mardi 17 juin 2008

Lettre de la députée de la 6°circonscription de la Haute-Garonne




Lettre de Monique IBORRA


Députée de la Haute-Garonne

1ère Vice-présidente de la Région Midi-Pyrénées


Toulouse, le 16 juin 2008
à
Monsieur Xavier DARCOS
Ministre de l'Education Nationale
110 rue de Grenelle

75357 PARIS 07 SP

Monsieur le Ministre,

Depuis leur création, les IUFM ont montré le rôle essentiel qu'ils jouent dans la formation initiale et continue des enseignants. Si cet apport est bien sûr perfectible, les IUFM apportent une dimension de professionnalisation conjuguant apports théoriques, disciplinaires, professionnels, en rapport avec les exigences d'un métier confronté à la diversité de ses terrains d'exercice.

Aujourd'hui, l'intégration des IUFM aux Universités doit permettre une validation de leur place en termes de reconnaissance universitaire du niveau de formation délivré.

Ces derniers jours, le Président de la République a annoncé « la masterisation » prochaine des enseignants. Je
me réjouis de cette volonté affirmée d'élever le niveau de formation des enseignants et leur rémunération en début de carrière. Cependant, je tiens à vous faire part de ma vive inquiétude concernant certaines des évolutions annoncées.

Enseigner est un métier. Un éventuel niveau de recrutement à Bac + 5, fût-il suivi d'un compagnonnage, ne peut remplacer la nécessaire formation à ce métier, tenant compte de toutes ses spécificités, notamment pédagogiques. Une réduction drastique de la dimension professionnelle de la formation est incompatible avec les exigences et la complexité sans cesse grandissante du métier d’enseignant tant les attentes vis-à-vis de l’Ecole sont immenses.

D'autre part, un éventuel niveau de recrutement à Bac + 5 serait préjudiciable à la diversité sociologique du milieu enseignant. Les jeunes des milieux populaires (ouvriers, employés, agriculteurs) sont en effet très peu représentés à ce niveau d'étude. Nous connaissons l'impact d'une "élitisation" de la profession sur la réussite des élèves dans leur diversité. Il serait donc souhaitable d'envisager un recrutement au niveau licence et de valider la formation par un master à son issue, celle-ci faisant partie intégrante du diplôme.

Pour les mêmes raisons, il me paraît indispensable de conserver le statut actuel des stagiaires IUFM (fonctionnaires stagiaires, à ce titre rémunérés). En effet, maintenir ce cadre permet notamment aux jeunes issus des milieux les moins favorisés d'accéder à ces formations dans de bonnes conditions de réussite.

En conclusion, je souhaite vous faire part de mon attachement au recrutement des enseignants par voie de concours précédant la formation professionnelle initiale, ainsi que mon souhait qu'une formation ambitieuse assurée par les IUFM puisse déboucher sur la délivrance d’un master.

Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l'assurance de ma haute considération.

Monique IBORRA
Députée de la Haute-Garonne

1ère Vice-présidente de la Région Midi-Pyrénées

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