vendredi 30 mai 2008

Motion du conseil de l'IUFM


MOTION PRESENTÉE PAR LES ORGANISATIONS SYNDICALES
FSU, UNSA-EDUCATION, SGEN-CFDT

Les IUFM, au sein des Universités, ont un rôle irremplaçable
à jouer dans la formation des enseignants.

Depuis leur création, les IUFM ont montré le rôle essentiel qu'ils jouent dans la formation initiale et continue des enseignants. Si cet apport est bien sûr perfectible, les IUFM apportent une dimension de professionnalisation conjuguant apports théoriques, disciplinaires, professionnels en rapport avec les exigences d’un métier confronté à la diversité de ses terrains d’exercice.

Aujourd'hui, l'intégration des IUFM aux Universités doit permettre une validation de leur place en termes de reconnaissance universitaire du niveau de formation délivré. Ces derniers jours nous avons pu entendre l'annonce par le Président de la République de la « masterisation » prochaine des enseignants.

Le Conseil Transitoire de l'IUFM Midi Pyrénées prend acte en positif d'une volonté d'élever le niveau de formation des enseignants et leur rémunération en début de carrière. Mais il tient à soulever les points suivants et à faire part de vives inquiétudes :
  • Enseigner est un métier. Un éventuel niveau de recrutement à Bac + 5, fût-il suivi d'un compagnonnage, ne peut remplacer la nécessaire formation au métier, dans toutes ses dimensions, sa complexité, avec toutes ses spécificités, notamment pédagogiques.
  • Une réduction drastique de la dimension professionnelle de la formation nous parait incompatible avec les exigences et la complexité sans cesse grandissante du métier d’enseignant, avec les attentes immenses vis-à-vis de l’Ecole.
  • Un éventuel niveau de recrutement à Bac + 5 serait préjudiciable à la diversité sociologique du milieu enseignant. Les jeunes des milieux populaires (ouvriers, employés, agriculteurs) sont en effet très peu représentés à ce niveau d'étude. Nous connaissons l'impact d'une « élitisation » de la profession sur la réussite des élèves dans leur diversité. Il est donc tout à fait souhaitable d'envisager un recrutement à la licence et de valider la formation par un master à son issue,celle-ci faisant partie intégrante du diplôme.
  • Les stagiaires IUFM bénéficient actuellement d'un statut de fonctionnaires stagiaires, et à ce titre sont rémunérés. Leurs conditions d'étude et de formation en sont grandement favorisées. Il apparaît important de maintenir ce cadre pour permettre notamment aux jeunes issus des milieux les moins favorisés d'accéder à ces formations dans de bonnes conditions de réussite.
  • L'apport spécifique des IUFM dans cette formation professionnalisante, par leur expertise, par leur potentiel de formateurs expérimentés, est irremplaçable, au sein des universités.
En conclusion, le Conseil Transitoire réaffirme son attachement au recrutement des enseignants par voie de concours précédant la formation professionnelle initiale, ainsi qu’à une formation ambitieuse assurée par l’IUFM, débouchant sur la délivrance d’un master.

Motion adoptée à l’unanimité des membres moins une abstention lors du Conseil Transitoire de l’IUFM Midi-Pyrénées du 30 mai 2008.

jeudi 29 mai 2008

Communiqué du snuipp



FORMATION des MAITRES : L’EDUCATION NATIONALE SE DESINVESTIT

Parmi les différentes possibilités de reconnaitre la formation des enseignants par un diplôme de niveau master, le Ministre de l’éducation Nationale aurait choisi, selon les annonces parues dans le journal Le Monde, de placer le concours de recrutement après l’obtention du master.

Le SNUipp déplore que cette décision ait été prise à nouveau sans aucune concertation avec les enseignants et les formateurs. Ce choix permet une amélioration financière des traitements, mais conduit à allonger la durée des parcours académiques, à supprimer une année de formation professionnelle rémunérée, et surtout à économiser environ 11 000 postes de stagiaires de professeurs d’école.

Les décisions du ministère semblent privilégier les connaissances académiques au détriment de la formation pédagogique et professionnelle. Les IUFM et les enseignants maîtres formateurs risquent de ne plus intervenir dans la formation initiale des enseignants. La sélection sociale des étudiants risque d’être renforcée, et d’amener à une diminution du nombre de candidats. Le SNUipp dénonce, à travers cette annonce, le désinvestissement du ministère de l’Education Nationale de la formation initiale des enseignants.

Pour le SNUipp, quelque soit la solution envisagée, c’est l’existence d’une formation initiale professionnelle de qualité qui est essentielle. Après ces annonces de nombreuses questions restent posées. Le SNUipp demande au Ministre de l’éducation Nationale de toute urgence l’ouverture d’une discussion. Il appelle les personnels et les formateurs à se réunir, débattre, intervenir massivement en faveur d’une formation professionnelle de qualité.

Paris, le 28 mai 2008

Lien avec cet article : www.snuipp.fr/spip.php?article5606

dimanche 25 mai 2008

Masterisation des enseignants


Message de France Infos du 28 mai 2008

Le Président de la République a annoncé la "masterisation des enseignants" qui permettra "de les payer plus cher en début de carrière"…

Derrière cette phrase se cachent en fait plusieurs révolutions. La première c’est d’élever le niveau de recrutement de tous les professeurs, du primaire et du secondaire, à bac+5. Il faudra, pour se présenter au concours, avoir un master. C’est cela qui justifiera le fait de les payer plus cher sans être obligé d’augmenter toute la fonction publique.

La deuxième révolution se décrit au conditionnel car à l’heure qu’il n’est tout n’est pas arbitré. Mais selon nos informations l’Education nationale aurait le projet de se désinvestir de la formation initiale des enseignants au profit des universités. Comment ? En se cantonnant au rôle de tout employeur : le recrutement et la formation continue. Donc l’Education nationale organiserait toujours des concours de recrutement comme le Capes ou l’agrégation, mais elle ne se mêlerait plus d’y préparer…

Quelle serait la conséquence ? La disparition probable des IUFM – les Instituts universitaires de formation des maîtres - ; au minimum un affaiblissement notable de leur rôle. En fait chaque département universitaire prendrait en charge la préparation des étudiants aux concours. Lesquels concours se dérouleraient en deux temps : une épreuve académique en janvier pour vérifier les connaissances, puis une formation pratique express sur le terrain de quelques semaines avant une épreuve – pratique elle aussi – d’admission.

Donc plus de cours théoriques comme ceux que l’on délivre en IUFM. Quels seraient les avantages de scénario ? Gain immédiat : 10.000 postes de stagiaires IUFM qui s’évaporeraient du budget puisque les années de formation ne seraient plus rémunérées alors qu’elles le sont aujourd’hui pour certains candidats – vu le contexte budgétaire, c’est essentiel. Donner un diplôme aux étudiants qui préparent le concours même s’ils échouent – ce qui est le cas de 80% des candidats. Offrir un cadeau aux défenseurs du « retour aux fondamentaux » dont il se trouve qu’il sont aussi de farouches adversaires des IUFM. Enfin déplacer un éventuel mécontentement vers les universités donc vers la ministre de l’enseignement supérieur, Valérie Pécresse.

Mise en oeuvre de la réforme prévue pour la rentrée 2010.

Quelle serait la conséquence ? La disparition probable des IUFM – les Instituts universitaires de formation des maîtres - ; au minimum un affaiblissement notable de leur rôle. En fait chaque département universitaire prendrait en charge la préparation des étudiants aux concours. Lesquels concours se dérouleraient en deux temps ...... (en savoir plus)

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