mercredi 9 juillet 2008

Motion CA de l'université du Mirail



Les représentants des personnels et des usagers de l’IUFM Midi-Pyrénées (SNESUP-FSU, SGEN-CFDT, UNSA Education)


Au nom des personnels et des usagers de L’IUFM Midi-Pyrénées

Depuis leur création, les IUFM ont montré le rôle essentiel qu'ils jouent dans la formation initiale et continue des enseignants. Si cet apport est bien sûr perfectible, les IUFM répondent à de réels besoins de professionnalisation articulant des apports théoriques, disciplinaires, didactiques et pédagogiques en rapport avec les exigences d’un métier complexe et évolutif, confronté à la diversité de ses terrains d’exercice. Un métier caractérisé par un ensemble de savoirs professionnels authentiques et spécifiques mobilisés et/ou produits dans de nombreuses recherches dans différents domaines.

Aujourd'hui, l'intégration des IUFM aux Universités doit permettre une validation et une valorisation de leur place en termes de reconnaissance universitaire du niveau de formation délivré. Le projet de réforme de la formation des enseignants annoncé par voie de presse dès la fin du mois de mai, présenté le 2 juin par le Président de la République s’est précisé au travers d’un communiqué du conseil des ministres en date du 2 juillet dernier. Malgré de multiples réactions de nombreux IUFM et d’Universités, et particulièrement à l’IUFM-Midi-Pyrénées fortement mobilisé depuis le 30 mai dernier, les dernières mesures annoncées confirment toutes les craintes relatives à la mise en péril d’une véritable formation professionnelle des enseignants.

La réforme prévoit que les candidats aux concours de recrutement soient inscrits en M2 (dès 2010) et que les candidats admis enseignent à temps plein dans les classes dès l’année suivante. La réforme compromet fortement l’année dite de professionnalisation, année durant laquelle est mis en œuvre le cahier des charges de la formation des maîtres (BO du 4 janvier 2007 et du 1er mars 2007). Cette réforme a été conçue dans la précipitation et sans concertation à tel point que les étudiants devraient s’inscrire dès cet été dans des masters qui n’existent pas encore.

Par ailleurs, les formations PE, CPE, PLP et CAPET pour lesquelles il n’existe pas de filières universitaires sont absentes des propositions. Des étudiants sont aujourd’hui inscrits à la préparation de concours dont l’ouverture n’est pas encore confirmée !

Alors que le processus d’intégration des IUFM dans l’université n’est pas encore arrivé à son terme, le calendrier annoncé apparaît techniquement déraisonnable et inacceptable au regard des enjeux. La formation des enseignants nécessite une réflexion collective impliquant toutes les parties prenantes : les universités et les IUFM, les collectivités territoriales, l’employeur, les enseignants du premier et du second degré, de l’enseignement général, technique et professionnel, ainsi que les organisations étudiantes et les parents d’élèves.

Suite aux motions présentées aux conseils transitoires des 30 mai et 1er juillet, ainsi qu’à la motion présentée au Congrès de l’Université de Toulouse II-Le Mirail du 6 juin dernier, les Assises Nationales de la Formation des Enseignants, décidées à l’unanimité en assemblée générale des personnels, se sont tenues le 2 juillet 2008 à l’IUFM Midi-Pyrénées. Elle ont réuni plus de 150 personnes : formateurs, BIATOS, étudiants et professeurs stagiaires de plusieurs IUFM ainsi que des organisations syndicales FSU (SNUIPP, SNES, SNESUP, SNASUB), SGEN-CFDT, UNSA (A&i, SNPTES, SUP&Recherche et SE-UNSA), SUD.

A la suite du communiqué du conseil des ministres, les Assises de la Formation des Enseignants ont exprimé leur profond désaccord.

Intégrés depuis le 1er janvier 2008, les personnels et usagers de l’IUFM Midi-Pyrénées s’adressent au Conseil d’Administration de leur université intégrante afin de soutenir la demande d’un moratoire d’un an pour concevoir et organiser, avec les différents acteurs concernés une véritable formation universitaire professionnelle débouchant sur la délivrance de différents masters professionnels de formation aux métiers de l’enseignement et de l’éducation adaptés aux spécificités des terrains d’exercice du métier.

« Le Conseil d’administration de l’Université de Toulouse II-Le Mirail soutient la démarche des personnels et usagers de l’IUFM telle qu’elle lui a été présentée et se joint à leur demande de moratoire d’un an pour la mise en place des masters de formation aux métiers de l’enseignement et de l’éducation »

Approuvé à l’unanimité le 8 juillet 2008.

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