jeudi 30 octobre 2008

Sondage : 69% des français approuvent la mobilisation nationale des enseignants


Sondage : la mobilisation de l'éducation approuvée

(paru dans nouvelobs.com de 24 octobre 2008)

Plus des deux tiers de la population française (69%) approuvent la mobilisation des enseignants, prévue le 19 octobre à Paris, contre la réforme de l'Éducation Nationale.



69% des Français approuvent la mobilisation nationale des enseignants de l'Éducation Nationale, selon un sondage IFOP pour dimanche Ouest-France à paraître dimanche 19 octobre. Selon plus des deux tiers de la population, les protestations contre les réformes et les suppressions de postes sont compréhensibles.

27% des personnes interrogées estiment que la mobilisation prévue dimanche à Paris est "justifiée", et 42% la jugent "plutôt justifiée". La manifestation entend demander au gouvernement d' "investir dans l'éducation Nationale" au lieu de supprimer des emplois. Néanmoins, 31% des sondés n'approuvent pas le mouvement et le considère comme "injustifié" (16% le jugent "pas du tout justifié" et 15% "plutôt pas justifié").


La mort des humanités



William Marx : la révolte gronde dans les universités.


Les uns après les autres, leurs conseils d'administration votent à l'unanimité des motions de protestation. Lyon-III, Paris-III, Paris-IV, Bordeaux-III, Caen : la liste s'allonge jour après jour. Ce que ni la loi sur l'autonomie ni la réforme du CNRS n'ont réussi à faire, la réforme des concours de recrutement du secondaire l'a finalement obtenu : une résistance généralisée aux diktats du ministère.

Le problème est d'abord celui du calendrier. Depuis plus d'un an, les universités croulent sous les réformes successives à absorber : autonomie, élections internes, plan licence, statuts des personnels, etc. Elles ne cessent de tout défaire et de tout refaire, mois après mois, pour complaire au ministère. Jamais elles n'ont subi autant de dirigisme technocratique que depuis qu'on a voté leur autonomie de façade.

Or, voici que le ministère leur demande, sur un coup de tête, de refaire en urgence la plupart de leurs diplômes de master, à une période où les universitaires sont débordés par les tâches de toute sorte et ne trouvent plus le temps de faire de la recherche, qui relève pourtant de leurs missions fondamentales. Ils en ont assez de marcher comme de petits soldats. Trop, c'est trop. Voilà une première raison du niet.
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lundi 27 octobre 2008

3000 professionnels de RASED supprimés



Des milliers d'élèves en difficulté sur le carreau


Non à la suppression pure et simple de 3000 professionnels (postes E et G) des Réseaux d'Aides Spécialisées aux Élèves en Difficulté !

Cette mesure va priver des dizaines de milliers d'élèves des aides spécialisées, qui ne ouvriraient plus tout le territoire, et conduira à terme à la suppression des RASED.

La brutalité de cette décision vient souligner la contradiction d'une politique ministérielle qui prétend faire de la lutte contre l'échec scolaire une « priorité. » La mise en place des deux heures d' « aide personnalisée » ne peut se substituer au travail effectué dans le cadre des Réseaux d'Aides, qui ont été créés pour répondre aux besoins particuliers des élèves en difficulté.

Nous exigeons le maintien des aides spécialisées proposées par le dispositif des RASED et ses trois catégories de professionnels titulaires de diplômes spécifiques (maître E, rééducateur et psychologue de l'éducation nationale).

Nous exigeons l'abandon de la suppression des 3000 postes.

Nous demandons l'ouverture immédiate de discussions sur le devenir et le développement des Réseaux d'Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté.


  • Pétition à l'initiative de : SNUipp FSU SGEN-CFDT SE-UNSA SUD éducation SNUDI FO SMedEN FO FNAME FNAREN AFPEN FERC-CGT
  • Organisations soutenant cette initiative : AVENIR-ECOLES CRAP AGSAS ICEM UDAS
"Les 3 000 suppressions annoncées de postes spécialisés E et G priveraient150 000 élèves d'une aide spécialisée et de nombreuses écoles de toute intervention d maîtres spécialisés. Cette mesure risque de conduire à terme à la suppression des RASED.

La confusion entretenue par le gouvernement entre la mise en place des deux heures d' « aide personnalisée » et le travail effectué dans le cadre des RASED montre la volonté du ministère d'en finir à terme avec l'existence des réseaux d'aide spécialisée."

C’est pour répondre aux besoins particuliers de tous ces élèves qu’ont été créés les Réseaux d’Aides Spécialisées aux Élèves en Difficulté (RASED), dont la mission est d’assurer, sur le temps scolaire, et en étroite collaboration avec les parents, les enseignants et les partenaires extérieurs, la prévention de l’échec scolaire.

Le RASED est constitué de trois catégories professionnelles :-
  • Les enseignants spécialisés chargés de l’aide pédagogique,
  • les enseignants spécialisés chargés de l’aide rééducative (les rééducateurs),
  • les psychologues. (cf. : circulaire 2002-113)
Il permet une analyse approfondie des difficultés de l’élève tant comportementales que scolaires et recherche avec l’équipe enseignante, des réponses différenciées les plus adaptées aux situations particulières : l’aide pédagogique, l’aide rééducative, le suivi psychologique, les entretiens avec les enseignants et les familles.

Mais au plan national, les Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté sont menacés,
  • dans leurs moyens par une diminution inquiétante du nombre de postes spécialisés.
  • dans leur renouvellement par l’insuffisance de départs en stage.
  • dans leur fonctionnement puisque de nombreux RASED sont incomplets et ne peuvent proposer aux élèves ces aides différenciées qui en garantissent sa cohérence et son efficacité.

vendredi 24 octobre 2008

Motion présentée au Conseil Transitoire de l’IUFM Midi- Pyrénées du 24 octobre 2008



Pour un élève apprendre, ce n’est pas simple. Pour un enseignant « apprendre à apprendre », ne l’est pas non plus. Les enjeux de la formation des enseignants sont à la hauteur des ambitions que la société donne à l’école. La formation est un investissement pour l’avenir.

En ce sens la circulaire du 17 octobre dernier relative à la «campagne d'habilitation de diplômes de master pour les étudiants se destinant aux métiers de l'enseignement rentrée universitaire 2009 », et la maquette des concours, ne nous semblent pas répondre à ces enjeux.

Si le projet de mastérisation s’appuie en positif sur le cahier des charges de la formation et
prend en compte dans ses principes la nécessité d’aller-retour entre terrain et formation, il nous semble dommageable que le cœur du métier d’enseignant ne soit pas la base de définition des nouveaux cursus. De plus, l’articulation concours-master telle qu’elle est définie actuellement ne correspond pas aux nécessités d’une réelle professionnalisation avant la prise en charge d’une classe en pleine responsabilité.

Le Conseil Transitoire de l’IUFM-MP ne peut se satisfaire d’un calendrier insensé qui oblige l’ensemble des universités et des acteurs concernés à concevoir, dans l'urgence, des maquettes de masters sans pouvoir prendre le temps d'une réflexion concertée à la hauteur des enjeux et des exigences d’une véritable formation professionnelle des enseignants et des CPE. Il rappelle la place incontournable que doit tenir l’école interne de formation des enseignants dans cette réflexion. Il s’inquiète fortement qu’à aucun moment, cette circulaire ne mentionne le rôle et les fonctions des écoles universitaires professionnelles que sont les IUFM dans la formation aux métiers de l’enseignement et de l’éducation.

Le Conseil Transitoire de l’IUFM-MP réaffirme son attachement aux épreuves professionnelles dans le cadre de concours nationaux de la fonction publique. Le Conseil Transitoire de l’IUFM-MP demande à nouveau que le processus de conception des maquettes fasse l'objet d'un moratoire et d’un nouveau cadrage national. Il juge également urgent que des mesures transitoires, pour les étudiants qui préparent actuellement les différents concours d’enseignement, soient prises et annoncées.

  • Un refus de vote
  • Contre : 3 voix
  • Pour : 19 voix

jeudi 23 octobre 2008

Mastérisation et concours : motion université de Tours



Motion proposée à l'initiative de Jean FABBRI SNESUP


Le Conseil d’Administration de l’Université de Tours réuni en séance plénière le 20 octobre 2008, déplore solennellement les conditions dans lesquelles est mise en œuvre la réforme de la formation des enseignants.

Il proteste contre un calendrier qui oblige l’université à prévoir pour 2009-2010, dans la précipitation, l’application d’une réforme des concours dont le contenu n’est toujours pas officiel à ce jour. Il s’oppose à toute réforme qui aurait pour effet de réduire dans la formation et les concours la part des savoirs disciplinaires en vue d’un allègement des épreuves qui ne fera qu’abaisser le niveau de formation des futurs enseignants, en contradiction totale avec l’objectif affiché par la « mastérisation ».

Il rejette l’idée de concours déclinés en « épreuves régionales » pour le recrutement des professeurs des lycées et collèges, ce qui serait contraire au principe, réaffirmé par le Ministère, de concours nationaux.

Il soutient l’action menée par les instances de l’université pour construire, en concertation avec l’université d’Orléans et son école interne l’IUFM, des masters qui concilient au mieux la nécessaire formation professionnelle au métier d’enseignant et les exigences d’un haut niveau de formation scientifique. Il demande au ministère un délai de concertation pour une régulation disciplinaire et nationale mesurant l’impact de la mastérisation sur l’ensemble des masters.

  • Votée à l'unanimité moins une abstention.

Cadrage des masters (texte ministériel)



Campagne d'habilitation de diplômes de master pour les étudiants se destinant aux métiers de l'enseignement - Rentrée universitaire 2009



L'amélioration de la formation des personnels enseignants, la revalorisation de leur métier et la prise en compte des recommandations européennes constituent les objectifs fondamentaux du nouveau mode de recrutement et de formation au niveau master.

Pour répondre à cet enjeu majeur, il importe que les universités puissent avoir la possibilité d'adapter leurs offres existantes dés la rentrée universitaire 2009-2010. C'est l'objet de la présente campagne qui va vous permettre de concrétiser les réflexions engagées au sein de vos établissements sur ce théme et de déposer vos projets dans des délais compatibles avec la mise en place des nouvelles formations à la prochaine rentrée.

Dans le cadre de cette campagne exceptionnelle, trois points sont plus particuliérement à prendre en compte:
  • En premier lieu, les cursus actuels, notamment les masters, devront s'adapter à la formation des futurs enseignants en prévoyant une préparation effective à leurs métiers par des pratiques encadrées incluant des stages.
  • Pour autant, dans la progression vers le master, la construction, par les établissements, de l'offre de formation en vue des métiers de l'enseignement devra éviter que la préparation aux concours de l'Éducation Nationale en constitue l'unique objectif, plaçant ainsi l'étudiant dans une impasse en cas d'échec ; il convient donc de veiller à ce que les formations offertes constituent des masters au sens plein du terme, répondant au double objectif de préparer les étudiants au doctorat et de leur offrir un parcours qualifiant et professionnalisant de haut niveau leur permettant d'accéder à des métiers divers.
  • Par ailleurs, à l'heure où la recherche, donc le doctorat, sont des priorités, il importe que ce mode de « masterisation» ne réduise pas, au moins dans certaines disciplines, le vivier des chercheurs appelés à poursuivre formation et recherche au-delà du master.
Pour chaque établissement, la construction de formations adaptées à ce nouveau contexte devra ainsi obéir à un certain nombre de principes.

Principes généraux


Tous les masters donnent accès aux concours de recrutement des enseignants du 1° degré, du 2°degré et des conseillers principaux d'éducation. Néanmoins, les établissements peuvent proposer une offre de formation adaptée à ces débouchés professionnels, qui sera construite dans le respect de cinq principes indissociables:

  1. Dans le cadre de la loi LRU, les établissements d'enseignement supérieur ont la pleine responsabilité de leur offre de formation qui s'appuie sur leur potentiel scientifique et pédagogique. Toutefois, il importe que l'offre de formation soit pensée en pleine concertation à l'échelle des académies, dans une logique de politique de site: il est entendu qu'il ne s'agit pas d'aboutir à concentrer la préparation en un seul lieu ni d'imposer des co-habilitations, mais de faire jouer les compétences complémentaires et la cohérence de l'offre régionale de formation.
  2. Cette offre respectera les règles fondamentales du LMD, notamment la progressivité des spécialisations et la possibilité offerte à chaque étudiant - y compris en cas d'échec aux concours - d'adapter son cursus en capitalisant ses acquis. La lisibilité de l'offre de formation pour l'étudiant doit être une priorité.
  3. Il ne saurait y avoir de master sans une authentique formation par la recherche.Cette formation visera d'une part à permettre au futur enseignant une lecture informée et critique des travaux de recherche susceptibles d'éclairer sa pratique, dans son domaine disciplinaire de compétence ou dans les domaines scientifiques qui peuvent avoir une pertinence pour les questions d'éducation, d'autre part à permettre une initiation à la recherche impliquant chaque étudiant.
  4. Compte tenu des missions qui incomberont aux futurs enseignants, les formations ainsi proposées obéiront à un équilibre, modulable selon les carrières et les missions envisagées, entre 4 ou 5 composantes : la culture scientifique (disciplinaire ou pluridisciplinaire); un réel savoir faire expérimental pour les sciences qui le requièrent; l'initiation à la recherche, y compris par un travail de recherche personnalisé; la formation effective et progressive aux métiers de l'éducation et de l'enseignement incluant stages d'observation et de pratique accompagnée, didactique, psychologie des apprentissages, connaissance du système éducatif; la préparation des concours dans leurs dimensions à la fois académiques et pratiques.
  5. La formation professionnelle ne saurait se limiter à l'envoi des étudiants dans les classes; d'autant qu'elle peut se dérouler dans tous types d'organisations assurant des missions d'enseignement ou de formation. Il est souhaitable qu'elle puisse s'articuler avec une réflexion didactique, pédagogique, disciplinaire et épistémologique qui suppose des « aller-retour» entre terrain et formation accompagnés d'une réflexion encadrée par l'équipe pédagogique. Les ateliers d'analyse de pratique sont un des outils de formation que les établissements pourront développer.
L'offre de formation des établissements pourra être diversifiée: parcours de master, U.E. libres ou optionnelles, préparations aux concours non diplômantes pour les étudiants déjà titulaires d'un master, formation spécifique pour les personnes en reconversion professionnelle ou pour les candidats dispensés des conditions de diplôme (parents d'au moins trois enfants, sportifs de haut niveau).

En cas de difficultés de constitution d'un vivier d'étudiants de masters pour les collectivités et départements d'outre-mer, un examen spécifique sera envisagé.

Continuum de formation et types de formation

En licence

Dans le cadre du plan de réussite et du cahier des charges de la licence, les universités organiseront des parcours qui comporteront une part d'information sur les métiers de l'enseignement et d'initiation à ses pratiques sous forme de stages. Il est rappelé ici que les mentions spécifiques et « tubulaires », enfermant les étudiants dans un projet clos qui pourrait aboutir à une impasse en cas d'échec au concours, ne répondent pas aux nouvelles exigences de ce grade.

Deux principaux types de masters envisageables

Sans empiéter sur l'autonomie des établissements, ni préconiser une maquette type, la clarification des démarches suggère la possibilité d'envisager deux principaux types de cursus selon les choix des établissements et les métiers envisagés.

Des masters disciplinaires aménagés avec spécialités ou/et parcours « enseignement».
  • Cette formule présente l'avantage de permettre une adaptation de l'offre existante; elle garantit une ossature disciplinaire solide en fonction des exigences scientifiques diffèrenciées (expérimentation en science... ) et ménage les possibilités de poursuite d'études ultérieures en thèse. Cette solution semble particulièrement adaptée pour l'enseignement secondaire.
  • Certains professorats requérant la bidisciplinarité (Physique-Chimie, Histolre Géographie, etc.) supposeront évidemment un aménagement des parcours en conséquence; par exemple l'association d'une majeure et d'une mineure, notamment déterminée par les choix en matière de recherche.
  • La répartition, sur les quatre semestres du master, des composantes de formation citées plus haut relève évidemment du choix des établissements; toutefois on peut douter qu'une concentration des composantes scientifiques et de recherche au cours des deux premiers semestres, et des composantes professionnelles dans les deux derniers soit ia solution la plus équilibrée. Il faut à cet égard rappeler que la production d'une recherche, sous forme de soutenance d'un mémoire par exemple, peut intervenir indifféremment au terme du 2eme, du 3eme ou du 4ème semestre (à la fois selon le déroulement des concours et les choix des étudiants).
Des masters « métiers de l'éducation et de la formation»

  • Les établissements pourront également concevoir des masters qui en conjuguant plusieurs approches de l'éducation et de la formation éviteront les risques de formations tubulaires.
  • Ce type de masters peut donner lieu à des parcours différenciés et particulièrement adaptés aux différents métiers de l'éducation et de la formation, notamment pour les professeurs des écoles, les conseillers principaux d'éducation, les psychologues scolaires, les formateurs d'adultes, les concepteurs et les gestionnaires de formation, etc.
  • La dimension recherche sera assurée dans un des domaines au choix; la poursuite en doctorat sera étudiée au sein des Ecoles doctorales selon les orientations choisies.
  • Ces masters reposeront sur une plus grande polyvalence disciplinaire. Par exemple, dans le cadre d'un parcours « professeurs des écoles », ils pourront comporter l'obligation de capitaliser les formations dans quatre grands champs; Humanités 1Sciences et technologie / Didactique, psychologie du développement et des apprentissages, sciences humaines appliquées à l'éducation 1 Outils pédagogiques et communication, sans exclusive des autres composantes de la formation, connaissance du système éducatif, préparation aux concours et stages.
  • Les établissements veilleront également à une répartition pertinente des composantes de formation sur les quatre semestres du master.
Prolongements

Poursuite d'études au-delà du master

Tous les masters proposés doivent pouvoir servir de base, pour les titulaires qui le souhaitent, immédiatement après obtention ou après quelques annèes d'exercice, à une poursuite de formation sous diverses formes.
Il peut s'agir d'une part des études doctorales, impliquant la réalisation d'une recherche dans le cadre d'un laboratoire reconnu, d'autre part des préparations aux concours, notamment lorsqu'ils comportent des programmes spécifiques.

Formation continue
A l'heure où la formation tout au long de la vie constitue un objectif collectif de plus en plus crucial, elle s'impose notoirement pour les enseignants. La « masterisation » doit pouvoir aussi être j'occasion d'une évolution de l'offre de formation continue à destination des enseignants et des formateurs.
L'offre existante, souvent déjà riche, doit pouvoir être renforcée, structurée, et devenir « diplômante», ce qui correspond à une demande forte de la part des enseignants titulaires. Les deux types de masters ci-dessus pourront ainsi permettre aux enseignants en poste d'envisager des évolutions dans leur carrière et dans les fonctions qu'ils remplissent, à travers notamment l'exercice d'autres responsabilités pédagogiques à quelque niveau qu'elles soient, Ils doivent aussi faciliter les reprises d'étude et les reconversions professionnelles en proposant des formations complémentaires préparant aux différents métiers du domaine.

* * *
Dans le cadre de cette campagne dédiée à la mise en oeuvre de votre politique de formation aux métiers de l'enseignement, vous êtes invités à transmettre vos projets à la Direction générale de l'enseignement supérieur pour le 31 décembre 2008 au plus tard, à l'adresse électronique suivante: dgesb34@education.gouv.fr. J'insiste sur la nécessité de respecter ce délai, qui est impératif au regard des délais d'évaluation par l'AERES et de la nécessité d'informer les établissements, au plus tard en juin 2009, des décisions d'habilitation nouvelles qui seront prises dans le cadre de cette campagne.

La formation des maîtres est un enjeu de l'avenir de l'École tant elle impacte la réussite des élèves. Adossée à la recherche comme toute formation de master, elle doit permettre d'améliorer la qualification des personnels enseignants français et faciliter leur mobilité au sein de l'Union européenne.

Patrick HETZEL

Pièces jointes:

mercredi 22 octobre 2008

Note FSU suite aux États généraux de la formation



Avec plus de 400 participants à Paris Créteil Université le 4 octobre, les États généraux de la formation ont été un succès et ont montré l’aspiration des personnels à intervenir sur cette question. Ils ont débouché sur un appel national .

L’actualité montre que le ministère veut aller vite, concentrant ses annonces et décisions sur les « nouveaux » concours et refusant de discuter sur l’ensemble de la problématique liée à la formation des enseignants.

Cette initiative « États généraux » doit rapidement être démultipliée dans les académies, associant enseignants, universitaires, formateurs IUFM, conseillers pédagogiques, inspecteurs, élus … Ils doivent s’attacher notamment à construire des argumentaires pour la défense des sites départementaux et le lien avec la formation continue.

États généraux académiques (ou départementaux)

Ces États généraux peuvent être à la fois un meeting et un lieu de débat. Concrètement, du matériel existe et est à votre disposition! (cf. site de l’appel « former des maîtres »)

Le déroulé de la journée peut s’inspirer de ce qui s’est fait au niveau national:
  • Introduction avec diaporama, bilan des IUFM (avec un-e invité-e,
  • des ateliers (reprendre les thèmes du 4 octobre ou prioriser selon la situation locale), une table ronde avec invités (présidents d’université, directeur IUFM, élus régionaux, conseils généraux…).
  • Un appel avec conférence de presse.
Ils doivent permettre, au plan de la FSU, de poursuivre un travail intersyndical plus approfondi.

Les SD FSU , les syndicats concernés doivent en être le moteur avec plusieurs pistes de travail :
  • Information vers l’opinion publique : faire comprendre que l’enseignement est un métier complexe qui nécessite une formation spécifique La formation n’est pas une affaire de spécialistes, c’est le problème de la profession toute entière (visibilité spécifique dans la manifestation du 19 octobre et après)
  • Relier la bagarre sur les postes à celle du recrutement par concours : avec un nombre de postes insuffisant au concours, le recrutement de contractuels va se développer. Cela aura obligatoirement des répercussions sur les missions des enseignants et la façon d’exercer le métier.
  • Insister sur la nécessité d’un cursus universitaire sur 5 ans et une formation professionnelle initiale qui dure en tout 7 ans : formation progressive, en alternance en lien avec la recherche, tout en permettant des réorientations (besoin de propositions novatrices sur cette question).
  • Démocratiser l’accès au métier : il est nécessaire de travailler aussi au niveau local avec les syndicats étudiants pour revendiquer des allocations IUFM et pré-recrutements.
Ya Ka. Le collectif de l'IUFM Midi-Pyrénées se propose d'organiser une journée fin décembre.

Remise de la pétition « Évitons la catastrophe »



Bonjour,
Vous avez signé sur notre site l'appel Évitons la catastrophe ! et nous vous en remercions. Nous vous adressons aujourd'hui ce message afin de vous informer des suites données à cette pétition, en portant à votre connaissance le communiqué que nous avons publié le 24 octobre dernier.


COMMUNIQUÉ

Remise de la pétition « Évitons la catastrophe » : pas moins d’école, mais une meilleure école pour les enfants


En juin dernier, nous avons lancé une pétition intitulée « Évitons la catastrophe » à la suite de la tribune d’Antoine Prost publié dans le journal Le Monde : nous tenions à protester publiquement, et à permettre à toutes les personnes soucieuses de la qualité de notre système éducatif de le faire également, contre la suppression de deux heures du temps de classe hebdomadaire à l’école primaire (seuls les élèves désignés comme « en difficulté » étant censés continuer à faire 26 heures).

Après avoir dû insister à diverses reprises pour obtenir un rendez-vous auprès du ministère, nous avons été finalement reçus par le chef du bureau des écoles de la Degesco le vendredi 17 octobre pour lui remettre la pétition et ses 6987 signatures. On ne peut que déplorer que, sinon le ministre lui-même, en tout cas un membre de son cabinet, n’ait pas jugé le sujet de notre pétition, la qualité et le nombre de ses pétitionnaires suffisants pour nous recevoir.

On nous a d’abord brièvement renvoyé à la « demande sociale » de libérer le samedi matin pour justifier la mesure : sauf qu’à notre connaissance, aucune « demande sociale » ne portait sur la réduction du temps d’école. Le ministère se défend aujourd’hui d’avoir voulu imposer la semaine de quatre jours, et par conséquent des journées lourdement chargées, en indiquant que la possibilité de travailler le mercredi matin est prévue par le décret : mais il est bien obligé de reconnaître que c’est ce qui est finalement mis en place dans la majorité des cas. Les travaux sur l’aménagement du temps scolaire sont parfaitement connus, y compris rue de Grenelle, et force est de constater que la mesure décidée n’aide en rien à leur prise en compte dans le fonctionnement des écoles. Et il est trop facile de renvoyer la question à « l’autonomie des équipes », dans une fausse alternative entre autoritarisme d’en haut et laisser-faire d’en bas.

On nous a affirmé qu’il y aurait un bilan de la mise en application de la mesure (dont on ne peut qu’espérer qu’il sera public), mais c’est pour dire aussitôt qu’il est hors de question de revenir sur son principe ! La question de la durée du temps scolaire, de son aménagement dans la journée, dans la semaine et dans l’année restent entièrement posées. Il reste indispensable de faire connaître les travaux sur l’aménagement scolaire, d’organiser les modalités de leur prise en compte dans le fonctionnement des écoles en y associant sérieusement tous les partenaires, en particulier les parents et les collectivités locales. Ce n’est certainement pas de moins d’école, mais d’une meilleure école dans les élèves ont besoin aujourd’hui.

Le CRAP-Cahiers pédagogiques continuera à suivre attentivement toutes ces questions, nous nous efforcerons en particulier de continuer à diffuser les travaux de recherche sur les rythmes scolaires, sans nous résigner à l’école au rabais que nous propose le ministère. Nous soutiendrons également toute initiative d’ampleur comme un colloque national, ou des États généraux du temps scolaire, qui viserait à reconsidérer sérieusement la question du temps de l’apprentissage. Nous remercions tous ceux qui ont répondu à notre appel et les invitons à poursuivre l’action avec nous pour faire obstacle aux « catastrophes ».

Antoine Prost
, professeur des Universités
Hubert Montagner, ancien directeur de recherches à l’INSERM
Le bureau du CRAP-Cahiers pédagogiques

mardi 21 octobre 2008

Réponse au Président de la République



Le Président de la république dans son discours d'Annecy aujourd'hui y est allé de sa pique contre ceux qui ont manifesté le 19 octobre: ils ne se rendraient pas « compte de la gravité de la crise ». Ils ignoreraient le « monde dans lequel nous vivons ». Ce propos ignore délibérément le soutien de l'opinion manifesté par un récent sondage (69% des sondés trouvaient la manifestation justifiée). Pour la FSU c'est précisément parce que la crise est grave que ses revendications sont justifiées et qu'il importe de remettre en cause les dogmes qui ont conduit ces dernières années les politiques en matière de fonction publique, de services publics et de solidarités.

Le gouvernement s'engage pour des sommes considérables (jusqu'à 360 milliards d'euros) à garantir des prêts de nature diverses (entre banques, pour les entreprises,...). Il prétend que cela n'aura aucune conséquence budgétaire alors que l'annonce d'une récession profonde et la poursuite de la crise boursière laissent prévoir de nombreuses défaillances. Il vient de prêter 10 milliards d'euros à quelques banques sans exiger de contreparties sérieuses et sans entrer dans leur capital pour pouvoir peser sur leurs décisions.


Et dans le même temps, il sacrifie les investissements sur l'avenir dans l'éducation et la recherche, la santé, les retraites, et les dépenses sociales. On peut se demander si le président ne cherche pas plus à sauver les meubles de ce monde du « tout libéral » qui nous a conduit à la crise qu'à préparer le monde de demain pour les générations futures.

À un moment où cette crise touche l'économie dite « réelle » avec une récession désormais indiscutable et un chômage qui s'envole, peut-on se permettre de refuser d'investir dans les services publics qui sont pour un pays comme le nôtre autant d'éléments d'attractivité ?


Peut-on ne pas tout faire pour assurer l'accès de tous les jeunes à des qualifications reconnues? Peut-on accepter que l'Etat « dégraisse » massivement et condamne au chômage ou aux emplois précaires des dizaines de milliers de jeunes supplémentaires ? Négliger le levier que constituent les salaires d'environ 5 millions d'agents des services publics ? Ignorer les besoins d'un développement durable et solidaire ? Comment dans ce contexte poursuivre sans sourciller des politiques de privatisation et de mise en concurrence des services publics et des agents ?

Plutôt que de jeter une nouvelle fois les fonctionnaires en pâture à l'opinion en les désignant comme d'insupportables budgétivores, le Président ferait mieux de voir que dans cette crise les valeurs de l'intérêt général et du service public auxquelles la population est attachée, doivent l'emporter sur l'appât du gain et la satisfaction des intérêts de quelques uns.

dimanche 19 octobre 2008

MOTION adoptée à l’unanimité par le Conseil Scientifique de l’Université en séance plénière le 17 octobre 2008



Le Conseil Scientifique de l’Université de Provence Aix-Marseille I, réuni en séance plénière le 17 octobre 2008, déplore solennellement les conditions dans lesquelles est mise en œuvre la réforme de la formation des maîtres.


Il proteste contre un calendrier qui oblige l’Université à prévoir pour 2009-2010, dans la précipitation, l’application d’une réforme des concours dont le contenu n’est toujours pas défini à la rentrée 2008.

Il s’oppose à toute réforme ayant pour effet de réduire dans les concours la part des savoirs disciplinaires en vue d’un allègement des épreuves qui ne fera qu’abaisser le niveau de formation des futurs enseignants, en contradiction totale avec l’objectif affiché par la « mastérisation ».

Il rejette l’idée de concours déclinés en « épreuves régionales » pour le recrutement des professeurs des lycées et collèges, ce qui serait contraire au principe, réaffirmé par le Ministère, d’attachement à des concours nationaux.

Il soutient l’action menée par les instances de l’Université pour construire, en étroite concertation avec son école interne, l’IUFM d’Aix-Marseille, et avec les autres universités de la région PACA, des masters « Métiers de l’enseignement » qui concilient au mieux la nécessaire formation professionnelle au métier d’enseignant et les exigences d’un haut niveau de formation scientifique.

Aix en Provence, le 17 octobre 2008.

samedi 18 octobre 2008

Les IUFM changent de logo national



Les IUFM changent de logo national indique la CDIUFM, vendredi 17 octobre 2008. "En cette période de réforme de la formation et du recrutement des enseignants, ce logo, associé au slogan 'Les enseignants de demain', vise à affirmer l'identité des instituts, au cœur de la formation des métiers de l'enseignement et affiche une image moderne par un graphisme renouvelé".

Le déploiement du logo a débuté le 7 octobre par la mise en place de la nouvelle page d'accueil du portail des IUFM. Le site de la CDIUFM a aussi adopté ce nouveau logo.

La CDIUFM précise qu'il "sera ensuite décliné sur les différents supports nationaux tout au long du mois d'octobre. Dans un second temps, seront précisées les possibilités d'utilisation du logo par les IUFM dès janvier 2009".

vendredi 17 octobre 2008

Le SNESUP - FSU réclame l’abandon du projet actuel de modification des concours.



Le SNESUP a pris connaissance du texte intitulé « Les nouveaux concours de recrutement de professeurs » mis en ligne sur le site du ministère de l'Éducation Nationale. Ce texte n’a aucun statut réglementaire ; il ne modifie donc pas les concours. Toutes les interventions sont encore possibles.


Le SNESUP fait part de ses plus vives inquiétudes concernant les points suivants:


  • Une admissibilité en fin de premier semestre de M2 et l'admission en juin transformeraient l'année de M2 en année exclusivement consacrée à la préparation des concours au détriment d'une véritable formation professionnelle. Ce pilotage de fait des masters par les concours conduirait à ce que l'essentiel des contenus de formation des masters soit étroitement lié au contenu des concours et fasse donc l'objet d'une revalidation par le concours. C'est en contradiction avec les objectifsaffichés dans le texte ministériel. Cela priverait les étudiants de réelles possibilités de réorientationsau cours du Master.
  • Les projets de concours ne prévoient aucune prise en compte des stages accompagnés ou en responsabilité. On notera l'absence de référence à l’existence des mémoires professionnels dans les épreuves.
  • La disparition de certaines matières dans les concours (EPS, musique ou arts visuels pour le Concours de Recrutement des Professeurs des Écoles par exemple, technique documentaire pour le CAPES Documentation...) entraînerait, dans les nouveaux masters, la disparition à terme de tout enseignement universitaire dans ces matières. Le tirage au sort de certaines épreuves rend la réussite aux concours particulièrement aléatoire. Le "dogme" de la réduction du nombre d'épreuves apparaît uniquement guidé par un objectif de réduction des coûts.
  • La définition de certaines épreuves provoque des lectures tellement contradictoires, qu'elle rend impossible la conception d'une préparation. De plus, la référence pour les programmes de concours est celle des programmes du primaire, des collèges et des lycées d’une part, de la licence d’autre part. Par conséquent, ce texte ne répond ni à la question « Comment élaborer de vrais masters ? », ni à une réelle élévation de la qualification.
  • On peut s'inquiéter de l'importance du coefficient de l'épreuve d'admission « Connaissance du système éducatif ».
  • Pour la première fois, des personnes extérieures au système éducatif, qualifiées de « membres de la société civile », feraient partie du jury de recrutement des fonctionnaires de l'éducation nationale.
  • A la marge de ces textes, figure le maintien de l’agrégation qui semble conçue par le ministère comme un moyen de creuser la différentiation entre les établissements universitaires dans le cadre concurrentiel de la loi LRU ; dispositifs visant à concentrer les moyens de recherche sur quelques sites et à maintenir les autres (limités au niveau L ?)° dans un rapport affaibli à la recherche.

Plus largement le SNESUP déplore l'absence persistante de tout engagement ministériel sur le maintien du recrutement par concours national - avec un nombre de postes correspondant aux besoins - comme le mode normal d'accès au métier d'enseignant dans le service public d'éducation.
Le SNESUP demande l'abandon de ces projets de concours et la mise en place, dans la transparence, de groupes de travail intégrant l'ensemble des acteurs de la formation, pour l'élaboration concertée de nouveaux projets de concours et d'un cadrage national des masters.


L’éducation est notre avenir : il ne doit pas se décider sans nous !



Notre pays a cette chance extraordinaire de disposer d’un grand service public laïque d’éducation. Il traduit notre choix républicain d’une société où tous les citoyens vivent ensemble. Mais imagine-t-on ce que deviendrait ce principe, sans ce tour de force de l’accueil de tous les jeunes, sans distinction,
réalisé quotidiennement par notre école ?

Cette école publique, que nous aimons pour ses réussites incontestables, rencontre aussi des
difficultés. C’est pourquoi nous souhaitons passionnément qu’elle évolue et se transforme pour
s’acquitter vraiment de sa mission démocratique : faire réussir tous les jeunes, pas seulement les plus favorisés ou les plus « méritants ».

Pour nous, ce débat et cet effort concernent tous les citoyens car, à travers l’avenir de la jeunesse, c’est celui du pays qui se joue. Or, en lieu et place de ce que devrait nécessiter cette grande cause nationale, rassemblant largement les citoyens, à quoi assistons-nous ?

Au spectacle d’une politique gouvernementale qui, au-delà des
habillages, ne voit dans l’éducation qu’un moyen d’économiser.

Plus que tout discours, la préparation
du budget 2009 en est la démonstration : 13500 suppressions d’emplois programmées, soit, dans le cadre triennal dans lequel ce budget s’inscrit, plus de 40 000 postes promis à disparition sur les 3 ans, à rajouter aux 11 200 suppressions de cette année !

Tout n’est sans doute pas question que de postes en matière éducative, mais nous affirmons que rien ne pourra se faire dans cet acharnement d’un « toujours moins de postes » ! Rien ne pourra davantage se faire avec des réformes à marche forcée encore moins lorsqu’elles aboutissent à de vraies régressions. Rien ne pourra se faire non plus si l’Etat ne cesse de se désengager de ses missions, déléguant hors de l’école ce qu’elle doit assurer pour tous.

Aussi, nous poussons aujourd’hui un cri d’alerte : cette politique va détériorer sur le long terme le service public d’éducation. Elle porte tous les ingrédients pour que se développe une école à deux vitesses dans une société minée par les injustices et les inégalités.

De ce projet, nous ne voulons pas ! Nous voulons une politique éducative ambitieuse faisant avancer notre école publique en mettant au coeur la réussite de tous les jeunes. Nous voulons pour cela d’autres choix. Nous en appelons à toutes celles et tous ceux qui pensent que l’éducation est une richesse pour notre pays, que l’avenir se joue aujourd’hui, à toutes celles et tous ceux qui refusent que la politique suivie n’entraîne, pour de nombreuses années, le service public d’éducation dans l’affaiblissement. Quelle place veut-on donner à l’éducation dans notre pays ? Quel citoyen, quelle citoyenne, veut-on préparer ? Nous n’acceptons pas que la société découvre a posteriori qu’on aurait répondu à sa place, en catimini, à ces questions fondamentales !

Alors, mobilisons-nous ensemble, débattons, parlons, proposons, interpellons l’opinion,

agissons sans attendre !


Les organisations à l’initiative de cet appel
• AFL-Cé-CEMEA-FCPE-FEP-CFDT- FER-CGT-FGPEP-FIDL-FSU-GFENICEM-
JPA- La Ligue de l’Enseignement-SGEN-CFDT-Sud Education-
UNEF-UNL- UNSA Education.

Grande manifestation nationale
le dimanche 19 octobre à Paris.

Lieu de rassemblement : Avenue des Gobelins, 75013 Paris. Haut de l’avenue, près de la Place d’Italie (à côté de l’UNEF).

Pour le transport à partir des régions : www.fsu.fr
Parcours de la manif : Avenue des Gobelins, Bd de Port Royal, Bd Saint-
Michel, Bd Saint Germain, Pont de Sully, Bd Henri IV et Place de la Bastille.

Sur le plan local, mobilisons-nous ensemble sur des listes communes.


Masterisation: une circulaire de "cadrage du master" devrait être envoyée aux universités prochainement,



Dépêche AEF n° 103058


"Une circulaire de 'cadrage du master' devrait être envoyée aux établissements dans les prochains jours", indique le Snesup, jeudi 16 octobre 2008, après sa rencontre avec Patrick Hetzel, directeur général de l'enseignement supérieur. "Cette circulaire ouvrirait le processus d'habilitation de master pour la formation des enseignants à toutes les universités via le dépôt de maquettes jusqu'au 31 décembre 2008", précise le syndicat. Selon lui, Patrick Hetzel aurait indiqué que "les masters enseignants seraient cadrés de la même manière que tous les autres masters" et que la DGES "n'habiliterait pas de masters strictement limités à la préparation des concours". Le Snesup a, par ailleurs, "réclamé la création au sein du Cneser d'une commission, dotée de moyens, pour s'emparer de l'ensemble de ces questions et favoriser l'articulation entre les universités et faisant jouer pleinement leurs fonctions aux IUFM".





Les nouveaux concours de recrutements de professeurs (texte ministériel)



Afin de mieux répondre aux besoins du ministère de l'éducation nationale, le processus de recrutement des enseignants est réformé, dans le premier degré comme dans le second degré selon les modalités suivantes:

1°) Pour les étudiants qui se destinent à exercer en tant que professeur à l'école, au collège et dans les voies générale, technologique et professionnelle du lycée ou en tant que conseiller principal d'éducation (CPE) sont créés dès la session 2010 de nouveaux concours de recrutement de professeurs et de CPE au niveau du master. Ces concours sont le concours de recrutement de professeurs des écoles (CRPE), le certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré (CAPES) et le certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement technique (CAPET), le certificat d'aptitude au professorat d'éducation physique et sportive (CAPEPS), le concours d'accès au corps des professeurs de lycée professionnel (CAPLP) et le concours de recrutement de CPE. L'agrégation, quant à elle, recrutera également au niveau du master des professeurs qui sont appelés à enseigner en priorité dans les classes d'examen du lycée, les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE), les sections de techniciens supérieurs (STS) et le premier cycle de l'université.

2°) Ces nouveaux concours (en dehors de l'agrégation) seront définis autour des trois priorités déjà énoncées dans le rapport annexé de la loi pour l'avenir de l'école du 23 avril 2005 et qui servent de référence au cahier des charges de la formation des maîtres : la culture disciplinaire, la capacité à planifier et organiser un enseignement adapté à un niveau de classe et la connaissance du service public de l'éducation.

3°) Ils seront organisés en fonction des principes directeurs suivants:
  • Mieux distinguer ce qui relève des universités qui ont la responsabilité de la formation initiale de tous les étudiants se destinant au professorat jusqu'au niveau du master et ce qui relève de l'éducation nationale qui a la responsabilité du recrutement, de l'adaptation au métier et de la formation continue des professeurs ;
  • Passer dans les concours de recrutement de professeurs d'une logique de revalidation du niveau universitaire à une logique de recrutement conforme aux besoins de l'employeur;
  • Aller vers une meilleure harmonisation des conditions de recrutement des différentes catégories de professeurs en fixant de façon générale un même nombre d'épreuves et les mêmes types d'épreuves à tous les concours (hors agrégation) ;
  • Assurer la prépondérance des coefficients des épreuves d'admission dont la finalité sera dorénavant de permettre de choisir les candidats les plus aptes à la fonction d'enseignant ou de CPE sur des critères d'ordre pédagogique et didactique ainsi que de connaissance du futur milieu d'exercice;
  • Impliquer dans le recrutement des personnels de direction, des membres de d'administration et de la hiérarchie de l'Education nationale ainsi que des membres de la société civile.
4°) Il est prévu que les épreuves écrites d'admissibilité des nouveaux concours aient lieu à la fin du premier semestre de chaque année universitaire et que les épreuves orales d'admission se passent en juin.

5°) Le référentiel de compétences professionnelles de l'enseignant figurant dans le cahier des charges de la formation des maîtres sera pris en compte dans la conception de toutes des épreuves des nouveaux concours.


Concours de recrutement
de professeurs des écoles



Épreuves écrites d'admissibilité

Ces épreuves visent à apprécier comment le candidat réinvestit les connaissances disciplinaires acquises au cours de sa formation dans ['étude des programmes de l'enseignement primaire, La capacité du candidat à mener une réflexion sur l'épistémologie et l'histoire des disciplines concernées pourra faire l'objet d'une question spécifique dans une des deux épreuves d'admissibilité.

Le programme de ces épreuves est le programme de l'école primaire.

1°) Épreuve écrite de français et de culture humaniste

À partir d'un texte de deux à cinq pages ou d'un dossier ne dépassant pas ?ix p~~es portant sur un thème de littérature, d'histoire, de géographie, d'histoire des arts ou d'éducation cIvique et morale, le candidat :
  • présente dans une composition son analyse du texte ou fait une note de synthèse,du dossier;
  • traite de questions dans les domaines de la grammaire, de l'orthographe et du lexique en relation avec le texte ou le dossier; ,
  • peut avoir à répondre à une question portant sur l'épistémologie ou l'histoire d'une des disciplines concernée.
Durée de l'épreuve: 4 heures; coefficient: 2.

2°) Épreuve écrite de mathématiques et de culture scientifique et technologique

L'épreuve comporte deux parties:

  • dans la première partie, le candidat résout deux ou trois problèmes de mathématiques,
  • dans la seconde partie, le candidat analyse un document à caractère scientifique de pages maximum, et rédie des réponses argumentées aux questions posées ;
Dans l'une ou l'autre de ces parties, le candidat peut avoir à répondre à une question portant sur l'épistémologiste ou l'histoire d'une des disciplines concernées.

Durée de l'épreuve: 4heures : coefficient: 2

Épreuves orales d'admission

1°) Épreuve orale prenant la forme d'un exercice pédagogique

Le programme de cette épreuve est le programme de l'école primaire. Elle consiste en une leçon qui sera replacée dans sa progression disciplinaire et dans le déroulement d'une journée de classe dont le candidat précisera l'organisation. Le sujet de la leçon qui est tiré au sort par le candidat est extrait du programme d'une des disciplines enseignées à l'école primaire et précise le niveau de classe concerné. L'exposé suivi d'un entretien avec le jury doit faire apparaître les connaissances et la culture du candidat dans le domaine disciplinaire de la leçon, sa capacité à concevoir et organiser un enseignement dans une classe de l'école maternelle ou élémentaire et à expliquer et justifier ses choix pédagogiques et didactiques.


L'entretien avec le jury permet d'approfondir les points développés par le candidat, afin de vérifier son aptitude à concevoir et organiser un enseignement à l'école primaire.

Durée de l'épreuve: préparation: 3heures; exposé et entretien avec le jury: 1 heure; coefficient: 3


2°) Épreuve d'entretien avec le jury

Cette épreuve prend appui sur un dossier de cinq pages maximum (étude de cas ou textes) fourni par le jury et portant sur les aspects concrets du fonctionnement du système éducatif. Elle consiste en un exposé suivi d'un entretien avec le jury. L'exposé porte sur l'analyse du dossier. L'entretien avec le jury permet de vérifier les connaissances du candidat relatives aux valeurs et aux exigences du service public, au système éducatif et à ses institutions et de manière plus générale à son aptitude à exercer le métier de professeur des écoles.

Durée de l'épreuve: préparation: 3 heures; exposé et entretien avec le jury: 1 heure; coefficient: 3

Pour pouvoir être recrutés dans le corps des professeurs des écoles, les candidats doivent justifier des quatre attestations suivantes: une attestation certifiant que le candidat sait nager au moins cinquante mètres; IJne attestation certifiant la qualification du candidat en secourisme; une attestation certifiant l'obtention du brevet informatique C2i; une attestation certifiant la maîtrise d'une langue vivante étrangère au niveau C1 du cadre européen de référence.


II. Concours de recrutement de professeurs
de collège et de lycée:
CAPES/CAPET,
CAPEPS, CAPLP
et concours de recrutement de CPE.



Epreuves écrites d'admissibilité


Ces épreuves portent sur la culture générale disciplinaire et visent à apprécier comment le candidat réinvestit les connaissances disciplinaires acquÎses au cours de sa formation dans l'étude des programmes de l'enseignement secondaire. La capacité du candidat à mener une ré'l~exion sur l'épistémologie et l'histoire de sa (ses) discipline(s) pourra faire l'objet d'une question spécifique dans une des deux épreuves d'admissibilité.

Le programme de ces épreuves est constitué des programmes du collège, du lycée et des classes postbaccalauréat du lycée pour la discipline ou le groupe de disciplines concernées. Si le nombre des disciplines d'un concours est supérieur à deux, il sera procédé pour chaque session à un tirage au sort le jour de l'épreuve pour déterminer les disciplines qui seront effectivement proposées aux épreuves d'admissibilité. Le niveau d'exigence disciplinaire pour ces deux épreuves sera celui de la licence.

Il Yaura deux épreuves écrites pour tous les concours.

1°) Première épreuve écrite d'admissibilité: durée: 5heures; coefficient: 2

2°) Deuxième épreuve écrite d'admissibilité: durée: 5heures; coefficient: 2


Les modalités des épreuves seront précisées pour chaque discipline ou groupe de disciplines à partir du cadrage national indiqué ci-dessus.

Epreuves orales d'admission

1°) Epreuve orale prenant la forme d'un exercice pédagogique

Cette épreuve consiste en Llne leçon où le candidat doit présenter une question tirée du programme de collège, de lycée ou des classes post-baccalauréat du lycée dans la discipline ou groupe de disciplines considérées en l'adaptant à un niveau de classe donné et en l'inscrivant dans une progression disciplinaire. Il peut également être demandé au candidat de traiter la question à deux niveaux de la scolarité (collège ou lycée) ou pour deux parcours du lycée. Dans tous les cas, le candidat sera amené à expliquer les choix de nature pédagogique et didactique qu'il aura opérés dans le traitement de sa leçon.

Pour certaines disciplines, dont les conditions d'exercice le justifient, il sera possible de proposer un second volet àcette épreuve.

Durée de l'épreuve: préparation: 3 heures; exposé et entretien avec le jury: 1 heure; coefficient: 3

2°} Epreuve d'entretien avec le jury

Cette épreuve prend appui sur un dossier de cinq pages maximum (étude de cas ou textes) fourni par le jury et portant sur les aspects concrets du fonctionnement du système éducatif. Elle consiste en un exposé suivi d'un entretien avec le jury. L'exposé porte sur l'analyse du dossier. L'entretien avec le jury permet de vérifier les connaissances du candidat relatives aux valeurs et aux exigences du service public, au système éducatif et à ses institutions et de manière plus générale à son aptitude à exercer le métier de professeur de collège et de lycée.

Durée de l'épreuve: préparation: 3 heures; exposé et entretien avec le jury: 1 heure; coefficient: 3

Les concours du CAPES de documentation, des CAPLP et de CPE respecteront les modalités générales arrêtées pour les concours du CAPES et du CAPET en introduisant les adaptations nécessaires.

III. Concours de l'agrégation

Les épreuves et programmes des concours de l'agrégation sont maintenus en l'état, mais une des épreuves orales actuelles sera infléchie dans le sens de l'épreuve orale prenant la forme d'un exercice pédagogique proposée pour les nouveaux concours de recrutement de professeurs.

On y ajoutera l'épreuve d'entretien avec le jury.

Pour que la préparation aux épreuves du concours de l'agrégation puisse s'intégrer dans les deux années du master, le programme sera arrêté dans toutes les disciplines pour une période d'au moins deux ans.



Le SNESUP rencontre le directeur général de l'enseignement supérieur


Le SNESUP a été reçu ce matin (16 octobre) par P. Hetzel, Directeur Général de l’Enseignement Supérieur et son Adjointe I. Roussel.

La délégation composée de J. Fabbri, M. Champesme et S. Tassel a commencé par exprimer vivement l’inquiétude et les désaccords avec les choix du ministère, d’une communauté universitaire accablée par les lourdes charges de travail rythmées par des calendriers insensés :
  • Refus du projet de budget 2009 et des suppressions de postes annoncées ;
  • Exigence de moratoire sur l’élaboration, qui doit être concertée, des masters pour la formation des enseignants ;
  • Inadaptation des critères d’évaluation et de répartition des moyens ;
  • dérégulation du service public d’enseignement supérieur et de recherche (maquettes de formation, gestion des bâtiments, concours d’enseignement, ..) et ses conséquences sur l’augmentation des inégalités entre établissements, entre les disciplines et les collègues.
A notre demande insistante de moratoire pour l’impossible « Mastérisation » immédiate de la formation des enseignants, le SNESUP a joint la description d’une situation de chaos dans les établissements (production effrénée de nouvelles maquettes L2 L3 M1 M2, impact sur les contrats quadriennaux, …). Il nous a été annoncé qu’une circulaire de « cadrage master » devrait être envoyée aux établissements dans les prochains jours.

Cette circulaire ouvrirait le processus d’habilitation de master pour la formation des enseignants à toutes les universités via le dépôt de maquettes jusqu’au 31 décembre 2008. Le ministère feint de s’engager dans l’impossible révision (avant juin 2009) de plus de 2000 mentions de master (impactées directement ou indirectement par la « mastérisation » de la formation des enseignants).

Le SNESUP a réclamé la création au au sein du CNESER d’une commission, dotée de moyens, pour s’emparer de l’ensemble de ces questions et favoriser l’articulation entre les universités et faisant jouer pleinement leurs fonctions aux IUFM.

Le SNESUP a dénoncé les 900 suppressions d’emploi et porté la revendication, tant pour l’enseignement que pour la recherche, de créations de postes statutaires. Il a exigé des moyens de régulation collégiaux pour harmoniser, sur tout le territoire et dans tous les établissements, le fléchage des emplois selon les sections du CNU et à l’intérieur de celles-ci dans les champs thématiques. En effet les libertés scientifiques sont réellement menacées par des additions de choix locaux qui pourraient conduire à ne plus recruter pendant plusieurs années des enseignants-chercheurs dans certains champs disciplinaires.

La délégation a interpellé le représentant du ministère sur la politique PRES–fusion mise en œuvre de manière accélérée (Strasbourg, Marseille, Grenoble, Montpellier, … etc.…). Le DGES a reconnu la portée du décret financier sur la conception des PRES-EPCS qui, de fait, conduit à satelliser des établissements autour de l’un d’entre eux.

Enfin, P. Hetzel s’est engagé à fournir aux présidents d’universités l’argumentaire que certains d’entre eux réclament pour contribuer au financement de la formation (et à la mutualisation des expériences) des élus dans les conseils d’administration.

dimanche 12 octobre 2008

Etats généraux de la formation (4)



L'appel du 4 octobre 2008


Enseigner est un métier qui s'apprend.





Pour un élève, apprendre, ce n'est pas simple. Faire apprendre toute une classe d’élèves dans sa diversité, c'est forcément complexe !

Amener toute une tranche d’âge à un niveau de scolarisation lui permettant une insertion citoyenne et professionnelle est un objectif ambitieux et nécessaire. Cela suppose un effort important de la nation, un investissement fort, en particulier en direction des élèves dont les situations sociales, personnelles et scolaires sont les plus fragiles. Nous ne pouvons pas accepter qu’une frange d’élèves reste au bord du chemin et il nous faut prendre la mesure de ce que cela compromettrait pour notre avenir collectif. Une première étape de la démocratisation a été atteinte grâce à des enseignants qualifiés et formés et grâce aussi à la diversification des voies d’accès aux diplômes, mais une forte ségrégation sociale subsiste. Aujourd'hui, le progrès des connaissances, l'évolution de la société, l'hétérogénéité des publics, rendent le métier d'enseignant plus complexe. La formation des enseignants doit relever de nouveaux défis et cela passe par une élévation du niveau de qualification des enseignants et une meilleure professionnalisation de ces derniers. L’enjeu est majeur : c’est l’avenir de tous les jeunes qui en dépend. C’est aussi l’avenir de notre société elle-même et de l’École de la République.


Il faut du temps pour former un enseignant ou un CPE


Comme les médecins, les ingénieurs ou les magistrats, les enseignants exercent un métier de conception qui nécessite une formation universitaire et professionnelle de haut niveau. Enseigner est un métier qui requiert, à tous les échelons, de la maternelle à l’université, un haut niveau d’expertise : les enjeux sont tels qu’il faut, à chaque instant, prendre des décisions éclairées par la connaissance d’un ensemble de domaines et des enjeux éducatifs. Pour cela, il faut une formation longue et approfondie, combinant apports de la recherche, approches didactiques, théoriques et pratiques professionnelles avec les élèves. La formation doit permettre à l'enseignant ou aux autres cadres éducatifs en formation de réfléchir à leurs pratiques et les adapter à tous les élèves dans leurs diversités Elle doit préparer au dialogue avec les « coéducateurs » que sont les parents et au travail en équipe avec les autres professionnels de l’éducation, de la formation.et de l’orientation.

Le rôle de l'État

Garantir à tous les élèves une formation de qualité, la même sur l'ensemble du territoire, débouchant sur des diplômes nationaux passe par une formation initiale des enseignants cadrée par l'Etat-employeur. Il est de sa responsabilité d'en définir les exigences et négocier le cahier des charges pour répondre aux besoins de l'École de demain. Cela exige aussi une politique de formation continue ambitieuse. Cela impose de récuser toute conception simpliste qui prétendrait que le métier d’enseignant dépend du seul talent et s'apprend par mimétisme. Garantir la réussite des élèves nécessite des enseignants sérieusement formés dans le champ didactique et pédagogique, conscients des enjeux historiques et sociétaux de l’Ecole, capables de s’engager dans un travail collectif et d’assumer leur rôle dans la Cité, en lien avec les parents et l’ensemble des partenaires éducatifs. Ce qui passe par la garantie d'une indépendance et d'une stabilité professionnelle dont le statut de fonctionnaire est garant.

La formation doit donc être considérée comme un investissement et non comme un coût.

L'École doit être en mesure de répondre aux défis de la société. Elle doit comprendre des personnes représentant cette société dans toute sa diversité. L'ensemble des couches sociales doit pouvoir accéder aux métiers de l'enseignement et de l'éducation de façon égalitaire, ce qui est garanti par le principe du concours de recrutement. Il est indispensable de développer les aides pour les étudiants (allocations d’études, bourses sur critères sociaux, ….) et de recourir à des pré-recrutements.

Garantir la professionnalisation.

Élever le niveau de recrutement doit se traduire par une réelle élévation du niveau de qualification! Cela doit aussi se traduire par une véritable formation professionnelle. C'est l'occasion d'améliorer les contenus de formation - scientifiques, didactiques et professionnels – ainsi que les conditions d'études, de prendre appui sur les expériences accumulées, sur le potentiel de formation que constituent les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres et sur tous les acteurs de la formation.

Des recrutements répondant aux besoins.

Des années de baisse du nombre de postes aux concours ont entrainé un découragement des étudiants et une baisse des candidatures. Pour éviter une crise des vocations, il faut redonner des perspectives aux étudiants en engageant une programmation pluri-annuelle des recrutements. C’est une nécessité pour l’élévation de la qualification de tous les jeunes, leur réussite scolaire et sociale. Pour cela, une autre politique budgétaire doit être mise en oeuvre.


Une rupture nécessaire avec ce qui se profile…

Les récentes décisions ministérielles, prises sans véritable concertation et dans la précipitation, n’obéissent en rien aux principes qui devraient régir la formation des enseignants aujourd’hui. Elles fixent des impératifs techniques sans attention ni aux contenus de formation, ni aux exigences d’équité sur l’ensemble du territoire national. Elles poussent les acteurs à improviser dans l’urgence des solutions bancales. Elles portent en elles le danger d’une atomisation et d’une mise en concurrence des formations quand il faudrait un surcroît de solidarité et de cohérence. Elles participent d’une idéologie inacceptable qui laisse entendre que les élèves n’auraient véritablement besoin de pédagogie qu’entre six et onze ans. Elles tiennent pour négligeables des domaines essentiels comme celui de l’enseignement professionnel. Elles nous entraînent vers une régression très grave : car, n’en doutons pas, sans une formation professionnelle de haut niveau de tous les enseignants, c’est la concurrence entre les établissements qui va s’installer et les familles les plus fragiles qui vont pâtir.

Il est indispensable de prendre le temps d’une réflexion de grande ampleur sur ce que nous devons attendre des enseignants. C’est à partir de ce travail et à partir de lui seulement que pourront être mis en place des dispositifs institutionnels adaptés, dignes de l’ambition d’une démocratie authentique et de notre République.

Etats généraux de la formation (3)



Table Ronde

Les scénarii d’avenir
(éclatement ou renouveau de la formation ?)


Marie France CARNUS


Marie France CARNUS, Membre du collectif crise présente le bilan des actions à l'IUFM Midi-Pyrénées dans cette phase de lutte et de crise.





Marie France CARNUS, Membre du collectif crise présente les axes de réflexions dans le cadre du projet de formation des enseignants.




Gilles Baillat (IUFM Reims)

"Former les enseignants,
c'est travailler sur les compétences qui font le coeur de métier.
"


60% des étudiants ne s’inscrivent que difficilement dans la logique de mastère. L’Université doit reconsidérer son offre actuelle, dans un défi économique : qui pourra former des promotions de futurs enseignants qui formeront le tiers de ses étudiants ?

Il n’existe pour l’instant aucune maquette de mastère déjà opérationnelle. Les compromis à trouver ne seront pas les mêmes sur tout le territoire, ne serait-ce que parce que certaines universités viennent de renouveler leur offre de cursus.





Richard Etienne (Montpellier 3)

"Ailleurs, en Europe ?"

Grâce à un travail mené en collaboration de plusieurs interlocuteurs étrangers, R. Etienne a été chargé de présenter (rapidement !) la situation d'autres pays, histoire de voir si on ne pourrait pas s'inspirer de "ce qui marche"...





Premier constat, unanime : "Partout en Europe, certains modèles sont obsolètes : les écoles normales et les leçons modèles". Mais on observe des effets de balancier, entre le terrain et l’université. En Angleterre, c’est l’établissement scolaire qui est formateur. Le système et les acteurs l’acceptent, au dépens des théorisations. D’autres pays organisent des « stages », mais du stage à l’alternance, le fossé est abyssal. L’articulation théorie-pratique est souvent difficile et délicate, comme en France. Plusieurs pays ont des crises de recrutement et font appel à des recrutements parallèles. Il semble donc que des modèles tout faits ne sont pas à aller chercher à l’Etranger.


Réaction de la salle




Patrick RAYOU (Paris 8)

"Le potentiel des IUFM tient davantage
aux compétences agglomérées qu'aux bâtiments..."



Sommes-nous confrontés, avec l'évolution annoncée de la formation, à un scénario de renouveau ou d’éclatement ? Le sociologue choisit d’être optimiste, et propose à la salle de partir du bilan des IUFM.

La mastérisation peut être en effet l’occasion d’avancer "sur ce qui ne fonctionne pas". Quand il observe les nouveaux enseignants, il voit qu’ils ont été scolarisés dans le lycée de masse, et qu’ils n’arrivent pas avec le même dessein professionnel que leurs aînés. "Ils ont déjà beaucoup changé leurs pratiques, même s’il est préoccupant que ces inventions se fassent dans la solitude et la souffrance". Moins idéologues et plus collaboratifs, ils sont plus proches de la professionnalisation que la génération précédente, qui acceptait mal de déconnecter leur être personnel de leur professionnalité. "Ils acceptent davantage d’être vus, de partager leurs difficultés professionnelles, bien que les échanges faits en interne des établissements ne permettent pas assez d’établir des controverses professionnelles qui les fassent accéder plus facilement au genre professionnel".


Réactions de la salle

La « mastérisation » annoncée de la formation des enseignants, l'évolution des concours de recrutement vont-elle bouleverser le métier d’enseignant, ou sont-elle les prémisses d’une réorganisation inéluctable du système d’éducation ? Qui doit former les enseignants, et à quoi ?