dimanche 28 septembre 2008

Reveillons-nous !



Formation des enseignants

Pour des États généraux

le 4 octobre à l'université de Paris 12-Créteil

Réunis sur proposition des initiateurs de l'appel* « Pour une formation de qualité dans des IUFM rénovés », conscients de l'enjeu de la formation des enseignants pour l'avenir des jeunes, refusant la précipitation du gouvernement, des personnalités et des organisations (Syndicats, associations, mouvements pédagogiques) ont décidé l'organisation d'états généraux de la formation des enseignants le 4 octobre à Paris.


Par cet événement, ils veulent montrer qu'une réelle concertation est nécessaire et possible.
Les États Généraux sont ouverts à tous.

Plan d'accès (à améliorer)



Venez nombreux préparer les états généraux de la formation des enseignants :

Mardi 30 septembre 

à 17 heures 

sur le site de Saint Agne 

Salle du Conseil  (IUFM Midi-Pyrénées)



Peut-on concevoir des masters en moins de trois mois


Depuis la fin de l’année scolaire 2007-08, le Ministère de l’éducation nationale et le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche ont entrepris une réforme de grande ampleur visant à réformer complètement la 
formation professionnelle des enseignants en remplaçant les formations en IUFM par des masters « enseignement et formation ». 

On peut juger favorablement ou non cette réforme : elle pose bien des questions, tant sur les améliorations qu’elle pense apporter, que sur la remise en cause de l’existant. 

Mais, au delà de son bien–fondé, se pose la question de sa mise en œuvre. 

Les conditions de conception des masters 

IUFM et universités concernées se doivent de rendre pour la fin de l’année 2008 les maquettes des masters « métiers de l’enseignement et de la formation » correspondant à un double objectif, celui de préparer les étudiants aux concours de l’enseignement et de leur faire acquérir les aptitudes requises par les métiers de l’enseignement et de la formation. 

O
r, le travail sur ces maquettes n’a pas pu être entamé avant la rentrée 2008-2009 pour la plupart des structures concernées. Il s’agit donc de concevoir et rédiger ces maquettes à l’époque de l’année la plus chargée, celle de la rentrée. 

Elles doivent être rendues pour le 15 octobre dans certaines universités, pour le mois de décembre (fin ou début, cela non plus n’est pas dit) pour d’autres. Or, ces maquettes nécessitent dans la plupart des cas, une collaboration accrue entre les IUFM et les universités. Cette collaboration, pour des institutions aux fonctionnements et aux finalités sensiblement différents, rend nécessaires des rencontres, des réunions, l’émergence d’une véritable réflexion. Mais dans de tels délais, comment faire ? Enfin, vu que ces maquettes vont concerner des étudiants préparant un concours, il serait de bon ton de mettre le contenu de ces concours à disposition de ceux qui oeuvrent à concevoir les masters. Or aucune indication n’est disponible et les rumeurs annoncent l’arrivée des textes 
entre la fin octobre et la fin décembre. 

Ces maquettes se doivent d’être efficaces et performantes : elles engagent l’avenir de tous les étudiants qui s’y inscriront et, au-delà, de tous les élèves qui auront en face d’eux des enseignants ainsi formés. La question qui découle de ces postulats est donc la suivante : est-il possible de réaliser des masters efficaces et performants dans un délai extrêmement court, sans disposer des informations nécessaires ? Quel formateur engagerait l’avenir de ses étudiants sur ces prémices ? 

Les conséquences de ces conditions de conception 

De nombreuses questions ne sont pas résolues. L’architecture générale des masters pose bien des problèmes sur les possibilités qui s’offrent de fournir une véritable préparation professionnelle. 

Aucune garantie sur des stages dignes de ce nom n’apparaît vraiment. 

Le nombre d’unités d’enseignement optionnelles et le caractère compensable de ces unités d’enseignement sont-ils compatibles avec un enseignement professionnalisant ? Les étudiants seront-ils en mesure de faire les bons choix ? 

Qu’en est-il des parcours spécifiques qui ne s’accordent pas toujours ou difficilement à une licence ? Sont concernés les professeurs des écoles, les conseillers principaux d’éducation, les professeurs de lycée professionnel qui sont bivalents ou même ceux d’histoire, géographie et éducation civique, juridique et sociale qui ont souvent suivi des parcours spécialisés. 

Comment définir une formation de qualité, permettant d’une part d’acquérir des savoirs suffisants et de se préparer à des épreuves académiques, d’autre part de comprendre et si possible d’observer des situations professionnelles réelles ? 

Qui, d’entre nous, peut se risquer à garantir, en l’état du calendrier, des formations optimales ?   

Pour un gel des mastèrs 

Il est clair que nous ne devons pas abandonner le travail sur les masters. Ceux-ci demandent un investissement important de notre part. Mais ne serait-il pas possible que les CPU et CDIUFM se mettent d’accord pour refuser le délai imposé et en demander un qui nous permettent de travailler sereinement afin de fournir, à l’arrivée, des masters dignes de ce nom, préparant réellement les étudiants à devenir enseignants. L’idée n’est pas nouvelle : d’ores et déjà, l'université Paris 11 (Orsay) a pris la décision unilatérale de ne déposer le 15 octobre qu’une « déclaration d'intention » pour ses masters d’enseignement et demande à pouvoir déposer ses projets de maquettes en mars 2009. Pouvons-nous faire moins ? 

C’est à la fois l’avenir des enseignants et celui de leurs élèves qui se joue ici. Pouvons-nous accepter de les mettre en péril de cette manière ?     

Collectif « IUFM en crise » du Limousin   


Budget 2009: 35% de fonctionnaires partant en retraite non remplacés au ministère de l'Éducation nationale



Message AEF n° 101885

Au ministère de l'Éducation nationale, le taux de non-remplacement des fonctionnaires partant en retraite sera de 35%, indique le ministère du Budget, des comptes publiques et de la fonction publique, à l'occasion de la présentation du projet de loide finances (PLF) 2009 en conseil des ministres vendredi 26 septembre 2008. Ce taux de 35% tient compte "des créations de postes pour la scolarisation des enfants handicapés et de la mise en oeuvre progressive de la réforme du soutien scolaire et de la gestion des remplacements", précise Bercy.

Le budget 2009 de la mission enseignement scolaire s'élève à 59,91 milliards d'euros en crédits de paiement (58 milliards d'euros en 2008) répartis de la manière suivante:
  • 17,263 milliards d'euros pour le programme enseignement public du premier degré (16,6 milliards en 2008)
  • 28,686 milliards d'euros pour le programme enseignement public du second degré (28,34 milliards en 2008)
  • 3,773 milliards d'euros pour le programme vie de l'élève (4 milliards en 2008)
  • 6,947 milliards d'euros pour le programme enseignement privé (6,88 milliards en 2008)
  • 2,068 milliards d'euros pour le programme soutien de la politique de l'Éducation nationale (2,1 milliards en 2008)
  • 1,255 milliards d'euros pour l'enseignement technique agricole.
En 2010 les moyens alloués à l'enseignement scolaire sont fixés à 61,648 milliards d'euros, et en 2011 à 62,926 milliards d'euros (en CP).

RÉPARTITION DES SUPPRESSIONS DE POSTES

En 2009, le gouvernement compte améliorer "l'efficience du système éducatif" par:

  • le non renouvellement en 2009 de 1 800 postes d'enseignants dans l'enseignement public et privé, au titre de "l'évolution des effectifs des élèves". "Des créations de classes interviendront dans le premier degré pour faire face à l'augmentation du nombre d'élèves, alors que la décroissance des effectifs dans le second degré se traduira par le non-remplacement de départs en retraite";
  • l'optimisation de la gestion des remplaçants dans le second degré, avec la création d'une agence nationale de remplacement, et le "non renouvellement" de 3 000 emplois "sans dégradation du service";
  • la réaffectation de 3 000 maîtres spécialisés dans le traitement de la difficulté scolaire en primaire dans le cadre des Rased. "Ces maîtres pourront au sien des écoles et dans le cadre de la nouvelle organisation de la semaine traiter au mieux et en continu la difficulté scolaire";
  • la suppression de 4 450 emplois de stagiaires.
Lire le message complet

LE SNESUP, LE RECRUTEMENT ET LA FORMATION DES ENSEIGNANTS



Le 23 septembre 2008, le SNESUP a été reçu, pour la première fois depuis les annonces de N. Sarkozy sur la réforme du recrutement et de la formation des enseignants, par des représentants des ministres de l’éducation nationale et del’enseignement supérieur et de la recherche. A cette occasion, a été remis officiellement au SNESUP un « texte d’entrée en discussion » alors que plusieurs versions de ce texte circulaient depuis déjà plusieurs semaines.

Le SNESUP est favorable à une formation de service public correspondant à une élévation réelle de la qualification desenseignants et à sa reconnaissance. C’est nécessaire pour la qualité de la formation, des élèves, des collégiens etlycéens. La définition de parcours de formations adaptés dans le cadre de masters et une rénovation des concoursd’entrée –qui maintiennent le statut de fonctionnaire d’Etat– dans les métiers de l’éducation correspondent à unprofond changement. Le SNESUP avance l’idée des concours intégrés dans la formation et passés à l’issue du M1. Leflou entretenu par le ministère sur les masters, sur les concours, …, la précipitation du gouvernement ne sont pas compatibles avec ces objectifs.

  • Le texte ministériel (*) est muet sur la question d’un cadrage national des masters et sur la préservation du potentielde formation des IUFM, le devenir de la structure IUFM, sur les stages et en particulier le stage en responsabilité.
  • Il induit la disparition des concours internes, l’accroissement de la précarité par le recours prévu aux non-titulaires ; ilaffaiblit la formation professionnelle réduite dans bien des cas au seul compagnonnage.
  • Il ne prend aucun engagement réel sur des points majeurs comme : des dispositifs d’aide sociale aux étudiants, desformes de pré-recrutement (rien en dehors de bourses « au mérite ») ni sur la revalorisation salariale des carrières desfuturs enseignants, …
  • Le texte proposé acte un calendrier insensé de nouveaux masters et concours en 2010. Les délais sont intenablespour la conception de nouveaux masters. Ces annonces précipitées provoquent une chute des inscriptions étudiantesà la rentrée 2008 aux préparations des concours et en M1. 
  • En convergence avec les collègues en charge de la formation des enseignants et en cohérence avec les propositionsdu rapport Jolion (« Bilan et évolution du cursus master »), le SNESUP considère comme indispensable l’annoncerapide d’un moratoire.Le gouvernement demande aux syndicats, avec ce texte, d’acter une forme de convergence d’intentions présentéecomme conditionnelle à la participation aux discussions futures.
  • Le SNESUP –dont la représentativité ne peut être contestée, tant parmi les enseignants de l’enseignement supérieur en général que parmi les formateurs de la formation des enseignants en particulier– refuse une telle conception de lanégociation et considère que le seul critère devant être pris en compte pour la participation à des discussions sur unprojet concernant directement les personnels qu’il représente est celui de la représentativité. Le comportement dugouvernement viole les règles qu’il a lui-même fixées sur le dialogue social. 
Le SNESUP, porteur de ses analyses et propositions, entend participer sans préalable et sans autre a priorique l’amélioration du service public aux discussions annoncées sur la mastérisation et les concours.Dans la continuité des actions engagées (« Nuit des IUFM », …), il appelle les personnels, les formateurs, les chercheurs, les étudiants à participer aux Etats Généraux de la formation des enseignants le 4 octobre à Créteil.

Paris, le 25 septembre 2008

La commission administrative nationale du SNESUP
et l’assemblée des secrétaires de sections SNESUP

Masterisation de la formation enseignante: la CPU signe une charte avec Xavier Darcos et Valérie Pécresse



La CPU a adopté jeudi 18 septembre 2008 la "charte relative aux principes directeurs de la réforme du recrutement et de la formation des enseignants". À travers ce texte, la CPU s'engage aux côtés des ministères de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, "chacun pour la part qui le concerne", sur des principes communs. Les discussions qui suivront devront déboucher sur la mise en place des nouveaux concours enseignants pour la session 2010. 

La CDIUFM, co-auteur du document, attend pour se prononcer, d'examiner la charte en séance plénière les 25 et 26 septembre à Nancy. Ce texte de trois pages pose les grands axes de la réforme, présentée comme un "incontestable progrès", permettant "l'élévation du niveau de recrutement" et "l'amélioration de la qualité de la formation". 

En plus de la charte, la CPU et la CDIUFM préparent une déclaration commune. Elle a vocation à "préciser ce qui est écrit dans la charte" et à "rassurer tout le monde", explique à l'AEF Simone Bonnafous, présidente de la commission de la pédagogie de la CPU, vendredi 19 septembre. Ce texte doit permettre de faire en sorte que la formation des maîtres relève "de l'ensemble des composantes de l'université". La CPU veut "réserver une place toute particulière aux IUFM, qui seront forcément partie prenante de cette formation, mais pas exclusivement". ...

MASTERISATION. 

"Compte tenu de l'autonomie et de la responsabilité des universités, celles-ci, qu'elles soient dotées d'un IUFM ou non, doivent être libres de proposer des parcours adaptés, dans le cadre de leur contrat d'établissement, en fonction des compétences attendues d'un professeur figurant notamment dans un cahier des charges national et dans celui des nouveaux concours", écrivent les signataires de la charte. Les universités s'appuieront sur les "compétences nécessaires dans le cadre du processus d'intégration des IUFM au sein des universités". Les signataires s'interrogeront également "l'apport de la recherche" à ces nouvelles formations. ...


MASTERS. 

Les masters devront articuler "quatre volets complémentaires, sans que leur poids soit nécessairement équivalent": disciplinaire (ou multidisciplinaire) qui renvoie aux "savoirs scientifiques actuels", épistémologique en lien avec "l'histoire des disciplines d'enseignement", didactique et professionnel qui "aborde les différentes facettes du métier d'enseignant et le rôle d'agent du service public d'éducation". Le poids et l'articulation de ces différents blocs varieront selon les parcours, mais "jamais une formation ne devra pouvoir ignorer un de ces aspects, ce qui sera à vérifier au moment des demandes d'habilitation". Des dispositions particulières seront prises pour les disciplines professionnelles de la voie professionnelle. La charte prévoit que la formation universitaire des maîtres puisse associer "comme dans tout master", des "enseignements de nature disciplinaire, des ateliers de projet et d'échanges d'expérience, et des périodes de stage".

BOURSES. 

Dans la perspective d'un allongement des études, le texte prévoit l'octroi de bourses au mérite aux étudiants de M1 et de M2. Autre priorité: renouveler "profondément" la formation continue des enseignants et valoriser les compétences du métier. "Reconnaître la qualité de l'investissement dans la classe, valoriser la prise de responsabilité dans d'autres secteurs ou d'autres missions liées à la réussite des élèves, sont des pistes d'amélioration de la carrière que l'État et les conférences signataires conviennent d'explorer en prolongement de la réflexion sur le recrutement." La VAE (validation des acquis de l'expérience) devra être développée pour faciliter les changements de fonction des enseignants.

Lire 

Masterisation: le texte de convergence qui servira de base aux discussions ministères-syndicats



Message AEF n°1001695

Ce document, qui énonce les "objectifs et principes directeurs de la réforme du recrutement et de la formation des enseignants", servira de base aux négociations entre les ministères de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur et Recherche, et les syndicats.  ...

Lire la suite 

Pour une véritable amélioration de la formation des maîtres


Communiqué de presse du 25 septembre 2008   

Les syndicats FSU : SNES, SNUipp, SNEP et SNUEP ont décidé de participer aux discussions proposées par le Ministre sur la réforme de la formation et du recrutement des maîtres.   

En effet, certaines des préoccupations exprimées par les syndicats de la FSU ont été prises en compte dans le document proposé par le Ministre : aides aux études, prise en compte de la dimension professionnelle dans la formation, absence de décrochage entre les différentes catégories d’enseignant (certifié, PE, PLP, CPE, PEPS), devenir du potentiel de formation des IUFM et notamment avenir des PEMF, perspective de revalorisation pour tous, évolutions sur l’année de stage…   

Ils le feront en étant porteurs de propositions y compris sur le calendrier permettant d’aboutir à ce que l’élévation du niveau de recrutement, annoncée par le gouvernement, permette une amélioration de la formation des maîtres. Celle-ci doit s’appuyer sur un développement du potentiel de formation, notamment les IUFM, et ouvrir la voie à une revalorisation d’ensemble du métier.   

Ils rendront compte régulièrement à la profession et jugeront au fur et à mesure de la discussion de la volonté gouvernementale d’aboutir à ces objectifs et en tireront toutes les conséquences sur leur attitude.   Il va de soi, de ce point de vue, que les choix budgétaires que fera le gouvernement seront un des éléments déterminants.   

Dans la continuité des actions engagées (« Nuit des IUFM » le 04 septembre, journée d’action du 11 septembre), ils appellent les personnels, les formateurs et les chercheurs à participer aux Etats généraux de la formation du 4 octobre prochain.       

Contacts : 
  • SNES – Frédérique Rolet, 06.07.18.76.81 
  • SNUipp - Gilles Moindrot, 06.88.05.27.53 
  • SNEP – Serge Chabrol, 06.75.03.24.57 
  • SNUEP – Jérôme Dammerey, 06.29.41.20.10

dimanche 21 septembre 2008

André Ouzoulias : Où va-ton si vite ?



Article publié également dans le café pédagogique

Professeur à l'IUFM
de Versailles-UCP (Université de Cergy-Pontoise),


L’évolution récente du dossier « mastérisation » fait craindre le pire, à savoir une grave détérioration de la qualité de la formation des maîtres, et par là même du service public d'éducation. Deux ensembles de faits étayent ce point de vue : d’une part, les « 10 principes » que le Ministère de l’éducation nationale (MEN) vient de rendre publics pour cadrer les discussions sur la réforme de la formation des maîtres avec les organisations syndicales, d’autre part, les premiers pas de la réforme avec le dépôt en urgence des premiers projets de mastères enseignement dans la cadre des habilitations des plans quadriennaux des universités par le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche (MESR).

Les « 10 principes » du ministère : adieu à l’alternance

Dans un document intitulé Texte proposé par le ministère pour la négociation avec les syndicats, en date du 12 septembre (donné intégralement en annexe), on découvre les « 10 principes » que le ministère compte suivre (1). Comme en témoigne ce texte, si le projet du ministère n'évolue pas :
  • le concours aura lieu, comme on pouvait le craindre, au milieu de la deuxième année du mastère (M2), accentuant les défauts de la formation actuelle : le bachotage durera trois semestres au lieu de deux ;
  • il n'y aura pas de stage en responsabilité, ni en M1, ni en M2, ni massé, ni filé, seulement des stages en observation et de pratique accompagnée (PA) ;
  • plutôt qu’une formation en alternance, le texte assigne à la formation initiale l’objectif d’« une prise de contact progressive et cohérente avec les métiers de l’enseignement » ;
  • les lauréats des concours « seront mis en situation de pleine responsabilité » aussitôt après leur formation ; durant cette année (celle qui suivra M2), qui sera celle de leur titularisation éventuelle, ils seront aidés par des enseignants « expérimentés » (on reconnaît le dispositif que le ministère appelait « compagnonnage » en juin dernier) ;
  • durant cette même année, il y aura également des « compléments de formation » ; les titulaires bénéficieront ensuite d’un « plus » en formation continue (FC), pendant les deux années suivant la titularisation.
On hésite à parler de formation professionnelle, car on se situe plus dans le cadre d’une
préprofessionnalisation. Ce modèle, notons-le, n'est pratiqué dans aucune profession ni, pour les métiers de l'éducation, dans aucun pays développé (habituellement, la prise de responsabilité est progressive).

On apprend aussi qu’il y aura des « bourses au mérite » en M1, ce qui laisse penser que le
ministère a décidé d’en finir avec le statut de fonctionnaire-stagiaire en M2, le réservant à l’année de titularisation qui se déroulera entièrement sur le terrain « en pleine responsabilité ».

Outre la dégradation de la formation initiale des maîtres (FI), d’autres conséquences non moins
inquiétantes peuvent être anticipées :
  • disparition de la FC organisée grâce au remplacement par les débutants : actuellement, par exemple, les professeurs des écoles stagiaires, en deuxième année de formation (PE2) ont 2 fois 3 semaines de stage en responsabilité et les maîtres qu’ils remplacent bénéficient parallèlement de stages de FC ;
  • concentration des moyens de FC sur l'entrée dans le métier, en contradiction avec les recommandations formelles de l’Union européenne, qui a récemment montré du doigt notre pays pour ses insuffisances graves dans la formation continuée des enseignants (mais ne fait-on pas ainsi les premiers pas vers l’objectif avancé par de nombreux responsables politiques d'organiser l'essentiel de la FC des enseignants pendant les congés scolaires ?) ;
  • coupure plus grande entre la FI et la FC, aggravant le risque d'un décrochage de la FI des réalités du terrain, des publics et des pratiques ;
  • ouverture d'un contentieux sur les décharges des directeurs d’école, qui sont, dans les petites écoles, remplacés un jour par semaine par des PE2 en stage en responsabilité filé (depuis le ministère de Robien) ; mais cela confirmerait plutôt que le M. Darcos envisage effectivement la constitution accélérée des Établissements publics locaux d’enseignement primaire (EPLEP), qui réuniraient plusieurs écoles en une seule structure administrative et dont les directeurs seraient des « managers » totalement déchargés (3).
Le plan quadriennal : Train fou dans la nuit

Actuellement, une moitié des universités (avec ou sans IUFM) doivent déposer sur le bureau duMinistère de l’enseignement supérieur et de la recherche (MESR), le 15 octobre au plus tard, leur projet de nouveau plan quadriennal pour 2010. Ces projets doivent comporter les maquettes de l'ensemble des mastères offerts, y compris donc les mastères « enseignement ».

C'est ainsi que, dans l'IUFM de Versailles (4), intégré à l'Université de Cergy-Pontoise (UCP), les
formateurs ont dû boucler ces jours-ci des fiches descriptives des mastères enseignement pour les professeurs des écoles (PE), des lycées et collèges (PLC), des lycées professionnels (PLP), les conseillers principaux d’éducation (CPE), etc. Après avis du Conseil d’École de l’IUFM, elles
feront l’objet une navette express avec l’université avant décision du conseil d’administration de celle-ci au début octobre. Le départ de cette course folle a été donné lors d'une réunion mixte UFRIUFM à la rentrée où il a notamment été décidé que les mastères « enseignement » appartiendront à deux catégories : « mastères de disciplines » (Maths, Lettres, Sciences, HG, Allemand, Espagnol) pour les PLC, pilotés par les UFR de l’université et mastères « enseignement et formation » pour « le reste » : PE, PLP, CPE, ASH (Adaptation scolaire et Scolarisation des élèves en situation de Handicap), laissés au pilotage de l'IUFM, au moins provisoirement.

Adieu donc, dès les premiers pas de la réforme, aux IUFM comme institution commune de
formation pour les PLC et les autres métiers de l'enseignement, conception qui avait présidé à leur création en 1991… De surcroît, rien n'empêcherait que tels ou tels UFR de l'UCP proposent aussi un mastère PE concurrent de celui que l'IUFM se propose de piloter. Il semblerait même que des projets en ce sens soient déjà ébauchés. L'idée selon laquelle la concurrence est naturelle, voire bénéfique au progrès, est à ce point intériorisée qu'au sein d’une même université, on pourrait voir plusieurs mastères PE se disputer les étudiants !

Inutile de dire que les conditions de l'élaboration des maquettes de formation, dans ce fonctionnement précipité, n'ont qu'un lointain rapport avec la démocratie : les départements de l'IUFM de Versailles ont été obligés d'improviser, les groupes de travail se sont mis en place par cooptation sans possibilité de consulter les autres membres des départements de façon approfondie aux différentes étapes, tout a été fait dans l'urgence, avec ordres et contre-ordres, sans un protocole de concertation à la hauteur des enjeux. La direction actuelle de l'IUFM n'est pas en cause. C'est la conséquence de la « dysrythmie » imposée par les deux ministères : l'un, le MESR, presse les universités et les IUFM de rendre les projets, quand l'autre, le MEN, commence seulement à mettre en place la concertation sur sa réforme !

Au total, le plus dément est, malgré tout, que les concepteurs de ces mastères doivent avancer dans une nuit sans lune et sans éclairage public. Le scénario dont ils sont les acteurs involontaires est celui d’un film catastrophe, Train fou dans la nuit :
  1. Le document « 10 principes » n’étant qu’un cadre de discussions, personne ne sait officiellement quand aura lieu le concours, ni quelles seront les épreuves. Et sur ce sujet, la commission ad hoc qui réunit la Conférence des présidents d’université (CPU), la Conférence des directeurs d’IUFM (CDIUFM) et des représentants des deux ministères ne rendra son rapport qu'en décembre. Comment penser la répartition des formations et la dynamique globale de formation si on ignore tout de cet élément structurant ?
  2. En dehors du cahier des charges national (arrêté de décembre 2006), qui énumère les 10 compétences des enseignants, mais auquel, pourtant, les « 10 principes » du MEN ne font nullement référence, il n’existe aucun cadrage sur les mastères eux-mêmes, car l'autre commission CPUCDIUFM-Ministères a la même échéance de décembre. Personne ne connaît les critères d'évaluation et de validation de ces mastères enseignement par le MESR. Il n’est même pas sûr qu’il en existe à ce jour.
  3. Alors qu'il s'agit d'une formation professionnelle, les concepteurs de ces mastères ne savent pas quelle sera l'importance des stages. Les seules indications dont ils disposent sont officieuses, elles viennent du texte donné en annexe. Et, comme on l’a vu, elles sont alarmantes : le ministère, pour l'instant, n'envisage pas de stage en responsabilité avant le concours, seulement des stages en observation ou en PA.
  4. Le projet d’accompagnement dans le métier durant l’année de certification (après le concours et le mastère) conduirait à utiliser massivement les moyens des maîtres-formateurs et conseillers pédagogiques, ce qui rendrait quasiment impossible leur implication en M1 et M2 pour encadrer des stages de PA.
  5. Si les recteurs et les Inspecteurs d’Académie ont à distribuer des stages en observation ou en PA, ils devront passer des conventions avec les pilotes des masters (UFR et IUFM). De quelle façon, cela se fera-t-il : en considérant que toutes les demandes devront être satisfaites obligatoirement ou en partant des possibilités du terrain, sur lesquelles les pilotes des formations devront s'aligner ? En multipliant les négociations bilatérales ou en donnant à chaque IUFM académique le rôle d’une agence de formation partenaire privilégié du recteur, avec laquelle les universités auront à coopérer ? Et comment régulera-t-on les inégalités entre régions, car, par exemple, Toulouse aura bien plus d'étudiants en mastère PE que Lille, mais Lille pourra peut-être offrir plus de possibilités de stages que Toulouse ?
  6. Il serait précieux de pouvoir concevoir les mastères de l’enseignement, et non seulement ceux des PE, en cohérence avec des licences pluridisciplinaires. Mais sans relations organiques entre les IUFM et les autres universités, la chose tient le plus souvent de l’exploit. Par exemple, pour l’académie de Versailles, ce n’est le cas d’aucun des projets de mastères connus.
  7. À supposer que, finalement, il y ait des stages en responsabilité avant le concours (au troisième semestre du mastère, cela ne serait pas délirant), pour les donner aux étudiants, il faudrait que ceuxci aient un agrément et un contrat de droit privé avec rémunération. Mais les recteurs n'ont aucun budget pour cela.
  8. Seule chose claire : les universités et les IUFM sont lancés dans une folle concurrence pour attirer le vivier. Par exemple, il n’est pas difficile de prévoir que, dans le Nord et l’Ouest de Paris, les étudiants qui se formaient jusqu’ici au sein de l’IUFM de Versailles s’inscriront demain au plus près de leur domicile : à Paris 8 (St Denis), à Paris 10 (Nanterre) et à Paris 11 (Orsay), etc. ou dans des universités de Paris intra muros. On peut prévoir que les mastères que ces universités se préparent à ouvrir capteront bien vite les deux tiers du vivier de l’IUFM de Versailles. L'UCP aura « intégré » l'IUFM, mais quand les universités concurrentes en auront gobé le contenu, il ne lui en restera qu’une coquille (5). En attendant, personne ne veut révéler ses projets à personne. Beaucoup de concurrence, mais aucune transparence : c’est le règne de la rumeur et de la suspicion. Malgré toutes les incertitudes, des ébauches de maquettes de mastères « enseignement » auront été bâclées un peu partout pour figurer dans la course du plan quadriennal. Mais, sitôt que seront connus les travaux des commissions mixtes, on risque de voir le MESR dire que la copie de tel IUFM ou de tel UFR, certes intéressante, est hors sujet ! Pour résumer, personne ne peut dire où nous allons, mais on nous demande d'y aller excessivement vite.
Quelles issues ?

Quant au fond du projet, il faudrait faire retenir le principe de formation en alternance, obtenir une grande dose de stages dès M1 et M2, dont des stages en responsabilité, avancer le concours pour qu’il ait lieu au plus tard en fin de M1, obtenir que les IUFM voient leur potentiel de formation et de recherche effectivement reconnu et utilisé, et, plutôt que des « bourses au mérite » (2), maintenir en M2 le statut de fonctionnaire-stagiaire pour les lauréats du concours et introduire une allocation d'études sur critères sociaux pour les étudiants en 3e année de licence (L3) et M1.

Plus immédiatement encore, s’agissant du plan quadriennal, il serait normal que la ministre de
l'ESR promulgue très rapidement une dérogation aux délais de dépôt des projets pour les masters enseignement : non pas le 15 octobre, mais en mars par exemple, afin que chaque concepteur ait des informations fiables et des orientations claires. Si Mme Pécresse est une personne raisonnable, elle conviendra que l'on ne peut guère travailler autrement, quelle que soit l'appréciation que l'on porte sur cette réforme de la formation des maîtres. Signalons que cette idée a paru évidente à l'université Paris 11 (Orsay), qui a décidé unilatéralement de déposer le 15 octobre une « déclaration d'intention » pour 5 mastères enseignement et demande à pouvoir déposer ses projets de maquettes en mars 2009. Compte tenu de la concurrence régnant entre universités, cette dérogation devrait amener toutes les universités à suivre le même calendrier et la même méthode pour les mastères professionnels enseignement : lettre d'intention le 15 octobre et dépôt du projet complet en mars.

Mais, pour ouvrir ces issues, nous voyons bien qu’il faut partout une intervention forte et cohérente de tous ceux qui sont attachés à la qualité du service public d’éducation. Il y a urgence.

18 septembre 2008

(1) Une première version de ce texte a été rédigée par le MEN en juillet dernier. Le gouvernement avait d’abord paru tenir compte des nécessités d’une concertation approfondie avec tous les acteurs. En fixant à la mi-octobre le terme de ces discussions (AEF, 18 septembre), il vient de décider d’accélérer la réforme.

(2) Cette idée, comme plusieurs autres projets annoncés ou déjà réalisés par le ministère Darcos, figure dans le programme du FN pour les présidentielles de 2007
(http://www.lepen2007.fr/pdf/Programmejmlp2007.pdf, p. 22). Le projet doit être pris au sérieux car la ministre de l’ESR, Mme Pécresse, vient d’annoncer, de son côté, le financement d'une « prime au mérite » de 200 euros par mois pour les étudiants en licence ayant obtenu une mention « très bien » au bac et dont les parents ne seraient pas imposables. Cette idée de « bourse au mérite » ou de « prime au mérite » fleure bon le paternalisme. Elle rompt en tout cas avec le principe du droit à des allocations sur critères sociaux. On peut aussi s’interroger sur l’équité d’une prime aux « étudiants méritants » quand ce mérite est mesuré à l’aune de la réussite à un examen, non du travail fourni. Voudrait-on nous convaincre que ceux qui réussissent moins bien pèchent par l’insuffisance de leurs efforts ?

(3)
Les déclarations de Xavier Darcos dans son audition par la commission culturelle du Sénat, début juillet 2008, sont très claires : « Je le répète, j’espère pouvoir dans le premier trimestre qui arrive, faire faire une avancée considérable sur la question de l’Établissement public du premier degré. Pour ne pas dire une avancée définitive ».

(4) L'académie de Versailles réunit 4 départements très peuplés : Yvelines, Essonne, Hauts-de-Seine et Val d'Oise. C’est la plus grande académie de France. Son IUFM, à lui seul, forme un peu plus de 15 % des enseignants.

(5) Quand le Président de la République a annoncé la réforme, au mois de juin dernier, des conseillers du MEN ont dit que les IUFM disparaîtraient. On se rend compte maintenant que ce n’était pas une conclusion hâtive. Ce qui se dessine là ne peut que justifier les craintes des acteurs de la formation des maîtres et des élus locaux quant à la pérennité des sites décentralisés dans de nombreux départements. Mais le recentrage sur les universités des grandes agglomérations ne toucherait pas seulement les départements qui n’ont pas d'université sur leur territoire. Ainsi, selon une personne très au fait de ce dossier, précisément en raison de la densité universitaire en Île-de-France, deux des cinq sites de l'académie de Versailles seraient menacés à court terme.


samedi 20 septembre 2008

Etats généraux de la formation


4 octobre 2008

Université de Paris XII- Créteil


Accès à Paris XII – Créteil par métro : Créteil-Lechat

(Site : Former des enseignants - Accueil - Contribution - Programme )


Enjeux de la journée

A l’heure où les négociations avec le ministère sur la réforme de la formation débutent, les Etats généraux doivent être un moment fort de mobilisation. Cette mobilisation doit dépasser le seul cercle des formateurs.

La journée doit dénoncer les conséquences des mesures gouvernementales (à court terme et à long terme) mais aussi proposer des alternatives qui permettent d’identifier des « espaces de combat » pour l’activité revendicative.

Elle doit en amont enclencher des débats (entre formateurs, universitaires,
collègues, élus…) et déboucher sur des projets d’action dans l’immédiat (pré-professionnalisation, nouveaux masters, semestre de M2, aides et pré-recrutements, formation de formateurs, avenir des
centres, avenir des personnels IUFM, formation continue, etc.).

Elle doit refléter les différentes opinions. Le débat doit avoir lieu sans tabou et les différentes alternatives seront discutées pour les 7 thèmes retenus.

La journée doit se terminer par un appel ou un « manifeste » dont le
contenu commun sera précisé en fonction des annonces et de l’évolution de la situation.

Nous espérons la terminer avec l’intervention de personnalités hors éducation, du monde sportif ou/et culturel.

Mobiliser tous les acteurs

L’ensemble des acteurs de la formation (enseignants-chercheurs, formateurs, maîtres formateurs, conseillers pédagogiques, étudiants, partenaires, ….) sont concernés par la réussite de ces Etats généraux. IL est important que faire en sorte que toutes les académies soient
fortement représentées et montrer notre détermination à faire de la « mastérisation » une amélioration de la formation des enseignants et non l’inverse ! Notre détermination à défendre et faire évoluer la structure indispensable que représente les IUFM .

Nous espérons que la préparation de ces Etats généraux donnera lieu à
des débats fructueux dans les établissements et que la « montée à Paris » de nombreux collègues va s’organiser rapidement. Le grand amphithéâtre (530 personnes) doit déborder ! L’avenir de la formation en dépend !

Les problématiques de chaque atelier vont être développées sur le site.
Des contributions pourront être mises en ligne. Site www.former-desenseignants.org . Des posters exposant la variété des situations locales sont prévus.

Etats généraux de la formation

4 octobre 2008


Université de Paris XII- Créteil

Pré-Programme (14 septembre 2008)

  • 9h30 Accueil
  • 10h Enjeux de la formation des enseignants
  • 10h15
    • Où en est la réforme voulue par le ministère ?
    • Quelles sont les dernières informations au jour des Etats Généraux ?
  • 10h35 Un bilan contrasté des IUFM : 2 intervenants
  • 11h30
    • Quelles alternatives ? Discussions thématiques ?
    • Chaque discussion thématique fera l’objet d’une présentation préparée collectivement par les organisations appelantes. L’objectif est de se centrer sur des propositions alternatives, identifier les espaces dans lesquels des transformations peuvent s’opérer. Les collègues porteurs de discussions collectives seront invités prioritairement à intervenir. Chacun/e peut envoyer sacontribution qui sera mise en ligne.
    • 1. Comment favoriser la démocratisation de l’accès au métier d’enseignant pour tous (aide, pré recrutement, carte des formations…) ? Comment prendre en compte l’unité et la diversité du métier enseignant ?
    • 2. Repenser le « disciplinaire » dans le cadre de la formation des enseignants. Quelles articulations entre disciplinaire universitaire et disciplinaire scolaire, entre disciplinaire,transversal et professionnel ? Quelle place de la recherche – notamment en didactique - dans la formation ?
    • 3. Quelle formation professionnelle pour les enseignants (alternance, articulation stages, apports théoriques et analyse de pratiques professionnelles, limites du « compagnonnage », relations avec les jeunes, relations famille/école, relations avec les partenaires) ?
    • 4. Quels formateurs (diversité, lien avec la recherche, lien avec le terrain) ? Quelle place pour la recherche en éducation ?
    • 5. Quel avenir des IUFM et de leurs personnels (enseignants, BIATOSS) dans le nouveau dispositif de formation initiale et continue ? Avenir des sites départementaux et aménagement du territoire
    • 6. Quelle articulation entre formation, master et concours ? Quel avenir dans le cadre d’un recrutement de fonctionnaires d’Etat par concours ?
  • 13h Repas (CROUS)
  • 14h Table ronde : Les scénarii d’avenir (éclatement et/ou renouveau de la formation ?)
    • Avec des représentants d’académie avec des situations différentes (une seule université/un IUFM ; plusieurs universités/ un IUFM) ; un spécialiste des comparaisons internationales, un sociologue.
    • Table ronde en cours d’élaboration.
  • 15h30 Comment agir dans l’immédiat localement, nationalement?
  • 16h30 Lecture d’un « manifeste » - soutien de personnalités
  • 17h Fin des travaux

Initiés par les signataires de l’appel « pour une formation des enseignants de haut niveau dans des IUFM rénovés », ils sont soutenus aujourd’hui par de nombreuses organisations.

  • Des associations et mouvements pédagogiques : CEMEA, Ligue de l’Enseignement, ICEM pédagogie Freinet, Jeunesse au Plein Air, FOEVEN, Fédération des AROEVEN, GFEN, FCPE, AELV, AFEF, Les Francas, APMEP, réseau des IREM,

  • Les grandes fédérations syndicales : FSU, UNSA Education, SGEN CFDT, FERC CGT, UGICT,Sud Education, UNEF, Sud Etudiant, UNL (lycéens),

  • Les syndicats : FSU : SNESUP, SNES, SNEP, SNUIPP, SNUEP, SNETAP, SNPI, SNCS, SNASUB,SNPDEN, UNSA : SE, A&I, SIEN, SNPTES, Sup'Recherche, CGT : CGT Educ’Action, FERC Sup, SNTRS

Texte au format pdf sur le groupe coordination nationale des IUFM



vendredi 19 septembre 2008

Objectifs et principes directeurs de la réforme du recrutement et de la formation des enseignants


Texte ministériel

Objectifs et principes directeurs de la réforme
du recrutement et de la formation des enseignant



Au moment où d’importantes réformes du système éducatif sont en cours ou en préparation et réaffirmant les exigences de démocratisation de l'enseignement et de réussite des élèves il est nécessaire de repenser et d’améliorer l’entrée dans le métier d’enseignant. Un pouvoir d’achat réévalué, des professeurs mieux formés aux exigences du métier, une première affectation mieux préparée, un accompagnement en établissement assuré de façon systématique par les collègues expérimentés, choisis pour leurs compétences permettront une première prise de fonction plus harmonieuse, plus motivante et donc plus efficace.

La réforme du recrutement et de la formation des enseignants est un des l’axes de cette transformation. Elle entrera en vigueur pour une première session de concours en 2010. Dans ce cadre, des mesures transitoires seront étudiées afin de permettre, la bonne mise en œuvre de la réforme.

Les ministres, chacun pour la part qui le concerne, proposent aux organisations syndicales les objectifs et les principes directeurs suivants :

I. La formation initiale et le recrutement des enseignants

  • 1°) Une élévation du niveau de recrutement et une amélioration de la qualité de la formation : les enseignants devront justifier de l’obtention d’un diplôme de master pour pouvoir être recrutés à titre définitif à l’issue des nouveaux concours de recrutement. Tout étudiant inscrit en deuxième année de master ou ayant déjà validé celui-ci pourra donc se présenter aux nouveaux concours de recrutement. Ces masters pourront également permettre à ceux des candidats qui ne réussiraient pas les concours de poursuivre leurs études universitaires ou d’engager leur insertion professionnelle dans d'autres directions.
  • Dans la perspective de la formation initiale et de la première prise de fonction, les masters comme les épreuves du concours devront intégrer à la fois les dimensions professionnelles, disciplinaires et didactiques.Les disciplines professionnelles de la voie professionnelle feront l’objet de dispositions particulières.
  • 2° La réaffirmation du cadre national des concours sur la base d’une professionnalisation accrue : les nouveaux concours des premier et second degrés comprendront trois types d’épreuves destinées à évaluer
    • la culture disciplinaire,
    • la capacité à concevoir et organiser un enseignement adapté aux niveaux de classe, aux situations d’apprentissage
    • et enfin la connaissance du système éducatif.
  • L’articulation entre ces divers types d’épreuves pourra varier en fonction des disciplines ou spécialités ainsi que des niveaux d’enseignement. En revanche a réforme ne comporte aucun décrochage entre les différents niveaux d’enseignement. Pour le second degré la distinction entre le CAPES et l’agrégation est maintenue.
  • 3°) Une formation supérieure comportant une prise de contact progressive et cohérente avec les métiers de l’enseignement qui comprendra
    • des stages d’observation et de pratique accompagnée en école, en collège et en lycée articulés
    • avec une formation scientifique, disciplinaire
    • et didactique s’appuyant sur la recherche.
  • Pour préparer les étudiants à leur futur métier, les universités, sur la base des nouveaux contenus des concours, proposeront des parcours de master ambitieux, en s’appuyant sur toutes les compétences qu’elles jugeront nécessaires, dans le cadre du processus d’intégration des IUFM au sein des universités.
II. L’entrée dans le métier et le début de carrière

  • 4°) L’élévation du niveau de recrutement doit favoriser l’expression de tous les talents. Les bourses au mérite, proposées aux étudiants de M1 et M2, et s’ajoutant éventuellement à d’autres dispositifs, soutiendront l’effort de poursuite d’études, permettant ainsi d’assurer la diversité sociale des recrutements.
  • 5°) Forts de leur pré-professionnalisation précédant le recrutement, les lauréats des nouveaux concours seront mis en situation de pleine responsabilité, tout en bénéficiant de l’aide et du soutien professeurs expérimentés et de compléments de formation. A l’issue de cette année, le professeur fonctionnaire stagiaire pourra être titularisé. Dans ce cadre, les modalités d’accompagnement et de formation seront adaptées à chaque niveau d’enseignement. Par ailleurs, s’agissant du premier degré, sera pris en compte le devenir des IMF.
  • 6°) Lors des premières années d’exercice il est souhaitable que les enseignants bénéficient d’un dispositif d’aide et de soutien par des professeurs expérimentés. Notamment, pendant cette année, et les deux années qui suivent leur prise de fonction, les professeurs débutants pourront, dans le cadre de la formation continue, bénéficier d’actions de formation spécifiques selon des modalités adaptées à chaque niveau d’enseignement.
  • 7°) La première affectation doit également permettre aux nouveaux enseignants de prendre pleinement la mesure de leur métier. Aussi une réflexion sur la première affectation des enseignants sera conduite.
  • 8°) Le début de carrière est une rupture non seulement professionnelle mais aussi sociale et culturelle voire familiale. Aussi avant la fin de l’année 2008 le chantier de la revalorisation des carrières des jeunes enseignants sera engagé. les jeunes enseignants qui viennent d’être titularisés et qui entrent dans le métier verront leur situation matérielle améliorée notamment pour faire face aux frais de premier équipement qu’occasionne l’entrée effective dans le métier.Cette revalorisation trouvera sa pleine expression en 2010 avec la mastérisation du recrutement. Elle sera conduite en parallèle avec la revalorisation du métier d’enseignant.
  • 9°) Par ailleurs le rôle des non-titulaires doit être mieux reconnu et l’activité de suppléance et de remplacement doit ouvrir droit à la VAE pour leur recrutement à titre définitif. Cette perspective sera prise en compte dans la réflexion sur le métier d’enseignant. Elle fera l’objet d’une négociation avec les organisations syndicales.
Méthode de travail

La négociation avec les organisations syndicales qui auront répondu positivement à la proposition s’appuiera sur ces principes.

  • 11°) Le calendrier doit permettre une mise en place des concours pour la session 2010. Aussi la réflexion sera organisée, dès la rentrée de septembre prochain, autour des thèmes suivants :-
    • Maquette des concours ;
    • Formation initiale : configuration des masters, mobilisation des compétences existantes dans le nouveau dispositif de formation;
    • Prise de fonction, affectation, accompagnement et formation continue ;
    • Dans ce cadre seront notamment examinés : Le devenir des enseignants actuellement en service partagé;
    • Les conditions d’intervention des enseignants du premier et du second degré au sein des universités.
    • Aspects indemnitaires et indiciaires.