jeudi 2 octobre 2008

Contribution du collectif-crise aux états généraux de la formation




Le collectif crise de l'IUFM Midi Pyrénées sera représenté aux états généraux de la formation de maîtres par
  1. Marie France CARNUS
  2. Philippe DEBAECKER
  3. Françoise ESTAQUE
  4. Jean François GRELIER
  5. Jean Pascal SAGET
  6. Patrick SICRE
  7. Christian VALADE.

Les notes pour les contributions de l'IUFM sont présentes ci-après. Merci de laisser un message complémentaires aux collègues qui ont accepté de faire le déplacement.

Axe 1 : Comment favoriser la démocratisation de l’accès au métier d’enseignant pour tous (aide, pré recrutement, carte des formations…) ? Comment prendre en compte l’unité et la diversité du métier enseignant ?

Le maintien d'une rémunération de la formation des futurs enseignants·
  • Actuellement, la cinquième année après le baccalauréat qui correspond à la formation professionnelle est une année rémunérée. Supprimer cette rémunération, c'est de fait réserver l'accès au professorat aux étudiants socialement les plus favorisés. (Ceci aggrave la distance culturelle entre les maîtres et les élèves).

Axe 2 : Repenser le « disciplinaire » dans le cadre de la formation des enseignants. Quelles articulations entre disciplinaire universitaire et disciplinaire scolaire, entre disciplinaire, transversal et professionnel ? Quelle place de la recherche – notamment en didactique - dans la formation ? Françoise Estaque

Pourquoi une école universitaire et professionnelle ?

PLC :
  • Il ne faut pas séparer universitaire et professionnel : les deux nous concernent, les IUFM ont toujours été universitaires, et cette dimension est renforcée par l’intégration comme école professionnelle. Le modèle des IUT est là pour nous indiquer qu’il est très possible de faire valider des diplômes par des composantes professionnelles, où d’ailleurs, comme dans l’IUFM, les PRAG et PRCE jouent un rôle essentiel. Voir aussi l’exemple de l’ENS à Lyon.
  • Cela signifie que l’IUFM a toute légitimité pour délivrer des masters liant formation académique, formation professionnelle et concours : il ne faut ni les renvoyer à la tâche de simple gestionnaire et accompagnateur de stage, ni sous prétexte d’intégration universitaire, les priver de leurs dimensions de terrain.
  • Cela dit, les situations sont très variables selon les disciplines, en particulier selon la présence et le nombre d’enseignants-chercheurs appelés à valider les diplômes de master, les relations avec les instances de l’université de rattachement, appelées à accepter ces maquettes, les relations avec les UFR et les universités partenaires.
PLP

Constats :
  • Il n’existe pas de licence ou de master qui répondent aux exigences des enseignements professionnel et technique, notamment pour l’adaptation de l’enseignant à des publics divers, difficiles et complexes.
  • Recrutement des enseignants : il n’y a pas de reconnaissance à bac+3 pour certains diplômes nécessaires aux PLP : infirmière, conseiller ESF, coiffure, carrosserie… (bac +2 ou -)
  • Pas de financement de la préparation au concours car formation pas diplômante pour l’instant.
Propositions :
  • Pour un cadre général professionnalisant le même pour tous les enseignants : avec un statut commun mais une pédagogie plurielle.
  • Pré-recrutement en fin de L3.
  • Remise à niveau en L3, initiation au métier d’enseignant et possibilités de financement.
Quels contenus, pour quelles compétences dans un Master professionnel M1 et M2 (Master des métiers de l'enseignement et de l'éducation) ?

PLP :


Comment intégrer l’aspect recherche dans le cadre d’un master ?
  • Le lien avec la recherche est indissociable du niveau master. On ne peut s’en tenir ni à une recherche purement académique, ni à une recherche purement didactique.
  • L’initiation à la recherche académique fondamentale est une nécessité pour que les futurs enseignants puissent avoir pratiqué une discipline vivante (et pas seulement un corpus de connaissances datées), pour être à même d’adapter leur enseignement aux évolutions épistémologiques de leur discipline. Elle est aussi nécessaire à une possible poursuite d’étude en thèse.
  • L’initiation à la recherche pédagogique ou didactique est tout aussi indispensable pour trouver un minimum de recul par rapport à la pratique enseignante, adopter un point de vue critique et évolutif sur l’enseignement que l’on fait. Cet aspect doit pouvoir lier ce que travaille actuellement l’IUFM dans l’épreuve orale sur dossier et à travers le mémoire professionnel.
  • C’est à travers la combinaison de ces deux aspects que l’on obtiendra une initiation satisfaisante à la méthodologie de la recherche et à l’épistémologie de la discipline.
Quelle part de tronc commun et de disciplinaire ?
  • Nécessité d’une approche interdisciplinaire des thèmes du style « éducation à » la santé, à l’environnement, à l’égalité filles garçons, à l’éducation civique et sociale, à « école et société », histoire et sociologie de l’éducation.
  • On peut donc envisager un tronc commun, d’une part dans les modules de licence axés vers l’orientation, le choix d’une filière enseignante particulière ; d’autre part en M1, autour de modules communs (si possibles liés au concours) autour desquels devraient s’articuler les stages d’alternance, les modules de recherches.
La question de l’approfondissement des connaissances disciplinaires

  • Comment s’insérer dans les parcours universitaires ?
  • Outre la recherche, nous serons amenés à apporter des compléments de culture générale liés aux contenus des enseignements scolaires (qui sontparfois en contradiction avec la recherche, cf. les maths…).
  • Pour autant nous cherchons à éviter un simple bachotage en vue d’un concours (c’est le concours qui pilote la formation)
PLP

4 volets :
  • disciplinaire,
  • didactique disciplinaire, pédagogie et sciences humaines
  • Contexte au lieu de connaissance du public plutôt que du système éducatif ,
  • expérence par la pratique (stages)
Adaptation des contenus disciplinaires aux contenus des programmes d’enseignement en lycée (pas au concours et pas en filière universitaire).


Axe 3 : Quelle formation professionnelle pour les enseignants (alternance, articulation stages, apports théoriques et analyse de pratiques professionnelles, limites du « compagnonnage », relations avec les jeunes, relations famille/école, relations avec les partenaires) ? Jacques Raymond

Les principes


Nous avons dégagé plusieurs principes qui régissent les stages dans une formation professionnelle.
  • Principe 1 : Dans le cadre d'une formation professionnelle, le contact avec « le terrain », la pratique, l'intervention est une nécessité incontournable. De ce fait nous préconisons un stage en M1 et un en M2.
  • Principe 2 : L’expérience de la pratique s’acquiert par une organisation en biseau du stage durant l’année de M2 ; stage de type pratique accompagnée en septembre, stage de type responsabilité totale en mai-juin.
  • Principe 3 : La pratique (sous forme de stage) n'est pas une application de la théorie. Cette vieille conception scientiste perdure malheureusement encore trop souvent.
  • Principe 4 : L'articulation préconisée entre formation et stage suit plutôt le modèle « pratique – théorie- pratique « . Cela signifie que de nombreux apports théoriques de la formation (pas tous), doivent se faire en réponse à des problèmes rencontrés lors de l'intervention. Ce principe accentue la cohérence de la formation et son individualisation. Le rôle des apports théoriques dans une telle organisation va être de :
  • donner des repères
  • permettre de nommer les expériences rencontrées
  • permettre l'analyse de pratique
  • faciliter l'utilisation d'un langage commun « formateurs - formés
  • Principe 5 : La formation en M2 s’articule autour du cahier des charges de la formation de maîtres. L'existence du cahier des charges des compétences attendues, nécessite des apports incontournables, qui même si certains problèmes ne sont pas rencontrés sur « le terrain » devront avoir lieu : par exemple une information sur l'épistémologie de la discipline, une réflexion sur l'échec scolaire ou le traitement de l'hétérogénéité. « Le métier inclut les pratiques mais ne s'y résume pas. »



Quel statut ? Quelle liaison avec les enseignants du terrain ? Quelles limites du compagnonnage ?

Dans la mesure du possible, la co-présence problèmes rencontrés – savoirs théoriques est souhaitée, même si avec MALGLAIVE (1990) nous savons que les « les références théoriques ont un statut particulier : si elles aident à la conception, elles n'entretiennent pas de rapports opératoires avec les pratiques. » Elles joueront d'autant plus leur rôle de repérage, d'étiquetage, de mise en ordre qu'elles seront « distribuées »au moment opportun.


Précisions sur le contenu du stage lui même et conséquences sur la formation.
  • Si le stagiaire intervient dans sa discipline, lors du stage, il devra également se former et s'intégrer dans une équipe pluridisciplinaire (cf cahier des charges : savoir travailler en équipe). La connaissance du contexte (voir la 3eme catégorie de savoir sera sollicitée), par exemple la connaissance du sens spécifique que diverses discipline accorde à un même mot : EX hypothèse ou inverse.
  • Le stagiaire devra connaître le vécu des élèves. Nous préconisons pour cela qu'un stagiaire suive une journée entière de cours d'un élève.....
  • Les visites ne doivent pas être évaluées d'un point de vue institutionnel, pour garder leur caractère formatif.Le temps de stage doit être conséquent pour permettre l'élaboration et la mise en jeu de compétences stabilisées.
  • Nous préconisons un stage en M1 et un en M2 (durée à préciser).On pourrait avancer M2 : 300 heures, M1 : 50 heures.
  • Evaluation du stage Il nous semble nécessaire de garder une évaluation des compétences du stagiaire dans l'inter-action. Aussi nous proposons que cela soit fait à la demande du stagiaire, quand il se sent prêt, dans une période délimitée bien entendu, en utilisant l'outil portfolio.
AXE 4 : Quels formateurs (diversité, lien avec la recherche, lien avec le terrain) ? Quelle place pour la recherche en éducation ? Claude CHALOUPY

Toute construction d’un master implique de définir et de prendre en compte la dimension « Recherche » tant au niveau de l’initiation que de la participation des étudiants.

Quels axes de recherche seraient les plus propices pour l’option « métiers de l’enseignement et de la formation » ?

  • Il est fondamental de préciser les grands champs conceptuels tels la méthodologie, l’épistémologie, les rapports aux savoirs…
  • Il faudra spécifier les modalités de travail (mémoires, ateliers, séminaires et conférences) et d’évaluation (référentiel de compétences professionnelles)
Compte tenu de la diversité des statuts des enseignants-formateurs et de leurs terrains d’application, la mise en œuvre d’activité de recherche est questionnée.

  • Il faut donc prendre en compte la diversité des statuts (CPE, PE, PRCE, PRAG, PLP, MCF, PU) et penser les structures de recherche qui permettront de les accueillir dans de bonnes conditions.
  • Au-delà des questions de structures d’accueil, Quel dispositif (à inventer) induirait une convergence des recherches issues des différentes disciplines des formateurs pour aborder les questions spécifiques de l’enseignement et de la formation ?.O npeut penser par exemple, à des modalités d’appel d’offre pour constituer des équipes pluridisciplinaires, mais d’autres solutions sont possibles)
Pour terminer, l’école intégrée doit mettre en œuvre une politique de recherche universitaire.
  • Cette politique universitaire doit être facilement identifiable.
  • il sera nécessaire de préciser les moyens humains et financiers, de réfléchir aux différentes collaborations tant internes qu’externes et de prévoir une reconnaissance institutionnelle de ces actions.
  • Cette politique de recherche est le gage d’une amélioration permanente de la formation des enseignants.

Axe 6 : Quelle articulation entre formation, master et concours ? Quel avenir dans le cadre d’un recrutement de fonctionnaires d’Etat par concours ? Isabelle Jourdan

Points soulignés :
  • Complémentarité entre Master et concours pour éviter la redondance.
  • Master "Education et formation" qui intègrerait également la formation des formateurs.
  • Continuité L3 M1 M2
  • Des stages pratiques en "biseau" : observation en L3, pratique accompagnée en M1, en "responsabilité" en M2. Une visite en fin de M2 pour valider le Master.
  • Années M1 et M2 avec un module à géométrie variable pour prendre en compte les parcours différenciés de L1 L2 L3
  • Prendre en compte la spécificité des PE (polyvalence disciplinaire) et des "CAPET" (monde du travail).
  • Le mémoire professionnel de M2 est un mémoire de recherche (équivalent à l'actuel DEA), et rend compte d'une problématique professionnelle. Il est en continuité avec un 1er mémoire professionnel élaboré en M1 qui fera partie du MP de M2. (La rédaction de ce mémoire professionnel de recherche est donc à concevoir sur 2 ans).
4 volets d'enseignement pour le master :
  • Savoirs disciplinaires
  • Didactique
  • Système éducatif
  • Stages pratiques et analyse de pratique, dont les contenus sont à définir par exemple, la psycho de l'ado, les théories de l'apprentissage, la motivation …

Les épreuves du concours seraient :
  • Un écrit disciplinaire et didactique
  • Un oral type oral de leçon de l'agrégation actuelle
  • Un 3° écrit qui pourrait prendre la forme d'un QCM sur le système éducatif Nous avons posé la question des équivalences ouvrant le droit à passer le concours.

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