dimanche 12 octobre 2008

Etats généraux de la formation (1)



Simone Bonnafous



En tant que présidente de l'université de l'université paris XII, Simone Bonnafous rappelle la position de la Conférence des Présidents d'Université (CPU), favorable à l’intégration de la formation des enseignants dans l’Université "au nom des missions traditionnelles du service public de l’Université".


Simone Bonnafous insiste sur la collaboration étroite existant entre la conférence des directeurs d’IUFM et la CPU. Les prises de position communes insistent sur la nécessité de conventions précises entre les universités et les IUFM intégrées.


Philippe Meirieu


"ne pas défendre l'existant sans regarder ses insuffisances"

Pour poser les principes de la formation des enseignants, il faut définir le rôle du professeur. Pour Philippe Meirieu, "les débats entre tenants des savoirs et de la pédagogie ne datent pas d’hier, et nous marquent toujours en France de manière surréaliste" : les intellectuels sont sommés de trancher de manière radicale, sans pouvoir toujours nuancer. Depuis le ministère de Luc Ferry, la volonté revancharde de rupture avec la loi de 89 a souvent été affichée. "

On est frappé de constater l’incompétence, parfois plus que la malveillance, de certains responsables, incapables de se représenter la complexité de la gestion d’une classe ou d’un établissement scolaire".
Face aux dangers qui nous menacent Phillippe MEIRIEU énonce trois exigences peuvent guider l’action et l’implication de tous dans le processus en cours :
  1. Il faut concevoir la formation des enseignants comme un continuum qui s’étend de la première année d’université à l’ensemble des dispositifs de formation continue. Dans ce cadre, la formation initiale d’un professeur ou d’un conseiller principal d’éducation doit, comme celle d’un médecin, être conçue sur sept années : trois années de licence comportant, à côté des enseignements disciplinaires, des apports et travaux pratiques centrés sur les conditions nécessaires à l’exercice du métier (de la maîtrise de la langue à la gestion de la classe, de la connaissance de l’institution scolaire à celle des TICE, etc.) ; ensuite deux années de master centrées sur toutes les questions relatives à la transmission des savoirs à enseigner ; deux années d’accompagnement,enfin, lors de la prise de fonction pour permettre la construction d’une véritable pensée réflexive sur le métier… Ainsi la France passerait d’une formation en modèle « successif » à une formation en modèle « simultanée », comme cela paraît souhaitable à la quasi totalité des experts.
  2. Il faut que, tout au long de leur formation initiale, les étudiants puissent s’impliquer progressivement dans des actions auprès des élèves : à travers des stages d’observation, de pratique accompagnée, puis en responsabilité dans des contextes divers. Il faut que ces stages soient l’occasion d’expérimenter le travail en équipes homogènes et hétérogènes (intercatégorielles et interdisciplinaires). Il faut, enfin, absolument, que ces stages soient l’objet de travaux de reprise systématique, avec des formateurs, et que les modèles théoriques proposés permettent de mieux comprendre les enjeux et les exigences du métier.
  3. Il faut, enfin, adosser l’ensemble du dispositif à un développement de la recherche en éducation sur le processus enseigner/apprendre et les questions afférentes à la transmission. Dans ce cadre, le « coeur du métier », qui doit guider l’ensemble du travail formatif, ne peut se concevoir ni autour de la seule maîtrise des savoirs académiques, ni dans la seule étude des conditions institutionnelles, organisationnelles et méthodologiques de l’enseignement. Le coeur du métier est bien « la transmission des savoirs »… au nom du principe simple que, si l’on enseigne toujours quelque chose, on l’enseigne toujours à quelqu’un.
Désolé : A notre grand regret, nous n'avons pas de vidéo de l'intervention de Philippe MEIRIEU


Philippe Perrenoud


"se battre sur l'essentiel"

Si le chercheur suisse précise que les problèmes à affronter ne sont pas limités à la France (il en sait quelque chose avec le brutal retour en arrière que vient de connaître la Suisse…), il précise "que n’est pas parce que nous sommes en danger qu’il faut cesser de penser, rester campés sur le statu-quo"





  • lire la suite sur le café pédagogique


Bernard Cornu

premier président de la conférence des IUFM

retour sur le passé récent...


A partir des conclusions du rapport Bancel, la création des IUFM s'était appuyée sur la mission des enseignants, telle que définie par la loi de 89, à un moment où on craignait une pénurie d’enseignants : recruter plus, former mieux. "Il fallait contribuer à rendre visible le chemin qui mène au milieu enseignant". Le corps des professeurs des Ecoles a revalorisé les enseignants du premier degré. (lire le complément sur le café pédagogique)



"Dans les vingt dernières années, nous avons été, parmi les pays d’Europe, ceux qui ont pris le plus de retard : nous en avons parlé, d’autres l’ont fait… Nous manquons cruellement de l’inscription de nos propres travaux et points de vue dans l’espace international."



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