mardi 1 juillet 2008

Motion IUFM des Pays de la Loire


Le Conseil d’école de l’IUFM des Pays de la Loire -Université de Nantes réuni le mardi 1er juillet 2008 s’inquiète des projets de réforme de la formation des enseignants, annoncés par le Président de la République et confirmés par le texte consacré à la RGPP (Révision générale des politiques publiques) acté le 11 juin 2008 en conseil des ministres.

Il constate, une fois de plus, l’absence de concertation préalable aux annonces. Il s’étonne que des conseillers de la Présidence de la République ou des Ministères de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche puissent indiquer à des journalistes une éventuelle dissolution des IUFM, donc d’une composante de notre université, avant toute concertation et avant même toute publication d’un projet. D’autant qu’il est particulièrement incohérent d’avoir intégré l’IUFM à l’Université de Nantes en 2007 pour le dissoudre un an après.

Il se réjouit par conséquent du vote du Conseil d’Administration de l’Université de Nantes du 13 juin 2008 de la motion qui témoigne de l’engagement de cette Université et de son Président sur ce dossier. En accord avec le texte de la motion votée au CA, il affirme que le recrutement des enseignants au niveau Master doit s’accompagner d’une formation professionnelle indispensable à l’exercice d’un métier difficile, qui ne peut se réduire à deux ou trois mois d’expérience entre un écrit et un oral de concours : enseigner est un métier, un métier qui s’apprend. La « masterisation » annoncée ne saurait servir de prétexte à des dégradations des contenus de formation, des conditions d’études ou du potentiel de formation, de recherche et d’expérience que représentent aujourd’hui les IUFM. L'élaboration des masters au sein des universités ne peut pas se dispenser de l'expertise des IUFM, de tous ses personnels, et de leur expérience en matière d'alternance et de professionnalisation.


Elle doit, enfin, être assurée et garantie par un cadrage national des formations. Il revendique que cette formation professionnelle, comportant un lien avec la pratique de l’enseignement dans les établissements scolaires, soit correctement rémunérée. L'allongement de la formation aura un coût pour les étudiants puisqu'on remplace une année de stage rétribuée par une année à l'université. Cette charge financière nouvelle, pour les étudiants et leurs famille, doit être compensée par des aides financières adaptées, au moins au niveau de financement correspondant à la rémunération actuelle des professeurs stagiaires et prises en compte pour la retraite. De même, l’amélioration des traitements en début de carrière ne peut s’accompagner de la recherche d’économies sur les postes de stagiaires et du désengagement de l’Education nationale en matière de formation initiale.

Il affirme sa volonté que l’outil de professionnalisation et de réflexion sur l’éducation que représente l’IUFM ne soit ni démantelé, ni affaibli. La formation ne peut être conçue et pilotée par des critères réduits aux moyens de remplacements. Elle ne peut non plus se résumer seulement à un compagnonnage. L’entrée dans le métier doit être progressive, accompagnée par des équipes de formateurs formés et qualifiés : former est un métier qui s’apprend. Sans les liens que l’IUFM a tissés avec les enseignants des écoles, des collèges, des lycées, des lycées professionnels et des entreprises, il ne peut y avoir de formation professionnelle digne de ce nom.
Il exige que les universités, avec les IUFM et leurs autres composantes, restent les acteurs privilégiés et incontournables de la formation scientifique et professionnelle des enseignants, tant initiale que continue, et il demande un calendrier qui permet une concertation approfondie.

Motion du Conseil d’Ecole
de l’IUFM des Pays de la Loire
Université de Nantes

(Votée le 1er juillet 2008 : 20 pour, 0 contre, 5 NPPPV)


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