mardi 22 juillet 2008

CNESER : Formation des enseignants



Le recrutement et la formation des professeurs et cadres éducatifs
sont des questions qui engagent l’avenir de notre Ecole et de la société toute entière.

Enseigner est une profession à haute responsabilité qui doit bénéficier d’une reconnaissance sociale et salariale à la hauteur des
enjeux éducatifs de la modernité. C’est un métier complexe qui nécessite la mise en oeuvre de compétences de haut-niveau dans différents domaines (scientifique, didactique, pédagogique, éducatif, institutionnel, éthique..).

Le CNESER dénonce :
  • la précipitation du gouvernement qui veut imposer la « mastérisation » de la formation des enseignants, fonctionnaires d’Etat, dès cette rentrée 2008 pour les nouveaux concours de recrutement de 2010,
  • l’absence de référence aux IUFM jusqu’à maintenant et à leur potentiel dans les propositions gouvernementales,
  • la suppression de plusieurs dizaines de milliers de postes de fonctionnaires titulaires et stagiaires remettant ainsi en cause la démocratisation de l’accès du métier d’enseignant et les conditions d’études des élèves.
Le CNESER s’oppose à toute réforme qui aboutirait au démantèlement de la formation et des statuts des enseignants et des IUFM.

Le
CNESER inquiet de la situation demande un moratoire au processus de « mastérisation » engagé dans la précipitation. Il est le préalable à la mise en oeuvre d’une réelle concertation avec l’ensemble de la communauté universitaire.

Soutenu par : UNEF, UNSA Education, SNASUB-FSU, CFDT, SGEN-CFDT, CGT, FERC-SUP CGT

Vote : Pour 25, contre 5, Abstentions 7

Appel de l'IUFM de Limoges



Organisons la résistance contre la liquidation des IUFM


Il serait suicidaire que nous restions amorphes, dociles, résignés ou pire, indifférents, face à cette véritable catastrophe éducative annoncée.

Chacun d’entre nous connaît désormais les projets du gouvernement concernant la formation des maîtres. La logique des textes nous montre que la réforme aboutira à une régression sans précédent dans le domaine de l’école républicaine dans notre pays. Il faut dès à présent envisager à la rentrée une riposte à la hauteur des enjeux et des attaques que nous subissons.

Nos collègues de l’IUFM de Midi-Pyrénées ont courageusement ouvert la voie de la résistance : grève administrative, pétition nationale, blocage des dossiers, etc.

Les revendications sont simples :
  • NON à la disparition des IUFM : il faut exiger le maintien d’une composante spécifique responsable au sein de l’université de la formation des maîtres.
  • NON à la disparition du statut de professeur stagiaire :
    • gage d’une véritable formation professionnelle (stage en responsabilité)
    • gage de la mixité sociale dans les recrutements. -
  • Non à la liquidation programmée des concours de recrutement : dernier barrage au développement massif de l’intérim des métiers de l’enseignement et du libéralisme sauvage dans le secteur de l’éducation nationale.
  • Report de la réforme : exigeons un moratoire de deux ans, exigeons la mise en place d’une véritable concertation de l’ensemble des acteurs concernés par la formation des maîtres.

La riposte doit s’organiser au plan national : nous devons œuvrer à la mise en place d’une coordination nationale des iufm en lutte.

Nous devons interpeller la CPU, la CDIUFM, afin que ces deux instances soient davantage ( !) porteuses de nos revendications face au couple Darcos-Pécresse ;

Interpellons aussi les directions syndicales qui font une erreur historique en s’engageant dans la stratégie du « donnant-donnant » : la revalorisation des traitements de début de carrière contre l’acceptation (même du bout des lèvres) de la « réforme ».


samedi 12 juillet 2008

Masterisation: une concertation



Masterisation: une concertation entre des syndicats et les ministères de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur est en cours
(d'après AEF n°99342 du 11 juillet 2008)

Une concertation sur la masterisation est en cours entre le ministère de l'Éducation nationale, le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et des syndicats enseignants selon les informations recueillies par l'AEF ce vendredi 11 juillet 2008.
Elle pourrait déboucher "la semaine prochaine" sur la signature d'un protocole de discussion à la manière de celui mis en œuvre sur la réforme du lycée. Il s'agit de s'entendre sur des grands principes.L'idée serait d'entamer dès la rentrée des discussions sur plusieurs thèmes:
  • la maquette des concours,
  • la formation initiale,
  • l'entrée dans la carrière et
  • les aspects indemnitaires.
Selon des sources syndicales, la présentation de la nouvelle maquette des concours, initialement prévue fin juillet (L'AEF n°98404), pourrait être repoussée au "premier trimestre 2009". La CPU et la CDIUFM seraient aussi associées aux discussions.

Les différents partenaires travaillent à l'élaboration d'un texte de convergence. L'objectif de ce texte serait de rappeler les principes de la réforme (recrutement au niveau master et nécessité de revoir les conditions d'entrée dans le métier des enseignants à travers une revalorisation du pouvoir d'achat) ;
  • de reprendre les éléments de la communication prononcée en conseil des ministres concernant le recrutement et la formation des enseignants (L'AEF n°98771);
  • ainsi que de poser une série de principes concernant l'entrée dans le métier, le début de carrière (le compagnonnage) et la suite de la carrière.

Le texte soumis aux partenaires pourrait encore évoluer de manière importante.
Certains syndicats, espèrent notamment repousser la mise en œuvre des nouveaux concours, prévue pour 2010 à 2011. Cela permettrait de former dès 2010 des étudiants dans les nouveaux M1.

mercredi 9 juillet 2008

CA de l'université Toulouse Le Mirail 8 juillet 2008




Extrait de la dépêche AEF n° 99119 du 8 juillet 2008


Masterisation: l'université de Toulouse Le Mirail soutient la démarche du collectif "crise" de l'IUFM Midi-Pyrénées

Le CA de l'université de Toulouse Le Mirail (Toulouse-II) a voté, ce mardi 8 juillet 2008, "à l'unanimité", son soutien à "la démarche des personnels et usagers de l'IUFM [Midi-Pyrénées] telle qu'elle lui a été présentée" par une délégation de personnels de cet IUFM.

Il se joint
également "à leur demande de moratoire d'un an pour la mise en place des masters de formation aux métiers de l'enseignement et de l'éducation". C'est ce qu'annonce le collectif "crise" de l'IUFM, mobilisé depuis le 13 juin 2008 (L'AEF n°97777).

Le texte adopté ce jour
dénonce une réforme "conçue dans la précipitation et sans concertation" et fait état d'un calendrier "techniquement déraisonnable et inacceptable au regard des enjeux". En outre, "la formation des enseignants nécessite une réflexion collective impliquant toutes les parties prenantes: les universités et les IUFM, les collectivités territoriales, l'employeur, les enseignants du premier et du second degré, de l'enseignement général, technique et professionnel, ainsi que les organisations étudiantes et les parents d'élèves".

Selon le collectif, la présentation de ce texte au CA de l'université qui a intégré, en janvier 2008, l'IUFM Midi-Pyrénées, était justifiée aux vues des dernières mesures annoncées qui "confirment toutes les craintes relatives à la mise en péril d'une véritable formation professionnelle des enseignants". ....

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Motion CA de l'université du Mirail



Les représentants des personnels et des usagers de l’IUFM Midi-Pyrénées (SNESUP-FSU, SGEN-CFDT, UNSA Education)


Au nom des personnels et des usagers de L’IUFM Midi-Pyrénées

Depuis leur création, les IUFM ont montré le rôle essentiel qu'ils jouent dans la formation initiale et continue des enseignants. Si cet apport est bien sûr perfectible, les IUFM répondent à de réels besoins de professionnalisation articulant des apports théoriques, disciplinaires, didactiques et pédagogiques en rapport avec les exigences d’un métier complexe et évolutif, confronté à la diversité de ses terrains d’exercice. Un métier caractérisé par un ensemble de savoirs professionnels authentiques et spécifiques mobilisés et/ou produits dans de nombreuses recherches dans différents domaines.

Aujourd'hui, l'intégration des IUFM aux Universités doit permettre une validation et une valorisation de leur place en termes de reconnaissance universitaire du niveau de formation délivré. Le projet de réforme de la formation des enseignants annoncé par voie de presse dès la fin du mois de mai, présenté le 2 juin par le Président de la République s’est précisé au travers d’un communiqué du conseil des ministres en date du 2 juillet dernier. Malgré de multiples réactions de nombreux IUFM et d’Universités, et particulièrement à l’IUFM-Midi-Pyrénées fortement mobilisé depuis le 30 mai dernier, les dernières mesures annoncées confirment toutes les craintes relatives à la mise en péril d’une véritable formation professionnelle des enseignants.

La réforme prévoit que les candidats aux concours de recrutement soient inscrits en M2 (dès 2010) et que les candidats admis enseignent à temps plein dans les classes dès l’année suivante. La réforme compromet fortement l’année dite de professionnalisation, année durant laquelle est mis en œuvre le cahier des charges de la formation des maîtres (BO du 4 janvier 2007 et du 1er mars 2007). Cette réforme a été conçue dans la précipitation et sans concertation à tel point que les étudiants devraient s’inscrire dès cet été dans des masters qui n’existent pas encore.

Par ailleurs, les formations PE, CPE, PLP et CAPET pour lesquelles il n’existe pas de filières universitaires sont absentes des propositions. Des étudiants sont aujourd’hui inscrits à la préparation de concours dont l’ouverture n’est pas encore confirmée !

Alors que le processus d’intégration des IUFM dans l’université n’est pas encore arrivé à son terme, le calendrier annoncé apparaît techniquement déraisonnable et inacceptable au regard des enjeux. La formation des enseignants nécessite une réflexion collective impliquant toutes les parties prenantes : les universités et les IUFM, les collectivités territoriales, l’employeur, les enseignants du premier et du second degré, de l’enseignement général, technique et professionnel, ainsi que les organisations étudiantes et les parents d’élèves.

Suite aux motions présentées aux conseils transitoires des 30 mai et 1er juillet, ainsi qu’à la motion présentée au Congrès de l’Université de Toulouse II-Le Mirail du 6 juin dernier, les Assises Nationales de la Formation des Enseignants, décidées à l’unanimité en assemblée générale des personnels, se sont tenues le 2 juillet 2008 à l’IUFM Midi-Pyrénées. Elle ont réuni plus de 150 personnes : formateurs, BIATOS, étudiants et professeurs stagiaires de plusieurs IUFM ainsi que des organisations syndicales FSU (SNUIPP, SNES, SNESUP, SNASUB), SGEN-CFDT, UNSA (A&i, SNPTES, SUP&Recherche et SE-UNSA), SUD.

A la suite du communiqué du conseil des ministres, les Assises de la Formation des Enseignants ont exprimé leur profond désaccord.

Intégrés depuis le 1er janvier 2008, les personnels et usagers de l’IUFM Midi-Pyrénées s’adressent au Conseil d’Administration de leur université intégrante afin de soutenir la demande d’un moratoire d’un an pour concevoir et organiser, avec les différents acteurs concernés une véritable formation universitaire professionnelle débouchant sur la délivrance de différents masters professionnels de formation aux métiers de l’enseignement et de l’éducation adaptés aux spécificités des terrains d’exercice du métier.

« Le Conseil d’administration de l’Université de Toulouse II-Le Mirail soutient la démarche des personnels et usagers de l’IUFM telle qu’elle lui a été présentée et se joint à leur demande de moratoire d’un an pour la mise en place des masters de formation aux métiers de l’enseignement et de l’éducation »

Approuvé à l’unanimité le 8 juillet 2008.

samedi 5 juillet 2008

Communiqué de presse : IUFM du Poitou



L’IUFM Poitou-Charentes s’associe à la coordination des IUFM qui s’est constituée à Toulouse


et reprend pour son compte le communiqué voté par les participants aux Assises nationale de la formation des enseignants en réponse au communiqué du Conseil des Ministres le 2 juillet :

Les personnels de l’IUFM Poitou-Charentes, réunis le 4 juillet, ont pris connaissance du communiqué transmis par le Conseil des Ministres à propos de la réforme du recrutement et de la formation des enseignants des premier et second degrés.

Le communiqué confirme toutes les craintes soulevées par la déclaration du Président de la République du 2 juin :
  1. ce projet de réforme tourne le dos aux enjeux d’une formation professionnelle ambitieuse adossée à la recherche,
  2. il n’est tenu compte d’aucune des propositions et revendications qui ont émergé des personnels des IUFM, des organisations syndicales et des instances des Universités et des IUFM depuis un mois,
  3. il n’est fait aucune mention des IUFM, écoles internes intégrées aux universités
  4. il n’est fait aucune mention des spécificités des formations des Professeurs des Ecoles, des lycées techniques, des lycées professionnels, des Conseillers Principaux d’Education, des Professeurs d’Education Physique et Sportive (filières pour lesquelles les masters n’existent pas systématiquement),
  5. le concours étant fixé à l’issue du master, la sélection sociale des enseignants sera aggravée,
  6. durant le master, la formation professionnelle sera réduite à la portion congrue, les stages n’étant pas obligatoires,
  7. après le concours, l’enseignant stagiaire aura une classe en responsabilité à temps complet et une pseudo-formation en plus de son temps d’enseignement.
  8. la titularisation sera faite sous la seule responsabilité d’un inspecteur en fin de première année et non d’un jury.
Cette réforme a été conçue dans la précipitation et sans concertation à tel point que les étudiants doivent s’inscrire dès cet été dans des masters qui n’existent pas encore.

Les personnels de l’IUFM Poitou-Charentes expriment leur profond désaccord. Ils demandent un moratoire d’un an pour concevoir et organiser, avec les différents acteurs de la formation, une véritable formation universitaire professionnelle.

vendredi 4 juillet 2008

Intégralité des assises de Toulouse



Ouverture des assises nationales de la formation
des enseignants du 2 juillet à Toulouse

Je suis Christian VALADE, enseignant l’IUFM de Toulouse en Midi-Pyrénées. Je suis chargé par le collectif-crise de l’IUFM d’ouvrir ces assises de la formation des enseignants. Je déclare donc ouverte les assises nationales de la formation des enseignants. Je tiens à remercier les personnes qui viennent de loin (Alsace, Aquitaine, Bretagne, Midi-Pyrénées, Poitou-Charentes, Versailles). Je remercie également les personnels (enseignant et non enseignant) de l’IUFM Midi-Pyrénées qui participent à cette journée, le collectif-crise pour son organisation de la journée et nos deux invités Marc Bru, directeur de l’IUFM, membre du bureau de la CDIUDM et Daniel Fillâtre, président de l’université UT2, membre de la CPU. Contexte

Dans le contexte politique et social de mai juin 2008, le président de la république accompagné du ministre de l'éducation a annoncé un projet de réforme de la formation des enseignants. Depuis un mois, des annonces relayées principalement par la presse en matière de formation des enseignants se multiplient. Ces annonces mettent en cause la qualité de la formation. Elles soulèvent de vives inquiétudes car elles menacent l'existence d'une l'école universitaire professionnelle.

L'IUFM Midi-Pyrénées a la responsabilité de la préparation en 1°année des étudiants de toutes filières ouvertes à Toulouse (plus de 50) et bien entendu des formations 2°année. Le personnel IUFM est blessé et indigné par le contenu des annonces et communiqués qui émanent de conseillers de différents cabinets ministériels ou présidentiels. Ces positions sont souvent opaques et bien trop loin de la réalité de l'enseignement dans les écoles, collèges ou lycées.

Les IUFM ont toujours mis en œuvre les décisions de la tutelle : intégration, cahier des charges, stages filés .... Moins d'un an après l'intégration des IUFM dans une université, les ministères préparent une réforme qui entrainerait à court terme leur suppression. Les formateurs n'acceptent pas ces projets.

Suite aux assemblées des personnels et aux positions du conseil transitoire, un collectif crise de l'IUFM Midi-Pyrénées s'est mis en place. Il est composé d'une trentaine de membres actifs. Il réunit des syndicats (FSU, SGEN, UNSA), des représentants des différentes catégories, des personnels et des secteurs de formation (PE, PLC, PLP et BIATOS). C’est autour de l’essentiel que le collectif s’est formé ! "ENSEIGNER EST UN MÉTIER QUI S'APPREND, L'AVENIR DE NOS ENFANTS EN DÉPEND".

Au plan national, nos actions visent à obtenir a minima quatre garanties :
  • le maintien d'une école universitaire professionnelle,
  • le maintien d'une rémunération de la formation des futurs enseignants,
  • un cadrage national des masters professionnels,
  • le maintien d’un recrutement par concours.
Le maintien d'une école professionnelle.
  • Que penserait-on d'un étudiant qui obtiendrait le diplôme de médecin sans jamais avoir vu un malade ? Qu'il n'a pas le droit d'exercer. Et c'est pour cela que la formation des médecins dure 7 ans, avec plusieurs années de stage dans des hôpitaux. Toutes les professions ont leur école professionnelle : magistrats, infirmières, ingénieurs, cadres administratifs.
Le maintien d'une rémunération de la formation des futurs enseignants·
  • Actuellement, la cinquième année après le baccalauréat qui correspond à la formation professionnelle est une année rémunérée. Supprimer cette rémunération, c'est de fait réserver l'accès au professorat aux étudiants socialement les plus favorisés. (Ceci aggrave la distance culturelle entre les maîtres et les élèves)
Un cadrage national des masters professionnels·
  • Un cadrage national du caractère professionnel des masters dans lequel nous voulons être partie prenante et dans la conception et dans la mise en œuvre. Depuis près de 20 ans les IUFM ont développé un savoir faire irremplaçable en la matière. La diversité des formations, leurs spécificités doivent être prises en compte.

Le maintien du recrutement par concours.
  • La pérennité de concours nationaux garantit une réelle égalité des chances dans le recrutement et un emploi stable. La maquette des nouveaux concours doit contenir une part significative de contenus professionnels.

Plusieurs actions ont été mises en place notamment la retenue pendant une semaine des dossiers de validation des PLC2. Ces actions sont décrites sur le blog http://metier-prof.blogspot.com. Pour terminer cette année, l‘assemblée générale a demandé au collectif d'organiser des assises de la formation. Celles-ci ont pour objectif de préparer les états généraux de la formation des enseignants au dernier trimestre 2008. Pour cela, après nos échanges, nous devons :
  • nous rassembler autour de l'essentiel,
  • faire converger nos revendications,
  • définir les conditions pour une formation ambitieuse universitaire et professionnelle des enseignants,
  • Etre force de proposition (combattre et proposer)
Le collectif est indépendant de la direction de l'établissement. Toutefois, le collectif a demandé au président de l'université, membre de la CPU, et au directeur de l'IUFM, membre du bureau de la CD IUFM de présenter les dernières prises de positions, ainsi que les points de vue de leurs organisations.

C'est bien dans le contexte "enseigner est un métier qui s'apprend" que les assises de la formation des maîtres ont vu le jour. C'est dans ce contexte que le collectif-crise de l'IUFM Midi-Pyrénées a demandé à Daniel Filâtre et Marc Bru d'intervenir.
  • Quelles positions de la CPU et de la CD IUFM ?
    • pour que la formation des enseignants soit universitaire ET professionnelle ? Quid du cahier des charges ?
    • Sur une rémunération pendant la formation des futurs enseignants ? sous quelle forme ?
    • Sur un cadrage national des masters professionnels ?
    • Sur le maintien d’un recrutement par concours ? Quelle place du concours ? Le concours doit-il piloter la formation ou inversement ?
  • Une mise en œuvre est-elle envisageable dès septembre 2008 ?

Le collectif vous remercie de bien vouloir participer à nos travaux. Cette journée nationale montre que nous avons su nous mobiliser autour de la formation des enseignants. Nous avons su nous mobiliser dans la dignité autour des valeurs fondamentales de la république.

Marc BRU, Membre de la CDIUFM, Directeur de l'IUFM Midi-Pyrénées




Daniel FILATRE, Membre de la CPU, Président de l'université Toulouse Le Mirail (UT2)



Questions de la salle



Réponses de Daniel FILATRE et Marc BRU



Vue Globale de la politique éducative

Primaire : Christian BELINGUIER



Réforme des Lycées : Jeanne FINE



Réforme des lycées Professionnels : Françoise ESTAQUE



Réforme du CNRS : Jeanne FINE




Points des collègues des IUFM et des syndicats présents



Travail en Atelier

Atelier 1 : Formation PE (Professeurs des Écoles)

Questions :
  • Pourquoi une école universitaire et professionnelle ?
  • Quels contenus, pour quelles compétences dans un Master professionnel M1 et M2 (Master des métiers de l'enseignement et de l'éducation) ?
  • Formation en alternance : quel dosage ?Quelle organisation ? Quelle évaluation ?
  • Quelles modalités de sélection pour entrer dans une école universitaire professionnelle en M1 ? En M2 ?
  • Comment sauvegarder une diversité sociologique ?
  • Quelle est la place des compétences professionnelles au concours ? (A quelles conditions les concours valident une compétence professionnelle ?) Le concours doit-il piloter la formation ou l'inverse ?
Synthèse des débats de l'atelier (Réponse globale à l’ensemble des questions)

1 - Une école professionnelle universitaire, nous en avons une : c’est de cet existant qu’il faut partir. Les IUFM ont un bilan, des « savoir faire » à faire valoir, même si des améliorations sont indispensables. Le « U » a déjà une existence. Il manque le diplôme… Une « école », pour éviter la dilution.

2 - Quels contenus, pour quelles compétences dans un Master professionnel M1 et M2 (Master des métiers de l'enseignement et de l'éducation) ?
  • La logique du premier degré semble mal ou peu comprise. L’enjeu est de faire reconnaître sur le terrain universitaire les savoirs spécifiques de haut niveau sur le plan didactique et pédagogique, relatifs à la polyvalence. Les savoirs liés à la polyvalence sont à porter en tant qu’objets de recherche.
  • Il faut valoriser une expertise croisée liée à la co-intervention de formateurs de statuts et d’horizons divers.
  • Il faut sûrement rendre plus visibles les groupes de recherche en lien avec l’INRP.
  • Une question centrale est bien celle de la professionnalisation et de la reconnaissance de « l’enseignement » comme une profession à part entière.
3 - Formation en alternance : quel dosage ? Quelle organisation ? Quelle évaluation ?
  • Tout en tirant un bilan positif des stages (filé, groupé), les stagiaires sont demandeurs à la fois d’apports théoriques et d’outils pour l’exercice du métier. La pression de l’évaluation est très – trop- forte. Au final, les différentes dimensions de la formation (confrontation au terrain et apports théoriques) ne peuvent s’articuler de manière cohérente sur une durée trop courte. La préoccupation du « terrain » génère une certaine inquiétude chez les stagiaires relative à l’intégration à l’université.
  • Pour les formateurs, l’arrivée du stage filé a changé la donne : des choix sont forcément faits vu le temps disponible : long ou court terme… Il y a alors un décalage entre attente des stagiaires et besoins en formation.
  • La question de la durée de la formation est importante. S’inscrivant dans la suite de parcours de pré professionnalisation aux métiers de l’enseignement de L1 à L3, deux années (stagiarisation rémunérée) permettraient une formation professionnelle ambitieuse. Scénario possible :
    • Pratique accompagnée dès M1.
    • Stage filé pas forcément en responsabilité, en M1.
    • Articuler les stages avec les autres apports.
    • Stage en responsabilité en début de M2.
    • Retour avec mémoire qui s’appuie sur ce stage.
  • Il faut articuler les apports théoriques et des divers formateurs aux questionnements issus de la confrontation au terrain. Etre dans la réponse à des besoins. Il faut pouvoir poser un regard sur ce que l’on a fait. Cela demande des dispositifs pour « mettre à distance ». Intérêt de formation et échanges en binômes, de co-formation en petits groupes, permettant l’identification de problèmes et la formulation de modalités de réponse.
  • Les compétences ainsi construites et partagées dans ce cadre sont non seulement à défendre mais à promouvoir. Elles constituent un patrimoine original qui s’ancre dans la réalité du métier et est le garant d’une dimension professionnelle dans un parcours universitaire de formation. Ainsi, universitaire et professionnel ne se distinguent pas. Il conviendrait donc de dire une « école universitaire professionnelle ».
4 - Quelles modalités de sélection pour entrer dans une école universitaire professionnelle en M1 ? En M2 ? Comment sauvegarder une diversité sociologique ?

5 - Quelle est la place des compétences professionnelles au concours ? (A quelles conditions les concours valident une compétence professionnelle ?)
Le concours doit-il piloter la formation ou l'inverse ?
  • Préserver le concours est essentiel : il donne un cadre national, garantit l’équité, protège de la précarisation…
  • Il y a un large accord sur le fait que recrutement à la licence puis stagiarisation permet de conserver une diversité sociologique dans les recrutements, de démocratiser l’accès à la profession.
  • La question de la dimension professionnelle dans le concours fait débat mais paraît importante dans le contexte. Si concours à L3, c’est ce qui est dans le parcours licence qui préparera au concours. Dès L1, des parcours de l’enseignement doivent être mis en place en intégrant la dimension professionnelle qui ne peut se réduire à la mise en place de stages.
  • Pour certains, une distinction pourrait être opérée entre admissibilité et admission. Une éventualité serait de placer l’admissibilité à la fin de la licence pour une admission en M1 ouvrant à une période de stagiarisation pendant laquelle des dispositions d’aides financières seraient prises : bourses, IPES, rémunération afin de palier les difficultés sociales rencontrées par un nombre croissant d’étudiants.
  • Mais il apparaît important de s’appuyer sur l’existant : aujourd’hui il y a une année rémunérée au titre de stagiaire fonctionnaire. On ne peut demander moins… On peut également remarquer que dans le passé, on a eu mieux, bien mieux (deux, voire trois années de stagiarisation rémunérées dans les années 80).
Questions :
  1. Quelle place occupent les formateurs du premier degré dans la formation des pairs ?
  2. Comment accentuer le lien formateurs / IMF ?
  3. L’utilisation des stagiaires comme moyens de remplacement ou d’enseignement .
  4. Quel avenir pour la formation initiale différée ?


Atelier 2 : Professeurs de Lycées et Collèges (PLC) et Professeurs des Lycées Professionnels (PLP)

Question 1 :

  • Pourquoi une école universitaire et professionnelle ?
Synthèse des deux ateliers :
  • PLC :
    • Il ne faut pas séparer universitaire et professionnel : les deux nous concernent, les IUFM ont toujours été universitaires, et cette dimension est renforcée par l’intégration comme école professionnelle. Le modèle des IUT est là pour nous indiquer qu’il est très possible de faire valider des diplômes par des composantes professionnelles, où d’ailleurs, comme dans l’IUFM, les PRAG et PRCE jouent un rôle essentiel. Voir aussi l’exemple de l’ENS à Lyon.
    • Cela signifie que l’IUFM a toute légitimité pour délivrer des masters liant formation académique, formation professionnelle et concours : il ne faut ni les renvoyer à la tâche de simple gestionnaire et accompagnateur de stage, ni sous prétexte d’intégration universitaire, les priver de leurs dimensions de terrain.
    • Cela dit, les situations sont très variables selon les disciplines, en particulier selon la présence et le nombre d’enseignants-chercheurs appelés à valider les diplômes de master, les relations avec les instances de l’université de rattachement, appelées à accepter ces maquettes, les relations avec les UFR et les universités partenaires.
  • PLP
    • Constats :
      • Il n’existe pas de licence ou de master qui répondent aux exigences des enseignements professionnel et technique, notamment pour l’adaptation de l’enseignant à des publics divers, difficiles et complexes.
      • Recrutement des enseignants : il n’y a pas de reconnaissance à bac+3 pour certains diplômes nécessaires aux PLP : infirmière, conseiller ESF, coiffure, carrosserie… (bac +2 ou -)
      • Pas de financement de la préparation au concours car formation pas diplômante pour l’instant.
    • Propositions :
      • Pour un cadre général professionnalisant le même pour tous les enseignants : avec un statut commun mais une pédagogie plurielle.
      • Pré-recrutement en fin de L3.
      • Remise à niveau en L3, initiation au métier d’enseignant et possibilités de financement.



Question 2 :
  • Quels contenus, pour quelles compétences dans un Master professionnel M1 et M2 (Master des métiers de l'enseignement et de l'éducation) ?
Synthèse des deux ateliers :
  • PLP :
    • Comment intégrer l’aspect recherche dans le cadre d’un master ?
      • Le lien avec la recherche est indissociable du niveau master. On ne peut s’en tenir ni à une recherche purement académique, ni à une recherche purement didactique.
      • L’initiation à la recherche académique fondamentale est une nécessité pour que les futurs enseignants puissent avoir pratiqué une discipline vivante (et pas seulement un corpus de connaissances datées), pour être à même d’adapter leur enseignement aux évolutions épistémologiques de leur discipline. Elle est aussi nécessaire à une possible poursuite d’étude en thèse.
      • L’initiation à la recherche pédagogique ou didactique est tout aussi indispensable pour trouver un minimum de recul par rapport à la pratique enseignante, adopter un point de vue critique et évolutif sur l’enseignement que l’on fait. Cet aspect doit pouvoir lier ce que travaille actuellement l’IUFM dans l’épreuve orale sur dossier et à travers le mémoire professionnel.
      • C’est à travers la combinaison de ces deux aspects que l’on obtiendra une initiation satisfaisante à la méthodologie de la recherche et à l’épistémologie de la discipline.
    • Quelle part de tronc commun et de disciplinaire ?
      • Nécessité d’une approche interdisciplinaire des thèmes du style « éducation à » la santé, à l’environnement, à l’égalité filles garçons, à l’éducation civique et sociale, à « école et société », histoire et sociologie de l’éducation.
      • On peut donc envisager un tronc commun, d’une part dans les modules de licence axés vers l’orientation, le choix d’une filière enseignante particulière ; d’autre part en M1, autour de modules communs (si possibles liés au concours) autour desquels devraient s’articuler les stages d’alternance, les modules de recherches.
    • La question de l’approfondissement des connaissances disciplinaires
      • Comment s’insérer dans les parcours universitaires ?
      • Outre la recherche, nous serons amenés à apporter des compléments de culture générale liés aux contenus des enseignements scolaires (qui sontparfois en contradiction avec la recherche, cf. les maths…).
      • Pour autant nous cherchons à éviter un simple bachotage en vue d’un concours (c’est le concours qui pilote la formation)
  • PLP
    • 3 volets : disciplinaire, didactique disciplinaire, pédagogie et sciences humaines (au lieu de connaissance du public plutôt que du système éducatif ? d’accord si cela intègre filière d’enseignement et orientation des élèves).
    • Adaptation des contenus disciplinaires aux contenus des programmes d’enseignement en lycée (pas au concours et pas en filière universitaire).


Question 3 :
  • Formation en alternance : quel dosage ? Quelle organisation ? Quelle évaluation ?
Synthèse des deux ateliers :
  • PLP
    • Différents types de stages, dont au moins un à l’étranger d’au moins 3 mois.
    • L’alternance est une nécessité, nous ne devons pas nous cantonner à sa mise en œuvre.
    • La question qui se pose est de ménager, pour son accompagnement, la place des enseignants de terrain associés à l’IUFM ; et de stages en responsabilités (en M1 et M2), indispensables à une véritable formation : une simple observation de quelques classes ne peut suffire à faire un professeur. Mais l’organisation de ces stages en responsabilité semble difficilement compatible avec une véritable recherche universitaire (plus le concours…) : c’est sans doute cet aspect qui conduirait à une séparation assez nette entre master enseignement et master recherche.
  • PLP
    • Alternance et accompagnement pédagogique : période de formation en établissement et en entreprise avec préparation, suivi, exploitation et évaluation.
    • Dosage et organisation : étalé sur M1 et M2 avec une proportion croissante du temps en établissement ;
    • Evaluation globale de la PFE : formateur référent évaluateur
    • Compétences individuelles évaluées ou qualités professionnelles (débat dans l’atelier) : maîtriser les fondamentaux de sa discipline…


Question 4 :
  • Quelles modalités de sélection pour entrer dans une école universitaire professionnelle en M1 ? En M2 ? Comment sauvegarder une diversité sociologique ?
Synthèse des deux ateliers :
  • PLC
    • La réforme que l’on nous prépare « ne tient pas la route ».
    • A l’évidence, il y aura pré-professionnalisation en L1 et L2, orientation en L3 : là se situera le véritable palier : on ne peut organiser des stages sérieux pour des milliers d’étudiants candidats.
    • On suggère plusieurs types de filtres à ce niveau
      • ce peut être un numérus clausus en fonction des résultats aux modules d’orientation, ce qui aurait l’avantage de les valoriser
      • un pré-concours style IPES (qui pourrait aussi se situer au niveau L2)
      • un concours en L3 avec deux années de masters ;
      • un écrit à l’entrée de M1 et un oral en fin de M1.
  • PLP
    • Recrutement en L3 avec les UE de pré-professionnalisation, la formation devrait répondre à un concours pour lequel les compétences évaluées seraient définies conjointement par les corps d’inspection et l’IUFM et universités ;
    • Parfois licence adaptée nécessaire ou licence professionnelle (pré-recrutement en L2 puis IPES avec engagement / contrat ou bourse au service public) ou licence en alternance (salarié + formation enseignante)
    • On recrute à Bac+2 + 5 années d’expérience (PLP) : VAE ou mère de 3 enfants ou sportif de haut-niveau à nécessité d’une remise à niveau et d’un financement (aide dès le niveau L3) ;
    • Modes de financement et de recrutement divers pour favoriser la diversité sociale à élève-fonctionnaire ?


Question 5 :
  • Quelle est la place des compétences professionnelles au concours ? (A quelles conditions les concours valident une compétence professionnelle ?) Le concours doit-il piloter la formation ou l'inverse ?
Synthèse des deux ateliers :
  • PLC
    • Certains concours (tous ?) ne peuvent être évalués que par des oraux.
  • PLP
    • Constats : Disparité des concours, peu de formation réelle au métier, période trop courte de formation en 2e année (notamment gestion de classe…).
    • Concours adapté piloterait la formation, le plus tard possible M2 ? Débat Non / inégalité sociale à pré-recrutement (numerus clausus ou pas / taux d’échec), IPES.
    • compétences évaluables au concours : connaissances disciplinaires, analyse des pratiques, connaissance de l’environnement scolaire (immersion avec encadrement), communication et gestion de groupe.


Atelier 4 : Les personnels BIATOS

Questions :
  • Quelle spécificité du travail dans une école professionnelle ?
  • Quelles compétences ?
  • Quelles évolutions possibles des missions ?
Synthèse des débats de l'atelier

La spécificité des personnels BIATOS dans le cadre d’une école universitaire professionnelle de formation des enseignants se décline en plusieurs points :
  • Offrir un cadre de vie, un environnement, une logique, des valeurs à partager.
  • Offrir un lien social qui apporte un plus facilitateur aux formateurs et futurs enseignants dans une structure à taille humaine.
  • Apporter disponibilité grâce à une relation de proximité, implication liée à un sentiment d’appartenance, apporter un service personnalisé au regard des missions de l’IUFM.
  • Soutenir tous les enseignements dans tous les domaines de compétences. Le SCD intègre les spécificités des préparations aux concours et les besoins en documentation des stagiaires.
  • Répondre aux besoins des usagers en coordonnant deux institutions partenaires de la formation : les universités et le rectorat.
Ainsi, la réussite des stagiaires est aussi celle des personnels BIATOS. Au regard des compétences construites, la nécessité de performance et l’obligation de réussite dans un temps contraint nécessite une certaine réactivité en même temps qu’une certaine polyvalence.

D’où le mot clé de SOUPLESSE. Ce type d’adaptation qui dépasse le cadre du métier nécessite un travail en équipe avec toutes les composantes de l’école interne. Si les perspectives d’évolution sont envisageables, l’idée est de conserver et de développer une culture « formation des maîtres » qui fait partie intégrante du personnel BIATOS.



Atelier 5 : Formation de formateurs

Questions :
  • Quelle reconnaissance des savoirs et des compétences des formateurs IUFM?
  • Quelle validation dans le cadre de la VAE ?
  • Quelle formation Master M2 pour les formateurs aux métiers de l’enseignement et de l’éducation ?
  • Quel plan national d’accompagnement ?
  • Quel rôle dévolu aux IUFM, écoles internes, pour cette formation de formateurs ?
Les différentes interprétations de la question : quelle formation de formateurs diplômante :
  1. Premier type d’interprétation : du type « conservation du patrimoine »
    • Quelle formation pour faire en sorte que les formateurs qui n’ont pas un master 2 puissent continuer à former les enseignants ?
    • Acquérir un master (lequel ?, lesquels ? un master de FF, les masters professionnels d’enseignants ? )
    • Mettre en place une VAE
    • Permettre l’intervention en tant que « professionnel » dans les masters professionnels
  2. Deuxième interprétation : « reconnaissance et promotion d’un « plus », d’un « spécifique » des compétences des formateurs IUFM, toutes catégories confondues ?
    • Quelle formation de formateurs d’enseignants ? Ou de formation de formateurs aux métiers de l’enseignement et de l’éducation ?
      • Quel référentiel de compétences ?
      • Des masters spécifiques ? Avec tronc commun et spécificités ?
    • Quelle organisation pour mettre en synergie les différents intervenants en formation d’enseignants et des différentes interventions
      • au niveau des formateurs (groupes de recherches, recherche action, )
      • à l’interface formateurs-formés (personnes – structures. Cf. coordonnateurs de filières)
      • en intégrant la dimension universitaire.


Perspectives : Quelle mobilisation à la rentrée ?

Plusieurs actions ont été évoquées : elles s’inscrivent dans la durée et s’organisent autour de deux logiques : réactive face aux affronts et menaces qui pèsent sur la formation des enseignants et leurs conséquences sur le devenir des IUFM et prospective dans le but de montrer qu’au vu des compétences construite en 17 années d’existence, les IUFM peuvent être force de proposition. La richesse des travaux aux assises de Toulouse en est la preuve.


Par ailleurs, il convient de ne pas isoler la formation des enseignants des autres problématiques qui touchent le système éducatif. Il convient dont de faire converger nos préoccupations pour dénoncer des logiques d’actions qui compromettent l’avenir de l’Ecole et de la société. Au-delà du contenu, la méthode employée est inacceptable notamment par son caractère méprisant au regard des personnels.

Enfin, deux niveaux d’action sont à mener de front : le national et le local.

Sur le court terme :

Au plan national :

  • Réaction au communiqué du conseil des ministres. Après un mois de mobilisations diverses aucune inflexion au regard de l’annonce faite par le N Sarkozy le 2 juin.
  • Dans ce communiqué, il est demandé un MORATOIRE d'un an pour concevoir et organiser, avec les différents acteurs de la formation, une véritable formation universitaire professionnelle.
  • Bilan des travaux médiatisés et adressé aux deux ministères, à la CPU et la CD IUFM. Ces travaux seront poursuivis et développés :
    • Dans le cadre d’Etats généraux de la formation des enseignants qui se dérouleront en début d’année universitaire.
    • Au sein d’un groupe inter IUFM à constituer dès à présent. Les personnels IUFM entendent montrer (prouver) qu’ils sont force de proposition.
  • Dans l’attente des maquettes de concours, l’idée de recueillir les réactions des personnels sur le communiqué du conseil des ministres du 2 juillet (forum ?

A moyen terme

Au plan national :

  • La mobilisation doit fédérer tous les acteurs concernés : étudiants, stagiaires, parents d’élèves, etc. Elle doit aussi tisser des liens avec les autres problématiques (premier et second degrés, recherche et enseignement supérieur). Pour établir un rapport de force il faut être nombreux et tirer dans le même sens.
  • Participation à la nuit des IUFM le 4 septembre.
  • Avancée des travaux (groupe inter IUFM) pour déboucher sur des propositions concrètes relative à une véritable formation professionnelle des enseignants.



jeudi 3 juillet 2008

IUFM Orléans-Tours


Communiqué AEF

La réforme du recrutement de la formation des enseignants des premier et second degrés: un bouleversement total et inquiétant

À la lecture du compte-rendu du Conseil des ministres du 2 juillet 2008 précisant le cadre de la réforme du recrutement et de la formation des enseignants il apparaît
  • que les futurs enseignants ne seront pas recrutés dans le cadre d'un master professionnel. Comment dans ces conditions être préparé au métier d'enseignant? Et comment à plus forte raison être préparé à la polyvalence des professeurs des écoles ?
  • que la préparation des étudiants au métier d'enseignant se réduit à une simple sensibilisation et constituera leur seul bagage initial pour débuter dans le métier,
  • que le professeur fonctionnaire stagiaire sera immergé dès l'obtention du concours dans la classe à temps plein sans réelle formation professionnelle dans la mesure où toute possibilité d'articulation entre théorie et pratique est évincée. Comment dans ces conditions garantir une qualité minimale de l'enseignement fourni aux élèves ?
  • que la seule possibilité de formation proposée au professeur fonctionnaire stagiaire consiste en des actions « offertes » en dehors du temps scolaire. Comment le professeur stagiaire pourrait-il concilier cette offre de formation avec la charge énorme de travail que constitue une classe à plein temps ?
La réforme annoncée par le gouvernement généralise un recrutement des enseignants sans une véritable formation professionnelle : la préparation au métier d'enseignant en amont du concours n'est envisagée que de manière hypothétique et sporadique; après l'obtention du concours, la formation professionnelle n'est envisagée que de manière optionnelle et en plus du temps de travail des enseignants débutants.

Le souci du gouvernement de réaliser des économies budgétaires est évident mais quelle est l'ambition de l'État pour l'avenir du système éducatif et pour la réussite des élèves?

Collectif de formateurs de l'IUFM Centre Val de Loire

Motion des personnels de l’IUFM
d’Orléans-Tours le 26/06/08


A la suite d’une pétition signée déjà, depuis quelques jours, par plus de 400 personnes : enseignants, professeurs stagiaires, étudiants, mais aussi autres citoyens (parents d’élèves et usagers de l’école), le collectif d’enseignants de l’IUFM d’Orléans-Tours a rédigé le texte suivant.

Nous affirmons que :
  • la décision du ministère a été prise sans concertation et impose des délais de mise en œuvre qui empêchent une véritable réflexion,
  • enseigner est un métier qui s’apprend,
  • la formation didactique et pédagogique des enseignants est une condition de réussite des élèves, - la formation professionnelle ne peut se réduire à l’idée de compagnonnage : elle doit également s’appuyer sur une véritable alternance permettant d’articuler théorie et pratique, la mise en situation de stage et l’apport de connaissances théoriques juxtaposées ne suffisent pas. Le lieu de cette formation doit être l’IUFM école intégrée à l’université car il possède le savoir-faire nécessaire à cette mission,
  • l’idée d’un recrutement au niveau master est intéressante, mais le processus de mastérisation nécessaire au degré de qualification des enseignants ne doit pas conduire à une dégradation des contenus de formation et des conditions d’étude. La suppression de l’année de professeur stagiaire rétribuée et son remplacement par une année de M2 entièrement à charge des étudiants porterait atteinte à la mixité sociale du corps enseignant.
Nous demandons :
  • un moratoire d’un an pour la mise en place des masters d’enseignement afin de définir les contenus en impliquant les divers acteurs de la formation (formateurs des IUFM des premier et second degrés, enseignants chercheurs).
  • une garantie sur le maintien à long terme des concours nationaux de recrutement
  • une solution financière permettant à l’ensemble des couches sociales d’avoir accès au recrutement des enseignants que seuls des aides et des pré-recrutements peuvent garantir.

CORFEM


COmmission de Recherche sur la Formation des Enseignants de Mathématiques du 2nd degré (CORFEM)

Au moment où se dessine une profonde réforme de la formation professionnelle des enseignants, les membres de la CORFEM (Commission Inter IREM de Recherche sur la Formation des Enseignants de Mathématiques du Second degré) souhaitent poser quelques principes qui conditionnent la réussite de cette réforme. Tout d’abord, précisons que nous sommes attachés au statut de la fonction publique et à celui de professeur stagiaire : ce statut permet à davantage d’étudiants d’envisager cette carrière. Comme tout métier, le métier d’enseignant s’apprend.

Comme cela a été précisé dans le cahier des charges de la formation des maîtres, cela nécessite une véritable formation professionnelle articulant des dimensions disciplinaires orientées par les besoins de la profession, des dimensions didactiques et pédagogiques finalisées par la conception, l’analyse, le développement et la mise en œuvre de séquences d’enseignement, et d’autres dimensions plus générales (éthique, psychologique, sociologique, etc.). Il est alors primordial d’associer des éléments théoriques avec des éléments relevant de l’analyse de situations pratiques, ce qui souligne l’importance du travail complémentaire entre des personnels de statuts différents (professeurs associés, professeurs à temps partagé, PRCE et PRAG, enseignants chercheurs).

Les IUFM ont acquis une expertise certaine dans la constitution et la mise en œuvre de la formation. Le travail mené, même s’il peut être amélioré, a démontré qu’il est indispensable de mettre au cœur de la formation un dispositif d’alternance permettant à la fois de motiver la formation dispensée et de construire des pratiques d’enseignement.

Dans cette perspective, il paraît essentiel qu’un master d’enseignement prenne en charge le travail sur la discipline en vue de son enseignement, les aspects didactiques et pédagogiques en lien avec la pratique du métier. Les mémoires de master, par exemple, doivent porter sur l’analyse et le développement d’une question professionnelle consolidant la formation par alternance. Il est tout à fait primordial que le concours, dans ses modalités et ses contenus, rende lisible et visible la place attribuée à la professionnalisation.

Ainsi, il semble déterminant de bien choisir la place du concours ainsi que son contenu, notamment en y intégrant une épreuve professionnelle en situation d’enseignement. Dans cette optique, la CORFEM est prête à participer à ces évolutions.

La CORFEM, 27 Juin 2008

Destinataires :
  • Monsieur le Ministre de l’Education Nationale
  • Monsieur le Président de l’Académie des Sciences
  • Monsieur le Doyen de l’Inspection Générale de Mathématique
  • Monsieur le Président de la CDIUFM
  • Monsieur le Président de la CPU Monsieur le Président de la CFEM

SNUIPP : DES PROJETS DANGEREUX



FORMATION des ENSEIGNANTS:


DES PROJETS DANGEREUX


Le projet de réforme du recrutement des enseignants du premier et du second degré a été présenté au conseil des ministres. Ce projet mettrait en place un premier concours de recrutement des enseignants au niveau du master en 2010 et aura des conséquences importantes pour la formation des enseignants dès septembre 2008.

Le SNUipp déplore qu’une réforme de cette importance, qui touche à l'avenir du métier d'enseignant des écoles, se mette en place entre le 14 juillet et le 15 août sans aucune concertation avec les enseignants et leurs représentants ! Ces annonces confirment la volonté du ministère de l' Education Nationale de se désinvestir de la formation initiale des enseignants.

Elles conduisent à supprimer une année de formation professionnelle rémunérée et surtout à économiser environ 11000 postes de professeurs d'école stagiaires. De plus l'existence des IUFM, le rôle des IMF comme la dimension professionnelle de la formation sont complètement absents du projet gouvernemental. Dans ces conditions, l’élévation du niveau de recrutement au niveau du master peut constituer une illusion : les critiques et les insuffisances de la formation actuelle risquent d'être amplifiées par une « mastérisation » menée au pas de charge et qui privilégierait les connaissances académiques.

La revalorisation des enseignants se borne aux débuts de carrière et exclut l’ensemble des enseignants en poste. De nombreuses questions sont posées :
  • La disparition de l’année de formation professionnelle à l’IUFM se traduira-t-elle par une forte baisse du nombre de postes au concours 2009 des professeurs des écoles ?
  • Comment les stages de Formation continue et les décharges de direction actuellement effectués par les stagiaires seront-ils assurés à partir de 2010 ?
  • Quel avenir pour les maîtres-formateurs qui exercent en classe et participent à la formation initiale des enseignants?
  • L'exclusion des compétences professionnelles dans les épreuves du concours serait inquiétante et dangereuse si elle était confirmée.
Le SNUipp rappelle qu’enseigner est un véritable métier qui s’apprend. Une bonne formation d’enseignant doit conjuguer la maîtrise des savoirs disciplinaires et professionnels en s'appuyant sur la recherche. Le métier d’enseignant devrait-il être le seul métier à ne nécessiter aucune formation professionnelle?
Le SNUipp demande la mise en place d’un débat public sur cette question et, dans l'immédiat, d’un moratoire.
Paris, le 02 juillet 2008

Le Sgen-CFDT réagit


Le Sgen-CFDT qui réagit ce mercredi 2 juillet 2008 à la communication en conseil des ministres sur la masterisation de la formation des enseignants (L'AEF n°98771), demande "l'ouverture de négociations" sur ce dossier. Le syndicat juge les propositions sur les maquettes de concours et de master, "intéressantes". Elles devraient permettre une "évolution positive". "Les concours ne porteront pas sur la seule culture des disciplines", se félicite le syndicat.

Des questions sur le rôle des IUFM et des formateurs non-universitaires, la "possibilité pour les étudiants issus de milieux non favorisés de suivre le cursus complet" ou "la nécessaire connaissance des différentes étapes de développement des élèves" restent encore suspens. La possibilité d'un pré-recrutement au niveau licence n'est pas retenue, déplore le Sgen-CFDT. Le syndicat estime enfin que "l'entrée dans le métier à 'temps plein' ne laissera aucune place à la poursuite de la formation".

PRECIPITATION DANGEREUSE UNE URGENCE : NEGOCIER



La FSU a pris connaissance du communiqué du Conseil des ministres relatif au recrutement et à la formation des enseignants. La FSU revendique pour tous les enseignants et CPE, une élévation du niveau de qualification qui permette à la fois une amélioration de la formation et une revalorisation substantielle pour tous. C'est une condition pour la réussite de tous les jeunes.

Mais elle ne saurait accepter que cette élévation se traduise par le sacrifice de leur formation professionnelle et du potentiel de formation, de recherche et d'expériences que constituent les IUFM désormais intégrés à l'Université : le communiqué du Conseil des ministres, où les termes de « formation professionnelle », de « recherche », et « IUFM » ne figurent même pas, ne peut que confirmer ces craintes et fait courir le risque d'une régression guidée par des considérations budgétaires et des a priori idéologiques.

En outre, la FSU met en garde contre la précipitation qui préside aux annonces : l'organisation de concours au niveau master en 2010 implique que les futurs candidats s'inscrivent en master dès la rentrée 2008sans aucune visibilité pour l'avenir. Or, le gouvernement ne tient pas compte de la situation actuelle : toutes les licences ne débouchent pas aujourd'hui sur des possbilités de poursuite en master ; les masters existant nécessitent des adaptations significatives notamment pour prendre en compte les spécificités des voies de recrutement (PE, PLP, PLC, CPE).

En ne prévoyant ni aides ni pré recrutements, il va mettre de nombreux jeunes en difficulté pour la poursuite d'études. Il y a risque d'une hiérarchie entre masters, d'inadéquation aux nécessités de la formation professionnelle, d'inégalités au sein des Universités sur le territoire. La FSU demande l'ouverture très rapide de négociations ; elle exige qu'aucune mesure ne soit prise dans la précipitation et que l'on prenne le temps nécessaire du débat pour construire – sereinement et en prenant en compte la spécificité des divers degrés d'enseignement et voies de formation– des systèmes de pré recrutement, des masters, et une relation master-concours permettant une véritable formation professionnelle et disciplinaire dans le cadre d'IUFM rénovés et de collaborations au sein des Universités et entre Universités.

Le métier d'enseignant est un métier qui s'apprend, il importe de le traiter avec tout le sérieux et le débat nécessaires.