la formation des enseignants est engagée. La situation est diverse selon les IUFM : certains pensent mettre en place des masters de dicipliniares avec une coloration "enseignement", d'autre comme l'IUFM Midi Pyrénes sont surla ligne d'un master "métiers de l'enseignement" dans le cadre du PRES.

Philippe Meirieu formule trois propositions
  1. Abandonner le vocabulaire de préprofessionnalisation et parler désormais de modèle simultané de formation professionnelle sur 5 ans (L1, L2, M1, M2, et formation continue)
  2. Dans ce modèle simultané, les étudiants connaîtraient une implication progressive dans des situations de travail réelles diversifiées et collectives avec les élèves, de l’observation à l’intervention en responsabilité ; ces situations seraient vécues en groupes pluriniveaux et pluridisciplinaires.
  3. Développer dans les mastères de haut niveau disciplinaire une culture pratique et théorique sur la transmission et l'appropriation des savoirs.
  • Quels formateurs (diversité, lien avec la recherche, lien avec le terrain) ? Quelle place pour la recherche en éducation ?

La thématique a attiré en nombre des formateurs du premier degré, mais ceux du second degré, tant général que professionnel, sont venus aussi, inquiets pour l'avenir de leurs métiers, soucieux de porter leur expérience singulière dans le maelström de la réforme qui semble tout balayer sur son passage. Formateur à Versailles, issu du monde professionnel.

M. Ruben croit à la diversité des regards des formateurs, aux expériences multiples, à la dimension professionnelle des formateurs de terrain. Une professeur d'école, maître-formateur, insiste sur ce qu'apporte aux stagiaires PE son expérience dans les écoles de Réseau Ambition Réussite (ex-ZEP), et veut croire qu'elle peut acquérir une reconnaissance de ses compétences de formateur d’adulte, qui risque de disparaître de la formation "si on se tient au recrutement strictement universitaire". ....

Un professeur de l'ENS Cachan demande à la salle ne pas réagir sans recul, de revenir sur ce qui n’a pas été bien fait par les IUFM. Il pose une mine qui fait frémir la salle : "Le métier de formateur n’existe pas" : pour lui, la professionnalisation du métier d’enseignant implique que celui qui forme les enseignants soit un pair issu du terrain. Il n'est donc pas sûr qu’on puisse faire de la "formation de formateurs", mais demande plutôt de chercher ce que serait une "formation professionnelle supérieure", qui doit allier des universitaires et des représentants du terrain professionnel "actifs sur le terrain" (pose le problème des parcours des personnes). Il ose un dernier propos incongru : "Est-ce un métier d’universitaire que d’être formateur d’enseignant ?


  • Quel avenir des IUFM et de leurs personnels (enseignants, BIATOSS) dans le nouveau dispositif de formation initiale et continue ? Avenir des sites départementaux et aménagement du territoire.

  • Quelle articulation entre formation, master et concours ? Quel avenir dans le cadre d’un recrutement de fonctionnaires d’Etat par concours ?



Synthèse des ateliers


Claire PONTAIS

Chargée de la difficile mission de synthétiser en peu de temps les travaux de sept ateliers au cours desquels les points de vue sont loin d'avoir été consensuels, Claire Pontais, du SNEP, montre une pointe d'humour : " On sait que nous sommes d'accord sur le fait que tous les futurs enseignants aient une "bonne formation", mais au-delà, les consensus sont difficiles à trouver.

Elle prend donc le parti de limiter sa synthèse à une problématisation, présentant ce qui, dans chaque atelier, a fait consensus, et relevant un élément qui continue de faire débat...

Dans un atelier, la question de la démocratisation de l'accès au métier d'enseignant était au menu. En effet, nombreux sont ceux qui pensent que l'élevation à cinq ans minimum du cursus de formation nécessaire pour présenter le concours n'éloigne encore les enfants des ouvriers et employés. Un point d'accord a été facile à trouver : plutôt que de prévoir des bourses au mérite, le ministère doit mettre en place des allocations et pré-recrutements.





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