dimanche 28 septembre 2008

LE SNESUP, LE RECRUTEMENT ET LA FORMATION DES ENSEIGNANTS



Le 23 septembre 2008, le SNESUP a été reçu, pour la première fois depuis les annonces de N. Sarkozy sur la réforme du recrutement et de la formation des enseignants, par des représentants des ministres de l’éducation nationale et del’enseignement supérieur et de la recherche. A cette occasion, a été remis officiellement au SNESUP un « texte d’entrée en discussion » alors que plusieurs versions de ce texte circulaient depuis déjà plusieurs semaines.

Le SNESUP est favorable à une formation de service public correspondant à une élévation réelle de la qualification desenseignants et à sa reconnaissance. C’est nécessaire pour la qualité de la formation, des élèves, des collégiens etlycéens. La définition de parcours de formations adaptés dans le cadre de masters et une rénovation des concoursd’entrée –qui maintiennent le statut de fonctionnaire d’Etat– dans les métiers de l’éducation correspondent à unprofond changement. Le SNESUP avance l’idée des concours intégrés dans la formation et passés à l’issue du M1. Leflou entretenu par le ministère sur les masters, sur les concours, …, la précipitation du gouvernement ne sont pas compatibles avec ces objectifs.

  • Le texte ministériel (*) est muet sur la question d’un cadrage national des masters et sur la préservation du potentielde formation des IUFM, le devenir de la structure IUFM, sur les stages et en particulier le stage en responsabilité.
  • Il induit la disparition des concours internes, l’accroissement de la précarité par le recours prévu aux non-titulaires ; ilaffaiblit la formation professionnelle réduite dans bien des cas au seul compagnonnage.
  • Il ne prend aucun engagement réel sur des points majeurs comme : des dispositifs d’aide sociale aux étudiants, desformes de pré-recrutement (rien en dehors de bourses « au mérite ») ni sur la revalorisation salariale des carrières desfuturs enseignants, …
  • Le texte proposé acte un calendrier insensé de nouveaux masters et concours en 2010. Les délais sont intenablespour la conception de nouveaux masters. Ces annonces précipitées provoquent une chute des inscriptions étudiantesà la rentrée 2008 aux préparations des concours et en M1. 
  • En convergence avec les collègues en charge de la formation des enseignants et en cohérence avec les propositionsdu rapport Jolion (« Bilan et évolution du cursus master »), le SNESUP considère comme indispensable l’annoncerapide d’un moratoire.Le gouvernement demande aux syndicats, avec ce texte, d’acter une forme de convergence d’intentions présentéecomme conditionnelle à la participation aux discussions futures.
  • Le SNESUP –dont la représentativité ne peut être contestée, tant parmi les enseignants de l’enseignement supérieur en général que parmi les formateurs de la formation des enseignants en particulier– refuse une telle conception de lanégociation et considère que le seul critère devant être pris en compte pour la participation à des discussions sur unprojet concernant directement les personnels qu’il représente est celui de la représentativité. Le comportement dugouvernement viole les règles qu’il a lui-même fixées sur le dialogue social. 
Le SNESUP, porteur de ses analyses et propositions, entend participer sans préalable et sans autre a priorique l’amélioration du service public aux discussions annoncées sur la mastérisation et les concours.Dans la continuité des actions engagées (« Nuit des IUFM », …), il appelle les personnels, les formateurs, les chercheurs, les étudiants à participer aux Etats Généraux de la formation des enseignants le 4 octobre à Créteil.

Paris, le 25 septembre 2008

La commission administrative nationale du SNESUP
et l’assemblée des secrétaires de sections SNESUP

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