vendredi 4 juillet 2008

Intégralité des assises de Toulouse



Ouverture des assises nationales de la formation
des enseignants du 2 juillet à Toulouse

Je suis Christian VALADE, enseignant l’IUFM de Toulouse en Midi-Pyrénées. Je suis chargé par le collectif-crise de l’IUFM d’ouvrir ces assises de la formation des enseignants. Je déclare donc ouverte les assises nationales de la formation des enseignants. Je tiens à remercier les personnes qui viennent de loin (Alsace, Aquitaine, Bretagne, Midi-Pyrénées, Poitou-Charentes, Versailles). Je remercie également les personnels (enseignant et non enseignant) de l’IUFM Midi-Pyrénées qui participent à cette journée, le collectif-crise pour son organisation de la journée et nos deux invités Marc Bru, directeur de l’IUFM, membre du bureau de la CDIUDM et Daniel Fillâtre, président de l’université UT2, membre de la CPU. Contexte

Dans le contexte politique et social de mai juin 2008, le président de la république accompagné du ministre de l'éducation a annoncé un projet de réforme de la formation des enseignants. Depuis un mois, des annonces relayées principalement par la presse en matière de formation des enseignants se multiplient. Ces annonces mettent en cause la qualité de la formation. Elles soulèvent de vives inquiétudes car elles menacent l'existence d'une l'école universitaire professionnelle.

L'IUFM Midi-Pyrénées a la responsabilité de la préparation en 1°année des étudiants de toutes filières ouvertes à Toulouse (plus de 50) et bien entendu des formations 2°année. Le personnel IUFM est blessé et indigné par le contenu des annonces et communiqués qui émanent de conseillers de différents cabinets ministériels ou présidentiels. Ces positions sont souvent opaques et bien trop loin de la réalité de l'enseignement dans les écoles, collèges ou lycées.

Les IUFM ont toujours mis en œuvre les décisions de la tutelle : intégration, cahier des charges, stages filés .... Moins d'un an après l'intégration des IUFM dans une université, les ministères préparent une réforme qui entrainerait à court terme leur suppression. Les formateurs n'acceptent pas ces projets.

Suite aux assemblées des personnels et aux positions du conseil transitoire, un collectif crise de l'IUFM Midi-Pyrénées s'est mis en place. Il est composé d'une trentaine de membres actifs. Il réunit des syndicats (FSU, SGEN, UNSA), des représentants des différentes catégories, des personnels et des secteurs de formation (PE, PLC, PLP et BIATOS). C’est autour de l’essentiel que le collectif s’est formé ! "ENSEIGNER EST UN MÉTIER QUI S'APPREND, L'AVENIR DE NOS ENFANTS EN DÉPEND".

Au plan national, nos actions visent à obtenir a minima quatre garanties :
  • le maintien d'une école universitaire professionnelle,
  • le maintien d'une rémunération de la formation des futurs enseignants,
  • un cadrage national des masters professionnels,
  • le maintien d’un recrutement par concours.
Le maintien d'une école professionnelle.
  • Que penserait-on d'un étudiant qui obtiendrait le diplôme de médecin sans jamais avoir vu un malade ? Qu'il n'a pas le droit d'exercer. Et c'est pour cela que la formation des médecins dure 7 ans, avec plusieurs années de stage dans des hôpitaux. Toutes les professions ont leur école professionnelle : magistrats, infirmières, ingénieurs, cadres administratifs.
Le maintien d'une rémunération de la formation des futurs enseignants·
  • Actuellement, la cinquième année après le baccalauréat qui correspond à la formation professionnelle est une année rémunérée. Supprimer cette rémunération, c'est de fait réserver l'accès au professorat aux étudiants socialement les plus favorisés. (Ceci aggrave la distance culturelle entre les maîtres et les élèves)
Un cadrage national des masters professionnels·
  • Un cadrage national du caractère professionnel des masters dans lequel nous voulons être partie prenante et dans la conception et dans la mise en œuvre. Depuis près de 20 ans les IUFM ont développé un savoir faire irremplaçable en la matière. La diversité des formations, leurs spécificités doivent être prises en compte.

Le maintien du recrutement par concours.
  • La pérennité de concours nationaux garantit une réelle égalité des chances dans le recrutement et un emploi stable. La maquette des nouveaux concours doit contenir une part significative de contenus professionnels.

Plusieurs actions ont été mises en place notamment la retenue pendant une semaine des dossiers de validation des PLC2. Ces actions sont décrites sur le blog http://metier-prof.blogspot.com. Pour terminer cette année, l‘assemblée générale a demandé au collectif d'organiser des assises de la formation. Celles-ci ont pour objectif de préparer les états généraux de la formation des enseignants au dernier trimestre 2008. Pour cela, après nos échanges, nous devons :
  • nous rassembler autour de l'essentiel,
  • faire converger nos revendications,
  • définir les conditions pour une formation ambitieuse universitaire et professionnelle des enseignants,
  • Etre force de proposition (combattre et proposer)
Le collectif est indépendant de la direction de l'établissement. Toutefois, le collectif a demandé au président de l'université, membre de la CPU, et au directeur de l'IUFM, membre du bureau de la CD IUFM de présenter les dernières prises de positions, ainsi que les points de vue de leurs organisations.

C'est bien dans le contexte "enseigner est un métier qui s'apprend" que les assises de la formation des maîtres ont vu le jour. C'est dans ce contexte que le collectif-crise de l'IUFM Midi-Pyrénées a demandé à Daniel Filâtre et Marc Bru d'intervenir.
  • Quelles positions de la CPU et de la CD IUFM ?
    • pour que la formation des enseignants soit universitaire ET professionnelle ? Quid du cahier des charges ?
    • Sur une rémunération pendant la formation des futurs enseignants ? sous quelle forme ?
    • Sur un cadrage national des masters professionnels ?
    • Sur le maintien d’un recrutement par concours ? Quelle place du concours ? Le concours doit-il piloter la formation ou inversement ?
  • Une mise en œuvre est-elle envisageable dès septembre 2008 ?

Le collectif vous remercie de bien vouloir participer à nos travaux. Cette journée nationale montre que nous avons su nous mobiliser autour de la formation des enseignants. Nous avons su nous mobiliser dans la dignité autour des valeurs fondamentales de la république.

Marc BRU, Membre de la CDIUFM, Directeur de l'IUFM Midi-Pyrénées




Daniel FILATRE, Membre de la CPU, Président de l'université Toulouse Le Mirail (UT2)



Questions de la salle



Réponses de Daniel FILATRE et Marc BRU



Vue Globale de la politique éducative

Primaire : Christian BELINGUIER



Réforme des Lycées : Jeanne FINE



Réforme des lycées Professionnels : Françoise ESTAQUE



Réforme du CNRS : Jeanne FINE




Points des collègues des IUFM et des syndicats présents



Travail en Atelier

Atelier 1 : Formation PE (Professeurs des Écoles)

Questions :
  • Pourquoi une école universitaire et professionnelle ?
  • Quels contenus, pour quelles compétences dans un Master professionnel M1 et M2 (Master des métiers de l'enseignement et de l'éducation) ?
  • Formation en alternance : quel dosage ?Quelle organisation ? Quelle évaluation ?
  • Quelles modalités de sélection pour entrer dans une école universitaire professionnelle en M1 ? En M2 ?
  • Comment sauvegarder une diversité sociologique ?
  • Quelle est la place des compétences professionnelles au concours ? (A quelles conditions les concours valident une compétence professionnelle ?) Le concours doit-il piloter la formation ou l'inverse ?
Synthèse des débats de l'atelier (Réponse globale à l’ensemble des questions)

1 - Une école professionnelle universitaire, nous en avons une : c’est de cet existant qu’il faut partir. Les IUFM ont un bilan, des « savoir faire » à faire valoir, même si des améliorations sont indispensables. Le « U » a déjà une existence. Il manque le diplôme… Une « école », pour éviter la dilution.

2 - Quels contenus, pour quelles compétences dans un Master professionnel M1 et M2 (Master des métiers de l'enseignement et de l'éducation) ?
  • La logique du premier degré semble mal ou peu comprise. L’enjeu est de faire reconnaître sur le terrain universitaire les savoirs spécifiques de haut niveau sur le plan didactique et pédagogique, relatifs à la polyvalence. Les savoirs liés à la polyvalence sont à porter en tant qu’objets de recherche.
  • Il faut valoriser une expertise croisée liée à la co-intervention de formateurs de statuts et d’horizons divers.
  • Il faut sûrement rendre plus visibles les groupes de recherche en lien avec l’INRP.
  • Une question centrale est bien celle de la professionnalisation et de la reconnaissance de « l’enseignement » comme une profession à part entière.
3 - Formation en alternance : quel dosage ? Quelle organisation ? Quelle évaluation ?
  • Tout en tirant un bilan positif des stages (filé, groupé), les stagiaires sont demandeurs à la fois d’apports théoriques et d’outils pour l’exercice du métier. La pression de l’évaluation est très – trop- forte. Au final, les différentes dimensions de la formation (confrontation au terrain et apports théoriques) ne peuvent s’articuler de manière cohérente sur une durée trop courte. La préoccupation du « terrain » génère une certaine inquiétude chez les stagiaires relative à l’intégration à l’université.
  • Pour les formateurs, l’arrivée du stage filé a changé la donne : des choix sont forcément faits vu le temps disponible : long ou court terme… Il y a alors un décalage entre attente des stagiaires et besoins en formation.
  • La question de la durée de la formation est importante. S’inscrivant dans la suite de parcours de pré professionnalisation aux métiers de l’enseignement de L1 à L3, deux années (stagiarisation rémunérée) permettraient une formation professionnelle ambitieuse. Scénario possible :
    • Pratique accompagnée dès M1.
    • Stage filé pas forcément en responsabilité, en M1.
    • Articuler les stages avec les autres apports.
    • Stage en responsabilité en début de M2.
    • Retour avec mémoire qui s’appuie sur ce stage.
  • Il faut articuler les apports théoriques et des divers formateurs aux questionnements issus de la confrontation au terrain. Etre dans la réponse à des besoins. Il faut pouvoir poser un regard sur ce que l’on a fait. Cela demande des dispositifs pour « mettre à distance ». Intérêt de formation et échanges en binômes, de co-formation en petits groupes, permettant l’identification de problèmes et la formulation de modalités de réponse.
  • Les compétences ainsi construites et partagées dans ce cadre sont non seulement à défendre mais à promouvoir. Elles constituent un patrimoine original qui s’ancre dans la réalité du métier et est le garant d’une dimension professionnelle dans un parcours universitaire de formation. Ainsi, universitaire et professionnel ne se distinguent pas. Il conviendrait donc de dire une « école universitaire professionnelle ».
4 - Quelles modalités de sélection pour entrer dans une école universitaire professionnelle en M1 ? En M2 ? Comment sauvegarder une diversité sociologique ?

5 - Quelle est la place des compétences professionnelles au concours ? (A quelles conditions les concours valident une compétence professionnelle ?)
Le concours doit-il piloter la formation ou l'inverse ?
  • Préserver le concours est essentiel : il donne un cadre national, garantit l’équité, protège de la précarisation…
  • Il y a un large accord sur le fait que recrutement à la licence puis stagiarisation permet de conserver une diversité sociologique dans les recrutements, de démocratiser l’accès à la profession.
  • La question de la dimension professionnelle dans le concours fait débat mais paraît importante dans le contexte. Si concours à L3, c’est ce qui est dans le parcours licence qui préparera au concours. Dès L1, des parcours de l’enseignement doivent être mis en place en intégrant la dimension professionnelle qui ne peut se réduire à la mise en place de stages.
  • Pour certains, une distinction pourrait être opérée entre admissibilité et admission. Une éventualité serait de placer l’admissibilité à la fin de la licence pour une admission en M1 ouvrant à une période de stagiarisation pendant laquelle des dispositions d’aides financières seraient prises : bourses, IPES, rémunération afin de palier les difficultés sociales rencontrées par un nombre croissant d’étudiants.
  • Mais il apparaît important de s’appuyer sur l’existant : aujourd’hui il y a une année rémunérée au titre de stagiaire fonctionnaire. On ne peut demander moins… On peut également remarquer que dans le passé, on a eu mieux, bien mieux (deux, voire trois années de stagiarisation rémunérées dans les années 80).
Questions :
  1. Quelle place occupent les formateurs du premier degré dans la formation des pairs ?
  2. Comment accentuer le lien formateurs / IMF ?
  3. L’utilisation des stagiaires comme moyens de remplacement ou d’enseignement .
  4. Quel avenir pour la formation initiale différée ?


Atelier 2 : Professeurs de Lycées et Collèges (PLC) et Professeurs des Lycées Professionnels (PLP)

Question 1 :

  • Pourquoi une école universitaire et professionnelle ?
Synthèse des deux ateliers :
  • PLC :
    • Il ne faut pas séparer universitaire et professionnel : les deux nous concernent, les IUFM ont toujours été universitaires, et cette dimension est renforcée par l’intégration comme école professionnelle. Le modèle des IUT est là pour nous indiquer qu’il est très possible de faire valider des diplômes par des composantes professionnelles, où d’ailleurs, comme dans l’IUFM, les PRAG et PRCE jouent un rôle essentiel. Voir aussi l’exemple de l’ENS à Lyon.
    • Cela signifie que l’IUFM a toute légitimité pour délivrer des masters liant formation académique, formation professionnelle et concours : il ne faut ni les renvoyer à la tâche de simple gestionnaire et accompagnateur de stage, ni sous prétexte d’intégration universitaire, les priver de leurs dimensions de terrain.
    • Cela dit, les situations sont très variables selon les disciplines, en particulier selon la présence et le nombre d’enseignants-chercheurs appelés à valider les diplômes de master, les relations avec les instances de l’université de rattachement, appelées à accepter ces maquettes, les relations avec les UFR et les universités partenaires.
  • PLP
    • Constats :
      • Il n’existe pas de licence ou de master qui répondent aux exigences des enseignements professionnel et technique, notamment pour l’adaptation de l’enseignant à des publics divers, difficiles et complexes.
      • Recrutement des enseignants : il n’y a pas de reconnaissance à bac+3 pour certains diplômes nécessaires aux PLP : infirmière, conseiller ESF, coiffure, carrosserie… (bac +2 ou -)
      • Pas de financement de la préparation au concours car formation pas diplômante pour l’instant.
    • Propositions :
      • Pour un cadre général professionnalisant le même pour tous les enseignants : avec un statut commun mais une pédagogie plurielle.
      • Pré-recrutement en fin de L3.
      • Remise à niveau en L3, initiation au métier d’enseignant et possibilités de financement.



Question 2 :
  • Quels contenus, pour quelles compétences dans un Master professionnel M1 et M2 (Master des métiers de l'enseignement et de l'éducation) ?
Synthèse des deux ateliers :
  • PLP :
    • Comment intégrer l’aspect recherche dans le cadre d’un master ?
      • Le lien avec la recherche est indissociable du niveau master. On ne peut s’en tenir ni à une recherche purement académique, ni à une recherche purement didactique.
      • L’initiation à la recherche académique fondamentale est une nécessité pour que les futurs enseignants puissent avoir pratiqué une discipline vivante (et pas seulement un corpus de connaissances datées), pour être à même d’adapter leur enseignement aux évolutions épistémologiques de leur discipline. Elle est aussi nécessaire à une possible poursuite d’étude en thèse.
      • L’initiation à la recherche pédagogique ou didactique est tout aussi indispensable pour trouver un minimum de recul par rapport à la pratique enseignante, adopter un point de vue critique et évolutif sur l’enseignement que l’on fait. Cet aspect doit pouvoir lier ce que travaille actuellement l’IUFM dans l’épreuve orale sur dossier et à travers le mémoire professionnel.
      • C’est à travers la combinaison de ces deux aspects que l’on obtiendra une initiation satisfaisante à la méthodologie de la recherche et à l’épistémologie de la discipline.
    • Quelle part de tronc commun et de disciplinaire ?
      • Nécessité d’une approche interdisciplinaire des thèmes du style « éducation à » la santé, à l’environnement, à l’égalité filles garçons, à l’éducation civique et sociale, à « école et société », histoire et sociologie de l’éducation.
      • On peut donc envisager un tronc commun, d’une part dans les modules de licence axés vers l’orientation, le choix d’une filière enseignante particulière ; d’autre part en M1, autour de modules communs (si possibles liés au concours) autour desquels devraient s’articuler les stages d’alternance, les modules de recherches.
    • La question de l’approfondissement des connaissances disciplinaires
      • Comment s’insérer dans les parcours universitaires ?
      • Outre la recherche, nous serons amenés à apporter des compléments de culture générale liés aux contenus des enseignements scolaires (qui sontparfois en contradiction avec la recherche, cf. les maths…).
      • Pour autant nous cherchons à éviter un simple bachotage en vue d’un concours (c’est le concours qui pilote la formation)
  • PLP
    • 3 volets : disciplinaire, didactique disciplinaire, pédagogie et sciences humaines (au lieu de connaissance du public plutôt que du système éducatif ? d’accord si cela intègre filière d’enseignement et orientation des élèves).
    • Adaptation des contenus disciplinaires aux contenus des programmes d’enseignement en lycée (pas au concours et pas en filière universitaire).


Question 3 :
  • Formation en alternance : quel dosage ? Quelle organisation ? Quelle évaluation ?
Synthèse des deux ateliers :
  • PLP
    • Différents types de stages, dont au moins un à l’étranger d’au moins 3 mois.
    • L’alternance est une nécessité, nous ne devons pas nous cantonner à sa mise en œuvre.
    • La question qui se pose est de ménager, pour son accompagnement, la place des enseignants de terrain associés à l’IUFM ; et de stages en responsabilités (en M1 et M2), indispensables à une véritable formation : une simple observation de quelques classes ne peut suffire à faire un professeur. Mais l’organisation de ces stages en responsabilité semble difficilement compatible avec une véritable recherche universitaire (plus le concours…) : c’est sans doute cet aspect qui conduirait à une séparation assez nette entre master enseignement et master recherche.
  • PLP
    • Alternance et accompagnement pédagogique : période de formation en établissement et en entreprise avec préparation, suivi, exploitation et évaluation.
    • Dosage et organisation : étalé sur M1 et M2 avec une proportion croissante du temps en établissement ;
    • Evaluation globale de la PFE : formateur référent évaluateur
    • Compétences individuelles évaluées ou qualités professionnelles (débat dans l’atelier) : maîtriser les fondamentaux de sa discipline…


Question 4 :
  • Quelles modalités de sélection pour entrer dans une école universitaire professionnelle en M1 ? En M2 ? Comment sauvegarder une diversité sociologique ?
Synthèse des deux ateliers :
  • PLC
    • La réforme que l’on nous prépare « ne tient pas la route ».
    • A l’évidence, il y aura pré-professionnalisation en L1 et L2, orientation en L3 : là se situera le véritable palier : on ne peut organiser des stages sérieux pour des milliers d’étudiants candidats.
    • On suggère plusieurs types de filtres à ce niveau
      • ce peut être un numérus clausus en fonction des résultats aux modules d’orientation, ce qui aurait l’avantage de les valoriser
      • un pré-concours style IPES (qui pourrait aussi se situer au niveau L2)
      • un concours en L3 avec deux années de masters ;
      • un écrit à l’entrée de M1 et un oral en fin de M1.
  • PLP
    • Recrutement en L3 avec les UE de pré-professionnalisation, la formation devrait répondre à un concours pour lequel les compétences évaluées seraient définies conjointement par les corps d’inspection et l’IUFM et universités ;
    • Parfois licence adaptée nécessaire ou licence professionnelle (pré-recrutement en L2 puis IPES avec engagement / contrat ou bourse au service public) ou licence en alternance (salarié + formation enseignante)
    • On recrute à Bac+2 + 5 années d’expérience (PLP) : VAE ou mère de 3 enfants ou sportif de haut-niveau à nécessité d’une remise à niveau et d’un financement (aide dès le niveau L3) ;
    • Modes de financement et de recrutement divers pour favoriser la diversité sociale à élève-fonctionnaire ?


Question 5 :
  • Quelle est la place des compétences professionnelles au concours ? (A quelles conditions les concours valident une compétence professionnelle ?) Le concours doit-il piloter la formation ou l'inverse ?
Synthèse des deux ateliers :
  • PLC
    • Certains concours (tous ?) ne peuvent être évalués que par des oraux.
  • PLP
    • Constats : Disparité des concours, peu de formation réelle au métier, période trop courte de formation en 2e année (notamment gestion de classe…).
    • Concours adapté piloterait la formation, le plus tard possible M2 ? Débat Non / inégalité sociale à pré-recrutement (numerus clausus ou pas / taux d’échec), IPES.
    • compétences évaluables au concours : connaissances disciplinaires, analyse des pratiques, connaissance de l’environnement scolaire (immersion avec encadrement), communication et gestion de groupe.


Atelier 4 : Les personnels BIATOS

Questions :
  • Quelle spécificité du travail dans une école professionnelle ?
  • Quelles compétences ?
  • Quelles évolutions possibles des missions ?
Synthèse des débats de l'atelier

La spécificité des personnels BIATOS dans le cadre d’une école universitaire professionnelle de formation des enseignants se décline en plusieurs points :
  • Offrir un cadre de vie, un environnement, une logique, des valeurs à partager.
  • Offrir un lien social qui apporte un plus facilitateur aux formateurs et futurs enseignants dans une structure à taille humaine.
  • Apporter disponibilité grâce à une relation de proximité, implication liée à un sentiment d’appartenance, apporter un service personnalisé au regard des missions de l’IUFM.
  • Soutenir tous les enseignements dans tous les domaines de compétences. Le SCD intègre les spécificités des préparations aux concours et les besoins en documentation des stagiaires.
  • Répondre aux besoins des usagers en coordonnant deux institutions partenaires de la formation : les universités et le rectorat.
Ainsi, la réussite des stagiaires est aussi celle des personnels BIATOS. Au regard des compétences construites, la nécessité de performance et l’obligation de réussite dans un temps contraint nécessite une certaine réactivité en même temps qu’une certaine polyvalence.

D’où le mot clé de SOUPLESSE. Ce type d’adaptation qui dépasse le cadre du métier nécessite un travail en équipe avec toutes les composantes de l’école interne. Si les perspectives d’évolution sont envisageables, l’idée est de conserver et de développer une culture « formation des maîtres » qui fait partie intégrante du personnel BIATOS.



Atelier 5 : Formation de formateurs

Questions :
  • Quelle reconnaissance des savoirs et des compétences des formateurs IUFM?
  • Quelle validation dans le cadre de la VAE ?
  • Quelle formation Master M2 pour les formateurs aux métiers de l’enseignement et de l’éducation ?
  • Quel plan national d’accompagnement ?
  • Quel rôle dévolu aux IUFM, écoles internes, pour cette formation de formateurs ?
Les différentes interprétations de la question : quelle formation de formateurs diplômante :
  1. Premier type d’interprétation : du type « conservation du patrimoine »
    • Quelle formation pour faire en sorte que les formateurs qui n’ont pas un master 2 puissent continuer à former les enseignants ?
    • Acquérir un master (lequel ?, lesquels ? un master de FF, les masters professionnels d’enseignants ? )
    • Mettre en place une VAE
    • Permettre l’intervention en tant que « professionnel » dans les masters professionnels
  2. Deuxième interprétation : « reconnaissance et promotion d’un « plus », d’un « spécifique » des compétences des formateurs IUFM, toutes catégories confondues ?
    • Quelle formation de formateurs d’enseignants ? Ou de formation de formateurs aux métiers de l’enseignement et de l’éducation ?
      • Quel référentiel de compétences ?
      • Des masters spécifiques ? Avec tronc commun et spécificités ?
    • Quelle organisation pour mettre en synergie les différents intervenants en formation d’enseignants et des différentes interventions
      • au niveau des formateurs (groupes de recherches, recherche action, )
      • à l’interface formateurs-formés (personnes – structures. Cf. coordonnateurs de filières)
      • en intégrant la dimension universitaire.


Perspectives : Quelle mobilisation à la rentrée ?

Plusieurs actions ont été évoquées : elles s’inscrivent dans la durée et s’organisent autour de deux logiques : réactive face aux affronts et menaces qui pèsent sur la formation des enseignants et leurs conséquences sur le devenir des IUFM et prospective dans le but de montrer qu’au vu des compétences construite en 17 années d’existence, les IUFM peuvent être force de proposition. La richesse des travaux aux assises de Toulouse en est la preuve.


Par ailleurs, il convient de ne pas isoler la formation des enseignants des autres problématiques qui touchent le système éducatif. Il convient dont de faire converger nos préoccupations pour dénoncer des logiques d’actions qui compromettent l’avenir de l’Ecole et de la société. Au-delà du contenu, la méthode employée est inacceptable notamment par son caractère méprisant au regard des personnels.

Enfin, deux niveaux d’action sont à mener de front : le national et le local.

Sur le court terme :

Au plan national :

  • Réaction au communiqué du conseil des ministres. Après un mois de mobilisations diverses aucune inflexion au regard de l’annonce faite par le N Sarkozy le 2 juin.
  • Dans ce communiqué, il est demandé un MORATOIRE d'un an pour concevoir et organiser, avec les différents acteurs de la formation, une véritable formation universitaire professionnelle.
  • Bilan des travaux médiatisés et adressé aux deux ministères, à la CPU et la CD IUFM. Ces travaux seront poursuivis et développés :
    • Dans le cadre d’Etats généraux de la formation des enseignants qui se dérouleront en début d’année universitaire.
    • Au sein d’un groupe inter IUFM à constituer dès à présent. Les personnels IUFM entendent montrer (prouver) qu’ils sont force de proposition.
  • Dans l’attente des maquettes de concours, l’idée de recueillir les réactions des personnels sur le communiqué du conseil des ministres du 2 juillet (forum ?

A moyen terme

Au plan national :

  • La mobilisation doit fédérer tous les acteurs concernés : étudiants, stagiaires, parents d’élèves, etc. Elle doit aussi tisser des liens avec les autres problématiques (premier et second degrés, recherche et enseignement supérieur). Pour établir un rapport de force il faut être nombreux et tirer dans le même sens.
  • Participation à la nuit des IUFM le 4 septembre.
  • Avancée des travaux (groupe inter IUFM) pour déboucher sur des propositions concrètes relative à une véritable formation professionnelle des enseignants.



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