samedi 28 juin 2008

Communiqué de presse de la conférence des directeurs d'IUFM


Dans l'intérêt des élèves, les compétences professionnelles doivent rester au coeur de la formation des enseignants


La Conférence des directeurs d’IUFM rappelle son attachement à la qualité de la formation des enseignants, gage de la qualité de l’enseignement qu’ils dispenseront aux élèves qui leur seront confiés. Elle exprime des réserves importantes sur les premières dispositions relatives au projet de réforme de la formation et du recrutement des enseignants au niveau master, et elle s’inquiète tout particulièrement de la précipitation qui accompagne leur mise en œuvre.

Communiqué de presse - Le 27 juin 2008

Rentrée 2008 : une grande confusion pour les étudiants préparant les concours

La Conférence des directeurs d’IUFM estime que les mesures transitoires annoncées pour 2008-2009 -si elles partent de bonnes intentions- ne sont pas les solutions adaptées aux problèmes posés : la précipitation actuelle induit inquiétude et insécurité chez les étudiants qui ne savent plus où s’inscrire pour préparer les concours. Des mesures transitoires sont indispensables. En effet, il faut que les candidats à la session de juin 2009, titulaires d’une licence, puissent, en cas d’échec, se présenter à la session de 2010 qui requiert l’inscription en deuxième année de master. Dans cette perspective, les étudiants doivent pouvoir valider l’année de préparation 2008-2009 sous forme d’ECTS, condition d’une inscription en deuxième année de master, sous réserve d’équivalences accordées. Cependant, leur proposer une inscription simultanée en préparation de concours et en première année des masters existants est une fausse bonne solution :
  • d’abord parce qu’elle induit, dans la plupart des cas, des frais d’inscriptions supplémentaires,
  • ensuite parce qu’à courir deux lièvres -assez différents- à la fois, on risque de n’en attraper aucun,
  • ensuite parce que les équipes pédagogiques des masters existants ne sont pas demandeuses de ces profils d’étudiants qui ne visent pas prioritairement leur master, ses objectifs et ses contenus, et que les taux de réussite risquent de chuter
  • enfin parce que cette solution n’est possible que pour environ quatre étudiants préparationnaires sur dix des concours. Les autres ne trouveront pas dans les masters existants des réponses à leurs attentes et à leurs besoins.

Des mesures transitoires nécessaires pour l’accès en M2 à la rentrée 2009


Bien meilleure est la solution de commissions pédagogiques mixtes (enseignants des préparations actuelles et enseignants des futurs masters à construire) validant, au vu des résultats obtenus tout au long de l’année et au concours, les acquis des étudiants en vue de leur inscription en deuxième année de master. Les universités, en d’autres occasions de leur histoire, ont déjà su inventer des solutions de ce type.

Des enseignants qui n’auraient jamais rencontré d’élèves

Au delà des mesures transitoires, pour les rentrées 2008 et 2009, la Conférence des directeurs d’IUFM attire solennellement l’attention des décideurs politiques sur les dérives possibles dans la mise en œuvre de l’actuel projet de réforme. A travers lui, il serait parfaitement possible qu’un étudiant titulaire d’un master de droit constitutionnel (par exemple), moyennant bachotage des épreuves du concours dans le cadre d’une officine privée, se retrouve lauréat du concours, nommé professeur des écoles, à qui l’on confie des élèves, sans aucune réelle formation professionnelle et plus encore sans avoir eu, au préalable, aucun contact avec des élèves dans une classe. Que dirait-on d’un médecin qui débute sa carrière sans jamais avoir approché un malade ? La formation professionnelle des enseignants doit rester une formation par alternance. Les stages en établissements scolaires, intégrés aux dispositifs de formation universitaire, doivent être obligatoires -et non pas facultatifs- pendant les études universitaires des futurs professeurs, et ce pas seulement pendant le dernier semestre de master mais dès la licence et tout au long du cursus de formation. De vrais masters et de vraies compétences professionnelles pour de vrais métiers dans les écoles, collèges et lycées Le ministère de l’Éducation nationale a produit en 2006 un référentiel de dix compétences pour la profession enseignante. Cela constitue un véritable progrès pour fonder et évaluer la formation initiale des enseignants. C’est sur la base de ce référentiel que doivent être habilités ou non des masters visant la formation des enseignants, plutôt que de faire semblant de croire que n’importe quel master peut être suffisant pour savoir enseigner. A supposer que cela soit suffisant pour réussir un concours, cela fera-t-il du lauréat un enseignant efficace pour faire réussir ses élèves ? Pour une université, se placer dans la perspective d’un référentiel de compétences pour concevoir une formation professionnelle n’est pas contraire à son autonomie et à sa « liberté », confirmée par la récente loi « Liberté et Responsabilité des Universités ». Bien au contraire, l’acceptation de ce référentiel est l’expression même de son engagement dans sa « responsabilité » au regard de toute formation de nature professionnelle, rentrant aujourd’hui dans la mission réaffirmée aux universités.

La Conférence des directeurs d’IUFM propose la création de masters visant les professions enseignantes, respectant pleinement le référentiel des dix compétences produit par l’employeur, tout en satisfaisant l’impératif d’un adossement à la recherche. Certains de ces masters pourront être des adaptations, ou des spécialités nouvelles de masters existants. Mais les plus nombreux d’entre eux ne pourront être que des masters radicalement nouveaux, tant il est vrai que les masters existants peuvent être mis en relation avec quelques disciplines enseignées dans le secondaire mais que la grande partie des enseignants du primaire, de l’enseignement technologique, de l’enseignement professionnel, des documentalistes, des conseillers principaux d’éducation,... ne trouvent pas aujourd’hui leur place dans ces masters existants. Une formation universitaire des maîtres associant l’ensemble des universités Il est absolument indispensable que toutes les universités françaises puissent participer à la formation des enseignants et pas seulement la trentaine d’entre elles qui ont une composante interne IUFM. Pour autant, la Nation n’a pas intérêt - au nom de leur autonomie- à laisser les universités qui n’ont pas l’expérience, la compétence et les ressources humaines ouvrir seules ce chantier. Les IUFM, composantes internes d’une université particulière, ont une vocation académique et doivent être mis au service -par convention, dans des dispositifs de cohabilitation et de partage de responsabilités - de l’ensemble des universités françaises pour la formation des enseignants.

Pour finir, la Conférence des directeurs d’IUFM rappelle que les IUFM ont capitalisé et peuvent mobiliser de nombreuses compétences en matière de formation professionnelle des enseignants. Ainsi les IUFM entendent prendre toute leur place dans les futurs masters à construire et mettre tout en œuvre pour que cette réforme soit un réel progrès dans la formation initiale des enseignants.

Conférence des directeurs d’IUFM - 27 juin 2008


Photos de la palme d'or Cannes 2008
"entre les murs" de Laurent Cante
à partir du site Allocine.fr


Motion de l'IUFM de l'académie de Lyon




Le conseil d’école de l’IUFM de l’Académie de Lyon-Université Claude Bernard-Lyon1 réuni le vendredi 27 juin 2008 s’inquiète des projets de réforme de la formation des enseignants, annoncés par le Président de la République et confirmés par le texte consacré à la RGPP (Révision générale des politiques publiques) acté le 11 juin 2008 en conseil des ministres.

Il constate, une fois de plus, l’absence de concertation préalable aux annonces. Il s’étonne que des conseillers de la Présidence de la République ou des Ministères de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche puissent indiquer à des journalistes une éventuelle dissolution des IUFM, donc d’une composante de notre université, avant toute concertation et avant même toute publication d’un projet. D’autant qu’il est particulièrement incohérent d’avoir intégré l’IUFM à l’Université Claude Bernard-Lyon1 en juillet 2007 pour le dissoudre un an après.

Il se réjouit par conséquent du vote à l’unanimité lors du Conseil d’Administration de l’Université Claude Bernard-Lyon1 du 17 juin 2008 de la motion présentée par le Directeur de l’IUFM qui témoigne de l’engagement de cette Université et de son Président sur ce dossier.

En accord avec le texte de la motion votée au CA, il affirme que le recrutement des enseignants au niveau Master doit s’accompagner d’une formation professionnelle indispensable à l’exercice d’un métier difficile, qui ne peut se réduire à deux ou trois mois d’expérience entre un écrit et un oral de concours : enseigner est un métier, un métier qui s’apprend. La « masterisation » annoncée ne saurait servir de prétexte à des dégradations des contenus de formation, des conditions d’études ou du potentiel de formation, de recherche et d’expérience que représentent aujourd’hui les IUFM. L'élaboration des masters au sein des universités ne peut pas se dispenser de l'héritage des IUFM, de leur implantation dans tous les départements, de tous ses personnels, et de leur expérience en matière d'alternance et de professionnalisation. Elle doit, enfin, être assurée et garantie par un cadrage national des formations.

Il revendique que cette formation professionnelle, comportant un lien avec la pratique de l’enseignement dans les établissements scolaires, soit correctement rémunérée. L'allongement de la formation aura un coût pour les étudiants puisqu'on remplace une année de stage rétribuée par une année à l'université. Cette charge financière nouvelle, pour les étudiants et leurs famille, doit être compensée par des aides financières adaptées, au moins au niveau de financement correspondant à la rémunération actuelle des professeurs stagiaires et prises en compte pour la retraite. De même, l’amélioration des traitements en début de carrière ne peut s’accompagner de la recherche d’économies sur les postes de stagiaires et du désengagement de l’Education nationale en matière de formation initiale. Il affirme sa volonté que l’outil de professionnalisation et de réflexion sur l’éducation que représente l’IUFM ne soit ni démantelé, ni affaibli. La formation ne peut être conçue et pilotée par des critères réduits aux moyens de remplacements. Elle ne peut non plus se résumer seulement à un compagnonnage. L’entrée dans le métier doit être progressive, accompagnée par des équipes de formateurs formés et qualifiés : former est un métier qui s’apprend. Sans les liens que l’IUFM a tissés avec les enseignants des écoles, des collèges, des lycées, des lycées professionnels et des entreprises, il ne peut y avoir de formation professionnelle digne de ce nom.

Il exige que les universités, dans toutes leurs composantes et en particulier les IUFM, restent les acteurs privilégiés et incontournables de la formation initiale et continue des enseignants et demandent un calendrier qui permette une concertation approfondie.

Motion du Conseil d’Ecole de l’IUFM de l’Académie de Lyon-Université Claude Bernard-Lyon1 votée le 27 juin 2008

vendredi 27 juin 2008

Motion de l'IUFM de l'université Paris 13

Mastérisation de la formation des enseignants.


Le CA de l'Université Paris 13 ayant pris connaissance des annonces concernant la formation des enseignants faites le 2 juin par le Président de la République, considère que la mastérisation annoncée ne peut pas se limiter à reconnaître que la durée de formation des enseignants est de 5 ans.

Pour que cette mastérisation ne soit pas une régression, on ne peut limiter la formation professionnelle à un simple compagnonnage lors de la 1ère année d’enseignement, ce qui mettrait en péril la formation des générations futures. Cette mastérisation peut être une avancée intéressante, mais pour cela, elle doit permettre un renforcement de la formation simultanée, scientifique et pédagogique, des futurs enseignants.

Le CA de l'Université Paris 13 dénonce la précipitation avec laquelle cette réforme est mise en œuvre et, plus particulièrement, l'incertitude dans laquelle sont placés les étudiants qui souhaitent préparer les concours et qui devraient choisir un master pour s'y inscrire dès la rentrée 2008 alors que la maquette des concours ne serait pas définie avant la fin du mois de juillet.

La formation des futurs enseignants par les Universités rend essentielle la présence d’une école à vocation professionnelle comme l’IUFM. Cette dernière doit avoir un rôle structurant en associant l’ensemble des universités de l'académie à cette formation, et en réalisant, en concertation avec ces universités, le travail d’ingénierie sans lequel une vraie formation aux métiers de l’enseignement ne peut exister.

Supprimer cette structure, la diluer dans l’ensemble de l’Université ou l’étrangler faute de moyens fléchés serait une remise en cause de la spécificité et de l’efficacité de la formation des enseignants.

Motion adoptée à l'unanimité par le CA de l'université Paris 13 du 26 juin 2008

Conseil général de la haute garonne : Recrutement des enseignants - concilier exigence et égalité d’accès.


DECISION MODIFICATIVE
JUIN 2008


Proposition de résolution présentée par Martine MARTINEL
Conseillère Générale du Canton Toulouse 3,
Marie-Christine LAFFORGUE Conseillère Générale du Canton Toulouse 1
et le Groupe Socialiste


Objet : Recrutement des enseignants -concilier exigence et égalité d’accès.

La réforme de la formation des enseignants soulève à ce jour certaines interrogations, qui engagent la qualité et la diversité du recrutement, dont on sait le caractère central dans la réussite de notre modèle d’éducation.

Il est prévu l’intégration des instituts Universitaires de Formation des Maîtres dans l’Université, et la « masterisation » des enseignants.

En soi, cette perspective n’est pas critiquable car elle s’inscrit sans conteste dans une logique de valorisation du métier d’enseignant.

Toutefois, la vigilance s’impose sur la professionnalisation indispensable de la formation. L’intégration universitaire ne doit pas impliquer un renoncement à l’apprentissage de la pédagogie. Une approche de la formation au rôle de professeur comme un métier est plus que jamais à l’ordre du jour.

Par ailleurs, le recrutement à Bac + 5 peut se traduire, si l’on n’y prend garde, à une sélection économique et sociale du recrutement des professeurs et à une perte de diversité sociale dans le corps enseignant. Les critiques de nature sociologique sur la reproduction des élites se verraient alors pleinement et malheureusement confirmées.



Le statut des stagiaires IUFM, rémunérés, permettait à des jeunes d’origine modeste de s’inscrire dans une carrière d’enseignant, dès après la licence. Il serait possible de concilier sécurisation financière des jeunes, recrutement non tardif, et validation de masters en fin de formation. L’exigence de revalorisation irait ainsi de pair avec le pluralisme du recrutement et l’égalité des chances.

L’Assemblée Départementale demande au Ministre de l’Education de prendre en compte ces remarques, tendant à un meilleur équilibre de la réforme.

Entre les Murs



Palme d'Or Cannes 2008.

Laurent Canté raconte une année de la vie d'une classe de 4e d'un collège parisien difficile. Les enjeux de la société française et certaines questions pédagogiques sont judicieusement énoncés et sans prétendre donner la moindre leçon. Le film signé Laurent Cantet constitue un état des lieux concret et lucide du rapport difficile qu'entretiennent aujourd'hui professeurs et élèves dans certains collèges et lycées. De plus, l'échec d'une France métissée est un vrai problème sociétal qui se concrétise à l'école.

J'ai eu la chance de voir ce film qui sortira le 24 septembre 2008.

Qui peut encore penser qu'il est suffit de bien connaître une discipline, puis d'avoir effectué quelques stages pour faire face à une classe ? La vision du film montre une fois de plus qu'enseigner est un métier qui s'apprend. Enseigner un métier difficile auquel la nation doit préparer au mieux ses enseignants.


Christian VALADE
Formateur IUFM Midi-Pyrénées


Quelques extraits ....



mercredi 25 juin 2008

IUFM Site de Vienne



Pour des enseignants bien formés au service de la réussite de tous les élèves


Les personnels du site IUFM de la Vienne, co-signataires de l'« appel pour une formation des enseignants de haut niveau dans des IUFM rénovés », en réponse aux annonces gouvernementales concernant le recrutement et la formation des enseignants, tiennent à affirmer les principes suivants, cadre pour faire évoluer favorablement cette formation et l'adapter aux exigences actuelles du métier :
  • Du point de vue de la méthode
    • organiser une concertation large et approfondie associant tous les professionnels concernés, les responsables institutionnels et les syndicats ;
    • se donner le temps nécessaire à cette concertation, et ne pas définir de façon précipitée et unilatérale, pendant les mois d'été, des modalités de concours etde formation ;
    • s'appuyer sur les ressources et les savoir-faire construits en plus de 15 ans parles IUFM pour redéfinir une institution universitaire entièrement dédiée à la formation professionnelle des enseignants.
  • Du point de vue des contenus de formation et des compétences à construire
    • allier des compétences de haut niveau relevant de différents domaines (scientifique, didactique, pédagogique, éducatif, institutionnel, éthique...) ;
    • s'appuyer sur les résultats de la recherche universitaire, dans toutes ses dimensions ;
    • organiser une véritable formation professionnelle en alternance, articulant cadres théoriques et mise en oeuvre pratique, et qui ne se réduise pas à unsimple « compagnonnage » ;
    • s'appuyer sur l'expertise croisée de formateurs aux statuts divers ;
    • garantir, d'un point de vue financier, l'accès au métier d'enseignant pour l'ensemble des couches sociales.
Les personnels de l'IUFM du site de la Vienne s'opposeront à toute mise en oeuvre qui ne respecterait pas ces principes. Ils appellent à signer la pétition en ligne à l'adresse suivante : www.former-des-enseignants.org en complémentde la pétition lancée par le collectif crise de Midi-Pyrénées.
Poitiers , le 24 juin 2OO8

Motion IUFM d'Alsace


Motion proposée au vote des membres du CA
par les représentants des personnels de l'IUFM d'Alsace (enseignants et BIATOS)


"Le Conseil d’Administration de l’IUFM d’Alsace estime indispensable que le master qui débouchera sur le métier d’enseignant des premier et second degrés comporte des aspects spécifiques, reliant sans les disjoindre ni les opposer les apports pratiques et théoriques de la formation. Celle-ci ne se limite pas à la maîtrise des savoirs académiques, mais intègre aussi des approches transversales.

Dans ce but, le Conseil d’Administration souhaite que la nouvelle école intégrée soit associée à l’élaboration et à la mise en œuvre des nouveaux masters métiers de l’enseignement et de l’éducation qui seront mis en place dans l’Académie de Strasbourg.

Dans le cas spécifique de la formation professionnelle pluridisciplinaire des professeurs des écoles, l’IUFM rappelle son expertise. L’expérience acquise repose sur les plans de formation constamment ajustés, un réseau de formateurs de terrain associés intervenant en concertation étroite avec les formateurs disciplinaires, des outils spécifiques, notamment en documentation, et la connaissance d’un espace professionnel que caractérise une grande dispersion des lieux de stages pratiques. Ce dispositif de formation, complexe doit être préservé.

Pour tous les personnels concernés par l’intégration de l’IUFM, enseignants, BIATOS et contractuels, le Conseil d’Administration demande des informations et garanties concernant leur avenir dans la nouvelle entité, et l’assurance de continuer de mettre les compétences acquises au service d’une formation professionnelle de qualité.

La formation en master, métiers de l’enseignement et de l’éducation, incluant nécessairement une prise en charge de classes en responsabilité par les étudiants, doit faire l'objet d'une rémunération."

Motion adoptée le mercredi 25 juin par le CA de l'IUFM d'Alsace

Masterisation: la maquette des concours devrait être présentée à la fin du mois de juillet



Extraits de la Dépêche AEF n°98404

La masterisation devrait faire l'objet d'une communication en conseil des ministres le "4 ou le 11 juillet 2008", au cours de laquelle seront présentées les grandes lignes de la réforme, selon les informations recueillies par l'AEF, ce mercredi 25 juin 2008. Devrait suivre une phase de concertation avec la CDIUFM, la CPU et des "associations disciplinaires". Un groupe de travail pourrait être constitué. Un cahier des charges et une maquette précise des concours devraient émerger "fin juillet" de cette phase de discussion. Le référentiel des compétences des IUFM ne devrait pas totalement être bouleversé.

Le ministère de l'Éducation nationale, chargé de définir la maquette des concours, pourrait décider de "distinguer dans le temps" admissibilité et admission. Les épreuves d'admissibilité interviendraient à la fin du premier semestre de M2 pour permettre aux étudiants qui échouent de valider leur master "sans perdre un an dans la préparation des concours". L'admission se déroulerait en juin.

Entre-temps, les étudiants qui le souhaitent auraient la possibilité d'effectuer des stages "d'observation pratique" ou de "pratique accompagnée". Les stages, facultatifs, ne devraient pas être évalués. Il s'agit de ne pas pénaliser des candidats issus d'autres formations. Le ministère pourrait proposer aux étudiants volontaires des stages tout au long du cursus "à partir de la licence" pour découvrir l'Éducation nationale.


Les concours devraient comporter trois types d'épreuves (L'AEF n°98183): disciplinaires, pédagogiques et de "connaissance du système éducatif". ..... Il s'agirait, dans le cadre des épreuves pédagogiques, de vérifier si un candidat est capable de s'adresser à un public donné. Les épreuves de connaissance du système éducatif, mélange de "droit" et "d'économie" seraient l'occasion de vérifier par exemple que les candidats savent "à quoi sert un recteur, comment fonctionne un conseil d'école ou un budget". ....

UNE MEILLEURE DISTINCTION DES TÂCHES CAPES-AGRÉGATION ....

En tant que "recruteur", le ministère de l'Éducation nationale devrait donc se contenter de dire quel type d'enseignant il recherche. Les universités seraient ensuite libres de proposer différents types de masters et des modules de professionnalisation, si elles le souhaitent. Les masters devraient logiquement être prêts dans un an. Pour les professeurs des écoles, les masters bivalents pourraient se développer. La masterisation devrait concerner seulement les PLP enseignant dans les matières disciplinaires.

L'évolution des formations sera plus ou moins rapide selon les disciplines. L'année 2010 devrait à cet égard servir de test.

En savoir plus .

mardi 24 juin 2008

Point du vue d'un IMF de Bretagne


Restauration :
  • de la vieille idée dite de bon sens selon laquelle un bon enseignant est un pédagogue aux vertus avant tout naturelles
  • de la croyance dans une transmission du métier par compagnonnage affinitaire
  • de l'équation : maîtrise disciplinaire + pratique de terrain = meilleure façon de se coltiner la classe et le métier.
  • des "bonnes vieilles méthodes qui ont fait leurs preuves" (cf. apprentissages premiers de la lecture)
  • du modèle de l'acquisition des connaissances par empilement.
Bref : pas besoin d'apprendre un métier autrement qu'en le faisant ... sus à la théorie !

Question :
  • pour quelles raisons les didactiques et leurs mises en oeuvre dans les IUFM ont - elles si peu de force pour ne pas pouvoir résister à tant de démagogie ?
  • pourquoi la pédagogie a-t-elle disparu en tant que "discipline" ?
Eléments de réponses :
  • une guerre sourde se mène depuis des années contre les IUFM et leurs personnels pour des raisons politiques et par a priori idéologiques. Aujourd'hui, dominent les "idées simples" qui la sous tendent
  • la formation initiale est un domaine complexe qui , pour être mise en oeuvre pleinement a besoin d'un consensus quant à son absolue nécessité, or ça n'a jamais été vraiment le cas, ni des "politiques", ni de la profession qui a toujours critiqué jusqu'à contester son existence même. Dans ces conditions, il est de bonne guerre pour le pouvoir actuel de s'appuyer sur de telles régressions idéologiques pour sabrer un édifice à ses yeux budgétivore.
  • Plus globalement et en fait, plus politiquement : La bourgeoisie française estime qu'il n'est plus besoin de poursuivre l'objectif d'une élévation générale du niveau de savoirs de la population à l'heure où elle peut faire son marché dans le monde entier par le biais de l'"immigration choisie".
  • Quelques élites d'un côté et une masse de "conformés" d'autre part, voilà le modèle et l'objectif à atteindre.
  • Mission des enseignants : être les loyaux missionnaires dans ce nouveau paradigme. Gare aux déviants !

Paul Recoursé
maître formateur et formateur de français à l'IUFM de Bretagne à la retraite

La journée d’Enzo ou l’école de demain ...



3 septembre 2012

Enzo est assis à sa place, parmi ses 32 camarades de CP. Il porte la vieille blouse de son frère, éculée, tâchée, un peu grande. Celle de Jean-Emilien, au premier rang, est toute neuve et porte le logo d’une grande marque.

La maîtresse parle, mais il a du mal à l’entendre, du fond de la classe. Trop de bruit. La maîtresse est une remplaçante, une dame en retraite qui vient remplacer leur maîtresse en congés maternité. Il ne se souvient pas plus de son nom qu’elle ne se souvient du sien. Sa maîtresse a fait la rentrée, il y a trois semaines, puis est partie en congés.

La vieille dame de 65 ans est là depuis lundi, elle est un peu sourde, mais gentille. Plus gentille que l’intérimaire avant elle. Il sentait le vin et criait fort. Puis il expliquait mal. Du coup Enzo ne comprend pas bien pourquoi B et A font BA, mais pas dans BANC ni dans BAIE ; ni la soustraction ; ni pourquoi il doit connaître toutes les dates des croisades.

On l’a mis sur la liste des élèves en difficulté, car il a raté sa première évaluation. Il devra rester de 12 à 12h30 pour le soutien. Sans doute aussi aux vacances. Hier, il avait du mal à écouter la vieille dame, pendant le soutien ; son ventre gargouillait. Quand il est arrivé à la cantine, il ne restait que du pain. Il l’a mangé sous le préau avec ceux dont les parents ne peuvent déjà plus payer la cantine.

Il a commencé l’école l’an dernier, à 5 ans. L’école maternelle n’est plus obligatoire, c’est un choix des mairies, et la mairie de son village ne pouvait pas payer pour maintenir une école. Son cousin Brice a eu plus de chance : il est allé à l’école à 3 ans, mais ses parents ont dû payer.

La sieste, l’accueil et le goûter n’existent plus, place à la morale, à l’alphabet ; il faut vouvoyer les adultes, obéir, ne pas parler et apprendre à se débrouiller seul pour les habits et les toilettes : pas assez de personnel.

Les enseignants, mal payés par la commune, gèrent leurs quarante élèves chacun comme une garderie. L’école privée en face a une vraie maternelle, mais seuls les riches y ont accès. Mais Brice a moins de mal, malgré tout, à comprendre les règles de l’école et ses leçons de CP.

En plus, le soir il va à des cours particuliers, car ses parents ne peuvent pas l’aider pour les devoirs, ils font trop d’heures supplémentaires.

Mais Enzo a toujours plus de chance que son voisin Kévin : il doit se lever plus tôt et livrer les journaux avant de venir à l’école, pour aider son grand-père, qui n’a presque pas de retraite. Enzo est au fond de la classe. La chaise à côté de lui est vide. Son ami Saïd est parti, son père a été expulsé le lendemain du jour où le directeur (un gendarme en retraite choisi par le maire) a rentré le dossier de Saïd dans Base Élèves. Il ne reviendra jamais.

Enzo n’oubliera jamais son ami pleurant dans le fourgon de la police, à côté de son père menotté. Il parait qu’il n’avait pas de papiers... Enzo fait très attention : Chaque matin il met du papier dans son cartable, dans le sac de sa maman et dans celui de son frère.

Du fond, Enzo ne voit pas bien le tableau. Il est trop loin, et il a besoin de lunettes. Mais les lunettes ne sont plus remboursées. Il faut payer l’assurance, et ses parents n’ont pas les moyens.

L’an prochain Enzo devra prendre le bus pour aller à l’école. Il devra se lever plus tôt. Et rentrer plus tard. L’EPEP (établissements publics d’enseignement primaire) qui gère son école a décidé de regrouper les CP dans le village voisin, pour économiser un poste d’enseignant. Ils seront 36 par classe. Que des garçons. Les filles sont dans une autre école.

Enzo se demande si après le CM2 il ira au collège ou, comme son grand frère Théo, en centre de préformation professionnelle. Peut-être que les cours en atelier seront moins ennuyeux que toutes ces leçons à apprendre par coeur.

Mais sa mère dit qu’il n’y a plus de travail, que ça ne sert à rien. Le père d’Enzo a dû aller travailler en Roumanie, l’usine est partie là-bas. Il ne l’a pas vu depuis des mois. La délocalisation, ça s’appelle, à cause de la mondialisation.

Pourtant la vieille dame disait hier que c’est très bien, la mondialisation, que ça apportait la richesse. Ils sont fous, ces Roumains ! Il lui tarde la récréation. Il retrouvera Cathy, la jeune soeur de maman. Elle fait sa deuxième année de stage pour être maîtresse dans l’école, dans la classe de monsieur Luc. Il remplace monsieur Jacques, qui a été renvoyé, car il avait fait grève. On dit que c’était un syndicaliste qui faisait de la pédagogie.

Il y avait aussi madame Paulette en CP ; elle apprenait à lire aux enfants avec des vrais livres ; un inspecteur venait régulièrement la gronder ; elle a fini par démissionner. Cathy a les yeux cernés : le soir elle est serveuse dans un café, car sa formation n’est pas payée.

Elle dit : « A 28 ans et un bac +5, servir des bières le soir et faire la classe la journée, c’est épuisant. » Surtout qu’elle dort dans le salon chez Enzo, elle n’a pas assez d’argent pour se payer un loyer.

Après la récréation, il y a le cours de religion et de morale, avec l’abbé Georges. Il faut lui réciter la vie de Jeanne d’Arc et les dix commandements par coeur. C’est lui qui organise le voyage scolaire à Lourdes, à Pâques. Sauf pour ceux qui seront convoqués pour le soutien…

Enzo se demande pourquoi il est là. Pourquoi Saïd a dû partir. Pourquoi Cathy et sa mère pleurent la nuit. Pourquoi et comment les usines s’en vont en emportant le travail. Pourquoi ils sont si nombreux en classe. Pourquoi il n’a pas une maîtresse toute l’année. Pourquoi il devra prendre le bus. Pourquoi il passe ses vacances à faire des stages. Pourquoi on le punit ainsi. Pourquoi il n’a pas de lunettes. Pourquoi il a faim.

" Projection basée sur les textes actuels, les expérimentations en cours et les annonces du gouvernement. Est-ce l’école que nous voulons ? Le gouvernement a-til reçu un mandat populaire pour cela ? Qu’attendons nous pour réagir ? "

lundi 23 juin 2008

Communiqué de presse IUFM d'Aquitaine


Les formateurs de l’IUFM d’Aquitaine, école interne de l’Université Montesquieu Bordeaux IV réunis en séminaire les 19 et 20 juin 2008 s’inquiètent des évolutions récentes de la formation des enseignants et s’insurgent face aux propos tenus par le président de la république sur la disparition des IUFM.

Ils s’étonnent que des conseillers de la présidence ou du ministère puissent indiquer à des journalistes une éventuelle dissolution des IUFM, donc d’une composante de notre université, avant toute concertation et avant même toute publication d’un projet. Il serait particulièrement incohérent à leurs yeux d’intégrer l’IUFM à notre université en janvier 2008 pour le désintégrer un an après.

Ils tiennent à souligner le rôle essentiel que les IUFM jouent dans la formation initiale et continue des enseignants. Si cet apport est bien sûr perfectible, les IUFM contribuent de manière incontestable à la dimension de professionnalisation conjuguant outils théoriques, contenus disciplinaires et professionnels en rapport avec les exigences d’un métier confronté à la diversité de ses terrains d’exercice.

C’est pourquoi les formateurs de l’IUFM d’Aquitaine ont décidé de retenir symboliquement des dossiers de validation des professeurs stagiaires et de manifester leur mécontentement le mercredi 25 juin prochain à 9h à l’antenne IUFM de la Gironde, 49 rue de l’Ecole Normale à Bordeaux.

Vêtus de noir ils se recueilleront sur la mort annoncée de la formation des enseignants et remettront symboliquement les dossiers encore retenus.

Ils demandent par ailleurs une audience auprès de monsieur le Recteur d’Académie pour faire valoir leurs revendications et obtenir des réponses claires du représentant du ministre de l’Education Nationale quant à l’avenir de la formation des enseignants et des IUFM.

Ils inscrivent leurs initiatives au sein des actions menées par la coordination nationale des IUFM et envisagent des actions d’ampleur dès la rentrée scolaire.

Motion des personnels de l’IUFM de Versailles


Réforme de la formation des enseignants


LA SAGESSE COMMANDE UN MORATOIRE D’UN AN


Les personnels de l’IUFM de Versailles, réunis en Assemblé Générale sur le site de Saint Germain-en-Laye le 23 juin, expriment leurs plus grandes réserves sur le projet de refonte des dispositifs de formation des enseignants, dit de « mastérisation », tel qu’il est connu aujourd’hui :
  • Ce projet pourrait aboutir à une mise en cause du caractère national des concours.
  • Il réduirait de façon importante la durée de la formation professionnelle des maîtres, mettant ainsi en péril l’efficacité de l’école.
  • Il assècherait le vivier des futurs enseignants, ce qui pourrait conduire à la constitution, en parallèle, d’une catégorie d’enseignants précarisés, recrutés hors concours.
  • Il rendrait encore plus difficile l’accès des jeunes des milieux populaires au métier d’enseignant.
  • Il provoquerait une grave détérioration de la formation continue.
Les personnels de l’IUFM de Versailles considèrent en outre que le calendrier annoncé par le ministre de l’éducation nationale pour la mise en place des « masters enseignement » dès la rentrée de septembre 2008 est déraisonnable sur le plan technique et inacceptable au regard des enjeux de la formation des maîtres. C’est en effet un sujet trop grave pour être réglé à la va-vite, en à peine deux mois avant la rentrée. Une réforme de cette ampleur nécessite une vraie concertation et une réflexion collective impliquant toutes les parties prenantes et notamment les universités et les IUFM. Toute précipitation conduirait à l’échec et à la démobilisation.

C’est pourquoi ils demandent un moratoire d’une année
pour rendre possible la concertation et la réflexion indispensables à la conception des changements utiles à l’amélioration de la formation des maîtres. Celle-ci devrait reposer sur les principes suivants :
  • Un cadre national définit les concours, la nature des épreuves, le contenu et les modalités des formations préparatoires et de la formation professionnelle.
  • La formation professionnelle se déroule en alternance sur une durée de deux ans.
  • Cette formation Bac + 5 donne lieu à la délivrance d’un master professionnel « enseignement ».
  • Les enseignants en formation initiale bénéficient d’un statut de fonctionnaire-stagiaire.
Les personnels de l’IUFM de Versailles décident de prendre contact avec leurs collègues des autres IUFM pour se coordonner et demander ensemble à la Conférence des directeurs d’IUFM et à la Conférence des Présidents d’Université d’intervenir en faveur d’un moratoire auprès du ministre de l’éducation nationale et du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Ils décident de se joindre à l’initiative des personnels de l’IUFM de Midi-Pyrénées pour l’organisation d’Assises Nationales de la formation des maîtres à Toulouse au début du mois de juillet.

Motion adoptée à l’unanimité le 23 juin 2008

samedi 21 juin 2008

Pétition à l'attention des Ministres Xavier Darcos et Valérie Pécresse


ENSEIGNER EST UN METIER QUI S’APPREND,
L’AVENIR DE NOS ENFANTS EN DEPEND

Un projet de réforme de la formation des enseignants est à l’étude. Depuis quelques jours, des annonces relayées par la presse en matière de formation des enseignants se multiplient. Ces annonces soulèvent de vives inquiétudes car elles menacent l’existence d’une école professionnelle universitaire et mettent en cause la qualité de la formation.

Dans le flou de ces informations, ma signature vise à obtenir a minima quatre garanties :
  • le maintien d’une école professionnelle universitaire
  • le maintien d’une rémunération de la formation des futurs enseignants
  • un cadrage national des masters professionnels
  • le maintien du recrutement par concours.
Le maintien d’une école professionnelle universitaire
  • Que penserait-on d’un étudiant qui obtiendrait le diplôme de médecin sans jamais avoir vu un malade ? Qu’il n’a pas le droit d’exercer ! Et c’est pour cela que la formation des médecins dure 7 ans, avec plusieurs années de stage dans des hôpitaux. Toutes les professions ont leur école professionnelle : magistrats, infirmières, ….
Le maintien d’une rémunération de la formation des futurs enseignants
  • Actuellement, la cinquième année après le baccalauréat qui correspond à la formation professionnelle est une année rémunérée. Supprimer cette rémunération, c’est de fait réserver l’accès au professorat aux étudiants socialement les plus favorisés. (Ceci augmente la distance culturelle entre les maîtres et les élèves)
Un cadrage national des masters professionnels
  • Un cadrage national du caractère professionnel des masters dans lequel nous voulons être partie prenante, et dans la conception, et dans la mise en œuvre. Depuis près de 20 ans les IUFM ont développé un savoir faire irremplaçable en la matière. La diversité des formations, leurs spécificités (Professeurs des écoles (PE), Professeurs des lycées professionnels (PLP), Professeurs des lycées technologiques, Conseillers Principaux d'Education (CPE), Professeurs de dicumentation (PRCEDOC, ...) doivent être prises en compte.
Le maintien du recrutement par concours.
  • La pérennité de concours nationaux garantit une réelle égalité des chances dans le recrutement et un emploi stable. La maquette des nouveaux concours doit contenir une part significative de contenus professionnels.
Le « collectif crise » organise des assises de la formation des maîtres début juillet 2008 à Toulouse, sur le thème « ENSEIGNER EST UN METIER QUI S’APPREND, L’AVENIR DE NOS ENFANTS EN DEPEND »

Par ma signature, je soutiens les quatre points fondamentaux énoncés ci-dessus et demande au ministre de l’éducation nationale et au ministre de l’enseignement supérieur de les intégrer dans le projet de formation des maîtres.


Le Ministre Xavier DARCOS au président de la Conférence des directeurs d'IUFM




Paris, le 18 juin 2008




Le Ministre,


Monsieur le Président,


Lors de l'audience au bureau de la CDIUFM du 16 juin dernier, vous m'avez fait part de votre soutien au principe de la réforme du recrutement et de la formation des maîtres annoncée par le Président de la République, mais aussi de certaines craintes que vous inspirent des dérives éventuelles dans sa mise en oeuvre.


Le recrutement des enseignants au niveau du master est une occasion à saisir pour améliorer en profondeur la formation des enseignants dans notre pays. Elle va entraîner une hausse du niveau de qualification des maîtres et une revalorisation correspondante de leur début de carrière. Elle va mettre fin à une anomalie : actuellement nos futurs enseignants ont déjà une formation qui dure cinq ans à l'université et dans les IUFM, mais cette formation n'est pas validée par un diplôme de niveau master. Elle offrira aussi aux candidats qui ne réussiraient pas le concours la possibilité de ne pas perdre leur année universitaire. Enfin le recrutement des enseignants au niveau du master favorisera l'harmonisation européenne de la formation des maîtres.

En tant que futur employeur, l'éducation nationale prendra toutes ses responsabilités dans la définition des nouveaux concours de recrutement qui vont naturellement contribuer à piloter la formation organisée par les universités et les IUFM. Je suis en train de réfléchir à la maquette des nouveaux concours et je souhaite que ceux-ci comportent une dimension académique mais aussi une composante de préparation au métier d'enseignant. La CDIUFM sera naturellement associée à la réflexion sur les nouveaux concours qui devront être mis en place pour l'année universitaire 2009/2010.


Concernant les nouveaux masters, je fais confiance aux universités et aux IUFM pour faire rapidement des propositions dans le cadre de l'autonomie que leur reconnaît la loi. Cependant, je souhaite qu'il y ait dans les parcours de licence et les cursus de master des éléments de préparation au métier d'enseignant. Dans cette perspective, l'éducation nationale offrira dans chaque académie, par voie de convention, un nombre significatif de stages d'observation et de pratique accompagnée pour permettre la mise en place d'une entrée progressive dans le métier d'enseignant avant le concours.

Après le recrutement, je compte organiser un accompagnement renforcé à l'entrée dans le métier qui sera confié à des professeurs expérimentés selon des modalités souples et évolutives tout au long de l'année scolaire.

Enfin, je souhaite renforcer la formation continue des enseignants pendant les trois premières années de prise de fonction en m'appuyant sur les universités et les IUFM.


En espérant que ces précisions permettront aux IUFM de se préparer dans de bonnes conditions aux mutations qui s'annoncent, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l'expression de toute ma considération.


Bien à vous





Xavier DARCOS

Monsieur Patrick BARANGER
Président de la CDIUFM
Maison des Universités
103 boulevard Saint-Michel
75005 PARIS


110 rue de Grenelle, 75357 PARIS SP 07 Téléphone 01 55 55 10 10


Document inséré dans chaque dossier d'EQP


Enseigner est un métier qui s’apprend,
l’avenir de nos enfants en dépend.


Début du mouvement

Contexte : A l’initiative des représentants des personnels siégeant au Conseil Transitoire de l’IUFM-Midi Pyrénées, une assemblée générale des personnels s’est déroulée lundi 9 juin et a décidé massivement d’une rétention des dossiers de titularisation.
Pourquoi ? : Un projet de réforme de la formation des enseignants est à l’étude. Depuis quelques jours, des annonces relayées par la presse en matière de formation des enseignants se multiplient. Ces annonces soulèvent de vives inquiétudes car elles menacent l’existence d’une l’école professionnelle et mettent en cause la qualité de la formation.

C’est autour de l’essentiel que tous les personnels de l’IUFM Midi-Pyrénées se sont rassemblés : ENSEIGNER EST UN METIER QUI S’APPREND, L’AVENIR DE NOS ENFANTS EN DEPEND.

La rétention des dossiers décidée lundi 9 juin a eu pour conséquence de ne pas permettre à l’administrateur provisoire de signer les dossiers de validation de la formation des professeurs stagiaires dans les délais prévus et par conséquent de perturber le calendrier de la validation de l’année de formation (Examen de Qualification Professionnelle). Evidemment, cette première action n’est pas dirigée contre les professeurs stagiaires, ni contre les membres des commissions de l’EQP.

Les informations dont nous disposons menacent directement l’éducation de nos enfants au travers de la formation des maîtres. Ce métier de plus en plus complexe et difficile ne peut se passer d’une formation professionnelle

Dans le flou de ces informations, notre action vise à obtenir à minima quatre garanties :
  • le maintien d’une école professionnelle universitaire.
  • Le maintien d’une rémunération de la formation des futurs enseignants
  • Un cadrage national des masters professionnels
  • Le maintien du recrutement par concours.

Au plan local, nous voulons attirer l’attention sur les enjeux de Midi-Pyrénées et souligner de vives inquiétudes.
  • Quel devenir pour les personnels de l’IUFM Midi-Pyrénées, école interne de l’université du Mirail (232 permanents, 175 BIATOS) ?
  • Quel devenir pour les 10 sites de formation implantés dans les départements de Midi-Pyrénées (anciennes écoles normales) ?
Poursuite du mouvement

Après débat, l'AG s'est unanimement prononcée pour la poursuite de l'action jusqu'à la rentrée selon des modalités différentes.
  • Le principe d'une "remise des dossiers médiatisée" en présence des élus des collectivités territoriales a été voté à l'unanimité moins une voix. En fonction des contraintes matérielles et des ressources humaines disponibles, le collectif "CRISE" est chargé d'organiser cette remise médiatisée.
  • Le principe d'assises pour la formation des enseignants a été voté à l'unanimité. Ces "assises" auront lieu entre le 30 juin et le 4 juillet sur une ou deux journées. Ces assises seront ouvertes à tous les IUFM, à la CDIUFM, à la CPU. L'organisation et la coordination de ces "assises" sont confiées au collectif "CRISE.
  • Une pétition pour une formation professionnelle universitaire des enseignants de qualité dans le cadre d’une école interne sera lancée par internet dès le 21 juin.
  • D'autres moyens d'action sont envisagés.

Communiqué de presse du 21 juin



ENSEIGNER EST UN MÉTIER QUI S’APPREND
ET L’AVENIR DE NOS ENFANTS EN DÉPEND


A l'IUFM de Midi-Pyrénées la mobilisation des personnels se poursuit. Après avoir empêché depuis le 13 juin la remise au rectorat de plus de 600 dossiers nécessaires aux commissions de titularisation des professeurs stagiaires et suite à l’assemblée générale du 18 juin dernier ayant réuni une centaine de personnels de l’IUFM, « le collectif CRISE » appelle les personnels, les élus, les stagiaires et les étudiants à se rassembler le
  • lundi 23 juin 2008
  • à 11 heures à l'IUFM
  • sur le site de Saint-Agne,
  • 56 avenue de l'URSS
  • 31078 TOULOUSE
Les dossiers seront remis au rectorat complétés par une déclaration très colorée des personnels « ENSEIGNER EST UN METIER QUI S'APPREND » expliquant les motifs du retard dans le calendrier des commissions de titularisation des professeurs stagiaires.


Comme partout en France, il s'agit d'attirer l'attention sur des déclarations du Président et du Gouvernement qui ne garantissent pas le maintien et la qualité d'une véritable formation professionnelle des enseignants.

D'autres actions se préparent, la détermination des personnels est forte car « L'EDUCATION DE NOS ENFANTS EN DEPEND ».

vendredi 20 juin 2008

Le Président de la CPU : vers trois types d'épreuves


Extraits d'une dépêche de l'AEF intitulée :

"Recrutement des enseignants: vers trois types d'épreuves aux concours"

Les concours de recrutement des enseignants pour les premier et second degrés devraient comporter trois types d'épreuves: disciplinaires, professionnelles et de connaissance du système éducatif français. ..... Les concours auraient lieu pendant le master, " à la frontière entre l'avant dernier et le dernier semestre".

"Un cahier des charges sur la maquette des concours sera élaboré par le ministère avant septembre, puis nous sera adressé, afin que nous l'articulions avec les formations universitaires", poursuit le président de la CPU, Jean Pierre Finance. Des séances de travail devraient ensuite réunir la CDIUFM, la CPU, la CDUS et la Cedul.

Le ministère et la CPU ont également abordé la question des modalités de transition entre l'actuelle formation des enseignants et sa future organisation, qui pourrait voir le jour à la rentrée en 2009. "À la rentrée 2008, il y aura deux types de futurs enseignants. D'une part, ceux qui seront en première année d'IUFM. Ceux-là devront obligatoirement s'inscrire en M1 (master 1).
Ils passeront le concours de recrutement dans l'année et, s'ils sont reçus, nous devrons ménager un passage en M2 (master 2) professionnel. Il y aura aussi les étudiants qui n'auront pas voulu, ou pas pu, entrer en première année d'IUFM, et qui seront en M1. ils pourront alors intégrer l'IUFM en M2, en préparant un concours enseignant", explique Jean-Pierre Finance. Ces deux types d'élèves se retrouveront donc, en septembre 2009, en M2, dans sa nouvelle mouture.

Marc Girot , les IUFM sont en danger de mort


Par Marc Girot

Pour que les élèves français réussissent mieux, le gouvernement a trouvé la parade : élever le niveau de recrutement de tous les enseignants (Bac + 5), envoyer les lauréats des concours de recrutement dans les classes, à temps plein, accompagnés par des enseignants aguerris. Exit les IUFM, discrédités, absorbés par des universités.

À l’heure où le monde découvre la réalité de certains collèges parisiens au travers du film "Entre les murs", cette parade doit être dénoncée comme une illusion trompeuse, et comme une rupture majeure dans la politique éducative de la République. Illusion trompeuse que ce pari sur le rejet de toute véritable formation professionnelle. Si l’on peut imaginer qu’un diplômé en chimie enseigne cette discipline dans le second degré, on ne le voit pas spontanément capable d’apprendre à lire et à écrire à des enfants de CP.

Un cours d’amphithéâtre est une condition nécessaire pour enseigner, mais très loin d’être suffisante. Le général de Gaulle n’est pas le même personnage pour des enfants de neuf ans et des élèves de dix-sept. C’est tout l’objet de la didactique des disciplines enseignées, avec mille prudences en IUFM.

Les thèses « anti-pédagos », qui souhaitent le retour aux vrais apprentissages : du par coeur, des exercices « qui ont fait leurs preuves », constituent désormais l’armature de la doctrine officielle.

Le ministère propose un accompagnement par compagnonnage, qui existe déjà dans le cadre de l’IUFM. On ne voit pas pourquoi une formation sur le tas serait suffisante pour former à la complexité du métier d’enseignant, et pas pour les médecins, les électriciens, les énarques…, qui tous alternent une formation théorique et une formation pratique, en école professionnelle, pendant au minimum deux ans.

La formation professionnelle des enseignants était déjà réduite à une seule année en IUFM : le gouvernement veut aujourd’hui la supprimer complètement.

À la différence des métiers cités, l’enseignant saurait, lui, exercer, à temps plein, dès sa sortie de l’université. Suivrait alors une année d’accompagnement, avec les recettes locales, les moyens du bord, alors qu’on est en droit d’attendre d’un enseignant de la République qu’il soit en mesure d’enseigner partout, dans les beaux quartiers où les élèves apprennent tout seuls et dans une école de quartier socialement défavorisée.

La suppression prochaine des IUFM est une rupture majeure dans la politique éducative du pays. Depuis 2005, le ministère de l’Éducation nationale revoit les programmes du primaire et du collège pour mettre en oeuvre le « socle commun de connaissances et de compétences », définissant le contenu de la scolarité obligatoire. Ambitieux, ce socle commun doit permettre à chaque jeune Français « d’accomplir avec succès sa scolarité ».

  • Dès lors, comment ne pas voir que cette louable ambition transforme les manières habituelles de faire la classe, et donc de s’y préparer ?
  • À qui fera-t-on croire que cet effort de construction d’un édifice scolaire, où l’on s’applique, de la maternelle à la troisième, à donner un sens aux apprentissages, cette entreprise de réconciliation de l’école avec la société - et notamment ses couches populaires - puissent être entrepris sans la construction d’une identité enseignante renouvelée, au terme d’un travail de formation à long terme ?
En choisissant, ici comme ailleurs, la ligne des économies budgétaires, économisant les salaires versés actuellement à des milliers de professeurs stagiaires en 2e année d’IUFM, le gouvernement choisit de sacrifier la formation professionnelle des enseignants, formation initiale, mais aussi formation continue des professeurs des écoles titulaires (puisque les premiers prennent la classe des seconds le temps d’un stage pendant quelques semaines).

Insuffisante dans sa durée, perfectible dans ses modalités d’alternance, amendable par une meilleure articulation avec les universités, la formation en IUFM pose néanmoins les bases d’une culture professionnelle, commune au premier comme au second degré, pour assurer les mutations de la condition enseignante et faire vivre l’exigence de réussite de tous les élèves, sur tout le territoire.

Vouloir casser cet outil, renoncer à la professionnalisation des professeurs quand tout l’exige, c’est mettre à mal l’égalité des chances, nourrir les souffrances enseignantes et préparer l’effondrement de l’école publique.


Marc Girot,
pour les enseignants d’histoire et de géographie de
l’IUFM de Créteil - Paris-XII.

(article publié dans l'humanité du 20 juin 2008)

Extraits du film "Entre les murs"

Plus d'infos sur ce film